Officiel : L’inégalité tue !

par

1,4 million

Nombre de morts, par année, attribuables à l’inégalité de revenus dans les 30 pays les plus industrialisés. Cette statistique proprement abasourdissante est tirée d’une méta-recherche publiée en novembre dernier dans le British Medical Journal, et qui fait tranquillement son chemin dans les cercles des sciences sociales.  Combinaison de 28 études antérieures couvrant 60 millions de personnes, l’étude fait faire un bond en avant à la connaissance du sujet.

Selon les auteurs, de Harvard et de l’Université japonaise de Yamanashi, l’inégalité devient mortifère lorsque l’indice Gini, qui mesure le niveau d’inégalité, dépasse les 0,3 points. Dans le tableau qui suit, on voit que le risque, et la proportion, de morts prématurées augmente avec l’importance de l’inégalité.

On note que le Canada se situe parmi les moins touchés par le phénomène et (attention, défense du modèle québécois imminent) il est intéressant de noter que

le coefficient Gini du Québec est systématiquement plus faible que celui du Canada. Il se maintient donc sur la ligne du 0,30 (pour les familles). Le niveau d’inégalité des pays non présents sur le tableau est évidemment préférable : l’Allemagne, la France, la Suède et les Pays Bas, par exemple, ont des coefficients Gini allant de 0,28 à 0,23.

Mais au-delà du ratio de 0,3, chaque augmentation d’inégalité de 0,05 fait augmenter la mortalité de 8 %. Vu autrement, si les pays industrialisés qui ont un niveau trop élevé d’inégalité réussissaient à le réduire au niveau québécois, chaque année, 1,4 millions de leurs citoyens, au lieu de mourir, vivraient plus longtemps. Pourquoi ?

Il y a deux façons d’appréhender l’impact de l’inégalité, notamment sur la santé publique, donc sur les décès prématurés. La première est toute simple : si la richesse est mal distribuée, les pauvres sont trop pauvres, donc leur santé est déficiente. La réponse est toute trouvée : un système qui fait monter les revenus de tous réduit la pauvreté réelle, donc la mauvaise santé, et alors on se fiche du niveau d’inégalité. C’est la situation actuelle en Chine : le niveau d’inégalité augmente rapidement, mais, simultanément, des centaines de millions de Chinois sortent de la pauvreté.

Mais une seconde approche, dite contextuelle, validée par cette étude, est plus lourde de sens. Elle affirme que, quelle que soit la quantité de richesse distribuée, le simple fait d’une trop forte inégalité dégrade la santé publique — tenez-vous bien — de toutes les strates sociales.

L’explication contextuelle soutien que l’inégalité est en soi un facteur de division et de corrosion sociale. Ce que nous savons maintenant de l’importance sur la santé des facteurs psychologiques — incluant le statut social, l’amitié, le capital social, le sens du contrôle de sa vie — rendent les explications contextuelles de plus en plus plausibles.

C’est ce qu’écrivent les épidémiologistes et éditorialistes du British Medical Journal, Kate Pickett et Richard Wilkinson, mettant la méta-étude dans le contexte des progrès du savoir dans ce domaine. Ils poursuivent :

Il est maintenant clair que les sociétés inégales souffrent d’une incidence supérieure d’un grand nombre de problèmes sociaux, incluant un niveau plus élevé de violence, de taxage, de filles-mères, d’incarcération, d’heures travaillées et un niveau inférieur de résultats scolaires, de mobilité sociale et de confiance. Ces conséquences dans les comportements offrent une preuve forte que les phénomènes psychosociaux sont associés à l’inégalité. Les bénéfices d’une plus grande égalité sont plus grand chez les plus pauvres mais ont un impact sur presque tous les membres de la société.

Bref, nous savions que l’inégalité, du moins aux niveaux maintenant connus aux États-Unis et ailleurs, était moralement inacceptable. Nous savions qu’elle suscitait envie et cynisme. Nous savions qu’elle était un facteur essentiel dans le cycle de la surconsommation, chacun voulant imiter la consommation de son voisin plus fortuné. Nous savons maintenant qu’elle est funeste.

