Fatima Houda-Pépin : «On est dans le siècle des intégrismes»

Comment combattre l’intégrisme ? Voici un extrait de l’entrevue que Fatima Houda-Pépin a accordée à L’actualité avant de déposer son projet de loi.

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Photo © Louise Bilodeau

Photo © Louise Bilodeau

Aujourd’hui indépendante, Fatima Houda-Pépin estime que le débat sur la neutralité de l’État qu’a déclenché le projet de loi 60 — aussi important soit-il — escamote le vrai problème, celui qui grandit à l’abri des regards, dans les temples, les mosquées, les églises, les centres pour les jeunes : l’intégrisme religieux.

Comment la députée de La Pinière combattrait-elle ces intégristes, présents, selon elle, à Montréal et à Québec ? Avant de déposer son projet de loi en Chambre, elle a tracé pour nous quelques pistes. Voici un extrait de l’entrevue que vous pouvez retrouver en intégralité en cliquant ici (réservé aux abonnés) ou en se procurant le numéro de mars 2014 de L’actualité, en vente en kiosque ou sur iTunes et Google Play, pour tablettes et téléphones intelligents.

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Comment se manifeste l’intégrisme au quotidien?

Il touche d’abord les femmes. Les intégristes s’attaquent à leur comportement, à leur autonomie, à leur apparence. À leurs rapports avec les hommes et la société, autant en privé qu’en public. Les femmes sont un élément central de leur lutte. Mais pour justifier leur oppression, il faut une raison majeure. Ce n’est pas facile. En prétextant la liberté de religion, ça passe mieux.

Par exemple, dans les écoles et les universités, des intégristes surveillent les jeunes femmes musulmanes et leur interdisent de partager leur table avec des mécréants ou de faire leurs travaux avec des hommes.

Certaines communautés veulent soustraire les enfants à l’école, parce que le programme scolaire n’est pas conforme à leur vision du monde. On le voit dans plusieurs communautés, notamment chez les juifs hassidiques.

Il n’y a pas que l’islam aux prises avec l’intégrisme…

Bien sûr que non. L’intégrisme, c’est le gouvernement de Dieu. Peu importe le dieu. Il y a la montée de la droite religieuse américaine qui nous rattrape, on le voit à la Chambre des communes, à Ottawa, avec les évangéliques, qui tentent de rouvrir le débat sur l’avortement avec des projets de loi. Ça touche encore le droit des femmes. On est dans le siècle des intégrismes. Il faut s’y attaquer, mais avant, il faut le comprendre.

Comment peut-on lutter contre ce phénomène?

3 % : le pourcentage de Québécois de confession musulmane
Source : Statistique Canada, 2011

On ne doit pas mettre en péril les droits acquis avec l’arbitraire de l’accommodement religieux, le cas par cas. Il faut établir des balises claires. Par exemple, il est inacceptable que quelqu’un refuse d’être servi par une femme qui travaille pour l’État. Ce n’est pas négociable. Quelqu’un ne peut pas arrêter de travailler pour aller prier, ça entrave le fonctionnement de l’État. On doit intégrer la neutralité religieuse de l’État dans la Charte des droits et libertés. Tout comme les autres partis à l’Assemblée nationale, je suis d’accord avec ce volet du projet de loi 60, qui veut encadrer les demandes d’accommodements.

Mais vous n’êtes pas d’accord avec l’aspect le plus controversé de la charte du PQ, celui qui interdit les signes religieux dans la fonction publique et parapublique?

Le projet de loi 60 fait du « mur à mur » inutilement. Le plus loin où je propose d’aller, c’est une interdiction pour les personnes en position d’autorité, comme les policiers, les juges ou les gardiens de prison. C’est le consensus qui se dégage dans la société et on peut l’utiliser comme socle sur lequel construire la lutte contre l’intégrisme.

Car ce n’est pas du tout avec cette disposition sur les signes qu’on va lutter contre l’intégrisme. On ne touche pas aux comportements, aux gestes, au prosélytisme. C’est là où se trouve le véritable enjeu. L’État doit être neutre dans ses actions, pas dans son code vestimentaire, sauf pour les symboles dégradants pour la femme, comme la burqa, le niqab et le tchador.

Vous avez préparé un projet de loi pour lutter contre l’intégrisme. Que contient-il?

J’ai l’intention de le présenter à l’Assemblée nationale et le contenu doit rester secret jusque-là. (À lire : «La députée Fatima Houda-Pépin dépose son projet de loi sur l’intégrisme»)

Pour l’instant, je peux dire que nous devons d’abord documenter le phénomène de l’intégrisme, y compris la façon dont il évolue dans un contexte québécois. Je propose de créer un organisme de surveillance. Et pas seulement un groupe d’académiciens qui jasent de théories. Je parle de gens sur le terrain, qui suivent ce qui se passe, qui comprennent la langue et la façon de penser des intégristes. Après, on saura quoi faire pour le contrer, comment s’ajuster.

