Dans trois ans: une place (ou un carré) Pierre Bourgault!

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Faut-il renommer un coin du Mile-End du nom d’un de ses habitants les plus éblouissants: Mordecai Richler?

Garnotte, du Devoir, propose une mini-rue Richler

Garnotte, du Devoir, propose une mini-rue Richler

Les dix ans de sa mort sont soulignés par une biographie, la sortie d’une adaptation cinématographique de son dernier, et exquis, roman La version de Barney, et d’un documentaire de Francine Pelletier, The last of the wild jews.

Lorsque des conseillers municipaux ont évoqué la possibilité de laisser une trace de Richler dans le paysage toponymique de Montréal, des journalistes anglophones m’ont appelé pour enregistrer ce qu’ils présumaient être ma féroce opposition. Normal, je fus un des principaux contradicteurs de Richler, notamment en 1992 au moment de ses sorties anti-québécoises les plus abjectes. Alors, et encore aujourd’hui dans le documentaire de Mme Pelletier, on peut m’entendre affirmer que Richler a causé un tort considérable à la réputation du Québec, aux États-Unis et au Royaume-Uni en particulier, à cause de sa paranoïa.

Richler, paranoïaque et raciste ?

Oui, paranoïa: c’est la seule façon de caractériser quelqu’un qui pense, et écrit dans un grand magazine, que le Parti québécois a choisi, en 1976, pour hymne électoral un chant nazi. C’est la seule façon de caractériser quelqu’un qui croit, et reprend dans un livre, une statistique affirmant que 70% des francophones du Québec moderne sont « hautement anti-sémites ». Ce qui serait supérieur au niveau allemand du début des années 30.

Pourtant, j’ai affirmé qu’il devrait y avoir quelque part dans le Mile-End une trace du passage de Richler. Car il est un des plus grands écrivains que le Québec ait produit. Un grand écrivain québécois — qu’il le veuille ou non! Car c’est le Québec qui l’a produit, c’est le Montréal de sa jeunesse et de son âge mur. Et c’est du Québec qu’il parle dans la plupart de ses ouvrages, qui sont autant de feux d’artifices où tout le monde en prend plein la gueule: les francophones, oui, les protestants, les juifs, tous!

Richler, Trudeau, Bourassa

Je vais vous faire un aveu: je suis davantage favorable à une place ou une bibliothèque Mordecai Richler qu’à une trace de Pierre Trudeau ou de Robert Bourassa dans la grille urbaine. Pourquoi ? Le premier est un grand écrivain, les deux autres ont été élus à plusieurs reprises par les électeurs québécois.

On reproche au premier d’avoir écrit des âneries sur le Québec, âneries qui fleurent le racisme (s’il avait écrit sur les Noirs ce qu’il a écrit sur nous, personne n’hésiterait à le traiter de raciste). Mais il a usé de sa liberté d’expression, et nous avons usé de la nôtre pour le dénoncer. Il n’a emprisonné personne, il n’a commis aucun abus de pouvoir.

Ma formation de journaliste y est peut-être pour quelque chose: je défendrai toujours la liberté des uns et des autres de s’exprimer comme ils l’entendent, ce qui, évidemment, inclut le droit d’exprimer les pires stupidités, de traiter celui-ci de voyou, celui-là de parrain, l’autre d’anti-sémite, voire de Nazi, de tenir même des propos négationnistes.

Je ne tire qu’un trait: l’appel à la violence (comme, sans doute, dans le cas, courant, d’un site anglo-montréalais appelant à pendre Mme Marois.) Tout le reste, à mon avis, est de l’ordre de la liberté d’expression et du débat. (Pour une explication de ma position, voir Quelle histoire!)

Trudeau, Bourassa ? Ils ont enfermé, en octobre 1970, 500 Québécois pour simple délit d’opinion, parmi lesquels cinq poètes. Voilà qui a du poids dans la balance. Une action condamnable, pas une opinion condamnable. Le premier a réduit les pouvoirs de l’Assemblée nationale en imposant une nouvelle constitution. Le second a menti à son peuple à un moment crucial de son histoire. Voilà les abus de pouvoir qui valent qu’on hésite, avant de poser leurs noms sur une rue ou un aéroport. (Pour Bourassa, mon compromis est le suivant: oui à une rue, mais à la condition qu’on y mette une « place des poète emprisonnés ». Pour Trudeau: il faut évidemment débaptiser l’aéroport dont il a voulu la mort, Dorval.)

