Julie Payette lance un cri d’alarme : si le Canada ne monte pas dès maintenant dans le train de l’exploration de Mars, ses astronautes devront faire du pouce!

Dix ans après son premier vol à bord de Discovery, l’astronaute québécoise Julie Payette retournera dans l’espace en juillet prochain, cette fois à bord d’Endeavour. Elle sera la dernière Canadienne à s’embarquer dans une navette de la NASA à destination de la Station spatiale internationale (ISS). Car une fois la construction de celle-ci achevée, en 2010, les États-Unis abandonneront leur programme de navettes pour se concentrer sur l’observation et la colonisation de l’espace avec leur vaisseau Orion, dont le premier vol est prévu en 2014.
L’ISS poursuivra cependant ses activités jusqu’en 2016, et d’autres Canadiens s’y rendront, puisque le robot Dextre (le « bras canadien ») sera sollicité. Ils voyageront alors avec d’autres astronautes de pays partenaires de la Station. Mais au-delà de 2016 ? L’Union européenne, la Russie et le Japon se préparent aussi à explorer la Lune et Mars.
Le Canada doit donc redéfinir son engagement dans l’exploration de l’espace. Les quelque 5 000 personnes, dont un millier de Québécois, qui viennent de répondre à l’appel de candidatures de l’Agence spatiale canadienne auront-elles une chance de participer à cette extraordinaire aventure ? « Les astronautes sont les explorateurs des temps modernes, dit Julie Payette. Il faut leur donner les moyens et le temps de poursuivre leur quête. »
L’actualité a rencontré l’astronaute, dont les médias saluent le parcours de « plus-que-parfaite ». Mère de famille, polyglotte, musicienne à ses heures, elle parle ici de sa grande passion : l’espace.
Des scientifiques et des politiciens remettent en question l’utilité de l’ISS. Elle a coûté 100 milliards de dollars et elle n’a permis aucune découverte majeure. Qu’en pensez-vous ?
— Que veulent-ils ? Qu’on ferme le laboratoire ? Voyons donc ! C’est comme si, dans les années 1900, les directeurs de l’Université McGill avaient dit à Ernest Rutherford : « Ça fait 10 ans que tu es ici et tu n’as rien produit, sauf quelques papiers qui n’intéressent que les spécialistes, alors on ferme ton labo. » L’humanité aurait été privée d’une découverte capitale, la structure de l’atome, qui a ouvert la porte à la physique nucléaire et qui a valu à Rutherford le prix Nobel de chimie, en 1908.
L’ISS est un laboratoire qui fonctionnera bientôt au maximum de sa capacité, avec les infrastructures et le personnel nécessaires. Tout cela, dans l’environnement le plus hostile qui soit : l’espace. Une fois les choses en place, on pourra se livrer à bien plus d’activités scientifiques. On ne sait pas ce qui peut alors se produire. Fera-t-on une découverte majeure ? Peut-être ! Il se passe plein de choses dans la Station spatiale. On y apprend, entre autres, comment vivre de longues périodes de temps, en groupe, dans l’espace.
En somme, l’ISS a permis aux scientifiques de tous les pays d’apprendre à travailler ensemble ?






