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Revoilà Ondaatje


21 Septembre 2007

Du Patient anglais à Divisadero, les histoires envoûtantes de Michael Ondaatje font le tour de la planète. Voici pourquoi.

Il y a quelque chose chez Michael Ondaatje, tant chez l’homme que dans ses livres, qui résiste à toute tentative de définition. Une prose luxuriante comme une forêt cinghalaise, mais aussi peu racoleuse qu’une rue de Toronto. Voilà un auteur passé maître dans l’art de raconter des histoires, capable de capturer l’immensité de la vie dans le filet de quelques phrases, mais réticent à l’idée de relater la sienne. Comme ses personnages, l’écrivain torontois ne se laisse pas saisir facilement.

Il abandonne la lumière des projecteurs à ses livres. Divisadero, qui paraît ces jours-ci en français aux Éditions de l’Olivier, lui vaut des critiques dithyrambiques. Lancée au printemps, la version originale en anglais trône au sommet des listes de best-sellers au Canada. Quatre de ses livres précédents (deux romans et deux recueils de poésie) ont reçu le Prix du Gouverneur général. Le patient anglais s’est vendu à quelque cinq millions d’exemplaires dans le monde (400 000 en édition de poche au Canada seulement) et a été couronné en 1992 du prix Booker, la plus prestigieuse récompense littéraire du Commonwealth. Le succès international du long métrage qu’en a tiré Anthony Minghella — et qui a remporté l’Oscar du meilleur film en 1997 — a fini de propulser Ondaatje au firmament des stars de la littérature.

L’œuvre de Michael Ondaatje est pourtant loin d’avoir la simplicité d’un film hollywoodien. L’écrivain torontois, originaire du Sri Lanka, est un des rares auteurs contemporains qui puissent se targuer de toucher un lectorat mondial grâce à une œuvre aussi déroutante qu’envoûtante. Des histoires touffues dans lesquelles guerres, espionnage, amours illicites, enquêtes et autres aventures ne sont que des détails. Des récits dont le fil narratif — on saute allégrement du présent au passé, d’un personnage à l’autre, de l’intrigue principale à une longue digression — déstabilise le lecteur. Des protagonistes ambigus, aussi complexes et contradictoires que des êtres en chair et en os.

Son plus récent roman, Divisadero, s’inscrit parfaitement dans la lignée des précédents. Comme dans Le patient anglais, le récittraverse les époques et les continents. Le roman s’ouvre en 1970, dans un ranch du nord de la Californie, où vivent deux sœurs, Anna et Claire, ainsi que leur père. Après l’assassinat d’une famille du voisinage, le trio adopte un mystérieux garçon nommé Cooper, seul rescapé du massacre. À l’adolescence, Anna et Cooper auront une liaison aussi interdite qu’orageuse. Plus loin dans le roman, le lecteur retrouvera les trois jeunes personnages 20 ans plus tard, dans trois univers distincts. Cooper joue au poker dans les casinos du Nevada. Claire pratique le droit à San Francisco. Et Anna enseigne la littérature à l’université, en France, tout en poursuivant des recherches sur l’écrivain Lucien Seguera. « Un génie ! Il n’y a pas d’autre mot pour décrire un écrivain comme Ondaatje », a statué le Globe and Mail dans sa recension de Divisadero.

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