Et Pierre Bourgault ?

Dans quel sens, la rue Bourgault?

Dans quel sens, la rue Bourgault?

Mes amis de la SSJB ont exprimé leur désaccord au sujet de la désignation d’un lieu pour Mordecai Richler. Je salue leur droit d’exprimer ce point de vue, parfaitement défendable.

Mais puis-je suggérer qu’on s’active plutôt à proposer d’inscrire dans la toponymie montréalaise le nom de grands Québécois qui nous ont quittés depuis 10 ans. Cette borne temporelle a été franchie par Gérald Godin en 2004 (on a nommé un Cégep de l’Ouest de l’île en son honneur), par Gaston Miron en 2006, par Pauline Julien en 2008, par Gilles Carle en 2009. Elle sera franchie par Pierre Bourgault en 2013.

Tous ces gens ont gravité autour du Carré Saint-Louis. Oui, Saint-Louis, roi de France de 1226 à 1270. Son rapport avec le Québec? Disons: ténu!  Laissons Mordecai se faire désigner une bibliothèque non loin du lieu de son enfance qui a nourri son œuvre  et réfléchissons à un aménagement toponymique d’un futur ex-Carré Saint-Louis qui ferait une place aux grands Québécois qui nous ont quittés depuis une décennie.

*   *   *

Voici ce qu’on trouve sur le site de la ville comme explication historique pour le Carré, ex-square, Saint-Louis:

Données historiques

Le 2 septembre 1848, la Corporation de Montréal acquiert un terrain d’Alexandre Maurice Delisle du coteau Barron (ou Baron), où elle aménage un réservoir d’eau. L’inauguration prévue pour le 24 juin 1851, mais reportée deux jours plus tard, est l’occasion de dénommer le réservoir Jean-Baptiste, toponyme cependant fort peu utilisé. L’origine du toponyme actuel du square demeure obscure. D’une part, il pourrait trouver son origine du quartier où il est situé, lequel tire son nom du faubourg, le faubourg le tenant lui, du Coteau Saint-Louis (citadelle) dans la vieille ville.

D’autre part, il pourrait rappeler une famille d’entrepreneurs du nom de Saint-Louis, qui possède également plusieurs propriétés dans le secteur et habite en bordure du square. Il est intéressant de signaler que cette même dénomination de Saint-Louis identifie la paroisse, fondée dans le secteur en 1888 et consacrée au saint roi Louis de France.

L’acte de vente d’Alexandre Delisle prévoit déjà la largeur à conserver aux rues situées de chaque côté du réservoir et stipule la nature des matériaux à utiliser pour les maisons futures, tout en prohibant la construction de bâtiments industriels. Ainsi lorsque le réservoir Jean-Baptiste devient désuet, après la construction du réservoir McTavish en 1879, le lieu devient un parc public, au centre d’un ensemble résidentiel de choix.

En 1880, on entreprend l’aménagement du square, on nivelle le remblai qui retient l’eau, on refait le fond et les côtés du bassin, on érige une fontaine et trace des sentiers. La succession Delisle cède le terrain nécessaire à l’ouverture des rues Ernest (côté nord) et Albina (côté sud), qui disparaissent plus tard dans la dénomination du square.

Extrait de l’ouvrage «Les rues de Montréal — Répertoire historique» 1995 — Éditions du Méridien

28 commentaires à propos de “Dans trois ans: une place (ou un carré) Pierre Bourgault!

  1. … » On peut bien nommer une ruelle en l’honneur d’un anglais qui a mépriser plus qu’édifier…une ruelle c’est ce qu’il mérite le nom d’une ruelle,ou d’un cul de-sac, pas d’une rue..c’est méprisant pour l’intelligence.

