Unilinguisme: Don Macpherson strikes back!

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Macpherson: cachez ces unilingues anglos que je ne saurais voir !

J’ai eu droit, ce jeudi dans The Gazette, au traitement Don Macpherson. Le chroniqueur revient sur les billets consacrés ici à l’unilinguisme. Je vous propose une lecture commentée de son texte.

D’abord, le titre: Why the anglo-dinosaur hunt ? Now it’s trendy to ‘out’ them

Commentaire: le « outing » est l’acte de rendre public le nom de personnes auxquelles on reproche quelque chose. Personne n’a été nommé dans les billets de ce blogue sur le sujet qui n’étaient déjà dans le domaine public.

Sous-titre : Unilingual English-speakers are the exception, not the rule, but some people don’t want to hear that.

En fait, j’ai écrit ce qui suit: La question n’est pas de savoir si la majorité des Anglo-québécois sont bilingues. Ils le sont. La question est de savoir si on trouve aujourd’hui une quantité significative d’Anglo-montréalais, de souche ou d’adoption, qui prennent la décision de rester en marge de la majorité des Québécois.

Don commence son billet avec le cas de la Banque Nationale

When National Bank president Louis Vachon last week refused to fire a vice-president at National’s Montreal headquarters who doesn’t speak French, he said he « will not go English-hunting at the bank. »

Elsewhere, however, the sport of unilingual-anglo hunting is growing in popularity.

C’est tout ce que Don a à dire du fait que l’embauche de cadres unilingues anglais dans de grandes institutions montréalaises contraignent des salariés francophones à parler anglais au travail. Son seul avis est d’applaudir à la décision de Louis Vachon de ne pas agir avec trop de fermeté. Il poursuit:

Long restricted to captains of the Montreal Canadiens and clerks in stores on Ste. Catherine St., the hunt has recently been extended to holders of high federal office and managers in Montreal financial institutions.

High federal office signifie le vérificateur général bilingue récemment embauché à Ottawa, un juge unilingue anglais de plus à la Cour suprême. Don indique ici que la volonté de désigner à ces fonctions des personnes bilingues dans un pays officiellement bilingue équivaut à une « chasse ». C’est noté. Il continue.

And now even private citizens who do not serve a French-speaking public or have authority over Frenchspeaking employees are becoming fair game. Ironically, these unilingual anglos were first targeted by an English-language Montreal radio program.

Last week, the CBC’s morning Daybreak program discovered two anglophones living in the hipster-infested Mile End district who hadn’t learned French after several years in Montreal.

It declared the two a trend – « a new genus of 21stcentury unilingual anglophone » – and invited them into its studio for a gentler version of a Maoist-show trial and public shaming for refusing to learn French.

This led to a Twitter fight between myself and Daybreak that established that the program could neither prove that its « new genus » of wilfully unilingual anglos actually existed nor explain why it would matter to anybody but its own members if it did.

Le mot « genus » veut simplement dire « un groupe ». Dans le débat entre Don et Daybreak dans la gazouillosphère, Don était très fâché et insistait pour dire qu’il n’y avait pas la moindre « tendance » vers une résurgence de l’unilinguisme chez les jeunes anglos venus d’ailleurs pour s’établir dans le Mile-End. Évidemment, c’est très difficile à dire ou à quantifier. Mais Don aurait préféré que personne n’en parle. Comme si poser cette question était un crime commis contre le peuple anglophone.

Ma portion préférée ici est que Don se demande « pourquoi cela aurait de l’intérêt pour qui que ce soit » si cette tendance existait. Cela a à mon avis un grand intérêt. Ottawa ne cesse de nous vanter la qualité et la quantité de

Un avenir canadien non-bilingue (Cliquez pour agrandir)

jeunes anglo-canadiens qui passent par les programmes d’immersion française à Toronto, Halifax et Vancouver. Qu’on trouve parmi ceux qui viennent s’établir à Montréal des éclopés du bilinguisme nous donne une information sur la pauvreté réelle de l’enseignement du français hors-Québec.

Ce tableau de Statistique Canada montre d’ailleurs combien le bilinguisme est en baisse chez les jeunes anglo-canadiens hors-Québec

Les témoignages concernant l’unilinguisme des jeunes anglo-montréalais ont encore davantage d’intérêt, selon moi, pour toute la société québécoise. Les commissions scolaires anglophones de Montréal n’arrêtent pas de nous dire qu’ils produisent, grâce à un effort colossal d’immersion et de francisation, des anglos bilingues. Et que, donc, les dinosaures du West-Island qui tiennent à leur unilinguisme sont une chose du passé, ou du moins n’existent que chez les anglos plus âgés.

C’est donc une information importante de savoir qu’au contraire, bon nombre de jeunes anglos qui ont fait 11 ans de scolarité avec français à la clé ne peuvent, en fait, soutenir une conversation en français. C’est un constat, non d’échec, mais de relatif insuccès. Étant proche du milieu de l’enseignement, on me confirme régulièrement qu’à McGill ou dans les cégeps anglophones, il y a deux catégories d’étudiants anglos nés à Montréal: ceux qui parlent bien le français et ceux qui ne peuvent soutenir une conversation. Puisqu’il s’agit des étudiants qui font des études supérieures, ils représentent la crème des étudiants anglo-montréalais. Ne devraient-ils pas tous avoir appris le français à l’école? Avions-nous tort de penser que l’acquisition d’une bonne connaissance du français était une condition d’obtention du diplôme d’études secondaires ?

Mais continuons à lire Don:

This, in turn, brought sovereignist strategist Jean-François Lisée galloping to Daybreak’s rescue. In his blog on L’Actualité magazine’s website, Lisée produced evidence in the form of an anecdote about a party in Mile End in a twoyear-old magazine article.

Don fait allusion à l’article publié par Émilie Dubreuil en 2009. D’abord c’est Daybreak qui a signalé l’existence de cet excellent article dans son débat avec MacPherson. Mlle Dubreuil ne s’appuie pas sur « une anecdote au sujet d’un party ». Elle donne plusieurs anecdotes et affirme avoir observé une tendance montante dans le Mile End où elle habite.  « Cette histoire se répète inlassablement » écrit-elle. Don a lu l’article, c’est donc en toute connaissance de cause qu’il en dénature le contenu.

He [Lisee] also put out a call to readers to recount fresher anecdotes about anglophones who had moved to Montreal several years ago and still refused to learn French. The hunt for anglo dinosaurs was on.

Don laisse entendre que j’ai spécifiquement demandé des témoignages prouvant l’existence de la tendance. Lisez plutôt ce que j’ai écrit:

Chers internautes, aidez-nous à saisir l’ampleur — ou l’insignifiance — du phénomène. Dites nous si vous avez, personnellement, été confronté à un unilinguisme assumé de Montréalais venus d’anglophonie depuis plusieurs années et déterminés à le rester. Dites-nous si, personnellement, vous avez davantage de ces contacts aujourd’hui qu’il y a 5, 10 ou 15 ans.

J’ai donc demandé des témoignages positifs ou négatifs. Et, en effet, j’ai eu droit à quelques (rares) témoignages, que j’ai publiés, qui indiquent que le phénomène de l’unilinguisme est en régression. Don continue:

More than a hundred of Lisée’s readers reported their own sightings, and Lisée published « the cream » of their testimony in a subsequent blog post.

Never mind that Bill 101 was never meant to make everybody in Quebec speak French, any more than the federal Official Languages Act was meant to make everybody in Canada bilingual. So it is not actually against the law in Quebec for individuals not to speak French.

En effet, ce n’est pas contre la loi de ne pas être bilingue au Québec.  Cependant je reviens sur mon argument central. Beaucoup de témoignages recueillis attestent de l’existence de jeunes anglo-montréalais, donc qui ont été scolarisés depuis 1977, et qui n’arrivent pas ou décident de ne pas parler français. C’est problématique.

Témoignages aussi d’anglo-canadiens — jeunes, scolarisés, ouverts sur le monde — qui trouvent normal de passer leur vie à Montréal en demandant aux membres de la majorité de passer à l’anglais dans leurs interactions avec eux. Et qui sont agressifs lorsqu’on leur laisse entendre qu’ils devraient apprendre la langue de la majorité.

Poursuivons:

Well, not yet at least, though television personality Guy A. Lepage said recently it should be an « obligation for everybody » to do so.