*   *   *

Ajout à la suite des commentaires :

J’ai été moi-même étonné du niveau de Gini utilisé pour le Canada dans l’étude. Il me semble trop faible par rapport aux statistiques généralement utilisées. Quant au taux de Gini pour le Québec, il est en effet à 0,300 pour les familles, mais plus élevé pour les personnes seules. Voici le tableau compilé par l’économiste Pierre Fortin dans son texte de janvier dernier, dont je vous reparlerai, Quebec is fairer : there is less poverty and less inequality in Quebec

Tiré du dernier Inroads

Tiré du dernier Inroads

38 commentaires à propos de “Officiel : L’inégalité tue !

  1. Le capital social. une mesure trop peu utilisée, malheureusement. Il s’agit du degré de communauté manifesté par les individus: l’entraide, si vous le voulez bien.

    Ce qu’on remarque, c’est que dans une société fondamentalement injuste, il existe encore des comportements altruistes (vos amis, votre famille, vos collègues) qui permettent de réduire l’inégalité créée par la compétition extrême de notre système économique. Pas étonnant qu’un individu victime d’inégalité entraîne avec lui d’autres strates sociales: il nécessite des soins (pensez aux aidants naturels, ou à un membre de votre famille dysfonctionnel ou encore à un proche qui vous emprunte de l’argent).

    Mais le capital social explique d’autre phénomènes, entre autres les compétences civiques (le bénévolat, l’association entre individus ou la participation électorale). Pourquoi cela? Simplement parce que la vie en société est plus bénéfique en groupe; et que l’isolement (bien que privilégié par notre modèle économique) ouvre la porte à tout plein de problèmes: détresse, insensibilité, anomie sociale, analphabétisme politique etc.

    Deux idéologies: ou bien on contrecarre le problème par l’État (État-providence) ou bien on ignore le problème par la compétivité extrême (ce qui nous ramène aux philantropes, les bonnes soeurs ou la soupe populaire).

    Le Québec est particulier: par sa proximité citoyenne (le monde est petit, au Québec) et son historique, et bien sûr par son climat (dehors, dans le frette, on peut vraiment crever) il réussit à avoir un capital social plus élevé que certains pays. D’où les «bons scores».

    Le capital social étant plus élevé, il peut donc y avoir plus de «PPP». Dites-vous bien une chose: dans un contexte social, les frais sont TOUJOURS assumés par tous les citoyens. Peu importe de quelles façons. Que ce soit par l’utilisateur-payeur ou la contribution collective, les services que nous avons ont un impact collectif. Pourrions nous assumer des faillites pour causes médicales en grand nombre (20 000$ pour une fracture du fémur, par exemple)? je ne crois pas. Tout comme d’autres pensent que nous ne pouvons l’assumer collectivement. Dans un cas comme l’autre, le jambes vont se briser (et je ne parle pas de corruption).

    une bonne lecture sur le sujet: Bowling alone, de Robert Putnam.

  2. et l’ajoute: les compétences civiques, d’Henry Milner, de l’université Laval.

  3. Le mur est jaune.
    La banane est jaune.
    Donc, le mur est une banane ou la banane est un mur.

    La pauvreté matérielle n’est plus le facteur déterminant d’une mortalité accrue et d’une mauvaise santé, c’est maintenant l’inégalité des revenus la grande coupable. Ah bon!!!

    Le fait que la pauvreté matérielle suit probablement la même courbe que l’inégalité des ressources financières dans une société n’excite plus personne.

    Donc, comme on ne peut rien pour réduire la pauvreté maintenant on va s’attaquer à l’inégalité. Compte tenu que l’inégalité est probablement relié directement à la pauvreté, cela ne devrait pas changer grand chose.

    En anglais on appelle cela un « red herring ». Voir la définition:

    http://www.nizkor.org/features/fallacies/red-herring.html

  4. Je ne peux qu’imaginer tous les arguments débiles que va sortir la droite pour  »justifier » l’inégalité.

  5. et vous avez rédigé ceci sans prononcer le mot «néolibéralisme» bravo!

  6. Il est écrit plus haut : «si les pays industrialisés qui ont un niveau trop élevé d’inégalité réussissaient à le réduire au niveau québécois, chaque année, 1,4 millions de leurs citoyens, au lieu de mourir, vivraient plus longtemps.»

    Ce nombre, multiplié à chaque année plus leurs descendants feraient augmenter d’autant la surpopulation de la terre. Faudrait un contrôle des naissances plus efficace pour contrer l’affaire.

