Pétrole: être vert dans un pays brun

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Les Québécois doivent se rendre à l’évidence. Ils vivent dans un pays qui se transforme, sous leurs yeux, en grande puissance pétrolière.

D’ici 10 ans, la production canadienne d’hydrocarbures va doubler. Le Canada sera un des quatre pays pétroliers les plus importants du globe. Combiné à l’augmentation inéluctable du prix du pétrole, cela va pousser le pouvoir économique du pays vers l’Ouest comme jamais.

Or le Québec ne produit pas de pétrole. Au contraire, il en importe, essentiellement de l’étranger. C’est d’ailleurs son importation principale et l’argent qu’il y consacre ne lui rapporte rien. En 2007, les Québécois ont acheté pour 13 milliards de dollars de pétrole. Si, dans dix ans, le baril devait être à 150$, ce qui est vraisemblable, la facture sera de 21,5 milliards.

Bref, l’intérêt stratégique du Québec est de réduire le plus rapidement possible la part du pétrole dans sa consommation, donc de décourager ses citoyens d’utiliser les produits pétroliers. L’intérêt stratégique du Canada est de favoriser de tous les moyens possibles les produits pétroliers. Pour utiliser une image (et j’invite les internautes à m’en suggérer d’autres) le Québec vert dans un Canada brun, c’est un peu comme si un séminariste avait loué une chambre dans un hôtel de passes et tentait de convaincre le propriétaire d’imposer un couvre-feu. Voyons comment cela se traduit concrètement:

1. Des politiques publiques à contresens des intérêts québécois

La meilleure illustration vient d’être faite. Dans les plans de relance économique de l’an dernier, plusieurs pays importateurs nets de pétrole ont rivalisé d’ingéniosité pour financer des projets ayant un impact environnemental positif, notamment de réduction de la consommation d’énergie. Selon le relevé établi par la banque HSBC, la Chine l’a fait à la hauteur de 38%, l’Union européenne à 59%,  la Corée du Sud, à 80% ! Le Canada n’y a consacré que 8% de ses investissements, ce qui même est en retrait de l’effort américain (10 à 12%, mais sur des sommes colossales).

On aimerait pouvoir dire que le Québec a mis son propre plan de relance au service de son environnement. Comme je l’ai déjà écrit ici, ce n’est pas (encore) le cas. Reste qu’il est engoncé dans un pays qui va dans le sens inverse de son intérêt. Lorsqu’on nage dans le pétrole et dans les profits du pétrole, on ne concentre pas son énergie sur les façons de s’en débarrasser.

2. Une menace de sanctions internationales

On le sait, le Québec est, en Amérique du nord, le seul endroit qui aura respecté, en 2012, les objectifs fixés à Kyoto pour la réduction de ses gaz à effet de serre et le seul endroit qui se soit engagé à réduire de 20% ses émissions d’ici 2020, soit l’objectif européen.

Pourtant, parce qu’il fait partie d’un État voyou sur la question de l’environnement, il pourrait être puni par… les Européens. Paradoxe des paradoxes, il serait ainsi davantage puni que l’Alberta.

Au lendemain de l’échec de Copenhague, les Européens ont repris leur débat sur l’opportunité d’imposer une taxe carbone aux produits provenant de pays qui ne font pas d’effort conséquent pour le climat. «Si certains pays parmi les plus grands émetteurs au monde continuent de faire obstacle à l’adoption d’objectifs contraignants de réduction des émissions, l’Union européenne doit envisager, comme le permet le rapport de l’OMC du 26 juin, une taxe carbone sur les produits importés de ces pays qui font une concurrence déloyale à nos entreprises» a par exemple affirmé fin décembre le ministre belge de l’Environnement. On sait que la France et l’Allemagne voient cette mesure d’un bon oeil. Plutôt qu’une taxe à l’importation, il pourrait s’agir de l’obligation faite à la compagnie exportatrice (par exemple, Bombardier) d’acheter un permis de polluer sur le marché européen du carbone. Quelle que soit la méthode, cela rendrait le produit importé plus cher, donc moins compétitif.