Les intégristes nous connaissent sous toutes nos coutures. Nos lois, nos règlements, nos leaders, nos politiques… Mais nous, nous ne les connaissons pas, et c’est à leur avantage. Ils savent comment manipuler. Et ils sont super bien financés, notamment par l’Arabie saoudite.

« Le combat n’est pas entre les chrétiens et les musulmans, mais entre les démocrates et les intégristes de toutes les religions. »
- Fatima Houda-Pépin

Ensuite, il faut cesser de faire de l’amalgame. Tous les croyants ne sont pas des intégristes. La majorité des croyants pratiquants considèrent les intégristes comme l’ennemi de l’islam, qui tentent de contrôler leur foi et qui veulent la transformer en combat politique.

En 2007, lors des élections qui ont eu lieu après la motion contre la charia que j’avais fait voter à l’Assemblée nationale, les intégristes disaient de ne pas voter pour la députée qui avait fait échouer l’arrivée de la charia au Québec. En plus de leurs discours, ils ont distribué des brochures dans plusieurs langues. Dans ma circonscription, des gens m’ont prévenue après la prière du vendredi. Beaucoup étaient scandalisés qu’on leur dise comment voter. Les intégristes ne sont pas l’islam et les musulmans le leur ont fait sentir. J’ai été réélue. Il faut tendre la main aux gens des communautés qui ne sont pas dans l’intégrisme.

Les discours d’exclusion m’inquiètent, y compris le débat sur les signes religieux dans la fonction publique.

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6 commentaires à propos de “Fatima Houda-Pépin : «On est dans le siècle des intégrismes»

  1. Hélas, lorsque madame Fatima Houda-Pepin déclare : « (…) il faut cesser de faire de l’amalgame », elle illustre à la perfection l’adage suivant : « faites ce que je dis, mais faites pas ce que je fais » ; car dans ces extraits elle mélange allègrement les juifs hassidiques avec les intégristes arabes financés par l’Arabie-Saoudite, pays qui soit dit en passant finance ou aide à peu près tous les musulmans du monde entier. Comme madame Houda-Pepin n’y va pas de « mainmorte », elle nous plante dans le décor les évangélistes dont l’ombre se profile (comme une menace) sur la colline parlementaire d’Ottawa. Maman j’ai peur !

    Et puis quoi encore ? — Nous voici repartis avec la burqa présentée ici comme un symbole dégradant pour la femme, lorsque ce vêtement n’a aucune origine islamique, lorsque c’est plutôt d’origine ethnoculturelle, un vêtement seyant, souvent finement brodé qui est parfaitement adapté pour se protéger des vents du sable des régions désertiques.

    Et puis, s’il vous plait, combien de femmes portent la burqa quotidiennement et en tout temps au Québec ?

    Pourquoi ? Pendant que nous y sommes ne pas incorporer aussi le sari qui est un symbole dégradant quoique fort joli pour les femmes originaires de l’Inde, le sarong un costume revêtu tant par les femmes que les hommes musulmans de l’Indonésie qui pourrait tout pareillement être vu comme un autre symbole dégradant de la soumission des hommes et des femmes à l’Islam, sans oublier le pagne, encore un autre symbole dégradant de la soumission au tribalisme.

    Y-a-t-il d’ailleurs des formes d’intégrismes tribaux au Québec ? Peut-être ! Des intégristes du fétichisme ? — Sans le moindre de doute ! — Et j’imagine lorsqu’on regarde la chose sous le microscope, on risquerait de trouver dans la psyché de chacun d’entre nous une sorte d’intégriste qui sommeille en nous. Ainsi le mieux ne serait-il pas d’interdire tout à tout le monde et d’exiger que chacun adopte une vision uniformément neutre en tout, une pensée uniformisée pour tout, sans oublier de porter en tout temps des costumes neutres qui ne laissent aucun doute quant à notre neutralité d’apparence.

    Je pense que madame Houda-Pepin démontre surtout qu’elle aura été particulièrement choyée tandis qu’elle s’est montrée tout aussi particulièrement incapable de la moindre des loyautés à son nouveau chef. Pour beaucoup de libéraux qui votent dans La Pinière, madame Houda-Pepin fait désormais partie des vestiges du passé. Je conçois que probablement son combat contre l’intégrisme devrait-être son dernier.

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    • Comme madame Houda-Pepin n’y va pas de « mainmorte », elle nous plante dans le décor les évangélistes dont l’ombre se profile (comme une menace) sur la colline parlementaire d’Ottawa. Maman j’ai peur !

