Accents toniques
Très bon reportage de Benoît Aubin!(«L’Acadie a 400
ans», 1er sept. 2004.)L’Acadie et la francophonie nord-américaine
demeurent de petites forteresses de la langue d’Antonine, de Gabrielle Roy
et de Félix. Si elles devaient tomber, le bastion du fait français
que constitue le Québec serait encore plus gravement menacé. Les
ambitions politiques des uns ou des autres ne devraient pas servir à couper
les liens naturels qui unissent toutes les communautés francophones d’Amérique
du Nord. Vive notre belle langue, avec tous ses accents!
René Arseneault
BALMORAL(N.-B.)
Bravo à Benoît Aubin, qui cerne d’entrée de jeu la
vraie raison des célébrations du 400e anniversaire de l’Acadie:
180 millions de dollars de retombées économiques. Malheureusement,
les Acadiens de la Nouvelle-Écosse se sont trompés d’année
pour fêter. Leurs ancêtres se sont implantés à Port-Royal
(Annapolis Royal)en 1634. Les Français, arrivés en 1604 avec
le protestant Pierre Dugua de Mons(«Le copain de Champlain», Écran
radar, 1er sept. 2004), n’ont rien à voir avec eux. Ils se sont
unis à des Amérindiennes et se sont lancés dans la traite
des fourrures dans la vallée de la rivière Saint-Jean(Nouveau-Brunswick).
Il y a toujours eu deux Acadies: celle des catholiques de la Nouvelle-Écosse
et cette autre, moins connue, des Français amérindianisés
et de leurs descendants métis, plus discrets, au Nouveau-Brunswick. Les
Acadiens de Nouvelle-Écosse remettent ça l’an prochain,
avec le 250e anniversaire du Grand Dérangement. Conquis? Sûrement!
Mais surtout business.
Éric Y. Morin
MONTRÉAL
Prétendre que la fondation de l’Acadie, en 1604, représente
la véritable première colonisation française en Amérique
me semble incorrect, même si les médias, la Monnaie royale canadienne
et la Société canadienne des postes ont largement véhiculé
cette idée en cette année de célébrations. C’est
oublier la toute première colonie française en Amérique,
établie il y a 463 ans par Jacques Cartier aux environs de Québec
(Charlesbourg-Royal). C’est oublier l’expédition fondatrice
de Tadoussac, en 1600 et 1601, dirigée par Pierre de Chauvin, à
laquelle a aussi participé Pierre Dugua de Mons, bientôt fondateur
de l’Acadie et de qui Champlain sera le bras droit(non le contraire,
comme il est dit dans «Le copain de Champlain». C’est surtout
oublier que, comme toutes les tentatives précédentes, la colonisation
acadienne de 1604, bien que florissante, se solda par un échec: l’Acadie
fut abandonnée par les Français de 1607 à 1610. À
la suite de ces échecs, les Français choisirent de nouveau de
s’installer à Québec, le 3 juillet 1608, et leur descendance
y habita sans interruption jusqu’à nos jours. Les Québécois
fêteront, eux, en 2008, le 400e anniversaire de la fondation, par Samuel
de Champlain, du «plus vieil établissement européen permanent
au nord du Rio Grande».
René Ricard
ASBESTOS
Bravissimo à Benoît Aubin pour son reportage sur l’Acadie.
J’ai toujours été fasciné par cette région
et par les Acadiens eux-mêmes. C’est un endroit unique, beau et
émouvant.
Victor Gorodinsky
MADISON(WISCONSIN)
Les années-lumière
«La(re)conquête des étoiles», de Luc Chartrand(Un
siècle fou, 1er sept. 2004), tombe bien. J’ai récemment
acheté un télescope de très bonne qualité. À
23 h, le ciel est encore trop clair! Pourtant, j’habite dans un quartier
résidentiel peu illuminé. Mieux vaut attendre à 3 h du
matin. Et même à ce moment-là, la Voie lactée manque
au spectacle, ainsi que les nébuleuses et les galaxies! Il faut carrément
quitter la ville pour pouvoir s’émerveiller de l’immensité
de l’Univers.