Or, au Canada brun, le Québec vert est le principal exportateur vers l’Europe (25% du total canadien). On y vend pour 8,5 milliards de produits, en forte progression depuis 2004. L’Alberta ? 1,7 milliards.

Bref, le Québec, qui n’y est pour rien, serait cinq fois plus puni par l’Europe que l’Alberta, grande responsable de la politique polluante du Canada. Et ils voudraient qu’on applaudisse.


Lundi: Les emplois québécois dans les sables mouvants albertains
Mardi: Pétrole: 14 milliards de dollars québécois plus tard
Jeudi: Haro sur la province pauvre !

37 commentaires à propos de “Pétrole: être vert dans un pays brun

  1. Vous savez qu’elle est la proportion des gaz à effet de serre émis au Canada qui est imputable à l’exploitation des sables bitumineux ? Selon les dernières estimations, c’est un gigantesque 4,6% ! En guise de comparaison, le secteur des services est responsable de 7,6% des émissions. Bref, même si demain matin on interdisait l’exploitation des sables bitumineux, on serait très loin d’atteindre les cibles de Kyoto (réduction de plus de 30%).

    Les sable bitumineux c’est un prétexte pour faire du « Alberta bashing ».

  2. Le Québec vert dans un Canada brun, c’est comme un député fédéral suggérant à Stephen Harper d’établir la représentation proportionnelle afin d’obtenir une majorité aux Communes!

  3. Le gros problème, c’est que les écolos nous forcent à tourner en rond. À se jouer d’immobilisme économique suicidaire de toute façon.

    Exemples:

    1) Mine de diamants au Québec: Non merci.
    2) Uranium: Non merci.
    3) Pétrole au Québec: Non merci.
    4) Nouveau barrage: Non merci.
    5) Mine d’or: Non merci
    6) Développement en général: Non merci.

    Donc, on peut bien être environnementaliste à mort, c’est ça la réalité en 2010. On n’ose plus rien faire, rien du tout, l’immobilisme absolu jusqu’au déclin de l’Empire Américain. Vous voulez engagez 5-6 millions de pousseux de crayons? On se lira les uns les autres à longueur de journée. Le seul secteur économique encore viable, parce que pas trop polluant. Ah oui… et on grattera des guitares, mais pas électrique, il faut économiser l’énergie quand même!

  4. …et si c’était le Québec qui nageait dans le pétrole, tiendriez-vous toujours le même discours Monsieur Lisée? Certainement pas…

    Votre fanatisme vous aveugle.

    Accepteriez-vous qu’une autre province, qui exploite scandaleusement ses mines d’amiante pour refiler honteusement ce produit mortel à des pays pauvres (elle est belle notre solidatité verte québécoise!) tout en indertisant ce même produit à l’intérieur de ses propres frontières, ou qui laisse ses sites miniers dans un état environnemental pitoyable ou qui assassine des dizaines de milliers de phoques à chaque année pour procurer du luxe à des millionnaires, ou qui a surexploité ses ressources océaniques au point où il faille cesser immédiatement toute pêche, ou qui harnache ses belles rivières pour prétendument répondre à une demande hydro-électrique tout en favorisant le gaspillafge de cette même ressource en maintenant ses tarifs étatiques artificiellement bas vous fasse la leçon?

    Assurément pas!

