Livres: Comprendre l’ultra-conservatisme

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Je vais parfois, comme ça en fin de semaine, vous parler de quelques lectures. Pas toujours des nouveautés qui sortent des presses, mais des titres récents dignes de mention.

Une lecture aussi captivante qu'inquiétante

Une lecture aussi captivante qu'inquiétante

Ma meilleure lecture politique des derniers mois est Republican Gomorrah, du journaliste d’enquête Max Blumenthal. Publié en 2009, aujourd’hui en poche (mais en anglais seulement) ce livre éminemment lisible nous fait entrer dans le monde de la droite évangélique américaine et de ses liens maintenant, disons, consubstantiels, avec le Parti Républicain version Sarah Palin.

Blumenthal est de gauche, et on lui doit un ou deux dérapages argumentaires dans le bouquin. Mais on lui pardonne, car il s’est tapé des centaines d’heures de présence dans les églises, les assemblées politiques, les réunions de lobbies de la droite lunatique. Il nous en revient avec un récit détaillé, coloré, parfois loufoque, mais globalement inquiétant.

Un mouvement en plein élan au Canada anglais

Un mouvement en plein élan au Canada anglais

Je vous ai déjà parlé du bouquin de Marci Macdonald qui nous donne le portrait de la version canadienne de la droite chrétienne montante, dans The Armageddon Factor, dans ce billet-ci et ce billet-là.

Ne les lisez pas l’un à la suite de l’autre. C’est trop déprimant. Laissez vous un répit entre les deux

Peut-être avec ce petit ouvrage charmant et remarquablement écrit qui vous emmène complètement ailleurs: Les grands pervers au cinéma.

Un petit bijou

Un petit bijou

L’auteur, le spécialiste de cinéma Michel Marie (actuellement au Cerium) nous fait revivre avec moult illustrations toutes les perversions (non pornographiques) qui nous ont et nous attirent toujours vers les salles obscures. Intelligent, érudit, superbement écrit.

Un petit bijou qui nous attire encore et encore vers les récits qui troublent.

21 commentaires à propos de “Livres: Comprendre l’ultra-conservatisme

  1. Intéressant concept activiste: M. Lisée nous conseille un livre sur la droite écrit par un gauchiste! Prochaines étapes: un livre sur le capitalisme écrit par Lénine; un livre sur Israel écrit par Ahmadinejad; un livre sur le baseball écrit par un passionné du hockey qui hait le baseball; puis un livre sur l’islam écrit par les Dominicains et les Jésuites?

  2. Sacré yable!

    À première vue j’ai lu sur le livre RÉPUBLICAIN CORAN.

  3. Quand on lit un livre sur l’ultra-conservatisme écrit par un gauchiste, le but n’est habituellement pas de « comprendre l’ultra-conservatisme », mais plutôt de « mieux combattre l’ultra-conservatisme », ou de « mieux se prémunir contre l’ultra-conservatisme ». Prière de ne pas déformer à ce point le sens du mot « comprendre », M. Lisée, c.-à-d. beaucoup plus que vous n’avez déformé le titre du livre, qui s’intitule « Republican Gomorrah » et non « Republican Ghomorra ».

  4. À première vue, j’avais lu : « Republican Gonorrhea » !

    Maladie de la droite libertarienne, je suppose.

  5. « Intéressant concept activiste: M. Lisée nous conseille un livre sur la droite écrit par un gauchiste!  » honorable

    ===

    Toutes mes félicitations vous venez de découvrir la critique. :)

  6. @Honorable

    Bel exemple de fausse logique! Si on veut écrire, de façon sérieuse et scientifique, sur un sujet, il faut être un partisan de ce sujet? Les gauchistes ne peuvent écrire que sur la gauche et les droitistes sur la droite?

    Selon votre logique, il faut être un Nazi pour écrire un livre sur le nazisme? Un de mes professeur d’université a écrit un livre sur l’histoire des femmes au Québec; il semblait être un homme, mais bon, il faudrait peut-être faire des tests? Mais vous devez avoir raison, comme ce n’était pas une femme, il cherchait probablement a combattre l’histoire des femmes au Québec.