      Elle a raison. Regardez l’appui inconditionnel de Harper pour Israël, les détours pour ramener le débats sur l’avortement, l’appui financier des organisations humanitaires à la condition qu’elles distribuent des bibles, le créationnisme du gouvernement qui saborde la recherche scientifique.
      Et vous dites qu’il n’y a pas de péril au parlement canadien !

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      • @ Pierre Gregoire,

        Récemment le président socialiste de la France, François Holland, un grand ami du modèle de laïcité de madame Marois, n’a pas manqué de rappeler les liens indéfectibles de la France avec l’État d’Israël, la seule démocratie digne de ce nom dans cette région du monde.

        Aussi je ne vois pas pourquoi, monsieur Harper devrait retirer sa confiance à Israël d’autant que le Canada a été l’un des premiers pays du monde à reconnaître cette nation en 1948 si je ne m’abuse ! Êtes-vous en train de nous dire que vous seriez un ennemi d’Israël ?

        Alors qu’au Québec de moins en moins de gens souscrivent aux valeurs chrétiennes, que la plupart des gens vivent dans la perte de toute quête de sens, vous pointez d’un doigt accusateur d’autres chrétiens, comme les Évangélistes qui continuent de croire et assument leur foi.

        À ma connaissance, les Évangélistes sont des chrétiens qui ne forment pas un groupe homogène et qui comprend même des catholiques. Les créationnistes sont plutôt des protestants fondamentalistes et non spécifiquement des Évangélistes comme vous l’affirmez. Ces interprétations relèvent plus précisément de la science philosophique, notamment de l’herméneutique et de l’interprétation qui doit être faite des textes.

        Je ne comprends pas sur quoi vous vous basez pour affirmer : « (…) le créationnisme du gouvernement qui saborde la recherche scientifique. » Avez-vous des références précises sur ce sujet hormis quelques petites informations aux relents de partisanneries ou de partis-âneries piquées çà et là comme de grosses friandises qu’on se met sous la dent ?

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  2. Les Intégristes aux bombes sont très majoritairement, presque uniquement…des Musulmans. Pas diffcile à vérifier si on se fie au récent passé.

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  3. Les Québécois vont allumer lorsqu’il va y avoir un attentat terroriste important au Québec. Pour l’instant, ils ne mesurent tout simplement pas le danger. Les Québécois sont l’un des peuples les plus naifs au monde. En plus,ils sont diriger par des gens encore plus naifs.

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  4. La seule voix sensée de tout ce débat sera-t-elle écoutée?

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  5. Madame Houda-Pépin,

    Je salut votre courage !

    Je crois humblement que pour combattre l’intégrisme, (toutes dénominations religieuses confondues), cela sera possible le jour où la majorité silencieuse prendra plus de place dans notre société et manifesteront haut et fort leur désaccord face aux visions rétrogrades de tous ces « manipulateurs » qui jouent la carte du racisme, de xénophobie, etc.

    Jeannot

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  6. J’ai lu l’article et je partage votre opinion à savoir que ces intégristes connaissent parfaitement notre système et en abusent mais nous, si peu. Accomplir un parallèle où l’égalité primerait pour mieux confondre ces gens qui ne demandent qu’à détruire la démocratie.

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  7. Cette députée d’expérience doit être écoutée. Son projet de loi complète le projet 60, mais pris isolément, il demeure imparfait.

    En effet, puisqu’elle nous confirme l’existence de l’intégrisme religieux à Québec et à Montréal, et qu’elle définit l’intégrisme comme «une idéologie politique qui tend à imposer aux individus, à la société et à l’État des pratiques et des valeurs issues d’une interprétation radicale des religions, … », comment peut-elle exclure de sa propre définition de l’intégrisme le port du voile, notamment, par tous les employés de l’État ? Le port du voile n’est-il pas une pratique sournoisement imposée par des radicaux? En Turquie, un pays musulman, la laïcité a été légalisée en 1924. Le port du voile fut interdit dans la fonction publique et cette interdiction fut socialement acceptée pendant des décennies. Or, cette année, le gouvernement de M. Erdogan, s’éloignant résolument de la politique de neutralité religieuse, a aboli l’interdiction du port du voile dans la fonction publique? Pourquoi, si ce n’est du fait de radicaux? Pourquoi, en Tunisie comme en Algérie, voit-on depuis quelques années une résurgence du port du voile, qui était de beaucoup moins fréquent autrefois sur la place publique, si ce n’est du fait des radicaux, notamment des Frères musulmans? Pourquoi l’étendue de cette pratique en Europe et maintenant au Québec ne serait pas une suite du fait de radicaux, dont Mme Houda-Pepin admet l’existence au Québec et dont il faut étudier les manœuvres, j’en conviens. De plus, puisque, suivant elle, nous ne connaissons pas bien les pratiques des intégristes, comment conclure , comment elle l’affirme, que par l’interdiction des signes religieux, « On ne touche pas aux comportements, aux gestes, au prosélytisme. .. », là où se trouverait « le véritable enjeu »? Le port du voile n’est-il pas un comportement, un geste ou une manifestation de prosélytisme passif, soit, mais quand même du prosélytisme? À cet égard, sa pensée parait illogique.