    Qui sommes-nous pour donner des leçons d’environnement aux autres Monsieur Lisée? Lisez « Le mythe du Québec vert » et revenez ici nous tenir le même discours sans rire…

    J’ai lu vos interventions au sujet du pétrole canadien et j’ai été estomaqué par la plupart d’entre-elles mais celle qui m’a le plus stupéfié est celle sur le syndrome hollandais: une véritable ode à la médiocrité. En connaissez-vous beaucoup de pays qui refusent d’exploiter leurs précieuses ressources naturelles sous le prétexte que ceci renforce leur monnaie tout en faisant disparaître des industries non concurrentielles? Qu’est-ce qui empêche les dites indistries sur le point de disparaître de profiter d’une monnaie plus forte pour acheter des équipements à la fine pointe de la technologie à l’extérieur du pays et ainsi moderniser leur outillage et redevenir copmpétitives? Ou d’acheter un compétiteur outre-frontière? Etc.? RIEN!!! Mais bien sûr, vous vous gardez bien d’aborder ce genre d’avantage qui ne correspond pas à votre conception politico-économique du Canada.

    Vous tentez ici de nous faire croire que le Québec est pénalisé (toujours l’innocente victime de quelque chose…) par le pétrole canadien en en profitant au passage pour promouvoir la séparation du Québec… Comme si l’on pouvait se passer des milliards de dollars que le Québec reçoit du reste du Canada via la très généreuse péréquation canadienne. Ce sont ces milliards qui nous tiennent à peu près debout Monsieur Lisée. Sans eux, vous et vos semblables perdriez vos privilèges…

    Votre argumentaire est triste et misérable et surtout, SURTOUT, il manque d’imagination.

    Plutôt que de tenter de confronter haineusement les 2 positions pourquoi n’encourageriez-vous pas nos entreprises québécoises à profiter du pétrole canadien pour participer à apporter des solutions vertes aux problèmes de pollution de cette indistrie tout en augmentant leurs profits au passage? Ou à profiter de notre dollar fort (dû en grande partie à la faiblesse du dollar américain – à quand une sortie contre Obama à ce sujet?) pour investir dans des équipements etc.?

    Ce ne sont pourtant pas les angles d’attaque qui manquent.

    Finalement, sur une note beaucoup plus légère mais toujours sur le même sujet, je vous invite cordialement à lire ce petit texte qui « fera votre journée… »!

    http://www.leblogueduql.org/2010/02/humour-une-revue-politique-de-lannee-2022-.html

  5. J’aime bien que nous soyons propres comme société. Mais quand Junex va tomber sur une mer de pétrole dans le Golfe, et que mon titre boursier va exploser, on va dire quoi nous, les Québécois, si tout d’un coup les autres se mettent à nous pointer du doigt ?

  6. Et l’on sait que pour la base électorale Albertaine
    du parti conservateur, tout ce qui peut affaiblir
    le Québec est excellent pour l’unité canadienne.

    En fait il n’y a qu’une seule solution pour le Québec :

    Son indépendance pleine et entière, qui plus est
    en tant que république, laïque !

  7. En tout premier lieu, développer au maximum les transports en commun prioritairement dans la région montréalaise et ça urge. Rétablir les péages pour les entrées/sorties de Montréal pour d’une part décourager la fuite vers les banlieues, renforcer du même coup la situation des francophones qui pour de vagues raisons de sécurité migrent dans les couronnes montréalaises(comme si on était au Mexique violent!)Imposer une taxe spéciale sur les carburants pour mettre sur les infrastructures ferroviaires. Construire des logements à prix abordables sur les grands parkings devenus inutiles grâce aux transferts des citoyens pour les transports en commun.Mettre l’accent de la recherche/développement sur des véhicules mus à l’électricité et ne plus tolérer de se faire tordre le bras par des forces occultes(pétrolières et autres) ,comme ce fut le cas chez Hydro-Québec dans le passé avec son moteur-roue.

  8. Très intéressant sujet, bien présenté ici.

    L’électricité écologique du Québec contre le pétrole polluant de l’Alberta avec l’arbitre, M. Harper qui a un faible, avec son ministre albertain de l’environnement, pour l’Alberta et notre ministre Paradis descendu aux enfers du ministère des Ressources naturelles canadiennes pour cautionner la pollution de l’Ouest, au nom du Québec fédéraliste.