Actually, Daybreak’s « new genus » isn’t new. There have been unilingual anglos living in Montreal for the past 251 years, since the British captured the city.

And, although it would have deprived him of a couple of blog posts, Lisée could have found more complete evidence of the presence of unilingual anglos simply by consulting the results of the 2006 census. It turns out that his readers missed quite a few of them.

There were 209,725 people living on the island of Montreal at the last census who spoke English but not French. And there were 262,810 in the Montreal census-metropolitan area, which also includes Laval and mainland suburbs.

Even so, it appears that unilingual-anglo Montrealers are what conservationists might consider a « nearthreatened » species. Statistics Canada couldn’t provide me with census data on bilingualism among anglos at the local level. But in 2006, 68.6 per cent of Quebec anglos, who are concentrated in the Montreal area, said they were bilingual.

That represented a steady increase, from 66.1 per cent at the 2001 census and 61.7 per cent five years before that. And it was twice the 35.8-per-cent bilingualism rate of French-speaking Quebecers, besieged as they are by the surrounding English-speaking hordes.

That’s an exceptional phenomenon. Try to think of another community of comparable size of speakers of the world’s dominant language, so many of whom have adopted a second language. And it began nearly a decade before the adoption of the first pro-French legislation in Quebec, when anglophones in St. Lambert initiated the first French-immersion classes in 1965.

Je me réjouis, avec Don, de constater que le taux de bilinguisme des anglos de la région de Montréal soit passé de 61,7% en en 1996, à 66,1% en 2001, puis à 68,6% en 2006. Ce qui fait une progression d’un demi point de pourcentage par an. Don exprime le fond de sa pensée lorsqu’il écrit qu’il s’agit là d’un « phénomène exceptionnel ». Don nous dit finalement qu’on devrait être très reconnaissant que deux anglos sur trois parlent le français.

Qu’une minorité linguistique dans un nation qui parle une autre langue soit aussi nombreuse à s’être donné la peine d’apprendre la langue de la majorité, il trouve ça magnifique. Moi, je trouve ça normal. La moindre des choses. Et j’ai un bon point de comparaison à lui donner: la minorité francophone hors Québec. Elle est bilingue à 84%.

Don conclut:

In fairness, it’s not always easy to spot bilingual-Montreal anglos.

Here’s another anecdote about language in Montreal: Sometimes I address a stranger in French, begin an exchange in that language and only realize after a while that I’m speaking French to another anglophone.

But then, nobody’s looking for those anglophones anyway. It seems to be more gratifying to hunt down the ones who still conform to old stereotypes for trophies, especially since they are getting to be harder to find.

La lecture de la chronique de Don est éclairante car il s’agit là d’un anglo-montréalais ouvert sur la réalité francophone. Pourtant, il est complètement froid devant le retour de la contrainte de parler l’anglais dans des divisions de grandes institutions financières francophones et complètement sourd aux témoignages en nombre écrasant de francophones affirmant qu’il est plus difficile aujourd’hui qu’il y a dix ans de se faire servir en français à Montréal.

Je crois tout à fait à son anecdote de deux anglos se parlant français entre eux. Je l’ai écrit, il y a de tout à Montréal. Mais j’ai personnellement ressenti l’hostilité de quelques commerçants et de préposés au stationnement du centre-ville de Montréal devant mon insistance à me faire servir en français. Il y avait là un rapport de force. L’anglo, devant servir sa clientèle majoritairement francophone, voulait m’imposer de passer à sa langue.

Les témoignages sur les enseignants (encore une fois jeunes et éduqués) qui se targuent de pouvoir vivre à Montréal sans jamais passer au français attestent, selon moi, d’un courant réel mais difficile à quantifier de volonté de dissociation avec la langue majoritaire.

Je pense qu’on n’a pas fini d’en parler.

62 commentaires à propos de “Unilinguisme: Don Macpherson strikes back!

  1. Lâchez pas, M. Lisée, c’est encourageant pour les lecteurs comme moi, totalement perplexes quant au modèle économique auquel l’Actualité peut bien adhérer, d’admirer les pirouettes et les contorsions auxquelles vous osez vous livrer avec la véracité, la logique, la réalité et le bon sens. Quant à l’Actualité faut croire que vos 26 lecteurs assidus sont des journalistes influents comme Don Macpherson!

  2. Avec un nom comme le mien c’est le contraire qui m’arrive. Les gens (même à l’hôpital) veulent me servir en anglais. Étant aussi à l’aise dans une langue que dans l’autre je réponds en anglais mais quand ça devient plus technique je demande:«Que voulez-vous dire par là?» et là l’infirmière se fâche. Ça m’est arrivé trois fois et à chaque fois j’ai bien ris.

  3. N’empêche, Don McPherson a raison. On prend des annecdotes pour dénoncer le retour des michants anglais, sans se donner la peine de regarder les vrais chiffres, qui montrent que le taux de bilinguisme chez les anglais ne cesse de monter ici, et que le nombre total des anglophones du Québec n’est plus qu’à 5%, en baisse constante.

    Et si on regarde la montée de lait d’un certain animateur radio populiste ce matin, qui se plaint que le bilinguisme de certains anglophones élus à la ville de Montréal ne recontre pas SES critères, on peut réellement se demander si cette chasse aux sorcières ne risque pas de déraper.

  4. Bonjour M.Lisée,
    Ce n’est pas la 1ère fois que D.Macpherson répand son venin sur nos revendications linguistiques. Ce ne sera pas la dernière. Il n’avait aucun scrupule à changer son chèque en français quand il était un commentateur privilégié à « C’est bien meilleur le matin ». Sans regret, on ne l’entend plus, il a sans doute été mis au rancart. La semaine passée il tweetait au moins 6 fois son désaccord avec la prédominance du français en répétant ce lien tiré de La Presse « http://bit.ly/vEE4AH » revenant sur le fait qu’à la célébration de la Fête Nationale, les artistes anglais doivent chanter en français. On ne savait pas que les artistes étaient
    « forcés d’accepter » l’invitation à chanter à la Fête Nationale!!! Quant à moi, D.Macpherson est un provocateur qui ne rate pas une occasion de démontrer son mépris pour les francophones et les francophiles. A.Charron

  5. « L’anglo, devant servir sa clientèle majoritairement francophone, voulait m’imposer de passer à sa langue. »
    Quand je mets les pieds dans un commerce, je parle en français pour la simple et bonne raison que c’est moi qui a le gros bout du bâton. Et si le commerçant n’aime pas ça, je vais en face.
    Si tout le monde faisait ça, évidemment, on n’aurait plus besoin de la loi 101. Mais on s’est fait tellement dire que c’était égoïste ou fermé d’agir ainsi qu’on n’ose pas le faire. Or, je vois difficilement plus fermé que de voir des gens refuser d’apprendre la langue de la majorité de leurs clients bien concrets sous le prétexte éthéré que leur langue n’est pas aussi parlée dans le reste de l’Amérique du Nord!
    Quand Wall-Mart est venue s’installer au Québec, la compagnie a insisté pour que ses produits soient bien affichés en français. Ce n’est pas de la tolérance linguistique, c’est du simple marketing. Et si une compagnie comme Eaton, qui avait tellement fait sa réputation de « speak white » a fermé ses portes en blâmant « la question linguistique », ce n’est pas dû à l’intolérance de la majorité mais à la stupidité de son comité de direction.
    En Anglais, on appelle ça un « no-brainer ».

  6. Don Macpherson a raison sur toute la ligne!

  7. « …car il s’agit là d’un anglo-montréalais ouvert sur la réalité francophone. » (Don)

    Et oui, mais je comprends que ses lunettes sont embuées quand il se tourne vers les francophones.

    Imaginez maintenant ceux qui ne sont pas ouvert, c’est l’enfer.

    Si à partir de demain tous les francophones boudaient tous les commerces qui négligent le français au Québec, la presque totalité fermeraient leur portes faute de ne pas pouvoir s’ajuster à temps.

    Ce serait un débarras, mais les francophones sont complètement insouciants de la perte de leur culture, culture qui fait aujourd’hui que le Québec est un des endroits dans le monde qui s’en tire le mieux économiquement.

    C’est le français avec son côté latin qui nous fait faire du fric ces dernières années.

