Un grand sondage international révèle que les États-Unis ont une sérieuse pente à remonter dans l’estime internationale.

L’ancien président français Georges Clemenceau serait content ! Car bien que les Américains soient venus à son aide pendant la Première Guerre mondiale, il détestait les États-Unis, « le seul pays à être passé de la préhistoire à la décadence sans jamais connaître la civilisation ». Et voilà que un sondage Angus Reid Strategies-Maclean’s-L’actualité révèle que les États-Unis restent éminemment impopulaires. Quand on leur demande quel pays ou « entité » représente la plus grande menace à la stabilité mondiale, Canadiens, Italiens, Turcs et Chinois répondent en chœur : les États-Unis ! Washington serait donc plus dangereux que les pays de « l’axe du mal » (Irak, Iran, Corée du Nord) et même qu’al-Qaida… Antiaméricanisme bébête ? Pas si sûr. Les Américains sont du même avis !
Dans la lutte actuelle pour « les cœurs et les esprits », Bush et Ben Laden auraient-ils fait match nul ? Ne sautons pas aux conclusions. George Bush peut encore compter sur la Grande-Bretagne, alliée fidèle, sur Israël, principal bénéficiaire de l’aide étrangère américaine (21,3 milliards de dollars américains en 2007), et sur la Russie, bien que les relations Washington-Moscou se dégradent à vue d’œil.
Dans ces trois pays, c’est al-Qaida que l’on considère comme la plus grande menace à la stabilité mondiale. Faut-il s’en étonner ? Les Britanniques ont en mémoire les attentats-suicides du métro de Londres, en 2005. Les Israéliens ont pris bonne note du message de soutien qu’Ayman al-Zawahiri, « numéro deux » d’al-Qaida, a fait parvenir au Hamas. Quant aux Russes, ils ne doivent guère douter des liens que les indépendantistes tchétchènes entretiennent avec l’organisation de Ben Laden. Poutine lui a d’ailleurs attribué les attentats à la bombe contre deux avions de ligne russes en 2004. Plus on se sent menacé, plus on se sent proaméricain ?
Bush, toutefois, est nettement moins populaire que son pays. Et c’est au Canada et en Turquie qu’il suscite le plus de réserves : 75 % et 89 % des répondants, respectivement, « ne l’admirent pas du tout ». On pourrait penser que Canadiens et Turcs lui reprochent de les avoir plongés dans des guerres qu’ils désapprouvent : une majorité de Canadiens sont contre la présence de leurs troupes en Afghanistan, et les Turcs, dont le pays sert de base arrière à l’intervention américaine en Irak, ne sont pas favorables à la coalition pour autant.