  9. M Lisée,

    Votre démonstration est éloquente. Le problème tient au fait que les citoyens, qui sont noyer dans la propagande fédéraliste, on perdu de vue que le Québec est un État, et qu’à ce titre il a ses propres intérêt à défendre. En fait le Québec est un des États les mieux placé au monde pour faire face au Pic pétrolier, encore faut il une stratégie d’État d’envergure pour en tirer profit. Et là il faut bien dire,on est mal barré avec Charest.

    Vous aidez les citoyens à voir plus précisément la grande divergence qu’il y a entre les intérêts du Québec et ceux des provinces pétrolière. Ce faisant vous venez contrer la propagande (Total) de la brigade à plume de Gesca La Presse, pour qui les intérêts supérieurs de L’État du Québec passe après ceux de Paul Desmarais.

    La monté en puissance des provinces pétrolières a métamorphosé le Canada. L’Alberta a pris le contrôle d’Ottawa et impose sa politique à tout le pays » Une province qui impose ses volontés à Ottawa. Nous sommes à la fin du Canada de Trudeau (40 ans d’une doctrine politique d’un gouvernement central fort qui s’éteint dans les sable bitumineux):

    http://www.vigile.net/La-fin-du-Canada-de-Trudeau

    Le jour ou l’Alberta va perdre le contrôle à Ottawa et va se faire imposer une politique qui nuira à ses intérêts énergétiques, la réaction sera drastique: l’apparition de Wildrose Alliance Party est une préparation à ce clash à venir. Ce jour là Constitution de 1982 va sauter. Et le Québec va pouvoir sortir de la cage à castor canadienne sans granda périls.

  10. D’abord les commandites, ensuite l’étranglement financier, toutes ces stratégies historiques consistant à couper les vivres au Québec ne font que culminer aujourd’hui avec ces transf-verts- bruns en direction de l’ouest. Décidément, le ROC se fait transparent : What does Québec want ? A clean country, autonomy and the creamer’s ass ?

  11. Voilà des arguments potentiels d’être indépendant.
    Voilà des sujets qui méritent d’être traité plus largement. Mais pas à Radio-Canada.

  12. Une autre raison pour abandonner au plus vite le navire canadien dont les intérêts sont, trop souvent, incompatibles avec ceux de notre nation.

    Financièrement, le Canada appauvri le Québec au point ou nous recevons de la péréquation. Et le déséquilibre fiscal n’est quand même pas une invention de l’esprit. Du point de vue environnemental, les intérêts du Québec ne concordent absolument pas avec ceux du Canada. Il est plus que temps que le Québec vole de ses propres ailes et fasse entendre ses valeurs et ses intérêts au monde entier plutôt que de pleurnicher à un Gouvernement Central anglophone qui n’en a rien à cirer.

    Et ce n’est pas l’actuel frisé qui nous dirige, cette couille molle qui aime se pavaner dans le monde entier sans pour autant réaliser qu’il pourrait le faire en tant que Chef d’État plutôt qu’en tant que laquais, qui va modifier cet état de fait. Né pour un p’tit pain Charest? You bet! Un vrai Québécois? Non. Un colonisé que l’on a corrompu jusqu’à la moelle pour venir faire de la politique au Québec alors qu’il n’en avait pas du tout l’intention.

    Mais les Québécois somnolent. Nous sommes dans une profonde léthargie. Je doute fort, malgré ses bonnes intentions, que Madame Marois soit l’électrochoc dont nous aurions besoin collectivement.