  2. La paranoïa est une maladie mental, une psychose. Le délire anti Québec-francophone exprimée par Richler fait curieusement penser. en mode mineur, au délire qui imprégnait les écrits antisémites de Louis Ferdinand Céline. Le docteur Destouches est un immense écrivain, ayant perdu une partie de sa raison. À cause de la Guerre, de la Shoah, ses propos antisémites sont devenus insupportables. Les écrits et les dits anti francophones québécois de Richler sont méprisants, xénophobes et finalement insultants et ignobles pour leurs destinataires. Mais la situation historique n’étant la même, les propos de Mordecai Richler ne sont pas à proprement parlé dangereux comme pouvaient l’être ceux de l’auteur de « Bagatelle pour un massacre » et de « L’École des cadavres ».
    Par contre la mort de Pauline Marois réclamée par le site ParkAvenueGazette.com est l’équivalent d’une fatwa pour les Musulmans fondamentalistes. Un permis de tuer mis à la disposition de fragiles cerveaux de fanatiques incontrôlables. Un appel au meurtre délibéré, inconcevable et inadmissible. La liberté de penser est le fondement de notre société, l’appel au meurtre est un crime et la place des malades mentaux criminels est à l’Institut Philippe Pinel.

  3. Publication en dessous d’un message non envoyé, il y a deux semaines à la mairie parce que le sujet Richler ne s’est pas maintenu dans l’actualité à cause de l’éternelle question J.J.Charest, notre premier ministre voyou ici au Québec. Façon, M.Lisée de tester votre ouverture à la liberté d’expression en vous rappelant que l’hebdo Marianne a fait sa une avec Sarkozy: voyou de la république!

    Je suis contre l’idée de nommer une rue de Montréal: rue Richler parce qu’après 100 ans de catholicisme masochiste, il y a des limites à faire dans l’auto immolation tout comme par ailleurs, l’aéroport Dorval doit être libéré du nom de Trudeau au plus sacrant! Prenez exemple, M.Lisée sur l’intervention de Robin Philpot sur le sujet pour qui c’est Non de remplacer le Boulevard St Urbain par Boulevard Richler!!!! Et non pour une rue tout court! Oui, pour une rue Bourgault, une Rue St Denis devenant Rue Pierre Bourgault, dans mon message, j’en donne les raisons.

    Le site raciste anti Québécois, on en parle un peu malgré le tabou, ayant envoyé un lien sur le site dimanche.
    Le lien Park avenue Gazette semble barré? Le serveur serait logé en Suisse!

    Message pour LA MAIRIE de MONTRÉAL

    -Changement de nom de rue

    En tant que résident de Montréal, je m’oppose à ce qu’on nomme une rue ou boulevard de la métropole au nom d’un individu M.Richler’s qui a colporté des injures contre les Québécois francophones et qui a lancé non une discussion mais une croisade contre les souverainistes.

    La ville de Montréal s’est bien gardée de nommer un établissement, rue ou boulevard au nom d’un Pierre Bourgault décédé en 2003 qui a travaillé lui positivement à l’amélioration du sort des Canadiens Français et à leur prise de conscience que leur identité serait dorénavant québécoise.

    Montréal refuse d’honorer un homme respectable, Pierre Bourgault dont le défaut serait d’être un défenseur de la condition québécoise distincte au Canada. Vous devriez l’honorer, ce qui est certain c’est que monsieur Bourgault n’a jamais prétendu que le West Island pourrait être une résurgence du nazisme comme M.Richler’s l’a prétendu contre le patriotisme québécois!

    Messieurs, dames de la mairie, ne créez pas des problèmes politiques en tentant de satisfaire une clientèle électorale ignorante des francophones de Montréal!-

    http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201011/25/01-4346108-propos-haineux-contre-marois-le-pq-porte-plainte-a-la-sq.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_politique-quebecoise_559_sect

  4. Immortaliser Richler serait soit faire preuve d’ouverture d’esprit remarquable, ou faire preuve de masochisme affligeant. C’est selon.
    L’homme détestait tout le monde, ses coreligionnaires en premier. C’est qu’il était moraliste, et qu’il trouvait la race humaine bien pitoyable. On saurait difficilement l’en blâmer. Mettre une plaque sur la maison où il est né risquerait de la dévaluer, ou d’inciter des incivilités à son endroit. Peut-être l’Université Concordia pourrait-elle souligner le fait qu’il y a étudié quant elle portait le nom du fondateur des Y.M.C.A., autre beau paradoxe quant on sait que le C signifie chrétien.