  7. Les pauvres, socialement ou mentalement, acceptent la mort. Ils ne luttent pas pour la
    survivance. Ils ne choisissent pas de se defendre contre la mort. C’est leur (mal)chance, selon eux, et c’est a accepter. Qui est vrai, celui
    qui demande les services ou celui qui meurt seul et prematuree, mais avec dignite ?

  8. Ils veulent dire qu’il faut etre gentil aux autres, surtout les vieux. La pauvrete c’est
    aussi une mentalite, et mourir, pour certains, d’apres ce
    que j’ai vu, est un etat de souffrance
    extreme. Les
    malades pensent peu, ils sont trop occupes
    de leur non-vie, alors c’est encouragant
    s’il y a une societe qui pensent a eux
    et pour eux.

  9. Cette étude est cetainement intéressante en soi. Mais elle ne devrait pas nous étonner parce que ses conclusions ont été prévues depuis fort longtemps.

    C’est la thèse que défend Hervé Kempf dans son livre «Comment les riches détruisent la Planète» où il renforce notamment cette hypothèse d’une recherche frénétique de surconsommation comme étant l’élément déstabilisateur qui conduit directement à ces conclusions.

    En s’appuyant notamment sur la thèse de l’économiste Thorstein Veblen, comparé à rien de moins que Tocqueville et Clausewitz par Raymond Aron, Veblen a montré dès la fin du XIX ième siècle par ses travaux que «l’économie est dominée par un principe d’origine immémoriale : la tendance à rivaliser pour se comparer à autrui pour le rabaisser…» Il en découle que cela renverse l’axiome originel de l’économie qui tend à augmenter la production pour accroïtre l’offre des biens et tenter d’assouvir les besoins.

    Mais je pense personnellement qu’au-delà d’un certain point ce ne sont plus aux besoins que l’on tente de répondre mais aux envies. Veblen observe que les besoins ne sont pas infinis et qu’à partir d’un certain niveau c’est le jeu social qui les stimule.

    Et puisque les envies sont illimités et que les ressources sont limitées, il n’est que normal qu’une part de plus en plus des richesses grande tombe dans l’escarcelle des plus puissants,en créant de facto une pauvreté croissante dans la masse.

    Les conséquences qui découlent de l’étude du British medical journal en sont à la fois l’illustration et la conclusion directe.

    L’humanité semble très limitée dans sa capacité de voir la réalité et de raisonner. Trop souvent elle ne fait que résonner compulsivement à ses envies, ce qui provoque directement le désastre annoncé.

  10. ne pas confondre taxation et taxage.Les pays qui ont le moins d,inégalité sont ceux qui ont le plus haut niveau de taxation,alors que ceux qui ont le plus haut taux de criminalité(taxage)sont les moins égalitaires.

  11. Interressante statistique. J’ai hate de voir débarquer les admirateurs du modèle américain et de la privatisation tout azimut des services, pour nous l’expliquer celle-la!
    Dire qu’ils ne sont même pas capables d’implanter un système de soins de santé universel dans le pays le plus riche de la planète.

  12. Allez raconter ça à Harper, aux Américaines, aux Britanniques, bref à tous ces ténors de la droite sur cette planète. Ils vont sans doute encore une fois crier au complot «socialiste» qui veut détruire leur «way of life». Tout ceux qui sont des tenants du créationnisme, tous ceux qui tous les jours affirment leur «In God we trust», pensez-vous réellement qu’ils seront sensibles aux conclusions de telles études. Non bien sur car cette étude attaque les fondements mêmes de leur idéologie : au plus fort la poche. Pour eux l’inégalité n’est pas plus immorale que ne l’est la présence des prédateurs dans la nature. En fait, leur idéologie, issue de la morale protestante, ne peut s’exprimer qu’en présence de l’inégalité car selon cette morale plus la réussite financière et sociale d’une personne est grande, plus c’est la preuve que Dieu reconnait leur réussite. Pourquoi croyez-vous que sur les billets de banque américains ont retrouve une telle devise: «In God we trust.» ?

  13. Attention. Notre Gini est bien au-dessus de 0,3. Selon la BDSO de l’ISQ, il se situerait plutôt à 0,376 pour 2007 (voir ici ) et il est stable à ce niveau depuis 10 ans, après avoir subi une forte hausse dans le milieu des années 1990.

