N’en déplaise à ses détracteurs, la Caisse de dépôt et placement du Québec a fait un excellent boulot ces dernières années. À tel point que ses résultats s’amélioreront presque tout seuls dans les prochaines années.
On dit de la Caisse de dépôt et placement du Québec qu’elle est le « bas de laine » des Québécois. C’est vrai. Elle est une grande société publique de gestion de fonds de retraite et d’assurance dont les résultats touchent à peu près tous les Québécois. Les fonds qu’elle reçoit lui sont confiés par des déposants comme le Régime de rentes du Québec, les régimes de retraite des employés du secteur public, la Commission de la santé et de la sécurité du travail et la Société de l’assurance automobile. Elle investit ensuite ces fonds dans toutes sortes de titres financiers et immobiliers, au Canada et à l’étranger, afin de les faire fructifier. La Caisse a pour mission de rechercher le rendement optimal pour ses déposants dans le respect de leur politique de placement, tout en contribuant au développement économique du Québec.
Pour la période de 2003 à 2007, la Caisse a magnifiquement rempli sa mission. Le rendement annuel moyen de ses investissements a été de 12,4 %. Ce fut l’un des plus élevés parmi ceux des sociétés de placement et des grandes caisses de retraite canadiennes. Fait à souligner, la Caisse a réalisé cette performance en faisant des investissements moins risqués que les autres gestionnaires de fonds. La contribution de la Caisse au développement économique du Québec au cours de la même période a également été impressionnante. Alors que l’économie du Québec a crû en moyenne de 4 % par an, les investissements de la Caisse dans les entreprises québécoises ont progressé de 10 % par an — deux fois et demie plus vite. Les gens qui prétendent que la Caisse tend systématiquement à prendre trop de risques, ou encore qu’elle néglige le développement économique du Québec, ne savent tout simplement pas de quoi ils parlent.
Par contre, l’année 2008 a été horrible. À l’automne, le système financier mondial s’est effondré. On n’avait pas vu ça depuis 1929. La faillite de la banque d’affaires new-yorkaise Lehman Brothers, notamment, a pétrifié les investisseurs. Ils ont cessé d’acheter des titres financiers, ce qui a fait dégringoler toutes les valeurs dans tous les secteurs industriels et dans tous les pays. Plus d’endroit où aller se cacher. Le rendement des grandes caisses de retraite canadiennes a été pourri : – 18,4 % pour l’année. La Caisse a fait encore pire. Elle a enregistré une perte de 40 milliards de dollars, ce qui lui a valu un rendement de l’actif de – 25 %.
On admet facilement que la Caisse n’a pas pu éviter le cataclysme financier qui a englouti la planète entière. Ce qui est plus difficile à comprendre, c’est qu’après s’être maintenue aux tout premiers rangs des gestionnaires de fonds de façon systématique pendant cinq années de suite (de 2003 à 2007), elle ait dégringolé presque au dernier rang en 2008. Si la Caisse avait subi la même dégelée que les grandes caisses de retraite canadiennes, sa perte aurait été non pas de 40 milliards, mais de 30 milliards. Qu’est-ce qui explique la différence ?