    Cependant, elle fournit une louable contribution. Seule deputée de confession musulmane et pour avoir vécu plus de 20 ans au Maroc, elle apporte de la crédibilité à l’existence d’un problème de prosélytisme et d’intégrisme au Québec dont plusieurs s’évertuent à nier l’existence. En cela, elle fait figure de proue et il faut louer son grand courage politique.

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    • @ G. Vaillancourt,

      Le fait que la Turquie ait choisi de permettre le port du voile islamique dans la fonction publique, tout comme dans leur Assemblée nationale, tout comme le port de la barbe pour les hommes n’est pas le fait d’une imposition sournoise des radicaux comme vous le prétendez. C’est simplement parce que cette apparence était discriminatoire, puisqu’elle interdisait l’accès à la fonction publique à une partie importante de la population.

      Cette une législation adoptée en toute indépendance par son parlement.

      Ceci s’accorde avec la volonté de la Turquie de s’intégrer à l’Union Européenne, en ce sens elle s’inspire des législations en vigueur en Europe, dont la « Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne » adoptée en 2000.

      Notamment l’article 21, alinéa 1 : « Est interdite, toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle. »

      Bien que la Turquie ait adoptée des principes de laïcité avec l’avènement Mustafa Kemal Atatürk, il n’en reste pas moins qu’elle est restée jusqu’à encore récemment une quasi dictature avec son parti unique et son armée omniprésente dans toutes les strates de l’État.

      La décision prise par le Parlement turc établit le fait que ce pays est de plus en plus démocratique et tout à fait capable de progresser dans sa diversité. Un des meilleur taux de croissance du PIB dans le monde d’ailleurs. Lorsque le Québec se traine les pieds dans l’économie canadienne, alors qu’il s’enlise dans les dettes de toutes sortes et le déficit public.

      Enfin la confession n’existant pas chez musulmans. Il est inapproprié de dire que madame Houda-Pepin soit la seule députée de « confession musulmane ». Parte-t-on d’ailleurs des confessions des autres députés de l’Assemblée nationale ? En quoi le fait que madame Houda-Pepin soit née au Maroc fait-il une différence ? C’est une canadienne et une québécoise à part entière, comme vous et moi !

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  8. Vous avez en partie raison madame Houda-Pepin, nous sommes dans le siècle des intégrismes, mais le XXIe ne fait que continuer le XXe. Tous les intégrismes fondés sur la nation, la religion, la race remontent aux années précédant la guerre de 1914. Les pays chrétiens (Russie, Europe) se préparaient alors à la curée dans les Balkans, dans le but de se partager les dépouilles de l’empire Ottoman qui s’effondrait (musulmans sunnites). La guerre de 14 en est la résultante directe. Aujourd’hui, ces mêmes pays occidentaux, aux abois devant la montée des pays émergents, incluant notamment ceux de l’Afrique et du Moyen-Orient, instrumentalisent la religion musulmane pour « souder » leurs populations inquiètes devant les flux migratoires et les pertes d’emploi.
    Par conséquent je vous le demande, comment combat-on l’intégrisme nationaliste en France, aux Pays-Bas, au Québec, contre ces droites « nationales » qui veulent des citoyens homogènes et solidaires, une histoire édifiante, et l’inscription absolue de la nation dans la tradition, en préférant le passé au futur, par respect pour les ancêtres? Comment enseigne-t-on aux jeunes, ceux qui affronteront l’avenir, le goût de penser, de juger et d’agir par eux-mêmes, si on les gave en priorité de leçons visant à leur instiller « l’amour de la patrie » et l’absolue nécessité de préserver le passé, contre vents et marées, dans une forme de repli identitaire? Comment pouvons-nous identifier les prosélytes de cette espèce, qui fondent leur action sur l’hypothèse douteuse que les « autres » nous amènent des pratiques inférieures et des croyances désuètes (les ex-coloniaux en France, les maghrébins musulmans ici), et que l’avenir menace l’identité des nouvelles générations, une identité qu’ils ont pourtant eux-mêmes définie, sans même demander leur avis?
    Comment, madame Houda-Pépin, peut-on préserver nos jeunes de l’intégrisme à saveur nationale, autant que religieuse ou raciale? Par quels signes ostentatoires se manifestent-ils?