    Lisez son oeuvre. Dans L’apprentissage de Duddy Kravitz, apparaît une Canadienne-française – Yvette – de la plus haute valeur morale, alors que le petit Duddy, obnubilé par son ambition, de comporte en parfait salaud. Pauvre Richler. Il doit bien rire de ceux qui veulent le toponymier…

  5. Oui! C’est à la première personne à qui j’ai songé lorsque j’ai entendu parler de ce projet d’inscrire Richler dans la toponymie: Bourgault. Lui, au moins, son radicalisme politique n’était pas grossier.

    Mais je vous rejoins sur la réponse qu’il faut donner aux partisans du projet de baptiser cette bibliothèque au nom de Richler. Que des personnages controversés apparaissent dans notre toponymie, soit! Ils font partie de notre histoire, tant ses pans glorieux que ceux qui le sont moins. À chacun d’exercer son jugement pour partager le bon grain de l’ivraie. Mais comment le faire si on ne nous a même pas enseigné où se trouve cette ivraie? Et quelle meilleure façon que la toponymie pour piquer notre curiosité sur ces noms qui ont fait notre histoire?

    Donc, va pour Richler, mais il me tarde que Bourgault apparaisse à quelque part.

    Cependant, pour bien faire honneur à Bourgault, il faudrait aussi remplacer la dénomination de « carré », horrible anglicisme provenant du mot « square », par « place ». La Place Pierre-Bourgault. Ça sonne bien, non?

  6. Je ne suis pas certain que je serais heureux de visiter un endroit nommé en l’honneur de Mordecai Richler. Il me semble que si nous devions procéder à une telle nomination, il faudrait avoir épuisé une liste de noms dont avez vous-mêmes proposé certaine composante. Il ne faut tout de même pas être trop masochiste …

    «Il faut être masochiste pour vouloir gagner ce qui nous est donné.» [Madeleine Ferron]

  7. Bonsoir,
    Ayant connu et côtoyé Monsieur Pierre Bourgeault pendant de nombreuses années, voire des décennies,
    je peux affirmer sans prétention que celui-ci n’avait pas d’affinité avec le Carré St-Louis qui s’est fortement métamorphosé avec le début des années 1970 avec la fermeture de Chez Harry’s et de la nocturne Fontaine de Johannie et le tout bien avant la venue du Café Cherrier de mon ami Jacques ! Autant que Monsieur Gaston Miron pouvait être identifié au Carré St Louis, ce n’était surtout pas la place ou le regretté Pierre Bourgeault avait des affinités. Ce paradoxal personnage était plus du genre rue St Denis en bas de Sherbrooke en étant plus près de l’UQUAM mais surtout, ses endroits de prédilection étaient dans le Village rue Sainte Catherine….
    Pourquoi ne pas choisir un lieu aux alentours de la rue Mentana et Rachel où Monsieur Pierre Bourgeault habita longtemps côté ouest sur Mentana juste en bas de Rachel, sa maison qui fut achetée par un de mes amis retraité de Radio Canada qui l’habite encore. Il y a un petit parc pas très loin qui serait plus approprié afin de commémorer sa mémoire. Après que Monsieur Pierre Bourgeault eut déménagé dans son magnifique condominium rue Mont Royal dans l’est, à côté du New Style où c’était à proximité du condo qu’il habitait en haut de l’animalerie, pourquoi ne pas baptiser le parc à côté sur Bordeaux surnommé le Parc des Indiens en son nom, où tout simplement la ruelle en arrière de Mont Royal côté sud ou son berger anglais Beau Bonhomme faisait des siennes en jappant furieusement contre les passants, un vrai tribun comme son maître. Ce condominium d’où Monsieur Pierre Bourgeault faisait de l’éditorial à l’émission de Madame Marie France Bazzo.
    Finalement, pour tous ceux qui n’ont pas connu cet énigmatique personnage qui eut sa première voiture sur le tard, une Subaru qu’il reluquait assis en prenant son expresso sur la terrasse du New Style, quoi de mieux que ce documentaire tourné par Monsieur Manuel Foglia, le fils de Pierre, sur la vie de Monsieur Pierre Bourgeault qui ne l’a pas eu facile en étant un être tourmenté comme pas un. Et dans ce documentaire, le témoignage qui cernait le mieux cet excentrique de tribun, je trouve que le témoignage de Madame Andrée Ferreti décrit bien l’homme et le tribun que fut Monsieur Pierre Bourgeault…..Au plaisir, John Bull.

