Société

/ La chronique de Jean-François Lisée »

Un Québec généreux… et riche !


10 Octobre 2007

Oui, c’est possible, dit Jean-François Lisée. Mais la gauche doit devenir plus efficace.


Depuis son premier article paru dans L’actualité, en 1982 (sur les agriculteurs !), Jean-François Lisée est resté fidèle aux lecteurs du magazine, comme correspondant à Washington, puis comme membre de la rédaction, à Montréal. Il a publié dans nos pages des extraits de ses livres Dans l’œil de l’aigle (Prix du Gouverneur général), Le tricheur et Le naufrageur. Conseiller des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard pendant cinq ans, il exerce aujourd’hui la fonction de directeur exécutif du CERIUM, le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, et conseille à l’occasion le Parti québécois et le Bloc québécois. Il publie cet automne un nouvel essai, Nous, aux Éditions du Boréal. Il signe cet essai à titre personnel.

Les grands principes sont, par définition, beaux. Voilà pourquoi il faut s’intéresser aux détails. Car c’est en eux que se cachent les véritables intentions, ou du moins les véritables répercussions sur le citoyen. C’est donc par là que je vais commencer. Quelle est la réponse de la droite et celle de la gauche classique à des problèmes concrets ? Et quelle serait la réponse des néo-sociaux-démocrates, ou plutôt d’une « gauche efficace québécoise » à inventer, pour reprendre la belle expression du député du Parti québécois François Legault ? Je commence par l’essentiel : la bouffe.

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La cafétéria.
Soyons brutaux. Dans les écoles, les hôpitaux, les édifices publics, le rapport qualité-prix est exécrable.

Solution de la droite : L’État n’a pas sa place dans la bouffe. Virons les employés, louons les locaux à l’entreprise privée la plus offrante, qui embauchera des salariés payés deux fois moins cher, fixera les prix et empochera les profits qu’elle pourra en tirer.

Solution de la gauche classique : Ces salariés ont des droits acquis de haute lutte, qu’on les laisse tranquilles. Ils n’empoisonnent personne, après tout.

Solution de la gauche efficace : Qu’on crée l’unité de travail « cafétéria » avec les employés et les cadres. Qu’on lui délègue l’entière gestion du budget et que 33 % de tout accroissement des profits venant de gains de productivité, de ventes, etc., retournent en primes et augmentations de salaire. Le reste reviendra à l’État. Faisons de même pour les blanchisseries et tous les services de soutien. Si les résultats ne sont pas probants après cinq ans, on mettra en concurrence l’unité de travail et l’entreprise privée pour l’obtention du contrat.

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