  8. Pas mal comme tactique quand même: commencer par demander « avez-vous des preuves que c’est plus qu’un épiphénomène »? puis crier à la chasse aux sorcières quand un blogueur demande aux gens s’ils ont constaté l’existence ou non du phénomène… Si on a pas le droit de lancer une discussion sur le sujet, on est censé le vérifier comment, exactement, si c’est un courant ou si c’est anecdotique?

  9. J’avoue aller moins souvent à Montréal pour mon travail que par les années passées. Je dois admettre par contre qu’on m’aborde plus souvent en français dans les mêmes parcours que par les années passées. Est-ce parce que j’ai exigé sur un ton qui prêtait peu à la conversation d’aller me chercher quelqu’un qui peut comprendre ma langue et qui peut la parler de façon intelligible? Je l’ignore, je ne prête pas aux gens une si grande mémoire. Le fait est qu’au cours de mon dernier séjour dans la métropole, tout le monde m’a abordé en français et un français de qualité.

    Cela m’a surpris un peu, je lis les chroniques comme tout le monde et déplorait que plusieurs se plaignent d’être abordé en anglais. Je touche du bois pour mon prochain séjour en 2012. De toute façon, s’il m’arrivait de rencontrer encore des gens comme ceux rencontrés l’an dernier dans ce bar sur Président-Kennedy, le ton ne portera pas plus à la discussion.

  10. Faut lire La Gazette pour constater qu’il sont en perpétuel combat contre la francisation du Québec et la protection de la culture francaise ….Seul le PLQ qui laisse tout faire trouve grace aux yeux de La Gazette et de ses valets tels Don Macpherson …..

  11. La réalité étant que des individus anglophones bilingues ou non peuvent vivres à Montréal sans dire un mot de français et j’ajouterais qu’en plein centre ville à Québec pendant l’été au plus fort du tourisme, des anglophone du West Island entre la Grande Allée et la Place Royale peuvent évoluer aisément dans la langue de sa majesté Elizabeth.

    Tout est là, la langue française de 23% de Canadiens comprenant essentiellement le Québec à part l’Acadie et les populations francos frontalières de l’Ontario au Québec est traitée comme celles de minoritaires.

    Les raisonnements des Macpherson de The Gazette ne changeront rien au fond des choses. Seul un pays francophone du Québec peut faire du français la langue officielle et la langue commune du Québec tout comme l’Ontario canadien voit l’anglais comme langue commune!

  12. Je n’ai pas beaucoup d’atomes crochus avec ce journaliste. Je trouve même qu’il se comporte de façon que l’on peut qualifier d’hypocrite quand il intervient sur les ondes de la radio française le matin en semaine chez Homier Roy.

    Comme ça l’unilinguisme is not the rule ? Ça se peut bien mais ça sra pas long. Quand on en est rendu dans des institutions francophone à devoir parler anglais aux boss, je me demande bien ce que ça prend à Mc Pherson pour s’équarquiller un ti peu les queneuils.

    Et pourquoi devrait-on être très reconnaissant que deux anglos sur trois parlent le français à Montréal?

    Être reconnaissant ça veut dire éprouver de la gratitude. C’est quoi ça, je devrais éprouver de la gratitude parce qu’un mec à montréal s’aperçoit qu’il vit dans une société ou plus de 80 % de la population est francophone ?

    Wow ça va faire Mc Pherson! Moi aussi je trouve ça normal que les anglos parlent français au Québec. Et anormal que ce ne soit pas ça la règle justement.

    Et puis franchement Jean-François Lisée, avez vous fini de lécher les bottines de ce gars là ? : «car il s’agit là d’un anglo-montréalais ouvert sur la réalité francophone».

    Pardon? McPherson est ouvert ? Ouvert sur quoi? Après ce papier pour ne pas dire ce torchon qu’il publie et ce n’est pas le premier du genre, je ne trouve pas qu’il mérite ces éloges qui sont tout fait immérités.

  13. Tant que le Québec demeurera sous la domination politique constitutionnelle rocanadian, les Québécois ferons une incessante lutte contre l’irrespect de ce que nous sommes chez ceux se faisant envahisseurs et méprisants de notre culture et identité nationales.

    Le respect de l’usage et adoption de la langue nationale de tout citoyen de pays souverain est la règle toute normale partout au monde.

    Jamais le respect de notre langue, de notre culture et identité nationales ne pourront faire l’objet d’un autre traitement que ce qui est la règle normale partout ailleurs dans le monde.

    Jamais nous tolérerons l’intolérable. À bon entendeur, salut.

  14. Excellente démonstration M. Lisée. J’habite l’Ouest-de-l’île depuis maintenant 6 ans et, puisque je travaille dans le secteur public, je suis confronté QUOTIDIENNEMENT à des situations où l’anglo moyen étale allègrement son refus de « plier », i.e. c’est-à-dire de poursuivre un échange avec moi dans la langue officielle de la nation. On a même déjà craché sur ma voiture parce que j’avais une plaque représentant le drapeau du Québec sur le pare-choc avant (dans l’Ouest-de-l’île, la proportion de telles plaques par rapport à celles qui représente le drapeau du Canada est, je ne vous apprends rien, dérisoire). Aussi, je me suis fait traité de « stupide Québécois francophone » par un conducteur impatient tout comme on a arraché mes pancartes annonçant une vente de garage parce qu’elles n’étaient qu’en français, etc.

    La question que je me pose est la suivante: pourquoi tant d’anglos se donnent-ils la peine d’apprendre notre langue s’ils refusent systématiquement de la parler ou même de la respecter? (Sans compter qu’ils ne s’intéressent pas ou très peu à notre production culturelle et je ne parle pas ici du Cirque du Soleil ou de Céline Dion). Serait-ce uniquement pour répondre aux critères de sélection d’une majorité d’entreprises où, une fois embauchés, ils tenteront tout naturellement d’imposer l’anglais dans leur environnement de travail?

    J’ai grandi dans le Bas-du-Fleuve et je suis presque parfaitement bilingue. Sauf qu’en tant que Québécois j’ai une responsabilité, un droit: celle de parler ma langue peu importe où je me trouve sur le territoire du Québec. Bien évidemment, il m’arrive parfois de parler anglais. J’ai eu un voisin d’origine indienne, un brillant ingénieur en aéronautique qui, après une dizaine d’années au Québec, n’avait toujours pas appris le français. Il ne semblait pas pressé de l’apprendre non plus… N’étant pas absolument borné, il fallait bien que je lui fasse la conversation afin de régler des questions de haie, de branches et de clôture…

    Il y a tant de Bryan Tremblay, de Neil Gagnon et de Kimberly Côté dans l’Ouest de l’île qui n’ont de français que le nom. Les Québécois doivent retrouver cette dignité naturelle qu’il y a à parler sa langue maternelle et à la transmettre. « Une langue qui goûte bon » comme le disait Jim Corcoran.

  15. Puisque je crois au dialogue entre les peuples, je me permets de recopier ici un commentaire qui suivait le billet de monsieur Macpherson :

    « anon121779055
    6:52 PM on 12/1/2011

    Forget the anglo dinosaurs. The real sad cases are the 4 million unilingual inbreds in this province who can not communicate with the rest of the planet, and refuse to learn. »

    Vous trouverez la discussion ici :

    Read more: http://www.montrealgazette.com/life/Macpherson+anglo+dinosaur+hunt/5791474/story.html#ixzz1fLgj3oph

    Michel Patrice

  16. @Toussaint Riel

    J’habite également dans le West Island, et je me reconnais beaucoup dans votre témoignage. Je suis presque bilingue tout comme vous, mais je demande toujours à être servi en français.

    Je m’entraîne dans un gym depuis 6 mois, et on ne m’a JAMAIS salué en français.
    Je suis un habitué, ils me connaissent, mais ils s’entêtent TOUS à me parler en anglais.

    Un drapeau du Québec accroché à la portière de votre auto à la Saint-Jean? Mauvaise idée : les gens vous coupent et ne vous laisse pas passer.
    On se croirait en Ontario.

    Je travaille également dans le secteur public et des «Lyne Cadieux» anglophones, il y en a beaucoup.

  17. Je suis ici depuis un an (des États-Unis), donc, soyez indulgent avec mes erreurs s’il vous plaît.

    Je pense ciblant les anglophones unilingues est trop simpliste. Après tout, quel est un anglophone unilingue? Suis-je un? 1.3ingual Anglophone?