  8. Quoiqu’il en soit Jean-François, vous n’en êtes pas à une contradiction près.

    Vous pouvez jouir de son oeuvre à votre aise. Quant à moi ce gars là n’est qu’un raciste ordinaire disposant opportunément et malheureusement d’une audience extraordinaire.

    Je suis d’accord avec Yvan Plante. Une impasse ferait l’affaire.

  9. Je suis d’accord avec vous. Mordecai Richler était un si grand écrivain et il a décrit Montréal et ses habitants du quartier Milton avec tant de tendresse. Retrouver une bibliothèque à son nom dans son quartier d’origine le ramènerait de digne façon aux siens qui y résident toujours et qu’il a nommés tout au long de son oeuvre. Et si cela favorisait un rapprochement entre la communauté juive et la francophone. La parole est aux vivant maintenant.

    Il y en a un autre: le grand poète Irving Layton arrivé de Roumanie avec sa famille en 1913. Son père était rabbin, ils se sont installés dans le centre-sud, pas trop du marché Bonsecours. Layton avait 1 an. Ils étaient si pauvres qu’arrivé aux études supérieures et malgré qu’il ait déjà commencé à écrire, il n’eut comme seule alternative que de s’inscrire à l’école d’agriculture de Ste-Anne de Bellevue où il y a côtoyé de nombreux francophones, pas beaucoup plus riches que lui. Beaucoup plus tard, Layton devenu célèbre devint le mentor de Leonard Cohen.* Traduit partout dans le monde, dans les années 80, deux pays, l’Italie et la Corée du Sud l’avaient mis en nomination pour le Prix Nobel décerné cet année-là à Gabriel Garcia Marquez. Layton est décédé à Montréal en 2006 ** Dans son Livre du constant désir, Cohen parle de « La question de Layton »: « Toujours après que je lui ai dit ce que j’ai l’intention de faire ensuite, Layton s’enquiert solennellement: Leonard, es-tu certain de prendre la mauvaise décision? » Une force de la nature et un poète de tous les instants que ce Layton qui a grandi juste, juste à côté de nous.

    *http://www.leonardcohenfiles.com/layton2006.html
    « Layton was Cohen’s teacher and friend, helping Leonard to get his first book of poems, Let Us Compare Mythologies, published at McGill University in 1956. I first came upon Layton’s name in one of Cohen’s poem, in the form of a complaint: “You always have blood on your apple” writes Leonard, perhaps a reference to Eden and the deep humanity that continually comes through in Irving’s verse. »

    **http://irvinglayton.com/Biography/
    « In his running battle against Puritanism, Layton’s work provided the bolt of lightning that was needed to split open the carapace of conservatism and complacency once prevalent in Canadian literary circles. The 1940s through the 1960s were years of creative exploration and discovery and, in the years since, many writers have acknowledged Layton as both teacher and inspiration. Throughout his career, Layton tirelessly helped younger poets and writers in need. His love of words, his love of ideas, and indeed his love of life itself have influenced not only English-speaking readers but also untold thousands around the world who now read his work in Spanish, Italian, Greek and Korean — to name only a few of the many languages into which he has been translated.

    Astonishingly, given his reputation for robust self-assertion, Layton’s last will and testament required that his ashes be scattered anonymously around a tree. He wanted neither burial site nor monument. It follows, therefore, that his monument is his books and his final resting place is in our hearts. »

  10. J’ai toujours pensé que le Québec deviendrait indépendant le jour où il pourra célébrer tous ces concitoyens. Le Québec a créé de grand personnages (Mordecai Richler. Leonard Cohen, Guy Laliberté et de nombreux autres). Je rêve d’une St-Jean=Baptiste où Léonard Cohen pourrait chanter au côté de Gilles Vigneault.

    Mordecai Richler doit avoir son coin. Faut pas prêcher la diversité uniquement quand ça fait notre affaire.