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  9. Je crois que la députée Houda-Pépin se trompe peut-être dans sa manière d’amener la chose, même si elle a bien raison de dire que PQ et PLQ sont braqués sur des positions électoralistes (et qui plus est grotesques, puisque l’un comme l’autre refusent la laïcité en gardant un crucifix en plein Parlement).

    Outre que son projet est muet sur l’enceinte parlementaire – où selon moi il ne saurait y avoir de signes religieux ni sur les murs ni sur les têtes – madame Houda-Pepin s’embarque sur un lit de Procuste avec la notion d’intégrisme, qui peut donner naissance à d’interminables casse-tête sémantiques.

    Il aurait mieux valu s’en tenir aux rapports entre les cultes et l’État – selon le principe libéral « Des Églises libres dans un État libre » – un principe régulateur qui est par définition adverse aux intégrismes de tout acabit, chacun ayant à mettre de l’eau dans son vin.

    La notion d’ »intégrisme » risque de nous ramener rapidement (et ô combien involontairement) aux bozos qui confondent laïcité et athéisme, soit pour combattre la laïcité soit pour combattre les religions. Ceux pour qui « les religions font problème » donnent de l’eau au moulin de tous ceux qui veulent faire passer la laïcité pour antireligieuse.

    La laïcité ne sert pas à combattre les religions, seulement à bien démarquer la vie politique de la vie spirituelle et vice-versa. Le principe de Cavour « Une Église libre dans un État libre » protège autant les Églises que l’État. Il protège les cultes contre la politisation du religieux, qui dégrade la foi en militantisme identitaire; il protège l’État contre la spiritualisation du politique, qui l’exalte et l’exacerbe indûment.

    Seule la neutralité laïque dans la sphère restreinte de l’État peut à terme assurer la concorde entre les différentes formes que prend la vie spirituelle des citoyens dans la vaste sphère de la vie sociale.

    Ajoutons que madame Houda-Pepin est dans le droit fil d’une pensée libérale, laquelle pensée libérale n’est aucunement limitée à ses petites versions locales, québécoise en particulier ou canadienne en général.

    Car libéral était le grand Mazzini qui proclama le principe immortel «l’Égalité de Tous les Cultes»! Libéral était le grand Cavour qui énonça le principe (tout aussi immortel) «Une Église libre dans un État libre»! Libéral enfin, le légendaire Garibaldi qui à la tête de ses Mille, combattit (entre autres) les forces pontificales patibulaires! Car grande fut la gloire du Risorgimento, nouvelle aurore de la liberté.

    En 1860, L’Italie libérale, une monarchie constitutionnelle, instaura la laïcité de l’État près d’un demi-siècle avant la France républicaine de 1905.

    Il est d’ailleurs à noter que des Québécois combattirent d’un côté et de l’autre des Guerres du Risorgimento. Certains s’enrôlèrent dans les Zouaves pontificaux pour défendre les territoires du Pape contre la démocratie et la liberté; en revanche, le fameux Arthur Buies se joignit aux Chemises rouges sous le commandement de Garibaldi, et prit part à l’Expédition des Mille.

    Le PLQ, en refusant d’opposer, au mur-à-mur intégral du PQ, autre chose qu’une position « bondieuserie über alles », tout en voulant à la fois, comme le PQ, maintenir le crucifix de 1936 en pleine enceinte parlementaire, ce qui est un refus flagrant et risible du principe de laïcité – le PLQ, dis-je, a pris le parti des Zouaves contre celui d’Arthur Buies.

    Il est donc heureux que la députée ex-libérale Fatima Houda-Pepin « sauve l’honneur » en déposant un projet de loi, auquel je trouve à redire mais qui a le mérite de nous rappeler qu’entre le projet du PQ et le non-projet du PLQ, il y a place pour une véritable Charte de la laïcité – et non la soi-disant « Charte des valeurs », qui est une contrefaçon identitaire du principe de laïcité – neutralité et identité étant bien entendu des contraires.

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  10. Je réponds à M. Drouginsky.
    Comment peut-on comparer une burka et un sari. Bien sûr que le sari est maginfique et d’une grande élégance, mais il ne cache pas la femme ni son visage. Alors, que la burka EST religieux ET culturelle. La burka est une cage, Monsieur. Essayez d’imaginer votre épouse (si vous en avez une) Sous cette burka, qui la coup du monde, qui étouffe les sons, qui lui fait voir le monde au travers d’un grillage très serré, qui cache son identité, dans lequel ell a chaud parce que dehors il fait 45° et sous sa tente elle transpire pour ne pas dire qu’elle étouffe, et que penser de ce serre-tête qui maintient la burka afin qu’il ne s’envole pas au vent!