    Je pense que plus fréquentes que les anglophones unilingues militants (qui sont très fatiguant pour la majorité d’Anglophones ici) sont les Anglos qui essaient, mais ne sont pas encore là. On sait qu’on a besoin de continuer d’apprendre la langue.

    Mais, on a besoin ton aide. Parlez avec nous! Faites-nous parler le français. On a besoin de la pratique. Francophones changent souvent la langue au moindre soupçon d’un accent. Ce n’est pas du tout utile!

    Et, spécialement, ce n’est pas utile de se moquer de nos accents comme Benoît Dutrizac.

    http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=118225

    Quel dommage. J’ai entendu cela pendant que je tentais d’améliorer mon écoute!

    However, it’s a good thing this guy (who appears to be the French Canadian version of Rush Limbaugh) is the exception rather than the rule – much like militant, unilingual Anglophones.

  18. Mr. Bouchard, si vs voulez que la ville de Quebec demeure un site touristique international vs devez donner acces a l’anglais au touristes. Je viens juste de visiter Paris et Thailande ou les deux pays on tous leurs signaux billingue et ou le il parle l’anglais comme ils parlent leur premieres langues.

    La realiter de la situation est que les seules qui sont attachers a leur langues sont ceux d’ou ils viennent, que ce soit anglais, francais, Allemand, Cantonais etc.

    En ce qui concernent le bilinguisme, Je pous vous confirmer que les seules de mes connaisances qui ne le sont pas ce son des anglophones d’ailleurs ou bien des francophones qui ne sorte jamais de la province apart le Cuba.

    En ce qui concerne les anglophone d’ailleurs qui ne parle pas anglais au Quebec, ne vous pensez pas trop special car quand j’habitais en Chine, le Republique Czech et le Maroc il avais du monde d’ailleurs qui non plus ne ce forcait pas pour apprendre la langue locale sauf pour dire svp, merci et bonjour.

    je me considere extremement chanceuse d’etre bilingue et je n’arrive jamais a comprendre comment les parents aujourd’hui n’offre pas la meme possibiliter a leur enfants que ca soit en leur envoyant a une garderie de la langue opposer ou meme de forcer les grandparents de leur parler dans leur langue d’enfance (Anglais, Francais, Grecque, Italien etc). je connais deja deux couple Quebecois qui sont partie en Alberta et Ottawa pour pouvoir offrir la chance a leur enfants d’etre completement bilingue.

    Derniere chose, en ce qui concerne le « mix » des cultures Francophones et Anglophones au Quebec bien arretons de faire a croire que les Anglophones ne sont pas au courant pcq encore une fois ca va des deux bord. J’ai arreter de compter le nombre de fois ou j’ai demander a des Francophones si ils connaisait ou avais deja vu une parade de la St Patrick ou vue la derniere emission de  » This hour has 22 minute » comme je me suis eceurer de demander a des Anglophones si il avait deja vu « La p’tite vie » ou avais deja assister a une parade de la St-Jean. la realiter de cette situation est que une grande majoriter du peuple habite dans des ghettos ou « groupe » culturelles et ne sortent pas souvent de leur bulles, que ca soit des « groupes » de langues, cultures ou statues financieres. Combien d’entre vous on deja visiter le Pow Wow des Mohawk Sur la Rive Sud? Je peu demander cette question a mes amis Anglophones autant que Francophones et la reponses demeure la meme: « Le Pow quoi? ».

  19. Bonjour,

    Étant un fervent lecteur de Monsieur Don Macpherson, je ne peux qui souligner sa légendaire modération. Avec la ferveur de la Cause Nationale qui bat lourdement de l’aile, avec la pseudo souveraineté dans la semaine des quatre jeudis vouée aux gémonies et à tout jamais remise aux calendes grecques, il n’est pas étonnant que certains nationalistes s’excitent sur les moindres faits anodins en regardant si le baromètre bouge dans le bon sens. Avec quelques excitations persi perlà, nous verrons au prochain sondage si la Cause se retrousse de quelques petits poils. Au plaisir, John Bull.

  20. Je pense que les taux de bilinguisme sont trompeurs.
    J’ai comme l’impression que les francophones sont plus difficiles avec eux-mêmes et qu’ils ont moins tendance que les anglophones à se déclarer bilingues.

  21. En lisant les anecdotes l’autre jour et puis en publiant la mienne, je me suis dit que ce ne serait pas long avant que quelqu’un sorte le poncif de la chasse aux anglos…

  22. Il est inacceptable de ne pas pouvoir se faire servir en français à Montréal, peu importe le quartier. Tant que cet état de choses perdurera, vous faites bien de le dénoncer, Monsieur Lisée.

  23. Ah,la question linguistique! et la question nationale!!!

    Actuellement, il faut bien reconnaître que la communauté politique francophone est très faible, pilotée par un chef qui croit profondément que le bilinguisme est la «real politic» du Québec. Tous les petits francophones suivront d’ici quelques années de l’anglais intensif en sixièeme année. Combien de Québécois francos sont-ils montés aux barricades? Je crois malheureusement que les francos ont avalé la couleuvre bilingue. Ils ont abdiqué et préparent leurs enfants à devenir parfaitement bilingue – si cela existe!!! (soupirs)

    En plus, les francos sont au prise avec des problèmes de corruption qui me semblent extrêmement sérieux. Lorsqu’on est rendu qu’on donne des contrats de CPE aux «’tits namis» du parti, on joue avec nos propres enfants!!! La maison québécoise n’est pas très propre. On fait du sur-place. En politique, ça veut dire qu’on recule!

    Durant ce temps-là, le ROC nous considère de plus en plus comme une quantité négligeable – avec raison d’ailleurs! On ratatine démographiquement, politiquement. On n’est plus sur le radar! Et le venin du ROC se fait de plus en plus mortel! Le G&M attaque toujours. Pas plus tard qu’hier, un article sur un cas pathétique de la «police de la langue» comme disent les anglos. Allez voir cela

    http://www.theglobeandmail.com/news/national/montreal-sign-war-hinges-on-whether-import-is-a-french-word/article2255763/

    et lisez les commentaires de nos compatriotes anglos. C’est affolant et extrêmement malsain. C’est carrément du racisme. Pu capable.

  24. Bof. Personnellement je crois qu’on voit en effet de plus en plus d’unilingues d’ailleurs (ROC, É-U, etc.) qui s’installent à Montréal, j’imagine que c’est le coût d’être une ville « branchée », j’avais remarqué la même tendance à Berlin durant la dernière décennie. Mais de là à dire qu’il s’agit d’un phénomène d’ampleur significative, voyons…

    En tout cas moi, à la suite des nouveaux chiffres de l’emploi, j’espère que nous aurons droit à une mise à jour honnête et non biaisée de M. Lisée de ses derniers billets « Chômage: Québec encore médaille d’argent ». Ça se fait attendre en ce vendredi matin…

  25. @ Jean-Pierre Gascon (# 13):

    Votre combat d’arrière-garde me fait penser à ces fiévreux exaltés des années ’50.

  26. @Michel Huot: « Pas plus tard qu’hier, un article sur un cas pathétique de la «police de la langue» comme disent les anglos.  »

    Les commentaires des internautes du G&M sont écoeurant, je suis d’accord. Mais il faut bien avouer que c’est vraiment le genre d’action ridicule de l’Office qui nous fait passer pour des attardés, alors qu’il y a des tonnes et des tonnes de cas plus évidents et moins controversées auxquels ils pourraient s’attaquer. Surtout que dans le cas du mot « import », il a été utilisé dans la littérature française, par Claudel en particulier. Est-ce qu’on aurait voulu censurer Claudel? Sérieusement? L’Office n’a vraiment rien de mieux à faire?