  11. Bonjour,
    Étant né au début des années 1930 au 5257 St-Urbain, ayant passé une grande partie de sa vie sur la dite rue en plus d’avoir écrit un superbe bouquin du titre évocateur de : Rue St-Urbain, pourquoi ne pas nommer cette rue en l’honneur de ce célèbre polémiste que fut Monsieur Mordecai Richler.
    En effet, pourquoi ne pas faire amende honorable pour certains qui l’ont démonisé et surtout traîné dans la boue infecte de leurs préjugés en nommant la rue St-Urbain qui fait Nord Sud et couvrant une grande partie du Mile End ou une contre culture anglophone et pauvre faisait ses choux gras de la très snobinarde Outremont que l’on se plaisait à nommer à l’époque les trois Outremont soit : Outremont pas cher, soit la partie est, Outremont ma Chère ou les snobinards y vivaient et l’autre Outremont soit : Outremont Kasher ou cachère où vivait la Communauté Hassidique. Et Monsieur Mordecai Richler varlopa au centuple bien plus sa propre communauté ainsi que les anglophones qu’il ne fit avec les francophones.
    En outre, il faut se replacer aussi dans le contexte ou le Chanoine Lionel Groulx sévissait avec sa Race de Monde dans un Québec reculé par le tonnerre et ultra conservateur, ultramontain avec toutes les dérives de son nationalisme puant avec la plublication du Journal La Nation avec Monsieur Paul Bouchard ainsi que Le Devoir qui n’y allait pas de main morte. Ce polémiste que fut le regretté Mordecai Richler, il faudra bien se rendre à l’évidence qu’il vivait dans un contexte où le nationalisme québécois vivait ses heures les plus sombres, pourquoi ne pas avoir cette ouverture d’esprit de comprendre qu’il décrivait une situation qui a bel et bien existé ?
    Finalement, avec le nationalisme plus ouvert d’aujourd’hui avec quand même la victimisation évidente dont se drape les nationalistes québécois envers les anglophones et la religion catholique qui les ont tant fait souffrir, pourquoi ne pas profiter de cette occasion en 2010 de se débarrasser d’un des Saints du Ciel qui sont tous venus s’allonger sur la carte géographique du Québec en nommant les villes et villages quand ce n’est pas le nom des innombrables rues qui quadrillent le Québec en nommant aussi des écoles et des édifices publics. Toute la pléthore des saints du Ciel Bleu est ici allongée sur la carte du Québec et il n’en manque aucun, soyez en sûr ! Belle occasion et c’est un début d’en renvoyer un au Ciel en nommant la rue St-Urbain rue MORDECAI RICHLER en attendant que le Saint Frère André viennent à son tour nommer beaucoup d’endroits dans ce Québec unique au monde en tant que société dite distincte, un Québec béni des Cieux. Au plaisir, John Bull.

  12. Richeler avait traité les mères québécoises de truies… C’était un vrai raciste.
    Il est écrit dans la biographie de Leonard Cohen, publié chez Boréal, que Richler s’en était pris physiquement au chanteur lors d’un party. Cohen venait de voter OUI au référendum de 80. On voit où réside l’ouverture sur le monde.
    Il faut aussi signaler que Camille Laurin n’a pas été honoré. C’est une vraie farce.

  13. Quelques suggestions…
    Garnotte, du Devoir, propose une mini-rue Richler

    Il devrait y avoir une seule flèche…. En anglais… À ce que je sache, ce fier Québécois était unilingue!!!!

    Cette flèche devrait pointer vers le haut… ce dernier n’a jamais vraiment touché terre au Québec! Peut-être qu’elle devrait pointer vers le bas… Comme dirait l’autre : `Le ciel est bleu, l’enfer est rouge!` . Je crois qu’il était plutôt de la `’’famille’’ rouge.

  14. Compte tenu des gaffes choquantes que René Lévesque a faites lors des dernières années de son règne, je crois que nous devrions renommer le boulevard René-Lévesque boulevard Mordecai Richler.

  15. Comme bien des gens, j’abhorre Richler le polémiste mais j’apprécie et respecte Richler le romancier. Renommer une rue en son honneur me semble cependant excessif… surtout la Rue St-Urbain, qui, rappelons-le figure dans le titre de son roman « St-Urbain’s horseman »! Tant qu’à renommer une rue pour lui, on aurait pu penser à la rue Crescent, où il a passé tant de temps à lever le coude avec son ami Nick Auf der Maur.