    Dites moi, est-ce que l’inverse est aussi vrai: si un capitaliste écrit sur le capitalisme, il cherchera seulement a glorifier le capitalisme, sans être capable d’aucune rigeur professionnelle?

    PS: J’ai pour ambition d’écrire un livre sur l’être humain, quelqu’un a t-il le numéro de téléphone de E.T., Superman ou Stromgolf? Comme je suis moi-même humain, il m’est impossible d’écrire de façon objective sur mon espèce!

  7. …c’est le mouvement libertarien qui prend la place. Un mouvement qui est née à cause des ultra-gauchistes..

    Pour une fois David ne saurait si bien dire mais il y a un petit bémol, il transpose son histoire personnelle (lui ancien ultra-gauchiste à aujourd’hui extrême-droitiste ou libertarien c’est comme y veux) pour expliquer un mouvement éphémère (les libertariens).

    P.S. David ce n’est pas parce que tu es passé de l’extrême-gauche à l’extrême droite que toute la société a fait de même, encore une fois ton manque de relativisation te pousse à croire que ton cheminement personnel est généralisé.

  8. @ Honorable

    Selon votre concept, le sectarisme et l’isolationnisme serait de mise dans tous les domaines. Exemple, un chercheur en science moléculaire, ne pourrait jamais commenter sur un autre sujet, un médecin ne pourrait commenter sur la médecine naturelle, un juif, un chrétien, ne pourrait écrire sur les conditions de vie des Palestiniens de la bande de Gaza car il ne les vit pas. Les gynécologues devraient tous être des femmes car l’homme ne vit pas la grossesse donc, ne peut écrire sur cela.

    Et vous, fédéraliste pur et dur pour qui rien de ce qui provient du Québec n’est bon, le but de vos commentaires pourrait se résumer à ceci

    Quand on lit un de vos commentaires sur le Québec écrit par vous, le but n’est habituellement pas de “comprendre le Québec”, mais plutôt de “mieux combattre ce Québec”, ou de « mieux se prémunir contre ce Québec ».

  9. Il est vrai qu’un certain nombre d’acteurs influents de la droite américaine sont davantage libertariens (non-interventionnistes en matière sociale et économique) que conservateurs (non-interventionnistes en matère économique mais interventionnistes en matière sociale).

    Mais pour peu que l’on jette un œil attentif au mouvement du « Tea Party », on se rend compte assez tôt que la vaste majorité de ses membres sont plutôt conservateurs que libertariens. C’est ce qu’on peut comprendre aisément en regardant ce clip :

    http://www.youtube.com/watch?v=oHItY5Anj3s

    Il n’est pas étonnant d’ailleurs que ces mouvements politiques attirent davantage de conservateurs que de libertariens. C’est que la liberté tout azimut que revendique ces derniers est certes séduisante, mais elle ne peut à elle-seule constituer un attrait suffisant pour captiver les classes populaires, lesquelles ne connaissent d’ailleurs généralement pas la différence entre ces deux types de droite. Nul doute que la même chose se produira avec le réseau liberté Québec.

  10. Eh ben, la droite qui lit M. Lisée… Faut un début à tout, coudonc ! Bienvenue ! Et continuez. Lisez.

  11. @Pier-Luc Lampron

    L’ambiguïté vient aussi du fait que David qui se proclame libertarien affiche comme avatar (Don’t tread on me) qui est celui du Tea Party.

    Comme quoi, la confusion règne en la demeure de la droite.

  12. La montée des intégrismes, des fanatismes, est une manifestation de la fin d’une ère, laquelle cède déjà la place en vue de l’avénement d’une nouvelle ère. Le passage de l’une à l’autre peut donner lieu à des manifestations extrêmes de croyances, d’idéologies ou de tendances, poussées à leur paroxisme.