  27. Les données sur le bilinguisme de Stats Can ne sont pas fiables tout simplement parce qu’elles reposent sur une auto-déclaration sans la moindre vérification de Stats Can
    Je peux vous dire que je parle chinois, comment pouvez-vous le savoir?
    Des Anglos cochent bilingues au recensement alors qu’ils ne sont même pas du niveau de Pauline Marois

  28. Je côtois des anglo-canadiens (et autres immigrants) toute la journée. Mon rôle est promouvoir le français au travail dans une organisation anglophone de Montréal. Chaque candidat a entre 1, 2 ou 4 ans pour apprendre le français, sinon il perd sa licence de travail au Québec. C’est un pré-requis pour tous les ordres professionnels du Québec. Ils ont 4 examens à réussir et les critères de corrections sont très stricts. Je peux vous garantir qu’une grande partie de nos gradués échouerait la partie sur l’expression écrit! Quand je lis ce que certains de nos étudiants écrivent, j’en pleure. Et pourtant, chez moi, c’est en anglais que ça se passe.

    Par contre, ce que j’ai de la difficulté à digérer, c’est que nous avons ces standards pour nos employés, mais ils ne s’appliquent pas à nos cadres. Quand votre DG est unilingue…

  29. Vous souvenez-vous? au moins 9 sur 10 des vendeuses chez Eaton’s pouvaient parler Français. Ça ne fait pas si longtemps de ça et on devait en être bien content parce que comme le dit MacPherson, « since the British captured the city 251 years ago… » Nous sommes toujours un peuple « conquis » il faut s’y faire d’après lui?

  30. Jean-Francois Lisee, vous faites trop honneur a ce Don McPherson.

    Son texte respire l attitude de l Anglo satisfait de lui-meme de s abaisser a parler la langue des vaincus ( il le sous-entend en mentionant que Quebec a ete  » captured  » ).

    Je voyage souvent en Amerique Latine et je suis toujours etonne que ces memes Anglos qui boudent le francais se mettent a parler espagnol dans ces pays latino-americains .

    Pourquoi refusent ils de le faire au Quebec ? Parce que le Quebec n est pas un pays independant. Le Quebec reste une province canadienne.

    Aux Quebecois de s assumer !

  31. Faut pas trop s’en faire, les unilingues Anglo le sont tout simplement parce qu’ils n’ont pas la capacité d’apprendre le Français, c’est comme ça.

    Ça fait pas très brillant.

    Et puis ce n’est qu’une guerre de mots. Les uns en Anglais et les autres en Français…. et le respect des individus la dedans?

    But for our unilingual anglo friends, please don’t be so sad, we are not ALWAYS talking about you behind your back, we only do that when you’re not listening….

    Ah right! That’s ALL the time… Well…

  32. Je ne peux croire que nous en sommes encore là. Durant le débat sur l’adoption de la loi 101, René Lévesque déplorait que certains anglophones avaient une attitude « Rhodésienne » dans leurs rapports avec les francophones. Par contre, il favorisait une sorte de clause appelée « grand-père » qui pouvait dispenser les anglos de cette catégorie d’âge d’apprendre le français. Pour les autres, cependant, il n’y avait plus d’excuses. Don Macpherson peut dire ce qu’il veut, mais il est encore inacceptable que tant d’anglophones refusent obstinément de parler français…

  33. la semaine dernière, dans un stationnemnet du centre-vile, je demande d’être servi en français. Réponse du préposé: « Don’t be such a racist »…

  34. Bonjour de la région frontalière de l’Outaouais!

    Ici, l’unilingue anglais est définitivement « back »! En force même!

    J’habite Gatineau mais je vais assez souvent à Montréal et ma perception c’est que l’unilinguisme anglais gagne du terrain pas mal partout dans le sud-ouest québécois.

    L’unilinguisme anglais a toujours existé dans cette grande région mais il était surtout circonscrit à quelques secteurs précis : par exemple l’ancienne ville d’Aylmer (aujourd’hui intégrée à Gatineau) dans ma région, le West Island à Montréal, quelques petits villages dans le coin de Lachute dans les Basses-Laurentides, etc. Le reste de ce grand territoire était à toutes fins pratiques un « no-go zone » (pardonnez-moi l’anglicisme, c’est dans l’air du temps!) pour les anglos qui refusaient de se frotter de près au français. Personne, même pas les anglos les plus endurcis, n’aurait entretenu l’idée d’aller y vivre sans apprendre le français. En tout cas, pas plus que vous songeriez à vivre à Peterborough, Ontario et fonctionner en français dans toutes circonstances, y compris avec les anglos majoritaires de la place.

    Or, pour une raison que j’ignore, tout semble avoir changé. Les résidents anglos unilingues ne sont plus rarissimes dans la super-francophone partie est de Gatineau. Ni dans les villages de la Petite-Nation, ou dans l’est de Montréal, dans les petits villages qui portent des noms de Saints dans les Laurentides ou dans les banlieues ultra-francophones de la couronne de Montréal. Il est aujourd’hui assez courant d’entendre des gens s’adresser tout de go en anglais dans les commerces dans des secteurs (qui sont supposément) francophones à 95-98%, sans même demander un « do you speak English » par politesse?

    Et ces gens sont presque toujours des locaux, et non pas de touristes ontariens ou américaines de passage dans le coin.

    À moins qu’il y en ait qui content des mensonges, le recensement de 2011 va sans aucun doute confirmer une recrudescence notable du nombre d’anglophones unilingues au Québec.

    En terminant, deux exemples moins anecdotiques.

    Récemment, j’ai entendu à la radio de Radio-Canada une intervention du grand patron du Centre hospitalier universitaire McGill – en anglais seulement. Bref, il est sûrement dans une brochette assez sélect de hauts fonctionnaires du secteur parapublic québécois, mais il n’est pas foutu de dire quelques mots en français à la SRC.

    Aussi, l’association régionale des Anglo-Québécois dans l’Outaouais s’appelle les West Quebecers. Là aussi, la patronne n’est pas foutue de parler quelques mots de français avec les médias francophones.

    Dans les deux cas, me semble qu’on n’aurait pas vu ça il y a 5, 10 ou 15 ans, alors que les chefs de file de la communauté anglophone (Gretta Chambers, M. Shapiro, etc.) s’exprimaient tous en français.

    Comme je l’ai dit – quelque chose a changé.

  35. Aussi, à bien observer le comportement des gens, il semble y avoir un phénomène sociologique bien précis à l’oeuvre.

    Confronté à un environnement culturel et linguistique qui lui est moins familier, l’humain réagit normalement de l’une de deux façons.

    La première, c’est la réaction de celui qui prend conscience qu’il se trouve en terrain « autre ». Bref, on reconnaît la situation sur le terrain et on s’adapte. Je ne sais pas si vous avez déjà rencontré des Américains pure laine (pourtant célèbres pour leur unilinguisme) qui habitent en Europe ou en Amérique latine et qui parlent impeccablement bien la langue de leur terre d’adoption. Ils ont pris acte du fait que ces endroits sont différents et, surtout, que l’ubiquité d’une autre langue dans ces endroits est tout à fait légitime et normale. C’est aussi l’attitude qu’ont généralement les Suisses quand ils vont dans les régions de leur pays qui ont langue autre que la leur. C’est aussi l’attitude des Canadiens francophones lorsqu’ils visitent ou migrent vers des régions anglophones du pays. C’est aussi ce que les Québécois francophones *s’attendent* des non-francophones qui choisissent de vivre au Québec.

    L’autre réaction, c’est celle du « maître » qui rend visite aux « ethnies ». (Ce n’est pas aussi méchant ou condescendant que ça peut le sembler à première vue.) En fait, on a tous ce genre de comportement. Je ne parle par thaïlandais alors quand je vais dans un restaurant thaïlandais je parle français (ou anglais si je suis à Ottawa). Si d’aventure je m’achetais un condo dans le quartier portugais ou italien ou chinois de ma ville je n’apprendrais probablement pas grand-chose de ces langues. Là où je veux en venir c’est que c’est cette seconde réaction qu’ont beaucoup d’anglophones qui habitent sur le territoire québécois. Aussi invraisemblable que ça puisse paraître, ils ne peuvent faire autrement que percevoir le Québec en entier comme un gigantesque quartier ethnique dans une « métropole » (le Canada) de langue anglaise.

  36. Non on n’a pas fini d’en parler de ce que je considère la minorité la mieux traité au monde.

    Mais ils en veulent toujours un peu plus,semblent toujours heureux d’aller en cour suprême pour défaire nos lois…

  37. Que dire des unilingues anglais qui ont passé leur vie à Gaspé ou New-Carlisle en Gaspésie sans avoir à apprendre le français.Faut vraiment être buté et/ou avoir des voisins très ¨accommodants¨

  38. En premiere, desole pour mon pas beau Francais. Je suis apprendre la belle langue. :)

    I took French immersion classes in western Canada, and chose to try and learn the language. However, I felt completely embarrassed by how badly I spoke, and how I butchered simple phrases.

