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Les francos débarquent !


6 Octobre 2008

Les 2 000 délégués au Sommet de la Francophonie risquent d’avoir un choc à Québec. Le public aussi. Cette année, les 57 chefs d’État présents vont devoir se mouiller !

Une foule fébrile se rue sur la limousine qui s'arrête devant le Château Frontenac. Des fans, qui font le pied de grue depuis des heures, s'excitent à l'idée d'apercevoir Paul McCartney à son arrivée à Québec, quelques heures avant son mégaspectacle sur les Plaines. Un homme élancé, trop mince pour être confondu avec un des gardes du corps de sir Paul, sort de la voiture. Crépitements de flashs, levées de cellulaires pour croquer l'arrivée de la star. L'homme se tourne vers la foule, tout sourire. "Qui c'est, lui ?" demandent des curieux. Pendant quelques secondes, personne ne sait. Puis, les lumières s'éteignent. "Francophonie", disent ceux qui viennent de reconnaître Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), venu à Québec en juillet pour préparer le Sommet qui s'y tiendra du 17 au 19 octobre. Des mois plus tard, Abdou Diouf en rit encore !

Diouf sait très bien qu'il peut oublier l'accueil de star à son arrivée à Québec pour le Sommet des chefs d'État et de gouvernement de la Francophonie ! Mais reste que cette rencontre sera le plus important ballet diplomatique à avoir lieu au Canada depuis l'Expo 67. Et l'un des moments majeurs des célébrations du 400e de Québec. Pas moins de 57 chefs d'État s'y rendront, entraînant dans leur sillage un millier de journalistes. Le président de la France, Nicolas Sarkozy, et ses homologues seront accompagnés de 2 000 délégués fonctionnaires, ministres et autres , qui discuteront des orientations de ces grandes entités que sont l'Organisation internationale de la Francophonie, l'Agence internationale de la Francophonie ainsi que TV5, lesquelles forment l'épine dorsale de la Francophonie internationale (voir "Les dollars de la Francophonie", p. 34).

Le Sommet de 2008 sera très différent des 11 précédents. Ceux-ci nous avaient habitués à une série de monologues de chefs d'État, accompagnés de happenings culturels. Tant et si bien que les Québécois ne comprennent pas bien ce que fait la Francophonie et le rôle qu'ils peuvent y jouer, dit Monique Gagnon-Tremblay, ministre des Relations internationales du Québec et ministre responsable de la Francophonie. D'où les changements d'orientation qu'elle a imposés à ses homologues en vue du Sommet de Québec.

Ainsi, pour la première fois, les chefs d'État se réuniront par groupes de 10 en table ronde (sur l'environnement). Et les principales organisations seront invitées à présenter leurs réalisations. "C'est tout un changement de culture", affirme Monique Gagnon-Tremblay.

Un tel sommet a beau être réglé comme du papier à musique, il arrive que l'actualité vienne perturber ce bel ordre. "En 2002, la crise irakienne avait monopolisé presque toute l'attention", dit Abdou Diouf, secrétaire général de l'OIF, le vaisseau amiral de la Francophonie. "En 2006, c'était la guerre au Liban. Et je suppose qu'il se produira encore quelque chose..." Cette fois, la crise mondiale de la finance pourrait bien accaparer les discussions, surtout qu'Ottawa et Québec ont beaucoup insisté depuis deux ans sur l'importance du volet économique.

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