    Nous entrons dans une phase critique de notre passage de l’involution à l’évolution. Vous savez que nous sommes entrés dans une courbe très serrée, à la vitesse grand-v, mais ce que nous connaissons moins c’est l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés. Si nous avons la connaissance, notre conscience par contre est comme en dormance. Tout le monde ne pourrait peut-être pas supporter la pleine lumière.

    Volcan jamais éteint, l’énergie transformatrice entre en action, le monde est souffrant et l’homme semble devenir un loup pour l’homme. Beaucoup de bon et de bien, mais le mal fait énormément de bruit et de ravages! Surtout, « N’ayez pas peur ».

    Il y a définitivement une montée dans la conscience, vectrice de notre évolution.

    Nous constatons que notre terre est entrée dans les douleurs de l’enfantement. Notre monde se meurt, un nouveau monde est à naître. Ce qui est sur le point de se produire dépasse l’entendement actuel.

    L’heure la plus sombre est juste avant l’aube…

    Soyez heureux, ici, maintenant.

  13. @ Gilbert Duquette

    En passant que j’étais gauchiste, j’étais pas mal enligner sur les même position que JF-Lisée.

    Si ça faisait de moi un ‘extrême-gauche’, so be it !

    En passant je ne suis pas d’extrême droite, je suis libertarien, c’est très différents.

  14. @Duquette: moi, “combattre le Québec”! Bien sûr que non. “Combattre l’obscurantisme” ou le règne de la pensée unique ou encore l’esprit de confrérie! Bien sûr que oui.

    En cela je poursuivrais le combat de Jacques Maritain qui, après sa visite du Québec conclut: ” cette fois j’ai touché l’obscurantisme du doigt” (p. 240 de “Les intellectuels québécois: formation et engagements”; Catherine Pomeyrols; 1996; L’Harmattan; 537 pages)

    @jeanémard et guillaume bélanger: un livre écrit par Blumenthal sur l’ultra-droite, par Lénine sur le capitalisme, par les Jésuites sur l’islam, ou par Ahmadinejad sur Israel, c’est avant tout une bonne manière de CRITIQUER l’ultra-droite, le capitalisme, l’islam ou Israel (pas mauvais en soi), mais pas vraiment une bonne manière de COMPRENDRE l’ultra-droite, le capitalisme, l’islam ou Israel. C’est tout ce que j’ai dit.

    Si M. Lisée avait remplacé “comprendre” par “critiquer”, je n’aurais rien eu à ajouter ou critiquer.

  15. Tant qu’ à moi , la seule chose qui importe véritablement lors de la lecture d’ un ouvrage politique , c’ est justement de connaître l’ allégance de l’ auteur. D’ un côté comme de l’ autre – de gauche ,comme à droite – , l’ on aura toujours quelque chose à apprendre d’ un auteur qui sait jouer franc jeu . Puis de toute façon , si de prime abord l’on ignore l’ allégance d’ un auteur x, il ne prendra pas trop de temps au lecteur attentif à se faire sa propre idée sur les positions idéologiques de l’ auteur x en question. Un auteur de gauche qui écrit sur un mouvement de droite ? Aucun problème . Un auteur de droite qui écrit sur une mouvance de gauche , non plus ; bien au contraire, tout ce flux d’ idées et de contradictions nous en apprendra toujours davantage sur le merveilleux monde de la politique ! Il faudrait être plutôt berné , à mon avis ,afin de n’ accepter que comme valable la possiblité qu’ un auteur-journaliste de droite soit en fait le seul juge admissible et possible à l’ étude d’une mouvance de droite . À bien y penser , on ne serait pas trop loin de la propagande , rendu là , non ? Un léniniste serait donc le meilleur candidat pour l’ écriture d’ un ouvrage traitant de Léline ? Ben Laden, serait donc – par cette logique ridicule- , le seul auteur digne de traiter du terrorisme islamique ? Et Bernard Landry – ou ne serait-ce ‘ honorable René L.- , bien évidemment (tant qu’ à y être), mériterait à lui seul la digne mention du personnage ultimement le mieux placer pour traiter du séparatisme ? Bien ,en fait , oui et non à toutes ces questions ! Pour autant qu’ il se trouvera toujours des gens dans la société se proposant d’ écrire des analyses se trouvant à l’ opposé du spectre politique des autres auteurs défendant leur propre cause qui , pour eux ,se retrouvent à l’ opposé du spectre politique de l’ autre cause, il n’ y en a pas , de problème , à ce qu’ il me semble . Car un menteur se dévoilera éternellement par les tranparences de l’ honnête , comme l’ ambition de l’ un se mettra au jour par l’ humilité d’ un autre .