  14. Voilà une preuve que l’inégalité n’est pas viable.

    Et j’irais même jusqu’à dire que le modèle canadien et plus particulièrement québécois – ce modèle qui consiste, pour une société, à se doté de services sociaux, qui est une forme de répartition de la richesse collective – est le seul à même de vraiment garantir une certaine égalité économique et sociale.

    Cette étude démontre le bien fondé du modèle sociale québécois. Elle démontre aussi, par le fait même, l’inanité du modèle privilégié par la droite politique, qui veut que le marché se gère par lui-même et peut seul concourir au bonheur des citoyens. La droite sous-entend que le gouvernement ne peut participer au bien commun, lequel bien commun est considéré comme une chimère.

    Or, il semble bien que l’investissement collectif dans des programmes collectifs rapporte.

    Un simple exemple permet de mieux comprendre : 25 millions de dollars représentent, dans la poche de 25 millions de personne, la valeur marchande d’un paquet de gomme. Alors que l’investissement de 25 millions de dollars dans un programme d’intégration des immigrants au marché du travail bénéficie grandement à l’ensemble de la société. Ce genre de programme peut être vecteur économique efficace tout comme un vecteur de cohésion sociale.

  15. Il est évident que l’ensemble du groupe perd de l’altitude actuellement cela dit…

    Dire que certains ont besoin de chiffres pour en arriver à constater/convaincre me désole relativement quant à l’intelligence des grands de ce monde.

    Les grands mathématiciens ne sont plus des penseurs, ce sont des machines…

    Est-ce que je me trompe?
    Je l’espère…

  16. Ah…le bon vieux rêve de tout socialiste gauchiste centralisateur qui se respecte: tout le monde en rang d’oignon et tous peignés du même bord! L’égalité à tout prix. Aucune tête ne doit dépasser. Le nivellement par le bas à son meilleur et vive les compétences transversales discutées en comité…

    Et si l’on regardait les sociétés qui ont totalement réussi l’intégration de l’égalité tant recherchée par nos gauchistes de salon, comme la Corée-du Nord par exemple, ou Cuba, ou la Chine communiste du temps de Mao leur grand timonier ou l’U.R.S.S. du bon vieux temps de Staline? Hein? Des probités en matière de démocratie et de respect des opinions non?

    Z’étaient pourtant très…très égaux les kamarades non? Et pourtant, ils ont presque tous déconstruit ce genre de société centralisatrice, tentaculaire et oprimante (combien de citoyens-kamarades « égaux » ont été envoyés à la mort justement parce qu’ils en avaient marre d’être égaux et qu’ils ont eu l’heur de le dire tout haut?).

    Et vous avez oublié de nous dire que presque toutes les sociétés citées comme modèle ont atteint leur Nirvana en s’endettant à outrance… Quel en seront les effets à long terme, lorsque le temps sera venu de payer pour les lubies déjà comblées? On en a eu un petit exemple en fin de semaine où l’un de nos compatriotes (M. Pitre) est mort ici, au Québec avec son score enviable, d’avoir trop attendu pour une chirurgie cardiaque pourtant relativement facile à obtenir:

    http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/yves-boisvert/201003/08/01-4258293-mourir-dattendre.php

    N’importe quoi pour alimenter votre fantasme.

  17. Il y aura toujours des pauvres des moyens et des riches mais ce qu’il faut empècher c’est l’opulence méprisante qui crée de la misère endémique .
    Donc trop d’inégalité c’est comme pas d’inégalité , ça tue .
    Il faut respecter les inégalités voilà les véritables richesses culturelles , mais pas la misère qui justement coûte une fortune en maladies en emprisonnements en insécurités et en morts

  18. Salut Francois 1er,

    Donc, si je comprend bien votre raisonnement, le fait que des régimes totalitaires aient échoués dans l’établissent de politique sanitaires sensée et equitables justifie, à l’autre opposé l’échec d’équité des régimes libéraux?

    Et pour la dette des régimes plus modérés, peut-être pourrait on le considérer si nos voisins du sud n’était pas le contre exemple en la matière : la dette de états unis approche 100% de leur PIB.

    Donc on peut être endetté indépendamment de notre idéologie économique.

  19. Merci M Lisée, très intéressant. Quelques points importants:

    1)de ces 1.5 million de morts excédentaires, 1.3 millions (donc 83%) sont recensées aux USA et au Mexique où il n’y a pas de couverture universelle de soins de santé, ou bien des soins de mauvaise qualité.

