«Il y a aujourd'hui plus de francophones dans le monde que jamais», nous révélaient Julie Barlow et Jean-Benoît Nadeau, dans un entretien publié l'automne denier, lors de la parution de leur livre The Story of French.
Menacée, la francophonie? Elle ne s’est jamais si bien portée! C’est la réjouissante conclusion que Julie Barlow et Jean-Benoît Nadeau, deux collaborateurs de longue date de L’actualité, tirent de leur parcours dans l’histoire de la langue française, The Story of French, qui vient de paraître simultanément chez trois éditeurs de Toronto (Knopf Canada), New York (St-Martin’s Press) et Londres (Robson Books). Forts du succès rencontré par Sixty Million Frenchmen Can’t Be Wrong (Sourcebooks, 2003), traduit sous le titre Pas si fous ces Français (Seuil, 2005), les deux journalistes élargissent ainsi le champ de leurs investigations au-delà du seul territoire français pour embrasser tout le monde francophone.
Pourquoi avoir écrit ce livre?
Julie Barlow
Les livres consacrés à l'histoire de la langue française ont été écrits par des spécialistes comme des linguistes ou des historiens, tous français. Nous voulions écrire un livre populaire, en partant du point de vue des francophones.
Jean-Benoît Nadeau
Étant Montréalais, nous avons une sensibilité à la fois anglo-saxonne et francophone, ce qui nous a permis de poser toutes les questions possibles. En plus, ayant tous les deux étudié la théorie politique, nous aurions aimé lire un livre sur «la géopolitique ou la géo-culture des langues»… sans en trouver. Il y avait, là aussi, un vide à combler.
Pourquoi avoir publié le livre en anglais?
J. B.
Les anglophones s'intéressent beaucoup à la francophonie, le marché est vaste, les éditeurs intéressés et prêts à nous fournir les moyens dont nous avions besoin pour voyager et conduire nos recherches. Et nous avons reçu dix-sept réponses négatives d'éditeurs français!
J.-B. N.
Cela nous amène à un grand défi de la francophonie : la frilosité, sinon la fermeture, du marché culturel français. Comme nous n'étions pas spécialistes, nous n'étions pas considérés comme des auteurs valables.
J. B.
Puis il y a eu l'article du New York Times sur notre livre précédent, Sixty Million Frenchmen Can’t Be Wrong... ça a commencé à débloquer la situation...
J.-B. N.
Il faut parfois passer par New York pour arriver à Paris!
J. B.
Lorsqu'il est paru en français sous le titre Pas si fous ces Français, notre livre a eu du succès en France. Il a souvent été qualifié de « rafraîchissant ».
Vous racontez qu'en 1782, l'Académie de Berlin propose le sujet de concours suivant : «Comment le français est-il devenu la langue universelle?» Comment répondriez-vous à cette question aujourd'hui?