  16. @honorable

    Vous êtes un p’tit comique!
    Citez Jacques Maritain, c’est comme citez Monseigneur Ouellet parlant de obscurantisme des intellectuels québécois!!!!

  17. @honorable

    Vous n’avez pas compris ou vous avez malicieusement omis de situer la phrase de Maritain dans le contexte temporel et dans l’ensemble du texte d’où vous avez tiré votre citation.

    http://books.google.ca/books?id=Qrx3zX8QJ64C&lpg=PA418&ots=NiVpPVX-GO&dq=cette%20fois%20j%E2%80%99ai%20touch%C3%A9%20l%E2%80%99obscurantisme%20du%20doigt%20maritain&hl=fr&pg=PA418#v=onepage&q=cette%20fois%20j%E2%80%99ai%20touch%C3%A9%20l%E2%80%99obscurantisme%20du%20doigt%20maritain&f=false

    On n’en est plus à la dominance religieuse et au conservatisme au Québec.

    Contre quelle pensée unique vous battez-vous ? La vôtre ?

  18. @ honorable

    «Intéressant concept activiste: M. Lisée nous conseille un livre sur la droite écrit par un gauchiste! Prochaines étapes: un livre sur le capitalisme écrit par Lénine; un livre sur Israel écrit par Ahmadinejad …»

    Marx à écrit un livre (très connu d’ailleurs) sur le capitalisme. BEAUCOUP de documentaires sur la deuxième guerre mondiale ont été réalisé par des juifs… TOUTES personnes à une position politique. L’objectivité pure est simplement impossible. Je ne ferais pas plus confiance en un ultra-conservateur pour adopter une position critique à ce sujet… L’important pour bien cerner un sujet est la diversification des sources et d’être capable de lire de façon critique.

  19. MB est un excellent reporter, très brillant, qui sait poser des questions avec un sens de l’ironie tout à fait splendide.

    Il expose ainsi la caractéristique propre à tous les fanatiques : ils sont centrés sur eux-mêmes et sur leur obsession, et deviennent incapables de réfléchir à un sujet en adoptant plusieurs positions et évidemment de comprendre l’ironie de l’interviewer.

    Raisons pour lesquelles MB a été loué par un journaliste du NYTimes :

    Inspired by the work of psychologist Erich Fromm, who asserted that the fear of freedom propels anxiety-ridden people into authoritarian settings, in Republican Gomorrah: Inside the Movement That Shattered the Party, Blumenthal sets out to explain how in his view a « culture of personal crisis » has defined the American « radical right ».[20] Blumenthal’s overall conclusion in the 365 page exposé, is that « those who wrap themselves in the flag fear freedom the most » because of their own personal demons and insecurities, making them « pathologically supportive of an authoritarian state » that can provide them with the « emotional security of being a cog in a white Christian hierarchical machine. »[20]

    Reviewer Hendrik Hertzberg, of The New Yorker described the book as a « riveting account of a religio-political subculture that’s even weirder than you thought it was », remarking that « Republican Gomorrah is an irresistible combination of anthropology and psychopathology that exerts the queasy fascination of let’s face it something very like pornography. »[21] Rick Perlstein, in the New York Times Book Review also gave the work praise, declaring Blumenthal « a brave and resourceful reporter adept at turning over rocks that public-relations-savvy Christian conservative leaders would prefer remain undisturbed. »[21]