  13. Une précision s’impose. Même s’il l’affirme sur tous les toits, Québec n’atteindra vraisemblablement pas l’objectif de Kyoto. Il atteindra peut-être, si on continue de fermer des usines le niveau de référence moyen de Kyoto en 2012, c’est-à-dire -65 par rapport à 1990, mais pas l’objectif de Kyoto qui est de -6% de 1990 en moyenne entre 2008 et 2012. Pour arriver à cela, il faudrait qu’il ait déjà atteint le -6%. Quant à l’objectif de -20%, c’est un rêve dans l’état actuel des lieux. Réduire de -20% signifie soit enlever la moitié des émisisons du transport, soit enlever la moitié des émissions de l’industrie ou le quart de chacune, les autres secteurs étant à peu près incompressibles, tout en faisant place à une croissance économique prévisible. Pourquoi la tâche est-elle si difficile? Le secteur industriel québécois a fait des efforts importants depuis 2000 et tant dans le domaine des alumineries que dans le domaine des pâtes et papiers les émissions faciles ont été atteintes. L’efficacité énergétique étant un facteur de compétitivité, elle présente des potentiels, mais seulement là où on utilise des carburants fossiles. Quant aux émissions de procédé (on ne peut pas émettre moins de 1,7 tonnes de CO2 pour produire une tonne d’aluminium) elles sont directement affectées par la production des usines.
    Reste le transport. Diminuer, même de 25% les émisisons du transport signifie soit rajeunir le parc automobile au complet avec des véhicules 50% plus efficaces (il faut plus de 10 ans pour le faire et le parc automobile québécois est déjà le moins gourmand en Amérique du Nord) ou encore faire une réduction du nombre de kilomètres parcourus. Cela ne se peut qu’en changeant radicalement l’aménagement urbain ce qui prend beaucoup plus que 10 ans.
    Alors l’objectif de -20% en2020, c’était pour parader à Copenhague.

  14. Ca nous donne quoi de nous priver coté GES si on est puni par l’Europe? Ca nous donne quoi de descendre de 11 tonnes à 9 tonnes, si on fait toujours parti d’un pays étiqueté à 22 tonnes?
    A moins de faire l’indépendance évidemment

    D’autre part, qu’est-ce qu’on attend pour utiliser les réserves des Iles de la Madeleine?

    PS:pas de S à 1,7 milliard

  15. Il y a quelques mois j’ai fait la lecture de l’essai de Éric Laurent : «Le choc pétrolier». Ce que j’en retiens c’est que cette ressource se tarie rapidement. Les champs pétroliers des pays de l’OPEP ne pourront plus bientôt fournir le pétrole nécessaire à la consommation planétaire.

    Naturellement le prix du pétrole ne pourra faire autrement que d’augmenter. Il pourrait y avoir ponctuellement des baisses, mais la tendance générale ne peut qu’être un accroissement important de son coût.

    Alors on pourrait penser que chaque baril issu des sables bitumineux génèrera plus de profit. Mais ce qui compte réellement sera alors la demande. Si les consommateurs consomment de moins en moins de pétrole car trop dispendieux, les profits ne seront plus au rendez-vous.

    Alors je pense qu’une politique intelligente pour un pays serait de réduire au maximum sa dépendance au pétrole. Pour un pays producteur ça serait de ne pas dilapider cette ressource qui vaudra de plus en plus cher.

    À long terme l’intérêt du Québec c’est de développer des politiques et des programmes qui réduiront notre dépendance au pétrole. Évidemment, l’électricité apparait de facto comme une réponse toute faite. Il s’agit alors penser aux meilleurs moyens de la produire. L’éolien devient évidemment une autre source possible très intéressante. Mais beaucoup de recherches et d’innovations visant à en accroître l’efficacité peuvent encore être faites. D’autres façons peuvent aussi être développées. Ne pensons qu’à la géothermie pour notre chauffage.

    «Ce n’est pas en perfectionnant la bougie qu’on a découvert l’électricité.»

    Moins il y aura de consommation de pétrole, moins on acceptera ses effets polluants. Les États qui auront diminué leur dépendance pétrolière n’hésiteront pas à édicter des lois pour contrer les effets polluants néfastes du pétrole. Où souhaitons-nous nous situer dans cette dynamique ?