    I was afraid of having people look at me like I was an idiot, because I couldn’t formulate a simple sentence. I still can’t (as depicted above).

    However, I’ve since moved to Quebec (far away from Montreal I should mention) with my « blonde », and I’ve begun re-learning. I’m still embarrassed to speak it, but it’s slowly going away because I’ve been thrown head-first into the proverbial « Deep-end of the French Swimming Pool ».

    I just wanted to say that not everyone who chooses to speak only English in a French-dominant place do so because they’re ignorant, but because they don’t want to offend anyone.

    Moi aussi.

    Merci bien gros.

    ADMIN : Normalement, j’ai instruction de ne pas publier les textes en anglais. Je ferai une exception pour ce billet.

  39. Et bravo pour l’analyse pertinente et articulée d’Acajack. Vous mettez le doigts sur la situation avec beaucoup de pertinence dans vos deux commentaires 34 et 35 sur mon écran.

    @Jean François Côté, vous avez parfaitement raison. Et tant que notre gouvernement se pliera aux dictats de la Supreme Court, tant que l’on reconnaîtra la validité de ses jugements, nous serons en situation d’infériorité.

    Le jour où nous aurons un gouvernement qui dira c’est assez, les choses vont changer.

    Dans le moment nous touchons le fond du baril. Après il ne reste qu’une option, remonter.

    La situation actuelle est une crise. Or une crise est un moment temporaire dans un processus.

  40. La vérité choque, cela vaut pour Macpherson comme pour le commun des mortels. C’est tout ce qu’il y a à dire concernant son inepte intervention.

    Et s’il nous faut être reconnaissants pour ces 68,6 % d’anglos qui se prétendent bilingues et dont une proportion impossible à déterminer s’imagine que dire « bonjour » et « merci » en français équivaut à bilinguisme, le ROC devrait-il être reconnaissant à ses 84 % de francophones bilingues et l’est-il ou bien considère-t-il cela comme parfaitement normal ?

    Macpherson ne semble pas non plus très fort en calcul. Il nous affirme qu’il y aurait un peu plus de 250 000 unilingues anglos dans la grande région de Montréal, cela fait 3,12 % de la population et du même souffle, il se réjouit que 68,6 % des anglos soient bilingues. Il y aurait donc 31,4 % des anglos qui sont unilingues, et quand il parle des anglos, il parle de tous ceux qui n’ont pas le français comme langue maternelle et qui comptent pour environ 20 % de la population.

    20 % de 8M, cela fait 1,6M et 30 % de 1,6M, cela fait 480 000. Il y aurait donc environ 500 000 personnes qui ne parlent pas français au Québec, dont l’immense majorité réside dans la grande région montréalaise. Et selon moi, il y en a beaucoup plus, car comme je le disais, les anglos sont très prompts à se considérer bilingues et le faire dans le cadre d’une enquête statistique n’engage à rien, personne ne vous demande de le démontrer.

    Donc l’unilinguisme des anglos n’est pas un phénomène isolé, donc le mépris pour la langue et la culture de la majorité n’est pas un phénomène isolé. 500 000 personnes sur 8M, cela représente 6,25 % de la population. Cela fait beaucoup trop et il serait temps pour les francophones de se faire respecter et la meilleure façon de faire passer le message, serait de faire parvenir une lettre bien sentie au PDG de la CDPQ et pour ceux qui sont clients de la Banque Nationale, de changer d’institution.

    Si nous réagissions collectivement devant ce genre d’attitude répugnante, le problème serait réglé en quelques mois. Mais comme ces gens-là savent que les francophones ne réagiront pas, ils continuent à gruger. Nous sommes responsables de la morgue de nos minorités, nous l’avons toujours tolérée et encouragée par notre apathie et notre manque d’échine. Nous avons malheureusement, là comme ailleurs, ce que nous méritons.

  41. René Lévesque et le PQ ont aidé le français au Québec à court terme tout en le condamnant à long terme. De deux façons :

    1. Ils ont traité le français comme la langue d’un groupe ethnique qui subissait une injustice plutôt que comme la langue d’une majorité qui a le droit de l’imposer là où bon lui semble. D’où l’idée que jamais les Québécois ne seraient injustes envers leurs anglais comme les anglais des autres provinces l’étaient envers les canadiens-français. Avec comme résultat que c’est le PQ qui a décidé que la fonction publique offrirait éternellement des services en anglais et que le droit à l’école anglaise serait garanti pour les anglos. Cela n’était pas garanti par la Constution de l’époque ni par une quelconque charte des droits humains reconnue universellement. Consultez les sites Web de Genève et de Zürich en suisse pour voir à quel point ils sont unilingues! Pas d’écoles publiques pour les minorités, pas d’offre de services de l’administration publique.
    2. Un choix conscient semble avoir été fait pour choisir des batailles qui créeraient des conflits sans rien résoudre. Bon pour mousser les sentiments pour la souveraineté, mais inefficace. On s’occupe de la langue de l’affichage mais pas de la langue utilisée par les commis de magasin. Pas besoin d’une police de la langue. Exigez par la loi une prime de 100% pour une commis qui doit utiliser une langue autre qui le français, et c’est les patrons qui l’obligera à ne parler que le français. N’offrez plus l’examen pour le permis de conduire en anglais, et les jeunes anglos et allophoness apprendront vite le français.

    Autrement dit, arrêtez d’être si niaisement gentilles et rendez le français NÉCESSAIRE.. et arrêtez de répondre en anglais qu’on on vous adresse la parole en bon français avec, un léger accent chinois ou polonais!

    En passant, c’est un anglophone qui écrit ceci qui vient de passer 35 ans en français sans le moindre sentiment de persécution.

  42. Je viens d’avoir une idée.

    Organisons un débat entre Macpherson et Lisée à la télévision. Mais, c’est ce qui est intéressant, Lisée défendrait le point de vue de Macpherson et Macpherson celui de Lisée.

    Je crois qu’il y a un genre de technique de thérapie de couple ou de groupe ou je ne sais quoi où on inverse les rôles pour amener chacun à envisager le point de vue de l’autre. Serait-ce un premier petit pas pour le rapprochement des deux solitudes.

    Honnêtement, on peut comprendre que Macpherson trouve injuste l’article de Lisée puisue, oui, il a raison, la majorité des anglo-québécois parlent français. Et honnêtement, Macpherson ne peut pas voir que le président anglais de la Banque change la langue d’échange avec IBM pour l’anglais a quelque chose de scandaleux…

    Et ce serait quand même un moment de télévision. À Tout le Monde en Parle, ils pourraient même se faire un câlin…

    Michel Patrice

  43. cincibole

    Moi aussi j’ai hâte au jour ou l’on tiendra tête à la cour suprême .

    J’ai aussi hâte de revoir le jour ou ils auront peur que l’on fasse l’indépendance.

    Et tout sera plus simple lorsque nous passerons de province à pays… Aucune nation n’a regrettée son indépendance,le plus belle exemple sont les Américains…

  44. @François 1:

    « Votre combat d’arrière-garde me fait penser à ces fiévreux exaltés des années ’50. »

    Tu parles des exaltés de la chasse aux socialistes à la McCarthy, je suppose? Des anachroniques, il y en a pour tout les goûts.

  45. Cette semaine, dans l’actualité
    -le procès Sharia. Un Hondurien, au Québec depuis 4 ans, incapable de témoigner en français
    -le Soudanais qui s’est plaint du gouvernement canadien. A Montréal depuis 10 ans, il est toujours incapable de parler français

  46. Dans les camps de concentration nazis, les « survivants » étaient ceux et celles qui avaient su apprendre quelques langues en très peu de temps. Ils provenaient de pays différents…

    Toutes les langues me fascinent, elles me permettent de goûter, contempler, l’âme des peuples.

    Si je vivais en Italie, je parlerais leur magnifique langue, par amour, tout simplement.

    J’ai appris l’anglais alors que je vivais dans un tout petit village francophone. Cela me permet d’élargir mes horizons.

    Le français est ma langue maternelle, je la chéris.