    2)À mettre en perspective avec les 1.5 millions de morts excédentaires dues aux inégalités, les innombrables morts reliées à la pauvreté absolue à l’échelle de la planète. Pauvreté de laquelle il a été, il me semble, prouvé qu’on s’en sortait en mettant en oeuvre un état de droit, en abolissant la corruption, en respectant le droit à la propriété, en encourageant l’entrepreneuship, et en mettant en oeuvre un filet social adéquat pour contrer les effets néfastes du chômage et de la maladie.
    Oui pour diminuer les inégalités. NON si cela veut dire diminuer la richesse collective totale. Et certains pays (dont le Canada, et bizarrement la Thailande – où le taux d’inéquité est très bas mais la richesse grandissante), réussissent assez bien dans cette voie.

  20. « Et si l’on regardait les sociétés qui ont totalement réussi l’intégration de l’égalité tant recherchée par nos gauchistes de salon, comme la Corée-du Nord par exemple, ou Cuba, ou la Chine communiste… »

    François 1, vous êtes de droite, manifestement. Et si je vous parlait d’Hitler… Comme quoi on peut répondre à la démagogie par la démagogie.

    À chaque fois que la droite prend la parole, les arguments sombre dans la démagogie. Pourtant, la droite ne devrait pas manquer d’arguments rationnels.

    Mais non, juste des raccourcis.

    Ainsi, vous laissez entendre qu’il y aurait moins de mort si notre régime de santé serait privé. Regardez l’exemple des États Unis.

    Ha oui! C’est vrai, Obama veut tuer les citoyens américains… Obama Hussein l’arabe terroriste!

    J’avais oublier.

  21. @François1

    Que serait-il arrivé à M. Pitre dans un système privé ? Il aurait été opéré s’il avait eu les moyens de l’être et il n’aurait peut-être pas été assurable, alors il n’aurait probablement pas eu les moyens d’être opéré.

    De plus, si vous lisez l’article, Boisvert n’y critique pas le système, il en critique la gestion et cette gestion pourrie nous la devons à patapouf qui est là depuis presque 8 ans et n’a absolument rien fait, à part ouvrir de plus en plus grande la porte au privé.

    Alors ce n’est pas le système public qui pose problème, c’est ce qu’on en fait.

    En parlant de dette, si nous pouvions bénéficier d’une enquête publique, nous serions en mesure d’avoir une idée de la contribution des entreprises privées, qui nous volent depuis des années sur une base régulière, à notre endettement collectif. Mais cela ne vous tente pas, n’est-ce pas ? Vous préférez qu’on ignore le prix que nous payons pour cet « encouragement » tous azimuts dont bénéficie le privé au Québec, avec notre argent bien sûr.

  22. François 1, utiliser un cas pour généraliser à l’ensemble du Québec n’est pas très scientifique. Personne n’a dit que tout le monde doit se peigner du même bord, ou penser d’une seule façon. Ce que disent les données concernant les pays démocratiques (ou presque), c’est que le taux de mortalité varie proportionnellement au indice d’inégalité, le GINI. Il me semble que personne a voulu proposer des dictatures communistes, ou l’uniformisation des idées, comme vous le suggérez. Cette étude essaye de proposer des indicateurs objectifs (la mortalité) en faveur de politiques qui visent une meilleur qualité de vie pour le plus grand nombre, au lieu de politiques qui augmentent l’inégalité de revenu.

  23. Mieux vaut vivre riche et en santé que pauvre et malade (Yvon Deschamps).
    N’importe lequel système vient avec ses injustices.
    La seule justice est que tous nous mourrons.
    Y’a qu’à visiter un centre pour personnes âgées et faire le tour des chambres, pilule pour dormir, pilule pour se réveiller, 12 à 15 pilules pour les système cardiaque, 7à 8 pilules pour survivre au cancer etc….etc….à part des traitements pour prolonger pour 1 mois 2 et quelque fois 3 mais pas plus.
    Tous les jours, on casse les oreilles des citoyens, ne pas fumer (mais on permet la vente et la fabrication des gigarettes) diminuer la consommation de sel (y’en a plein dans les produits en épicerie…aucune réglementation) pas de sucre non plus …(mais des caisses et des caisses de canettes)pas d’alcool (mais on en vend via l’état des milliers de litres)…
    « faque » ça fait l’affaire de « Big Pharma » et leur valet médecin….alors les « Stats » bin le fun mais l’illusion de vivre en santé riche ou pauvre??? on a pas besoin. On sait que les pays pauvres vivent moins longtemps que dans les pays riches et que dans les pays riches on vit plus longtemps avec des pilules: ça s’équivaut.