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  11. Je poursuis pour M. Drouginsky qui mélange les choses. J’ai appuyé sur la mauvaise touche par erreur et mon message est parti inachevé…. Vous trouvez normal, Monsieur, que l’on cache les femmes? Vous trouvez normal qu’on leur défende de se montrer à d’autres hommes que leur mari. Est-ce que ces hommes ont peur que leur femme soit violée parce qu’il sont incapable de se retenir? Sachez que le viol est admis dans certaines sociétés. Pendant qu’on y est, vous ne savez pas que notre PM à Ottawa est évangéliste ou baptiste, pour moi c’est la même chose. Pourquoi pensez-vous qu’il a créé un bureau des religions? 9 millions pour défendre les religions qui n’ont jamais été interdites à ce que je sache. La montée des républicains armés jusqu’au dents aux USA et Harper appuyé par Dieu au Canada. Vous ne faites pas de rapprochement? Monsieur, je vous conseille de lire autre chose que des livres de mode ethnoculturelles, ça vous profiterait infiniment.

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    • @ En réponse à monsieur ou madame « mordu52 » :

      Hormis le fait que vos propos très agressifs frisent l’hystérie.

      Sans vouloir en rien vous offenser, cher monsieur ou chère madame (votre pseudonyme cocasse, ne me permet pas d’identifier votre sexe), je pense que vous confondez les armures médiévales en acier avec la burqa. Et vous ne connaissez manifestement rien aux conditions de vie des populations nomades du désert. Et euh non ! J’crois pas que j’mélange quoique ce soit !

      À mon humble avis il n’existe pas de plus terrible et de plus avilissante prison que le corps surtout lorsqu’il est habité par la maladie. Ajoutez à cela l’étroitesse de l’esprit et vous serez bien servi avec l’assurance qu’il n’est rien d’autre à recevoir en bout de course pour salaire de la vie que l’expiation. — Penseriez-vous vraiment que vous vivriez ici au Paradis avec ou sans bien sûr la burqa ? Et en quoi le port de cette parure nous dérange-t-elle ici au Québec ?

      Les gens qui empestent le parfum bon marché par exemple, me dérangent cent fois plus et je ne peux rien faire contre ça !

      Les femmes sont libres de s’habiller comme elles veulent, de plaire à leur mari si elles veulent avec les vêtements de leur choix et de se soumettre à l’homme si cela leur plait. Vous n’avez aucun droit de soumettre ou de punir une femme en leur interdisant au nom de la loi de porter la burqa ! Pas le moindre droit !

      Le fait que vous me preniez pour un analphabète carrément stupide vous garantit avec respect de l’assurance de mon antipathie. En bon directeur de conscience « christiano-égocentriste » que vous êtes, madame ou monsieur « mordu52 », pourriez-vous me soumettre une liste de lectures, s’il vous plait ? Cela m’aiderait certainement à me mettre à niveau !

      — J’attends donc cette liste de « bonnes » lectures correspondant à votre sens inné de ce que doit être la rectitude « laïquo-gauchisto-aristocrato-étatique » à la québécoise, tout comme votre réponse pleine d’esprit pour laquelle je trépigne d’impatience. Tout en remerciant votre grandeur toute « in-compatissante » par avance. Soyez par le fait même assuré de ma gratitude en tous points dévoilée.

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  12. Monsieur Drouginsky,

    La croix-bijou portée occasionnellement ainsi que le sari et le sarong portés certaines jours ne sont pas comparables au hijab obligatoire en public en tout temps. À la limite, la question qui tue : advenant un feu de cuisine, est-ce que cette femme voilée prendrait une ou deux minutes pour se couvrir avant de sortir de chez elle?

    Et puis, je me fiche du voile. S’il fallait que la loi soit adoptée et que les femmes voilées se libèrent de ce bout de tissu mais continuent à se couvrir les bras et les jambes, je ne serais pas satisfaite. Pourquoi? C’est juste une question de discrimination hommes-femmes, parce que les hommes musulmans peuvent profiter du soleil et du vent trois saisons sur quatre. Lorsque les hommes musulmans porteront le voile et joueront au soccer tout en couvrant leurs bras et leurs jambes, je serai comblée.

    Ghislaine Meilleur

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    • @ Ghislaine Meilleur,

      Je ne crois pas avoir fait usage une seule fois du mot « hijab » dans mon texte initial. J’ai me suis servi du mot « burqa » qui définit une toute autre parure. Quoique je respecte votre point de vu, je n’ai jamais vu où que ce soit de mes lectures relative à l’Islam et au Koran que le « hijab » soit obligatoire en public en tout temps. Aussi c’est un choix que font certaines personnes en leur nom propre et pas au nom de la religion qu’ils ou elles professent. Je comprends que vous n’êtes sans doute pas tenue d’agréer de tels choix et je n’ai jamais écrit où que ce soit que le les approuvais.

