Économie »

Pas de récession pour les jeunes


4 Mai 2009

Après avoir profité du boom économique des années 2000, voilà que les travailleurs de la génération Y surfent sur une nouvelle vague : les employeurs se les arrachent !

À la fin de ses études collégiales en technologie de radiodiagnostic, en 2008, Émilie Bilodeau a postulé un emploi dans quatre hôpitaux et deux cliniques privées. « Et les six voulaient m’engager », raconte la jeune femme. Elle a accepté une offre, mais seulement à temps partiel. Car en janvier 2009, le cégep de Sainte-Foy, où elle a étudié, lui a proposé un poste de professeure — à 25 ans!

Ils sont choyés, les jeunes de la génération Y (nés après 1980). Ils ont profité du boom économique des années 2000, et voilà qu’ils surfent sur une nouvelle vague: malgré la récession, de nombreux secteurs manquent de main-d’œuvre à cause du déclin démographique. Tous les camarades de classe d’Émilie Bilodeau ont d’ailleurs trouvé un emploi avant la fin de leurs études. « Pour le moment, il n’y a aucun signe avant-coureur de ralentissement », dit Danielle Boué, coordonnatrice du programme de radiologie au cégep de Sainte-Foy.

Le contexte est bien différent de celui dans lequel se trouvaient les jeunes de la génération X, qui avaient 20 ans lors de la récession des années 1990. Alors que le chômage atteignait 15 % aux heures les plus sombres, il augmentera peu d’ici 2010, passant de 7,7 % à 9 %, selon Emploi-Québec.

Certains secteurs ne souffriront d’aucun chômage, à commencer par la santé et l’éducation spécialisée. Emploi-Québec indique une forte demande dans des domaines aussi variés que l’insémination des truies (l’industrie porcine a eu mauvaise presse depuis 10 ans), la serrurerie (très recherchée depuis le 11 septembre 2001) et la mécanique d’ascenseur (la population vieillit et utilise moins les escaliers). La pénurie de main-d’œuvre se fait également sentir dans des secteurs spécialisés, comme la création de sites Web ou la bureautique.

Les professions où 9 étudiants sur 10 trouvent un emploi sont également nombreuses. Il y a les classiques — actuaire, comptable, enseignant, travailleur social, médecin et infirmier —, mais aussi d’autres moins connues: archiviste médical, installateur de jambes artificielles ou vendeur d’orthèses et d’appareils auditifs. On a également un grand besoin de diplômés en inhalothérapie, tout comme en génie alimentaire.

Selon tous les experts interviewés, la récession ne sera pas une catastrophe pour les jeunes, surtout les diplômés. Ni pour les autres. Même les emplois plus traditionnels seront assez peu touchés. C’est que pour la première fois de son histoire, le Québec a compté plus de mises à la retraite que de nouveaux travailleurs en 2008. Cette situation est à l’avantage des jeunes, mais aussi des travailleurs dans la cinquantaine (voir « Bye-bye Liberté 55 » ). « Et la tendance se poursuivra », affirme Patricia Richard, directrice des contenus de Jobboom.

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