  24. François 1, vous avez une belle facilité à mélanger les choses. Soyons clair, le triste cas que vous évoquez est justement le résultat de politiques qui visent à toujours réduire la taille de l’État. Or tout le monde sait, et vous sans doute, que c’est typiquement l’objectif du Gouvernement Harper et de celui de son pendant au Québec, M. Charest.

    Si M. Bouchard, ancien membre du Parti Conservateur, n’avait pas, en suivant l’idéologie conservatrice, réduit la taille de l’État dans les hôpitaux, sans doute aurions-nous pu éviter les tristes évènements comme celui que vous citez.

    Je vous suggère une lecture très intéressante de Joseph Stiglitz, «Quand le capitalisme perd la tête». Prix Nobel d’économie, on ne peut pas le classer dans la gang des kamarades, me semble-t-il.

    «Il lui montre la Lune et il regarde son doigt» [Proverbe africain]

  25. Est-ce la culture chrétienne qui influence nos gauchistes? Je ne le sais pas mais sachez que l’on peut être et riche, et honnête en même temps, tout comme on peut être et pauvre et malhonnête.

    TOUT régime égalitaire de gauche est par définition interventioniste, donc il DOIT être centralisateur et contraignant contrairement au système capitaliste qui, lui, laisse une très grande marge de liberté aux individus. Le système capitaliste génère des inégalités de revenus, oui, comme toute situation où les êtres humains sont laissés libres d’agir. Si on ne les oblige pas à marcher en rang, les gymnastes ou militaires qui ont la meilleure condition physique vont se retrouver loin devant les autres. L’alternative au capitalisme est donc la contrainte («tout le monde au pas!»), elle-même génératrice d’inégalités entre ceux qui l’exercent et ceux qui la subissent. On n’y échappe pas. Et il semble que réside au fond de l’être humain un tel désir de distinction que si le marqueur social n’était plus l’argent, il se porterait sur la naissance, les prouesses physiques, sexuelles ou intellectuelles, dont la légitimation serait encore plus problématique. Il est peut-être «méritant» de construire un barrage à mains nues et de n’y employer que des moines, mais ceux là-bas qui attendent l’électricité préféreraient sans doute qu’on emploie des bulldozers pilotés par d’incorrigibles fornicateurs.

    Vous croyez les gauchistes plus ouverts aux plus démunis? Plutôt le contraire: le socialisme est précisément le régime qui réclame pour sa légitimité que chacun se désintéresse du sort d’autrui. «Ne vous souciez pas des pauvres, des malades, des chômeurs, des handicapés, je m’en occupe.» Chacun pour soi, l’État pour tous. Je paie des impôts pour ne pas entendre geindre.

  26. @ Aleibud :

    « François 1, utiliser un cas pour généraliser à l’ensemble du Québec n’est pas très scientifique ».

    Lisez cette petite phrase ci-près tirée de l’article de Monsieur Boisvert dont j’ai déjà spécifié le lien: « En 2005, la Cour suprême a conclu que le droit à la vie et à la sécurité des Québécois est mis en danger par les listes d’attente du réseau de la santé public! »

    Voilà!!!

  27. @ Linda Hart:

    « Que serait-il arrivé à M. Pitre dans un système privé ? Il aurait été opéré s’il avait eu les moyens de l’être et il n’aurait peut-être pas été assurable, alors il n’aurait probablement pas eu les moyens d’être opéré. »

    Le pauvre type n’a JAMAIS été opéré et il est MORT Madame. Décédé! Ici, au Québec « progressiste » et interventioniste. Pas aux États-Unis!!!

    Case closed!

  28. François 1

    Il est mort et cela est triste pour lui mais surtout pour sa famille. Il n’est toutefois pas mort parce que nous avons un système public, il est mort en raison de ce qu’on fait au système public, en raison de l’incurie de ce gouvernement.

    Je maintiens qu’il ne serait pas mort si ce système n’était pas volontairement et sciemment géré en dépit du bon sens.

