Que répondre, quand on est soi-même non croyant, à son enfant qui pose des questions pas du tout catholiques ? L'actualité a posé certaines de ces questions à Dale McGowan, auteur d'un livre sur le sujet.
L'Église catholique peut bien décréter que huit ans est l'âge de raison, c’est quand même bien trop jeune pour prendre position sur la religion. On peut cependant expliquer à un enfant de cet âge ce que signifie le rituel de la communion et lui demander s’il y croit. Comme il répondra probablement non, amenez-le gentiment à convenir qu’il serait malhonnête de s'adonner à un rituel auquel il ne croit pas — et félicitez-le pour son honnêteté. Souvent, c’est l’attrait même du rituel, plus que sa signification, qui attire les enfants. Si c’est le cas, pourquoi ne pas en organiser un, pour célébrer son honnêteté, justement? Organisez une fête, avec une courte cérémonie, un gâteau, de la musique et invitez des amis, la famille...
Mon frère croit en Dieu, moi pas. Et mon fils se demande qui a raison!
Répondez-lui : «Comme la vie serait triste si tout le monde croyait la même chose!» En précisez que si Dieu existe, il veut certainement que chacun ait droit à son opinion et respecte celle de l'autre, qu'il soit gentil et généreux envers l'autre. C’est aussi une bonne occasion pour torpiller cette idée idiote voulant qu’on puisse être condamné pour l'éternité si on a une opinion différente de celle des autres. C’est ridicule de demander à un enfant de faire un choix sur un sujet aussi complexe et abstrait, quoi qu’on en pense dans la plupart des confessions! Il ne devrait pas avoir à choisir avant l'âge de 12 ans au moins. Et le jour où il le fera, il aura le droit de changer d'idée 100 fois!
Mon enfant est curieux de savoir ce que les gens vont faire à l'église (à la mosquée, au temple)...
Proposez-lui d’aller voir avec lui! À l'église, à la mosquée, à la pagode, partout où il voudra. Éviter d'exposer un enfant à d'autres religions risque de donner à celles-ci l'aura de fruits défendus, et de faire croire à l'enfant que vous les craignez.
Expliquer les raisons pour lesquelles les gens se rendent dans un lieu de culte est plus difficile. La plupart disent que c'est pour être près de Dieu ou pour faire leurs dévotions. Mais je crois que la réponse la plus sincère vient de ceux qui ne vont plus à l'église. Lorsqu'on leur demande ce qui leur manque le plus, ils répondent rarement : «Dieu». Ils parlent plutôt de la communauté humaine, de l’atmosphère propice au recueillement et à l’introspection. C'est donc ce que je réponds à mes enfants lorsqu'ils me questionnent sur ce que les gens cherchent à l’église. Puis je me demande comment je peux reproduire ce contexte hors d'un lieu de culte.
Que dire à mon enfant qui me demande pourquoi il y a des guerres de religion?
D'abord et avant tout, félicitez-le d'avoir posé une question aussi profonde! Fais-lui remarquer que l'enseignement religieux parle d'amour et de haine, de paix et de guerre, de tolérance et de préjugés. Lorsque deux groupes croient que Dieu leur a promis la même terre, par exemple, les esprits s’échauffent rapidement. La guerre est alors inévitable et sans fin. Car pour chacun des deux groupes, faire des compromis équivaudrait à douter de la «parole de Dieu».
Démontrez à votre enfant que les gens ont réalisé de grandes choses au nom de la foi, mais aussi des choses atroces, en choisissant des passages dans les Écritures. La plupart des religions refusent de reconnaître les atrocités commises au nom de la foi.