    Dans cette perspective, ça crève les yeux que ni l’Alberta, ni Terre-Neuve par exemple ne porteront le drapeau du sevrage pétrolier. Les Conservateurs de Harper sont ou des défenseurs de l’Ouest ou des défenseurs des défenseurs. De plus, il n’est pas surprenant qu’il soit difficile de véhiculer de nouvelles idées au sein de ce gouvernement qui compte encore, au XXIème siècle, en ses rangs des membres influents qui continuent à croire à des théories comme le créationnisme.

    Le Québec ne peut qu’être gagnant à se débarrasser du carcan fédéraliste qu’on lui impose. La politique canadienne énergétique d’Ottawa en est encore une preuve. Le Québec peut et doit se synchroniser aux autres Nations qui ne sont aveuglées par les émanations pétrolières.

    Le cadre fédéral actuel est-il le meilleur pour y parvenir ? La question se pose si on ne craint pas d’en envisager la réponse.

  16. Monsieur André Pratte( il est certainement caché à lire votre billet de ce matin), j’aimerais lire vos commentaires, svp.
    yves graton

  17. Il faut tout mettre en place pour diminuer notre dépendance au pétrole . Ce plan doit être basé sur nos forces énergétiques qui sont l’hydro-électricité , les éoliennes , la cogénération et toutes les formes de récupération d’énergie ! Nos gouvernements devront favoriser et subventionner le train , l’auto électrique et toutes formes de locomotion non polluante . Le parti politique qui batira le meilleur plan cohérent , crédible et applicable aura une sérieuse avance pour l’avenir ….
    Ce qui ne nous empêche pas d’avoir un plan de développement cohérent pour de fututs barrages électriques et d’éoliennes ! J’ajouterais dans ce plan l’exploitation du gaz naturel dans la faille du Saint-Laurent et du mazout en Gaspésie et aux Iles de la Madeleine en espérant qu’au moment de l’extraction , nous soyons auto-suffisant en énergie propre et que ces nouvelles ressources servent a l’exportation pour remplacer les centrales de charbon ….

  18. Je ne crois pas qu’en diabolisant l’Alberta et en faisant du Québec la terre promise des environnementalistes nous fassions avancer le débat, si la ressource principale du Québec était le pétrole nous adopterions probablement les mêmes politiques qu’eux, toutefois nous ne sommes pas dans cette dynamique, or il est évident que notre problème immédiat est plutôt que les conservateurs sont au pouvoir, les partis d’opposition à Ottawa offrent tous une alternative à cette politique ¨brune¨ alors citoyens vous n’avez qu’à faire le nécessaire pour effacer cet anachronisme.En attendant bien sûr que nous Québécois prenions notre destinée en main, cela exigerait une grande confiance en nos moyens et je ne crois pas que notre degré de maturité collective en soit là.

  19. la solution serait peut-être deux pays distincts.
    un bourré de pétrole et un bourré d,énergie renouvelable et d,industries exportatrices.

  20. Le Québec développa son électricité durant que le canada pollueur à la USA développa le nucléaire en tentant d’enfouir ses déchets au Québec
    Le Québec doit développer au plus vite la voiture électrique à batteries ou à roues universelles le temps que les pollueurs canadians cherchent du sable fossile bituminables éphémères
    Le Québec doit développer tout autour du Québec et au centre les Monorails à éoléennes et le tourisme nordique 12 mois par année et laisser les Canadians s’américaniser et s’enfouir dans la poussière brune

  21. Extrêmement intéressant.

  22. Merci M. Lisée pour cette série de chroniques, elle nous donne des arguments contre ces colonisés qui nous écoeurent, avec une régularité de métronome, avec les sables bitumineux et leur maudi** péréquation. Ces porteurs d’eau ne cessent de nous bassiner avec cette reconnaissance que nous devrions paraît-il avoir pour l’Alberta, comme si on nous faisait la charité. Quelle détestable mentalité !

