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Il a soigné la Nouvelle-France


9 Septembre 2008

Le cancer de sœur Marie Barbier. L’hydropisie du gouverneur de Callières. L’épidémie de petite vérole de 1702. tous ces défis n’ont pas empêché le Dr Michel Sarrazin d’étudier les castors et de répertorier les plantes canadiennes pour l’Académie des sciences de Paris.


Peinture à l'huile de Pierre Mignard, Musée de l’Île Sainte-Hélène.

En Nouvelle-France, on ne soignait pas que les âmes. Le chirurgien bourguignon Michel Sarrazin y débarque en 1685, dans la petite colonie de 15 000 habitants regroupés en 12 paroisses catholiques disséminées le long du Saint-Laurent. Il a 26 ans. Dans le contexte de la guerre interminable des Français contre les Anglais et les Iroquois, et compte tenu de la dureté de la vie dans le Nouveau Monde, ses compétences seront vite appréciées. Il sera d'ailleurs assez rapidement nommé "chirurgien-major" des troupes du Roy.

Il soigne sur tous les fronts, médecin à l'Hôtel-Dieu de Québec, chirurgien des troupes à Montréal. Lourde tâche, d'autant que Sarrazin n'est pas une force de la nature. Il aura d'ailleurs de très sérieux ennuis de santé durant l'été de 1692. Lors d'un séjour à Montréal, il doit entrer lui-même à l'hôpital, où il passera un mois entre la vie et la mort. L'affaire est assez sérieuse pour qu'il rédige son testament. Contre ses propres attentes, il se remet sur pied. À 32 ans, il décide d'abandonner la chirurgie ; il se retire du monde, fait son entrée au Séminaire de Québec et ambitionne de devenir prêtre.

Un an plus tard, il retourne en France. La vocation sacerdotale du chirurgien ne tient pas la route, et Michel Sarrazin quitte le Séminaire pour s'inscrire en médecine à Paris. Il faut noter qu'au 17e siècle être chirurgien ne voulait pas dire, et de loin, être médecin. Les deux corporations étaient nettement distinctes et la médecine tenait le haut du pavé. Le chirurgien était considéré comme un "ramancheux", celui qui amputait, cautérisait, soignait les plaies vives et ouvertes, les blessures et les fractures. Il versait aussi dans la pharmacopée, question d'apaiser les douleurs, de réduire les enflures ou de favoriser la cicatrisation.

À 38 ans, Michel Sarrazin est reçu docteur en médecine à Reims. La nouvelle parvient en Nouvelle-France, où l'on manque cruellement de médecins. Après des négociations serrées le Dr Sarrazin est très à cheval sur les principes de la reconnaissance, du statut et des émoluments , ce dernier décide de revenir au pays. Il se mettra à l'ouvrage sans perdre de temps, car une épidémie de purpura (maladie caractérisée par de petites hémorragies disséminées de la peau) éclate sur le navire durant la traversée, et le docteur lui-même en est atteint.

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