    Pourquoi certaines personnes vivant au Québec choisissent-elles d’ignorer notre langue nationale?

    Tant et aussi longtemps que les « rhodésiens » du Québec croiront qu’ils peuvent vivre toute leur vie en anglais au Québec, ils ne feront aucun effort pour apprendre le français.

    Les anglais n’ont jamais conquis le Québec. Les québécois leur ont plutôt sauvé la vie en leur ouvrant les portes de leur forteresse, leur épargnant une mort certaine en plein hiver québécois!

    Les français ont sauvé les anglais parce nous sommes des gens nobles, généreux, compatissants.

    Les anglais souffrent d’un complexe de supériorité nous souffrons d’un complexe d’infériorité. Les anglais manipulent l’histoire, nous ignorons la nôtre.

    La loi 101 est foulée aux pieds et les ennemis du Québec français, celles et ceux qui nous méprisent parce que nous refusons toujours de disparaître sont convaincus qu’ils nous auront « à l’usure ».

    Nous sommes témoins de la « louisianisation » du Québec, les choses sérieuses en anglais, tout le reste dans la langue indigène, du folklore…

    Que faire? Rien, sinon être toujours et partout chez nous, ce que nous sommes…français du bout des orteils jusqu’à la pointe de l’âme, en passant par le cerveau autant que possible!…

    Le Québec français constitue notre richesse et notre réussite assurées. Les gens viennent de partout à travers le monde, vivre l’expérience de la « Nouvelle-France » en terre d’Amérique.

    Vive le Québec français!

  47. Je demeure à Buckingham en Outaouais et j’observe le même phénomène qu’Acajax. Pour moi, le plus triste c’est quand je m’adresse à quelqu’un en français et que cette personne me répond en anglais. Il est claire qu’elle me comprend mais elle ne se donne pas la peine de parler français. Et moi qui me donne toute la misère du monde pour pratiquer l’anglais quand je vais à Ottawa, même si je sais que dans la grande majorité des cas, je peux sans problème être servi en français.

  48. Daniel Charette

    Je ne crois pas qu’ils aient un complexe de supériorité envers nous,mais étant incapables de se démarquer des États Unis culturellement, peut être un sentiment d’infériorité envers les Américains.

    Envers nous je verrais plus du mépris,car tout ce que nous avons accomplis depuis 400 ans ils ne reconnaissent absolument rien.

    Tentant plutôt de s’approprier nos fleurons pour la gloire de cette fédération ou de ce drôle de pays.

  49. Le raisonnement de Don Macpherson est très éclairant et sans surprise. Il consiste à nier le recul de la langue française et cherche à camoufler les tendances bien réelles vers l’unilinguisme anglais. Ainsi, l’effet de ressac sera plutôt faible et surtout de courte durée. Pas de montée aux barricades, nul besoin de renforcer les lois pour protéger la langue. Les unilingues anglos et immigrés peuvent continuer vivre en territoire québécois sans s’inquiéter. Dans le West Island, il m’est arrivé de me faire servir par de jeunes anglophones qui ne comprenaient pas un mot de ma commande pourtant très simple. Ils ne réussissaient à balbutier que quelques mots pour me répondre, par exemple : oui, j’ai né à Montréal… paule juste pétit peu français…a little bit. Pas de surprise me direz-vous, c’est une chasse gardée anglophone, cependant monsieur Macpherson nous dit que 68 % d’anglais sont bilingues. Parmi les 68 %, on choisit donc des anglos qui non seulement ne sont pas bilingues, mais qui ne comprennent pas un traître mot de ce qu’on leur dit. Or, dans les commerces à Montréal, les francophones n’ont aucune difficulté à servir les immigrés et les anglos dans la langue anglaise. Il faut dire que les anglos à part de rarissimes exceptions s’intègrent peu à notre culture. Ils fréquentent et c’est compréhensible à cause de la langue qu’ils partagent aves les É.-U, la culture populaire américaine. En tous cas une chose est certaine, s’ils sont avec nous, ils ne sont pas des nôtres. They are with us but not of us. Je ne le dis pas d’une façon discriminatoire pour affirmer que la cohabitation est impossible, mais les anglais ont une mentalité différente, une autre perception de la société, des valeurs et des façons de vivre qui ne sont pas les nôtres. Patrick Lagacé dans la Presse a déjà écrit un excellent article qui illustrait bien cette différente. Mais la cohabitation est loin de se faire sans heurts, moi je constate partout où il y a des anglophones qui sont regroupés, même en minorité ils cherchent à imposer leur langue. L’anglais devenu la lingua franca leur donne de l’espoir de renverser les avantages que nous a procurés la loi 101. J’espère que Don Macpherson comprend bien que s’il n’y avait pas eu cette controverse, le vice-président unilingue de la Caisse ne serait jamais remis à l’apprentissage du français qu’il avait déjà entrepris et suivi d’une manière qui montre bien son mépris pour notre langue et partant pour le peuple qui la parle. Et, c’est loin d’être un cas isolé. Quelle hypocrisie ! Les résultats de ses dix années de cours le montrent bien. C’est le cash qui l’intéresse par-dessus tout. En passant The Gazette se prononce ouvertement en faveur de la loi 101. Pourtant chaque fois qu’il y a contestation devant les tribunaux contre l’application d’un pan de la loi 101, ils sont du côté de la contestation. Conclusion : Ils sont en faveur de l’esprit de la loi 101, mais contre son application.

  50. @ Toussaint Riel #14 & Gens du pays #16

    y’en aura pas de facile!

    Pis y’en as encore plus à l’extérieur de la province de Québec des «Gilbert, Talbot ou Rheaume» unilingues anglophones.

    @ Chris #38

    Vous n’êtes malheureusement pas assez dans votre gang.

    @ François 1 (pour l’ensemble de votre oeuvre)

    Vous me déconcertez. Êtes-vous un aristocrate? ou À quel ratelier vous approvisionnez-vous? ou Quel groupe de pression vous procure vos émoluments?

  51. Aucun francophone ne pourrait accéder à un de ces postes de hauts niveaux sans être tout à fait bilingue et pas simplement fonctionnel. Et cela, même dans ce Québec post loi 101.
    Il va de même pour les «subalternes» francophones de ces dirigeants anglophones. Ça les médias anglophones l’oublient très facilement, ou du moins s’en accommodent très bien.

  52. Lorsqu’un immigrant non-francophone (qui possède habituellement une connaissance au moins rudimentaire de l’anglais) s’établit au Québec, quelle incitation a-t-il pour choisir le français comme langue d’intégration?
    L’État (fédéral, provincial et municipal) lui communique en anglais sur demande;
    Tous les services publics font de même;
    Même chose dans tous les commerces;
    Les médias locaux (radio, télé, journaux, revues…) anglophones sont légion;
    Tout le monde (ou presque) vous parle en anglais, même si c’est laborieux;
    Alors, pourquoi faire l’effort d’apprendre le français?
    J’ai déjà entendu un nouvel arrivant dire: «Pourquoi j’apprendrais la langue des concierges» (traduction de l’anglais évidemment). Avec ce qui se passe à la Caisse et la BN, avait-il raison?

  53. PAUVRES ANGLOPHONES UNILINGUES

    La majorité de nos Anglophones peut bien être riche, en argent, mais plusieurs dont pauvres sur la connaissance du français. Ils ont beaucoup de difficulté à l’apprendre avec nos mots masculins et féminins et, principalement à le pratiquer, parce que, dès qu’un francophone décèle un accent anglophone, il passe, généralement, tout de suite, à l’anglais. Comment voulez-vous qu’ils pratiquent ainsi leurs cours de français ?

    C’est encore pire dans les autres provinces. Ça prendrait plus de francophones qui consentent à parler français avec les Anglophones canadiens.

    Donnons une meilleure chance à nos Anglophones, insistons davantage pour échanger en français avec eux, au moins. Yes sir !

  54. je crois que seulement les francophe bilingue devraient avoir le droit de chialer apres les anglophones unilingue. Pourquoi c’est toujours plus grave qu’un anglophone ne soit pas bilingue? les quebecois francophe qui sont bilingue a 30% non pas de lecon a donner a personne. Nous vivons sur un continent anglophone de 300 millions de personnes, alors il me semble qu’il serait normal que tous les francophonse soient bilingue, mais non au quebec ont vie dans une bulle imaginaire replier sur nous.En fait honnetement je ne trouve pas plus normal un anglo unilingue au quebec qu’un francophone unilingue en amerique du nord.