      Dans la vie un choix reste un choix. Si vous aimez et respectez les gens vous devez respecter les choix des autres même si ces choix ne sont pas automatiquement les vôtres. Si vous souhaitez qu’on vous respecte, vous devez inspirer le respect. Il y a un mot pour définir cela : l’empathie. Ce mot magique permet de résoudre bien du ressentiment et de nombreux conflits. Ce que ne sauraient faire des lois contraignantes.

      Ainsi les personnes qui se respectent mutuellement seront-t-elles plus réceptives à leur nouvel environnement et procèderont peu à peu à des changements dans leur vie qui ne sont pas toujours possibles chez les nouveaux-arrivants qui parfois traînent leurs vieux vêtements plus longtemps faute d’argent.

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      • M. Drouginsky, j’admire votre grande érudition et le contenu informatif de vos commentaires. Plus nous sommes informés, plus nous pouvons étayer notre point de vue et convaincre nos lecteurs.

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        • Oups, mauvais bouton…

          Par contre, il ne faut jamais oublier que nos opinions ont une origine: elles sont issues d’une idéologie forgée AUTANT par notre rationalité que par notre émotivité… Et c’est très bien ainsi.

          Affirmer que la vertu de l’empathie devrait primer, que les choix de l’autre doivent être respecter par une tolérance aimante, peut démontrer une grandeur d’âme. Le problème : il y a encore… Trop de gens (ceux que je nomme les TRICHEURS) qui abuse de ces bons sentiments…

          Le bien vivre-ensemble demande des règles (idéalement) conçues démocratiquement par une communauté qui, se basant sur son héritage culturel et une vision commune de son avenir, favoriseront son épanouissement DURABLE et COLLECTIF…

          Aussi, nous devrions nous méfier de nos opinions trop souvent influencées par l’idéologie très néolibéral de la sacro-sainte liberté individuelle qui ne souffrirait d’aucune loi contraignante… Une idée en parfaite concordance avec l’ENFANT-ROI qui ne se préoccupe que de SON présent et qui ne veut surtout pas se voir limiter…

          PARDON, mais le besoin individuel primaire, même s’il est à la base de l’évolution darwinienne, peut être surpassé par l’evolution culturel de l’Humain.

          Le laisser-faire individualiste, très à la mode, est néfaste pour une communauté responsable qui veut DURER et grandir. Vivre en harmonie, c’est accepter des règles parfois contraignantes. C’est accepter la police, accepter des lois et ne pas SE VOILER LA FACE… devant les choix collectifs que nous devons instituer dans notre mode de vie adulte.

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          • @ Reflecteur,

            Merci pour vos propos polis et aimables. Vous évoquez plusieurs points qui sont assez pertinents certainement et je n’ai pas la prétention de détenir quelques solutions idéales, contrairement à certains. Toutefois, vous m’accorderez qu’il y a des choses qui marchent mieux que d’autres.

            Je suis d’accord avec vous quant au fait que nous sommes influençables lorsque l’idéologie dominante s’exerce et s’étend sur chacun d’entre nous. Si ce n’est que le fait d’être conscient de ce fait vous rend moins influençable et plus résistant aux influences de toutes sortes.

            Je suis aussi de votre avis sur le fait que le « bien vivre ensemble » requière un certain nombre de règles et selon moi, ces règles devraient être autant que faire se peut, simples à comprendre, aussi peu contraignantes que possible et surtout révisables au-besoin, ce qui implique qu’il y ait dans ce cas un véritable débat démocratique.

            Hors, précisément ce débat a-t-il vraiment lieu ou relève-t-il encore des apparences ? Aussi y-a-t-il dans une société bien faite un juste milieu comme il plaisait à dire à Benjamin Franklin. Je ne pense pas que cette position médiane et équilibrée soit observable actuellement dans notre paysage politique actuel. Mais je peux me tromper.

            Comme vous le dites fort bien, il y a beaucoup de tricheurs et rien n’indique que ce siècle ne soit pas précisément celui des tricheurs au lieu d’être comme le prétend madame Houda-Pepin : celui des intégrismes. D’ailleurs pour le philosophe André Malraux, ce 21ième siècle sera spirituel ou bien il ne sera pas.

            Je pense que plutôt que de lutter contre des intégrismes de tous poils quelquefois non avérés ; on sauverait beaucoup d’énergie à faire évoluer la cause de l’intelligence et de la spiritualité. Aussi faire la guerre au port de la burqa au Québec me paraît plutôt relever de la frivolité ou bien alors de la petite politique et du domaine de la stratégie électorale.

            Merci encore pour vos réflexions tout-à-fait respectables.