  23. En plus d’être de deux solitudes définis par la langue ,la culture et le talent,ce qui se trame pourrait être une rupture totale entre le Québec et le R.O.C..Ce qui n’est pas banal est le contexte de ce schisme :notre électricité produite grâce à nos rivières et le vent pour l’éolien et l’objectif de Kyoto réussi pour le Québec.À l’ouest se trouve le pays le plus pollueur de l’occident sinon de la planète avec ses sables bitumineux rejetés à même le sol tout près de la rivière Arthabaska et d’une population autochtone! Donc la nature et la créativité au sevice de L,humanité et de l’autre versant plus à l’ouest est l’extraction de sable polluant pour le bénéfice de multi national au détriment de l’humanité.Et certains voudraient qu’on se soumettre et comme le souligne si bien mr.Lisée qu’on applaudisse .

  24. @Linda Hart

    Moi aussi le pérequation je ne suis plus capable! Encore une patente de Trudeau pour mieux nous manipuler et le pire nous faire croire que l.on est une société pauvre parce qu’on en bénéficie,incroyable!Je crois que celui qui s’en sert le plus est André Pratte,même le pétrole bitumineux est rendu dans les garderies du Québec via la péréquation…

  25. Et si, et si, et si ! Si les chiens avaient des scies il n’y aurait plus de poteaux ;-)

    On aura beau se battre à coup de chiffres ce qui reste au bout du compte c’est la situation suivante:
    1) On a pas de pétrole;
    2)On reçoit la pollution qui vient de l’Ouest;
    3)Le pétrole coûtera bientôt les yeux de la tête;
    3)Des alternatives existent;
    4)Si nous ne sommes pas trop colonisés on peut les actualiser;
    5)Alors on décide qu’on le fait, pis on le fait;
    6)Et ceux qui sont pas contents …

  26. Le problème avec l’argument de David (#1), c’est qu’il est sélectif dans ses chiffres. Selon l’inventaire fédéral de 2007, l’Alberta a émis 246 Mt de GES : 42 MT dans l’industrie des combustibles fossiles (raffinage), 17,5 Mt dans les mines et l’extraction et 37 Mt dans les émissions fugitives (les pertes des pipelines et autres). Additionnez tout ça et vous avez 97,5 Mt d’émissions, soit 15% de plus que l’ensemble des émissions du Québec.

    Et nous n’avons pas encore parlé de leur production d’électricité à 75% au charbon (55 Mt) ou de leurs habitudes de transport (38 Mt). Toutes ces sources sont en forte augmentation depuis 1990. L’Alberta fait preuve de mauvaise foi depuis des années, il faut bien reconnaître l’évidence!

  27. L’Alberta emet beaucoup de gaz a effet de serre, tandis que le Quebec fait beaucoup de polutions. Il n y a pas si longtemps j’ai vu une statistique comme quoi par habitant les quebecois etaient les plus grands polueurs au monde. La question est de savoir: c’est quoi le pire, emettre des gaz a effets de serre, ou la polution.

  28. Hmmm,

    Le Quebec serait donc la seule province a avoir suivi Kyoto, c’est egalement la plus pauvre et la plus taxee des provinces/etats d’amerique du nord.

    Plus d’entreprises, plus de jobs, moins de deplacements… ben oui ca sera plus ‘vert’ …

    Amusant.

  29. Ah…le Québec « vert » et le protocole de Kyto…quelle gigantesque farce!

    Voici une statistique récente et claire qui remettra les pendules québécoises à l’heure et qui fermera le clapet à tous ces sous-fifres écologistes qui tentent d’utiliser cette discipline pour justifier leurs subventions et surtout pour tenter de nous vendre la séparation du Québec! Comme si un Québec séparé pourrait avoir quelque influence que ce soit sur l’Alberta dont les fonds nous empêchent actuellement de faire flamentablement faillite.

    Il y a eu AUGMENTATION de 3.7% des émissions de CO2 au Québec en un (1) an, soit de 2006 à 2007!!!
    En plus, ça vient du gourou François Cardinal, phare de l’écologisme québécois.

    Le Québec pollue PLUS que l’Alberta!