    Pour ce qui est de l’homme en tant que tel, sa paranoia et sa furie francophobe prend certainement sa source dans l’antisémitisme qui prévalait à Montréal à l’époque de son enfance. Ça n’excuse rien, mais ça explique bien des choses…

    Non, je crois que dans son cas, renommer une petite place publique de l’ouest de la ville en son honneur pourrait très bien faire l’affaire. De cette façon, tout le monde serait content.

  16. Je ne crois pas que c’est une bonne idée, il faut être proportionnel à la population.
    Il y a 8% d’anglophones au Québec, je crois qu’ils ont dépassé leur COTA toponymique!

  17. À Québec un monument, des avenues et quelques rues portent le nom des bourreaux de la conquête :Wolfe,Murray,Moncton,Monk,Saunders et Fraser. Nous sommes pris avec ces rues qui se situent dans le plus beau quartier de Québec qui s’appelle Montcalm !…

    À Montréal il y a déjà l’aéroport Trudeau Qui fut nommé sous le règne de Jean Chrétien. Le danger et le ridicule seraient d’honorés ceux qui nous ont méprisés ou qui cherchent à nous assimiler. Car ça peut commencer avec une rue Richler et se terminer avec un  »Brent Tyler square ».

    Célébrons plutôt ceux qui ont donné leurs vies à tenter de nous mener quelque part et ont cru en nous comme Bourgault

  18. Il y a bien une station de métro Lionel-Groulx. En fait, je lis qu’on songe à offrir à des compagnies de commanditer le métro pour obtenir en échange le privilège de rebaptiser la station. Vu sa situation, Lionel-Groulx pourrait subir un changement radical.

  19. Bonjour ! Bloguistes de JFL. Une stèle, rue, parc
    carré, bourse; pour Pierre Bourgault? Pourquoi pas? Et laissons à l’arrondissement Mont-Royal, dans lequel il vivait tant (ave Mont-Royal/coin de Lorimier/s.o.),le soin de trouver un petit endroit. Lieu dans lequel les journalistes pourront réfléchir. Le Maire Luc Ferrandez de Projet Montréal et les Membres de son Conseil exécutif pourront se racheter, auprès de ses électeurs et de la classe d’affaires du Plateau, en trouvant un endroit idéal pour feu Pierre-Bourgaul. Mais sûrement pas une place additionnelle… d’un parcomètre !
    Quant à Mordecai Richeler, étranger aux montréalais francophones, sauf son père qui le faisait vivre; en parcourant nos ruelles pour recueillir nos rares et pauvres biens. Devenu célébre et rich..l’air aux É.-U.; laissons à ce libertin écri.. vain le mérite de choisir sa carrière humaine dans un lieu ou un ciel. Dans lequel Richler aura le loisir de choisir et son Dieu : ou le Père ou même Yahvé. Le seul endoit qu’il mérite pour ne pas se faire oublier.

  20. Je suis contre une reconnaissance toponymique de l’oeuvre raciste de Mordicai Richler au Québec. Je suis aussi contre la préservation de tout ce qui est nommé Wolfe, Durham, Amherst, Nelson (amiral), Trudeau, Chrétien, Charest, tout ce qui peut rappelé la soumission du peuple Québécois par les armes anglaises.

  21. Intéressant billet monsieur Lisée mais pour ce qui est du Carré St-Louis, vous faites fausse route. On ne change pas les noms, un point c’est tout! Changer les noms, c’est effacer l’histoire et en tant que souverainiste, vous devriez en comprendre l’impact. À ce jeu, les axes Henri Bourassa ou René Lévesque disparaîtront d’ici quelques décennies. Inacceptable, n’est-ce pas?
    Un nom a été choisi et bien qu’on le garde. Les grands hommes des époques récentes se feront lier à de nouvelles constructions. Est-ce si compliqué?

    Finalement, vous pouvez peut-être trouver que St-Louis n’est pas lié de près au Québec mais c’est faire preuve d’ignorance que de minimiser l’importance de la culture catholique dans l’histoire et la conscience des québécois. L’héritage catholique mérite de continuer à exister dans le paysage du Québec car il fait et fera toujours parti de nous (peu importe le faible taux d’adhésion actuel de cette religion).

