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Agrandissons la patinoire économique !


18 Mars 2009

Malgré le bois d’œuvre, le libre-échange avec les États-Unis est une grande réussite. Il faut l’étendre à l’Union européenne.

Le libre-échange, c’est la liberté pour nos entreprises d’exporter sans entraves dans un pays étranger, en échange de la même liberté d’accès des entreprises de ce pays à notre territoire. Dans le domaine économique, c’est l’équivalent des Jeux olympiques. Nos entreprises sont forcées de se battre contre les meilleures. C’est le seul moyen pour elles de parvenir au sommet mondial de l’excellence. La patinoire est agrandie pour tous. On accroît ainsi la création d’emplois et de richesse et on profite d’un plus grand éventail de produits, à meilleur prix.

Est-ce bien ce qu’on a constaté depuis l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis, en 1989 ? La réponse que donne le tableau ci-contre est affirmative. De 1989 à 2007, la vente de produits québécois au Québec et ailleurs au Canada n’a progressé que de 21 % en volume. Pendant ce temps, nos ventes à l’étranger ont augmenté sept fois plus, soit de 153 %. Et non, ce bond de nos exportations n’est pas dû au huard bon marché, puisque le dollar canadien valait plus cher en 2007 qu’en 1988.

Il n’y a qu’un mot pour caractériser l’essor de nos exportations à l’étranger depuis 20 ans : fulgurant. Et qu’une cause possible : l’Accord de libre-échange avec les États-Unis, qui a libéralisé l’accès de nos entreprises au marché américain et fouetté leurs ambitions sur le plan international.

Cela doit nous encourager à aller plus loin, dans deux directions. Premièrement, en consolidant l’accord de 1989, qui est devenu l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en 1994, lorsque le Mexique en est devenu un des cosignataires. Deuxièmement, en négociant de nouveaux partenariats économiques avec les pays d’Europe, d’Amérique latine et d’Asie.

Consolider l’ALENA signifie qu’on devrait ériger des défenses plus efficaces contre la tentation protectionniste, qui est toujours présente au Congrès américain. La stupide guerre du bois d’œuvre a assez duré. Cela signifie également qu’on devrait rendre plus fluide le transport des marchandises d’un côté à l’autre de la frontière canado-américaine. Les coûteux retards dont est victime le trafic transfrontalier doivent cesser. Le Canada n’est pas sans disposer d’atouts dans les négociations à entreprendre : mentionnons ses ressources énergétiques et sa contribution à la sécurité du continent.

Étendre le libre-échange à d’autres contrées est aussi impératif. Les négociations du cycle de Doha (capitale du Qatar) sont en cours depuis 2001 entre les 153 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Elles concernent au premier chef les échanges internationaux de denrées agricoles et de services. Ces négociations sont présentement dans l’impasse. Il faut espérer qu’elles reprendront lorsque l’économie mondiale sera sortie de la récession actuelle.

Des ententes de pays à pays sont également souhaitables. Depuis une décennie, le Canada a signé des accords de libre-échange bilatéraux avec Israël, le Chili, le Costa Rica, le Pérou, l’Islande, la Norvège et la Suisse. D’autres pourparlers sont en cours, notamment avec la Corée du Sud et Singapour.

Une initiative particulièrement bien avisée est celle du premier ministre Jean Charest. Il est intervenu à maintes reprises depuis deux ans pour promouvoir un partenariat économique avec les 27 pays membres de l’Union européenne. L’Europe est séparée de nous par l’océan Atlantique, mais sa production intérieure est aussi importante que celle des États-Unis : 15 000 milliards de dollars par année. Agrandir notre patinoire économique pour y inclure ce continent serait très avantageux pour nous. Il faut espérer que le sommet Canada-Union européenne, qui doit avoir lieu en mai prochain, réussira à lancer les négociations sur ce grand projet.

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