Jean Corriveau
WINNIPEG
J’ai aimé la chronique de Luc Chartrand sur le projet de réserve
de ciel étoilé dans la région du mont Mégantic.
J’ai proposé pour la première fois cette idée aux
astronomes professionnels québécois en 1993. Pendant des années,
les gouvernements sont restés sourds à nos demandes. La protection
du ciel nocturne n’est plus seulement une affaire d’astronomes.
En effet, plus de la moitié des membres de l’International Dark
Sky Association ne sont pas des astronomes, mais des gens qui se préoccupent
du gaspillage d’énergie, des répercussions négatives
d’une lumière constante sur la faune et la santé humaine,
ou qui veulent tout simplement conduire ou dormir sans être éblouis
par des lampadaires 10 fois trop puissants! Nous y gagnerons tous en utilisant
mieux la lumière.
Yvan Dutil
QUÉBEC
Dites-le avec des fleurs
Votre magazine est un bijou de découverte, de vulgarisation, et il procure
une belle satisfaction d’apprentissage. Si, pour des mois à venir,
je ne pouvais lire qu’un magazine, je choisirais à coup sûr
L’actualité. Félicitations et longue vie.
Denis Larocque
QUÉBEC
Perte de temps
Pierre Fortin ramène le taux de décrochage à 13% en tenant
compte des «raccrocheurs» adultes!(«Le mythe du décrochage
scolaire», Économie, 1er sept. 2003.)Il n’en reste pas moins
que le chiffre de 40% est très près de la réalité
si l’on considère la proportion de jeunes de 18 ans qui ont obtenu
leur diplôme de 5e secondaire. Décrocher pour raccrocher ensuite
entraîne une perte de temps fort coûteuse pour ces jeunes et pour
la société. Il est sûrement plus utile de reconnaître
la réalité et d’investir dans la prévention que de
croire que tout va bien et de ne rien faire.
Léo Breton
LAVAL
Citations à comparaître
Jacques Godbout, dans son «éloge» de Madeleine Albright,
a omis de citer les propos de la Secrétaire d’État les plus
connus en dehors des frontières de l’Occident, principalement dans
les pays musulmans(«Une secrétaire très particulière»,
Les livres, 1er sept. 2004). Quand on lui a demandé si les sanctions
contre l’Irak valaient leur prix en vies humaines, elle a répondu:
«Nous pensons que ça en vaut le prix.» Elle a également
déclaré: «À quoi servirait-il d’avoir l’armée
la plus puissante du monde si on ne l’utilisait pas?»
Richard N. Piper
SAINT-MICHEL-DE-BELLECHASSE
Pour la forme
Félicitations au Dr Rachlis pour son ouverture d’esprit(«Il
faut innover, pas privatiser!», 1er sept. 2004). Je suis d’avis
que la prévention de la maladie représente la solution la plus
efficace pour régler la majorité des problèmes du système
de santé. Les enfants devraient être renseignés sur les
moyens de se garder en bonne santé, en apprenant à bien se nourrir
et à faire de l’exercice physique. Il est temps que chaque Canadien
prenne en main la responsabilité de sa santé et cesse d’attendre
que le gouvernement soigne la maladie dont il souffre, souvent parce qu’il
s’est mal nourri toute sa vie.
Johanne Bisson
MONTEBELLO
Langage de «moumoune»
Jeff Fillion incite les jeunes à ne pas fumer, ni se droguer, ni abandonner
quand ça va mal(«Carton rouge mérité pour CHOI»,
1er sept. 2004). Il les encourage à terminer leurs études et à
faire du sport. Mais cela, Carole Beaulieu ne l’écrit pas. Il aime
provoquer les classes politiques, artistiques et médiatiques. Depuis
30 ans, seule la souveraineté semblait compter pour nos politiciens et
intellectuels. On se demandera après pourquoi les jeunes de notre génération
sont désabusés de la politique. Il est révolu, le temps
du politiquement correct, ce langage de «moumoune» qui fait que
les gens écoutent, mais se foutent éperdument de l’opinion
des autres. CHOI a commis des erreurs dans le passé, mais la station
s’est améliorée. Le CRTC n’avait pas le droit de nous
l’enlever et ne nous l’enlèvera pas.