    Je maintiens qu’avec un système privé, il serait mort s’il n’avait pas été assurable et s’il n’avait pas eu (ce qui est probablement le cas) les moyens de défrayer les coûts faramineux d’une opération. Il ne serait pas mort parce qu’un imbécile a choisit de faire tout en son pouvoir pour que le système public disparaisse au profit du privé, il serait mort parce que le système privé est ainsi fait.

  29. Le grand rêve de François 1 est les USA.

    Surtout de puis deux ans où les gens couchent dans leur autos et dans un camping s’ils ont les moyens.

    Encore une fois il tente de nous passer que les Américains à 15 000$ de salaire par année sont mieux soignés qu’au Québec, alors que l’assurance coûte la moitié de leur salaire.

  30. Francois 1er

    « En 2005, la Cour suprême a conclu que le droit à la vie et à la sécurité des Québécois est mis en danger par les listes d’attente du réseau de la santé public »

    … et un système privé dans une nation libérale avec peu de reditribution de richesse cause des morts tout autant.

    Qu’est-ce qu’on va faire?! Peu importe on court a notre perte!

  31. @M. Lisée

    Je crois que ClaudeB a raison. Le coefficient de Gini calculé par l’OCDE fait référence au ménage: « La notion de revenu utilisée est le revenu disponible du ménage en espèces, ajusté à la taille du ménage avec une élasticité de 0.5. » (Society at a Glance 2009: OECD Social Indicators – OECD © 2009 – ISBN 9789264049383) Selon statistique Canada, le concept de Ménage  » [...]s’applique à un ensemble de pièces d’habitation dans lesquelles une personne ou un groupe de personnes vivent (ou pourraient vivre). » Notez bien: une personne ou un groupe de personne. Voilà où est la différence: dans l’étude de Fortin, sous le tableau présenté plus haut, il est écrit: « The Gini coefficients are for economic families with two persons or more. »
    J’ignore la valeur exacte du coefficient de Gini du Québec. Robert Gagné de CIRANO, parle de 0,374… (« Vingt ans de politiques économiques inutiles au Québec ») à prendre avec un grain de sel. Je ne serais toutefois pas surpris que nous soyons plus près des États-Unis que du Danemark.

  32. Cette étude n’a absolument aucun sens.

    Depuis 1995 selon les chiffres de Statistique Canada, l’indice Gini a augmenté mais le salaire médian et l’espérance de vie a aussi augmenté.

    Pour illustrer tout le ridicule de cette proposition, utilisons l’exemple suivant.

    Dans la société « A », le revenu annuel par habitant des plus pauvres est de 10 000$/an et celui des plus riches est de 100 000$/an. Autrement dit, les plus riches gagnent 10 fois le salaire des pauvres.

    Dans la société « B », le revenu annuel par habitant des plus pauvres est de 100$/an et celui des plus riches est de 500$/an. Autrement dit, les plus riches gagnent 5 fois le salaire des pauvres.

    Il ne fait aucun doute que la société « A » est plus inégalitaire que la société « B ». Mais dites-moi, dans laquelle de ces 2 sociétés les pauvres s’en tirent-ils le mieux ? Dans la très inégale société « A » où les plus pauvres gagnent 10 000$/an, ou encore dans la très égale société « B » où les plus pauvres gagnent de 100$/an ?

    Vraiment, certaines personnes sont prêtes à gober n’importe quoi.

  33. « Depuis 1995 selon les chiffres de Statistique Canada, l’indice Gini a augmenté mais le salaire médian et l’espérance de vie a aussi augmenté. »
    Je ne crois pas que l’etude montre que l’esperance de vie est uniquement relie a l’inegalite, mais qu’il y a une relation entre l’inegalite et un surplus de mortalite (relation qui peut etre en fait du a des facteurs en corellation avec l’inegalite plutot que la simple inegalite elle-meme)

    Sur un autre sujet, il serait interessant de voir une etude qui compare la criminalite (ex: nombre de meutre par 10000 habitant) et le gini dans differents pays du monde.

    Dans votre exemple du Canada au fil du temps, et votre A et B tout n’est pas egal par ailleurs, c’est probablement pourquoi l’etude porte sur un plus grand nombre de pays que 1 ou 2.
    En passant il y a generalement des groupes d’individus extremement riches dans les pays pauvres, un exemple où le plus riche individu d’un pays pauvre est plus pauvre qu’un individu pauvre dans un pays riche n’exite probablement pas dans la realité.