  13. Madame Houda-Pépin a vu juste, c’est par la lutte contre l’intégrisme que le combat démocratique doit passer.La neutralité de la sphère étatique (ie la Laïcité) n’est qu’un message, adressé aux intégristes, indiquant que les citoyens ne veulent pas de tutelle religieuse. Mais je veux ici témoigner , à titre d’exemple, de la situation de la Recherche Publique Française que je connais bien: La loi interdit aux enseignants chercheurs, payés par l’Etat, le port de signes religieux, c’est inscrit dans le règlement intérieur et pourtant dans le laboratoire que je fréquente, il y a au moins 6 personnes ( doctorantes, donc chargées de cours ) portant le foulard islamique et personne ne dit rien. A mon sens, il est grave de (faire) voter une règle au final inapplicable, cela décrédibilise ceux qui la prennent. En ciblant uniquement les intégristes pour les règles dans lesquelles ils contreviennent aux lois du pays, on se limite au strict combat nécessaire et l’on évite de dépenser des ressources à gêner les simples citoyens.

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  14. Pas 100% d’accord , mais quelle perte pour les libéraux ,

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  15. Oui, principalement musulman.

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  16. Je suis 200% en accord avec la naîveté et le manque de capacité des québécois à bien se documenter sur la question. Lorsque Madame Houda-Pepin propose un observatoire on devrait l’écouter. Il faut savoir que tous les pays à majorité musulmane ont leur observatoire pour contrôler le phénomène d’intégrisme, pas nécessaire d’attendre un événement tragique pour réagir, soyons proactif. Je salue effectivement son courage, dommage pour les libéraux. lorsque les canadiens ou les québécois pensent adopter la charia, il y a incohérence totale. D’une part on affiche tous azimut la lutte contre la violence et de l’autre côté on va tolérer des sévices physiques envers les femmes et les enfants, rien ne va plus dans ce monde. Nos ancêtres doivent sûrement se retourner dans leur tombe. Jos

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  17. Voici un exemple des nombreux moyens subversifs utilisés.
    La dame au burkini qui s’est présentée dans une piscine municipale de Québec n’est pas une musulmane quelconque. Non, c’est nulle autre que Souheila Djaffer, ex-directrice des affaires externes du Centre Culturel Islamique de Québec (CCIQ). C’est une activiste qui promeut la charia depuis des années, avec l’imam du CCIQ; ce n’est pas une simple citoyenne.
    Mme Houda-Pepin a raison. Réveillons-nous

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  18. Je suis déçu de l’Actualité. Je m’attendais à une meilleure mise en contexte et à un peu plus de recheche autour de cet article. Sans données réelles, les fondements du projet de loi 60 laissent à désirer. Sans un portrait de la situation réelle «des intégrismes» au Québec, il en va de même pour les opinions et le projet de loi de Mme Houda-Pépin. Y a-til vraiment menace et invasion «des intégrismes» au Québec.?
    S’il y a 3% de musulamans au Québec et que seulement 15% d’entre eux sont pratiquants, cela représente moins de 40 000 personnes, qui ne sont pas nécessairement toutes des intégristes. 40 000 sur 8 000 000, on est loin de l’invasion. Débusquer des terroristes et des fondamentalistes dangereux parmi eux relève davantage du contre-espionnage et de la police que d’un comité de surveillance des religions qui se rapporte premier ministre.
    Votre article ne mentionne que ces deux chiffres, j’aurais aimé en avoir davantage, einsi que des analyses complémentaires à celle de Mme Houda-Pépin, pour mieux me forger une opinion la réponse à donner à votre question « Et si elle avait raison? ». Pour l’instant, je pense que ni le gouvernement, ni Mme Houda-pépin n’ont démontré l’urgence d’agir. On a d’autres problèmes, beaucoups plus important à résoudre dans le court et moyen terme..

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    • La force d’une idéologie n’est pas nécessairement en fonction du nombre d’adeptes qu’on y trouve.
      Le nazisme, de l’Allemagne d’entre les deux grandes guerres, ne regroupait qu’une infime partie de la population.

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      • @ Francois Ricard,

        Le NSDAP (Parti national socialiste des travailleurs allemands) plus connu sous le nom de parti nazi, n’était en effet lors de sa fondation en 1920 qu’un groupuscule d’extrême droite, concentré essentiellement en Bavière (un État libre d’Allemagne) avec une organisation présente à Munich seulement.

        En mars 1933, ce parti est le premier en Allemagne, il obtient 288 sièges au Reichtag (44% des sièges) et Adolph Hitler devient chancelier. La force de l’idéologie des nazis est justement devenue très populaire auprès de la population en un rien de temps.

        Objectivement, pensez-vous que près de la moitié de la population du Québec va se convertir à toute forme d’intégrisme religieux en moins de 13 ans ?

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