Extrait du livre La vie fabuleuse du créateur du Cirque du Soleil, de Ian Halperin, avec l'aimable autorisation des éditions Transit Médias.
Comme le voulait la tradition, Laliberté se mettait en scène au petit matin suivant le début de la fête. C'était sous un tonnerre d'applaudissements qu'il apparaissait sur une plate-forme surélevée pour être vu de tous. Il était torse nu, laissant apparaître sur son dos un énorme tatouage qui en surprenait plus d'un. Rapidement, de sa bouche sortait des flammes, comme lorsqu'il n'était qu'un simple amuseur public aux débuts des années 1980. Il rendait ses spectateurs complètement hystériques. Suivaient de talentueux jongleurs, clowns et acrobates, mais aussi des masseuses et des diseuses de bonne aventure. La foule répondait par des clameurs. Laliberté n'avait pas son pareil pour tenir les gens en haleine avec une telle intensité. Il n'avait rien perdu de sa superbe et de son énergie sur scène. « Quand Guy apparaissait et qu'il exécutait son incroyable numéro de cracheur de feu, nous devenions tous fous », se souvient « Ginette », une assidue de ses fiestas. « Personne n'était en reste, tout le monde s'éclatait. Ça nous montrait combien notre hôte était doué artistiquement. Il y avait la drogue, le sexe et tout le reste, mais ce que je retiens aujourd'hui, c'est vraiment le numéro de cracheur de feu de Guy. C'était à la fois beau et spectaculaire. » [...]
Un homme d'affaires célèbre à Montréal déclare qu'assister à la réception de Guy a été l'un des moments forts de sa vie. Trois ans avaient été nécessaires avant d'obtenir le précieux sésame par l'intermédiaire d'un de ses proches en contact avec Laliberté. Il se rappelle que des gens avaient afflué toute la nuit. Dès qu'il était arrivé, il avait été impressionné par le moindre détail. « J'ai beaucoup voyagé dans ma vie, mais je n'avais jamais vu rien de tel. À vrai dire, je serais resté un mois si j'avais pu, tellement c'était bien. L'ambiance était tout simplement fabuleuse. Il se passait des trucs fantastiques absolument partout, il suffisait de se retourner. Je fumais occasionnellement du cannabis mais, cette nuit-là, j'ai dû me faire une douzaine de joints. Il faut dire qu'ils étaient distribués comme des bonbons. Je me suis également fait plusieurs lignes de coke. Ça ne me posait pas de problèmes de me droguer dans pareil environnement. Je me sentais bien. Il m'a fallu plusieurs semaines pour m'en remettre, mais je ne regrette absolument rien. Ça a été la plus grande nuit de toute ma vie. » [...]