  34. @ David:

    « Cette étude n’a absolument aucun sens. »

    Bien sûr qu’elle a un sens David. Mettez-vous à la place d’un gauchiste comme Monsieur Lisée…c’est tout ce qu’il a à se mettre sous la dent pour tenter de convaincre les sceptiques du bien fondé de son régime tentaculaire et centralisateur.

    Il doit faire avec…

  35. L’espérance de vie d’un jeune dans la rue? Celle d’une fille mère? Celle d’un gars qui fait juste manger de chips parce que dans son quartier de pauvres, c’est ca qu’on fait? Lespérance de vie d’un millionnaire qui se fait tuer par un membre de gang?

    Lâchez-moi l’espérance de vie.

  36. Fatigué par les petits titres racoleurs de Môsieur-chercheur-autoproclamé-Lisée. Voici la conclusion de l’étude:

    The results suggest a modest adverse effect
    of income inequality on health, although the population impact might be larger if the association is truly causal. The results also support the threshold effect hypothesis, which posits the existence of a threshold of income inequality beyond which adverse impacts on health begin to emerge. The findings need to be interpreted with caution given the heterogeneity between studies, as well as the attenuation of the risk estimates in analyses that attempted to control for the unmeasured characteristics of areas with high levels of income inequality.

    Quelle bonne interprétation des résultats que de dire: si le GINI des EUA était le même que celui du Québec, on sauverait 1.4 mio de personnes!!! Monsieur Lisée, je vous encourage fortement à prendre ne serait qu’un cours de niveau bacc première année en économétrie. Vous y verrez le concept de causalité. Cette étude le mentionne elle-même, je doute fortement que les auteurs seraient heureux de voir l’utilisation que vous faites de leurs résultats.

  37. @Bryan Breguet

    On tire sur le messager? C’est ce qu’on suggère de faire à tous les petits suppôts de l’IEDM. Ça permet de gagner du temps. Toutefois, si vous êtes bien M. Breguet Ph.D. en économie, vous serez obligé d’admettre que l’interprétation que fait M. Lisée de cette étude est tout à fait correcte lorsque vous aurez bris la peine de lire l’article en entier: http://www.bmj.com/cgi/reprint/339/nov10_2/b4471.pdf et non simplement la conclusion qui, comme vous le savez fort bien, pour les publications de ce niveau, font état des limites de l’étude. Il est bien vu d’en mettre plus que moins. Bien entendu, la lecture trop intensive des publications de l’IEDM vous a peut-être fait perdre l’habitude.

  38. Mes arguments à l’égard de ce billet:

    http://minarchiste.wordpress.com/2010/03/15/impots-distribution-de-richesse-et-pauvrete/

    Les trois pires pays de l’étude sont aussi les trois plus pauvres (Mexique, Turquie et Pologne). Or, il fort probable que la pauvreté ait un impact plus grand sur la santé que l’inégalité des revenus. Vaut mieux gagner $20,000 par année dans un pays où le Gini est de 0.40 plutôt que de gagner $1,000 par année dans un pays où le Gini est de 0.30.

    Les pires pays sont aussi parmi les plus corrompus de l’OCDE (selon l’indice de corruption de Transparency International), tels que le Mexique, la Turquie, la Pologne, la Grèce et l’Italy. La corruption détourne des revenus de l’État vers certains individus privilégiés plutôt que dans les services à la population, tels que les soins de santé. Ce détournement génère de l’inégalité, ce qui fait augmenter le Gini

    Le manque de liberté économique est probablement un facteur plus important que le Gini à cet égard. Est-ce un hasard que les cinq pays que je viens de nommer (Mexique, Turquie, Pologne, Grèce, Italie) sont ceux ayant le niveau de liberté économique le plus bas (selon l’Institut Frazer)?

    L’important pour un individu n’est pas sa richesse relative, mais bien sa richesse absolue. Le Gini de l’Éthiopie est de 0.298, inférieur au Canada tout comme le Bangladesh, le Pakistan, la Hongrie, la Roumanie et l’Égypte. Il serait pourtant préférable pour votre santé de rester au Canada plutôt que d’émigrer dans ces pays!