  55. Les anglophones, même unilingues, ne m’inquiète pas le moidrement. Nous sommes au Québec et la langue anglaise fait partie de notre histoire. Ce qui m’inquiète vraiment ce sont les allophones. De plus en plus dans Montréal par exemple, j’entends parler espagnol ou arabe et là, je dis non. Français d’abord pourquoi pas et anglais ensuite si vous préférez car ces 2 langues sont dans notre histoire mais parler autre chose est un manque de respect.

  56. Le problème n’est pas de savoir si un anglophone soit bilingue ou non: le problème, c’est quand il impose sa langue à quelqu’un d’autre. Point à la ligne.

    Dans le cas de la Banque Nationale, c’est ce qui s’est produit. La Banque elle-même reconnait en théorie l’importance de parler français chez ses cadres sauf que, dans la pratique, elle s’en fout pas mal.

    Personnellement, je ne ferais pas affaire avec cette institution tout comme j’ai fermé tous mes comptes avec la Banque Royale le jour où l’on de ses dirigeants a commenté la situation politique québécoise de façon hautement discutable.

    «Money talks», comme disent les Romains.

  57. Complètement d’accord avec david plus bas.

    Les médias francophones ont tellement réagit de façon excessive qu’il faut se demander s’il y a anguille sous roche.

    Je n’approuve pas du fait qu’un anglo vive parmi nous sans apprendre le français tout comme je trouve honteux le fait que les deux tiers de notre « nation » soit incapable de communiquer dans la langue de la majorité de notre pays. Eh oui, la « majorité » c’est un argument à deux tranchants… et paliers.

    Laissons les politiciens s’insurger à leur façon mélodramatique. Ce qui les terrorise, c’est que leurs politicailleries vieilles de 50 ans à base de peur ne fonctionnent plus et qu’ils auront à apprendre un nouveau rigodon.

    Dieu merci.

  58. Je suis renversé par la mauvaise compréhension de plusieurs personnes face à l’enjeu de la langue française au Québec. Toute la question repose sur la question de savoir quelle est la langue commune ici?
    Cela ne me dérange pas que des immigrants parlent leur langue, qu’on entende l’italien, l’arabe ou l’anglais parlé par nos anglos. Mais le français doit être la langue commune de communication publique, au travail ou ailleurs. De plus, cela ne me dérange pas que des francophones soient unilingues, c’est un choix individuel qu’ils ont tout à fait le droit de faire comme l’anglophone de Toronto est unilingue anglophone. Par contre, cela me dérange énormément que des personnes puissent vivre et travailler au Québec sans parler français. Et encore davantage quand ces personnes occupent des postes de direction dans une institution québécoise. Cela devrait être une position de départ à défendre fermement à moins qu’on accepte justement que le français est destiné à devenir la langue des indigènes au pays du Québec, qu’on accepte que notre belle province devienne progressivement un gros Nouveau-Brunswick, selon le mot célèbre de l’ineffable Jean Chrétien.

  59. Je ne sais pas si quelqu’un l’a relevé mais les pourcentages c’est trompeur quand on n’y associe pas les chiffres dont ils relèvent. L’augmentation du pourcentage peut tout aussi bien venir d’une diminution du nombre total d’anglophones parce que ceux-ci auraient quitté la province, ce qui je crois est particulièrement commun chez les unilingues anglais. Donc le raisonnement basé sur cette progression en pourcentages est selon moi très faible pour soutenir son point et peut même cacher ou en fait prouver tout le contraire de ce qu’il avance.

  60. C’est drôle mais il y a dix ans à peine je croyais que toute cette histoire était réglée. Ça faisait environ un quart de siècle que j’observais une progression du français dans presque toutes les sphères de la vie au Québec.

    Même dans la plupart des coins très anglophones le français se taillait à tout le moins une petite place à ses côtés. Les progrès étaient parfois modestes ou difficiles, mais la tendance était quand même assez favorable. Il s’en trouve plusieurs même pour dire que le Non a remporté le référendum de 1995 justement parce que la question linguistique n’était plus ce qu’elle était, et que les gens ressentaient moins l’urgence.

    Or, il est toujours important d’étudier les phénomènes dans leur contexte historique. Les 25 dernières années du 21e siècle, c’est très court. C’est même très court lorsqu’on considère les quatre siècles d’implantation d’une société francophone en Amérique.

    Si on regarde les quatre derniers siècles de plus près, on s’aperçoit que les 150-175 premières années se sont déroulées comme n’importe quel processus de colonisation : la France en imposant sa langue a fait ici comme l’Espagne a fait en Amérique latine, l’Angleterre aux États-Unis ou en Australie ou le Portugal au Brésil. C’est parti exactement comme ça.

    Ensuite, après la Conquête, on a assisté à une certaine tolérance du français accompagnée également d’une certaine marginalisation. Bref, les gens pouvaient parler français entre eux mais les choses importantes allaient presque toujours se passer en anglais. Ça s’est passé essentiellement comme ça (avec comme résultante une stagnation ou très lente érosion du français) jusqu’aux années 1970. Débute alors un quart de siècle environ de modeste mais certaine progression du français dans plusieurs sphères de la vie québécoise.

    Et pis après?

    Aux dires de certains, on assiste peut-être à un retour à une certaine « normalité », ou en tout cas à ce qui fut la normale pendant plus de 200 ans.
    L’une des hypothèses qui me trotte dans la tête ces derniers temps est que cet intermède de 25 ans de progrès du français est en quelque sorte le « baroud d’honneur » des francophones, et que c’est peut-être ce que l’histoire en retiendra.
    Il se peut fort bien que la normalité ici, voire même la destinée, c’est l’anglicisation lente, et que des soubresauts comme ceux de 1976-c.2000 ne sont que des exceptions qui confirment la règle ou la tendance lourde.

  61. Je me méfie beaucoup moi, des apparatchiks, Apparatchik.

    Ce sont des espèces de bureaucrates, des sbires militants, des politiques qui font carrière dans leur parti, y prennent des responsabilités ce qui leur permet d’obtenir prestige et légitimité…. Certains sont même tout à fait déconnectés de la réalité.

    Cela leur permet de dire n’importe quoi. Même en mélangeant les genres, les faits ou les données.

    Cela leur permet également de dire le contraire le cas échéant. Quand ça fait leur affaire.

  62. La comparaison d’Apparatchik entre l’unilinguisme des Anglophones et l’unilinguisme des francophones est complètement absurde, car la très grande majorité des interactions quotidiennes des gens sont locales plutôt que, mettons, sur des places financières mondiales où l’on transige avec New York ou Londres.

    Le français est donc beaucoup plus utile au quotidien (du moins en théorie) pour un anglophone québécois moyen que l’anglais pour un francophone québécois moyen. La majorité des emplois en ce bas monde sont effectivement toujours « locaux » et donc si on est directeur d’école secondaire, gérant de caisse populaire ou chef d’équipe aux boulangeries Gadoua on peut très bien se passer de l’anglais.

    Pour ce qui est des anglophones, et bien c’est possible qu’ils travaillent dans un milieu où pas mal tout se passe en anglais, mais dès qu’ils en sortent, la langue française est là mais beaucoup d’entre eux imposent tout de même à tous les francophones (et allophones francisés – il ne faut pas les oublier) croisés au quotidien de changer de langue – juste pour eux. On me dira que Westmount, Pointe-Claire, etc. sont très anglophones et c’est vrai mais ces endroits ne sont pas des îles isolées au milieu de l’océan. Beaucoup de francophones y résident, y travaillent et y transitent, car elles sont au beau milieu d’une agglomération où habitent 2 millions (ou plus) de francophones qui forment plus de 70% de la population. Personne ne vit sa vie uniquement dans Westmount, Pointe-Claire, etc. en interagissant uniquement avec des anglophones. Les chauffeurs de taxi, d’autobus, de métro, de train, les policiers, pompiers, ambulanciers, etc., les préposés du Centre Bell ou de la Place des Arts, etc., ce sont tous en très grande majorité des gens soit francophones ou allophones francisés avec lesquels ils transigent et auxquels ils imposent un changement de langue à chaque moindre interaction.