  22. J’ai rencontré Richler une fois dans ma vie et on a failli en venir aux coups.

  23. Même si son racisme et ses propos outrageux envers le peuple québécois me l’ont fait détester, j dois reconnaitre l’apport incontestable de l’oeuvre de l’écrivain Richler dans le patrimoine littéraire québécois.
    Je suis donc d’accord avec M. Lisée sur ce point. Quant à notre ami Bourgault, je suggère de rebaptiser le Monument National en son honneur, car les discours qu’il y a prononcés demeureront inscrits dans l’histoire de notre libération.
    Le carré Saint-Louis, c’est la place des trop de grands poètes, je ne changerais pas son nom, même s’il est inspiré de la culture chrétienne dont nous sommes issus et que nous ne pouvons renier.

  24. Mordecai Richler était tout un « personnage »il jouait un rôle, écrivait de la fiction et a même été taxé d’antisémitisme. C’est bien à nôtre de le voir. J’espère juste que quand il aura sont nom sur une plaque ont n’auras pas droit à une grosse manif de 14 jeunes qui vont avoir l’air d’être 400 sur CTV. ;)

  25. D’accord pour honorer la mémoire de Pierre Bourgeault et tous nos poètes mais Richler, jamais! Il aura eu le talent qu’il a eu, il l’a mal exploité.

    Je ne l’ai jamais lu; par choix. J’ai vu un ou deux films sans savoir qu’il en était l’auteur. J’ai cru à de la fiction tellement la ville était présente comme toile de fond mais que les personnages ne ressemblaient pas aux montréalais que j’avais rencontré.

    Trudeau aura eu le nom associé à un aéroport dont il voulait la fermeture… tant mieux, elle lui aura survécu. Bourassa a droit à un boulevard à Québec qui, comme lui, change constamment de vitesse. Très représentatif!

  26. Un lieu pour honorer la mémoire de Pierre Bourgault, certainement! Un lieu pour honorer celui qui a tout fait pout ternir la réputation internationale du Québec,l’un des pires démagogues de l’histoire contemporaine du Québec, (fut-il un écrivain célèbre), à savoir Mordecai Richler, certainement pas!!!

  27. Votre extrait de l’ouvrage «Les rues de Montréal — Répertoire historique» parle de lui-même. Il faudrait ajouter que le Carré Saint-Louis est également présent depuis longtemps dans la littérature québécoise, ainsi que dans la mémoire de nombre de Montréalais. Il serait vraiment insensé de changer le nom de ce lieu, tout comme il est insensé d’effacer tous les noms de villages et de villes du pays comme on le fait depuis quelques décennies. Êtes-vous allez récemment à Saguenay, au bord du Saguenay dans la région du Saguenay ? Pour ce qui est de Richler, il mérite certainement une petite commémoration puisqu’il est malgré tout un écrivain montréalais pour le moins notable (était-il plus raciste et baveux que Céline ?). Nous devrions nous préoccuper davantage de commémorer des personnalités comme Pierre Bourgault. Que dire d’un rarissime héros national comme Jacques Chénier qui traîne dans un cadre sordide depuis des décennies. Notez à ce sujet que ce monument de Chénier a été fabriqué par un Américain qui n’a jamais mis les pieds au Québec alors qu’un de nos plus grands sculpteurs (Louis-Philippe Hébert) a fait un remarquable projet pour le docteur, lequel est demeuré jusqu’à ce jour un modèle réduit !!! C’est bien beau de toujours dépenser son énergie à jouer les vierges offensées, mais on serait plus avisé de s’occuper d’abord de ceux qu’on aime et qu’on admire. Enfin, s’il faut effacer des noms à Montréal, plutôt que de s’en prendre à des lieux significatifs comme le Carré Saint-Louis, pourquoi ne pas chercher du côté des personnages mentionnés par Normand Lester dans son livre noir sur le Canada anglais. Amherst par exemple…

  28. Richler a passé la majeure partie de sa vie à insulter et mépriser le peuple Québécois, le rabaissant continuellement sur toutes les tribunes en radotant des mensonges tous plus grotesques les uns que les autres sur notre dos, et voilà que certains osent même nous faire croire que cet homme mérite une rue ou une place en son honneur à Montréal…

    En ce qui me concerne, lui dédier un dépotoir lui serait amplement suffisant !

    Une autre preuve, comme si c’était nécessaire, qui démontre bien à quel point les Québécois peuvent manquer de fierté…