Rien ne se perd, tout se récupère ! Place aux énergies nouvelles, qui semblent tout droit sorties d’un scénario de science-fiction.

L'idée qu'on puisse tirer de l'énergie du vent à grande échelle semblait, il y a 20 ans seulement, aussi burlesque que le délire de Don Quichotte prenant les moulins à vent pour des géants. Mais le 22 mars dernier, les éoliennes espagnoles ont battu un record en fournissant 40 % de l'électricité produite ce jour-là au pays de Cervantès !
Partout sur la planète, des ingénieurs, des scientifiques ou des designers traquent la moindre source d'énergie potentiellement exploitable, du fond des mers jusque dans le corps humain. Car des sources nouvelles, il va en falloir : d'ici 2030, la demande dans le monde augmentera de 55 %, selon l'Agence internationale de l'énergie.
Les énergies renouvelables sont en plein boom : en 2007 seulement, elles ont généré un investissement total de plus de 100 milliards de dollars sur la planète, d'après les Nations unies. Mais le soleil, le vent et la géothermie n'engendrent pour l'instant que 3,4 % de la puissance électrique mondiale. Alors que l'éthanol, qui devait aider à résoudre la crise énergétique, a déclenché une crise alimentaire.
Le défi est donc lancé pour trouver des solutions de remplacement aux carburants fossiles et diminuer la consommation. On mise sur l'imagination pour sortir l'humanité de ce guêpier !
Certaines inventions peuvent paraître loufoques, d'autres resteront trop coûteuses ou pas assez fiables. Mais il serait imprudent de les condamner d'office. Prenez les éoliennes espagnoles. Elles font vivre 500 entreprises et ont une puissance équivalente à celle d'Hydro-Québec à la Baie-James. Les doux rêveurs sont devenus des hommes d'affaires, et l'Espagne est aux avant-postes de la révolution énergétique. Alors, bon vent aux idées ingénieuses !
Rouler à l'air
Une voiture qui consomme 1,7 litre d'essence aux 100 km, n'émet presque aucun gaz à effet de serre et coûte 8 500 dollars : on en veut une ! La OneCATs, voiture à air comprimé à laquelle l'ingénieur français Guy Nègre travaille depuis 20 ans, pourrait débarquer sur le marché européen dès l'an prochain, grâce au géant indien Tata. Si l'auto obtient son homologation, qui implique notamment de rigoureux essais de choc.
Les pistons de cette petite voiture sont actionnés au moyen d'air comprimé stocké dans deux bonbonnes qui se trouvent dans le plancher. En version "hybride", le moteur à air comprimé est couplé à un moteur à essence qui permet de rouler plus vite jusqu'à 100 km/h et plus longtemps. Après 800 km, il faut remplir les bouteilles d'air comprimé dans un garage équipé pour le faire.
Tata, qui vient de racheter Jaguar et Land Rover, croit au potentiel de la OneCATs. Le constructeur a décidé l'an dernier de financer le développement de la technologie, en échange des droits pour le marché indien. Un gros coup de pouce financier à MDI, l'entreprise de Guy Nègre, installée en Provence.
Le représentant américain de MDI, la société ZPM, proposera en Amérique du Nord une version plus étoffée de l'engin d'ici 2010. La CityCATs pourra transporter six passagers et atteindre 160 km/h, pour une consommation de 2,2 litres aux 100 km. Prix: 18 000 dollars.
Un petit pas pour l'homme...