    Les objectifs vertueux du Québec en matière de réduction de ces gaz sont totalement irréalistes. En connaissez-vous beaucoup de gouvernements québécois qui ont atteint leurs objectifs en quoique ce soit vous?

    Pas moi!

    Ce dossier ne fera pas exception à la règle d’autant plus que ces objectifs ont été déterminés par…Jean Charest!

    http://www.cyberpresse.ca/environnement/201002/03/01-945748-les-gaz-a-effet-de-serre-en-hausse-au-quebec.php

    En plus, je vous invite à lire ce blogue de Brassard qui répond de façon intelligente à Monaieur Lisée:

    http://blogjacquesbrassard.blogspot.com/

  30. Si diviser pour vaincre est vrai, divisons pour survivre.

    Il faut absolument que le Québec (indépendamment de l’allégeance pour la séparation ou la soumission) fasse passer l’idée en Europe que les provinces canadiennes et les états américains sont des fédérations indépendantes. Il faut que les pénalités soient par états/provinces. Non seulement est-ce que cela va nous servir, mais il est certain que les états démocrates (et industrialisés) seront aussi bénéficiaires que nous. Forçant les confédérations, parce qu’isolées (voir les lois californiennes sur l’automobile).

    Enfin, ce serait cool.

  31. C’est intéressant de parler du prix du sale pétrole dans dix ans, mais qui dit que nous n’aurons pas tous des autos qui fonctionnent avec de l’air, ce qui va diminuer énormémentla consommation du pétrole. Alors investissons plutöt vers d’autres moyens de faire rouler les choses.

  32. Un vrai Québec vert offre l’énergie libre et gratuite. Loin d’être farfelu quand on comprend ce que c’est.
    Le pétrole, c’est pour les dinosaures. En 2010, la technologie est rendue bien plus loin que ce qu’on nous offre.
    Nés pour un petit pain, on ne demande rien de plus. Pendant ce temps, ceux qui mangent du riz avec des baguettes se préparent à l’énergie libre et gratuite. Je me demande combien de temps nous allons continuer comme ça.

  33. @ # 4 François 1

    « Vous tentez ici de nous faire croire que le Québec est pénalisé… »

    Allez donc chercher le permis qu’Ottawa refuse pour que le Québec pour exploiter son pétrole avant de bla bla bla…

  34. @ #15 Labelle

    « À long terme l’intérêt du Québec c’est de développer des politiques et des programmes qui réduiront notre dépendance au pétrole. »

    Le pétrole étranger oui Mais il y a du pétrole ici.

    Le Québec ne peut absolument pas se passer de pétrole pour plusieurs années même à long terme.

    Pour quoi nous interdit-ont de l’exploiter?

  35. Excellent résumé de la situation que nous vivons actuellement.

    Dans quelques années, il sera trop tard pour comprendre et encore plus pour agir. Les suicidaires qui détruisent physiquement notre propre pays pour en intoxiquer l’air et asservir la population sont au travail, en grand. Et on les laisse faire.

    Un début de solution pour le Québec : le projet Maîtres chez nous 21e siècle http://mcn21.org :
    - Une vision et un projet de soicété,
    - De l’espoir
    - Une véritable économique
    - Un respect écologique pour aujourd’hui et demain.

    Y a pu ka… ;-)

    Maîtres chez nous 21e siècle http://mcn21.org

  36. @ Vincent François

    Tu parles d’êtres « Maîtres chez nous ».

    Ça serait bien si les Albertains pourraient aussi être maître chez-eux…

  37. Merci monsieur Lisée d’avoir éclairer mon point de vue. Je croyais que la péréquation était nettement avantageuse pour le Québec et qu’ainsi nous profitions du pétrole de l’Alberta. Maintenant, je suis convaincu du contraire. Le Canada entraîne notre économie à contre courant. Je viens de signer ma carte du Bloc québécois. Je ne me reconnais plus dans le Canada, ni dans la philosophie du gouvernement, ni dans l’économie canadienne. Je me sens dans un autre pays.