Martin Cloutier
QUÉBEC
Les Québécois sont chanceux que le CRTC soit de compétence
fédérale, car il semble que, sous un gouvernement provincial,
les quelques balises existantes seraient éliminées. On accorderait
plus de liberté à la diffamation, à la calomnie, à
la médisance, à l’inculture, au manque de civisme, et la
diffusion de la haine serait encore plus débordante. Il y a des lunes
que le ministère de l’Environnement aurait dû réagir
contre de la pollution des ondes.
Jean-Guy Grenier
LAVAL
Je me demande si le problème de la grossièreté à CHOI
ne vient pas du peu d’importance que l’on accorde à notre capitale
nationale dans le domaine des ondes. Québec aurait les ressources intellectuelles
et culturelles nécessaires pour contribuer à l’avancement
de notre culture. Malheureusement, on n’entend que la voix unanime, monotone
et multiculturelle de Montréal. L’État devrait déplacer
Télé-Québec dans la capitale et la doter de moyens financiers
suffisants pour qu’elle puisse rivaliser avec Radio-Canada. Si on confiait
cette tâche à Québec, celle-ci s’en acquitterait avec
honneur, car elle possède tout ce qu’il faut pour réussir.
Pierre-Paul Rioux
MONTRÉAL
Bravo à Carole Beaulieu, qui a remis un peu de perspective dans un débat
qui dérape. Quand on se voit accorder un privilège de diffusion,
on devrait pouvoir assumer cette liberté avec respect. Le Canada aurait
eu avantage à se doter d’une charte des droits, libertés
et responsabilités tant l’exemple des revendications au nom de
la liberté d’expression témoigne d’un manque désolant
de sens des responsabilités.
Jean-Paul Plante
QUÉBEC
Il existe des milliers de philosophies religieuses liées à la
religion chrétienne. L’une des causes de ce phénomène
est l’interprétation des écrits bibliques. Souvent, une
phrase ou un verset sorti de son contexte vient chambarder le sens que l’auteur
voulait lui donner. C’est le cas des propos de Jeff Fillion sur le gazage
des personnes âgées. À froid, ces propos semblent dégueulasses,
mais dans leur contexte, ils sont sensés. Si ce n’était
pas le cas, il y a longtemps que j’aurais changé de station. J’ai
été extrêmement déçu du texte de Mme Beaulieu,
moi qui croyais que L’actualité avait pour mission d’aller
au fond des choses et de rendre compte des faits tels qu’ils sont.
François Richard
NICOLET
Attentat à la pudeur?
C’est très bien de consacrer un dossier aux espoirs canadiens pour
les Jeux olympiques, surtout à Alexandre Despatie(«L’ange
des Jeux», août 2004). Mais de là à lui consacrer
une page couverture sensationnaliste… Il y a une limite au mauvais goût
et à l’indécence. Cette couverture est digne de Playgirl
et des magazines pornos gais. Non seulement elle est d’un goût franchement
très douteux, mais elle renforce la sexualisation croissante des médias.
Anders Turgeon
MONTRÉAL
Errata
• La pièce Romances et karaoké a été
créée par le Théâtre Le Clou, et non par Les Gros
Becs, qui en est le diffuseur(«Petit public, grands artistes»,
1er sept. 2004).
• Le Dr Jean Bourbeau travaille à l’Institut thoracique de
Montréal, du Centre universitaire de santé McGill, et non à
l’Université McGill(«Il faut innover, pas privatiser!»,
1er sept. 2004).