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Au revoir, Pat Burns


30 Novembre 2010

Des milliers de personnes ont assisté, le 29 novembre, aux obsèques de Pat Burns. En rappel, voici une entrevue que donnait l’ex-entraîneur à L’actualité en mars 1992. Si bien des choses ont changé depuis dans le monde du hockey, plusieurs de ses propos collent encore à la réalité.

Au revoir, Pat Burns
Photo : Ryan Remorz/PC

Dos au mur, mains dans les poches, l'air bougon, Pat Burns, l'entraîneur du Canadien de Montréal, donne sa conférence de presse quotidienne dans un salon du Forum. En survêtement bleu, blanc, rouge... et chaussettes blanches. « Je suis un homme simple, plutôt gêné», dit-il en marchant vers son bureau, toujours en chaussettes. On nous avait prévenus: Pat Burns parle mal. Pire, il n'a rien à dire ! C'était vite dit. Conscient au contraire de l influence qu'exerce son équipe sur le public et surtout sur les jeunes, Burns maintient, contre les vents et marées du hockey moderne, sa « ligne de conduite»: rigueur, discipline, refus de la facilité. Et conservatisme farouche.

Ex-policier à Gatineau, ex-entraîneur des Olympiques de Hull, Patrick Burns, le petit gars de Saint-Henri, le « fan » des Glorieux qui quémandait des autographes dans les coulisses du Forum, est aujourd'hui le mieux payé des entraîneurs de la Ligue nationale de hockey. Il a beau dire qu'il n'est«que le coach » et que l'entraîneur « n'est jamais le favori de personne, il est plus qu'un entraîneur. Son visage apparaît plus souvent dans les journaux que celui du premier ministre du Québec et il s'est même fait le porte-parole d'une campagne anti-drogue.

À l'heure du hockey-business, de l'individualisme et du laisser-faire, il a la nostalgie d'une autre époque: celle où l'on jouait pour le plaisir et pour l'honneur, celle où des petits gars, souvent partis de rien, se taillaient une place dans la société à force d'efforts, de travail d'équipe et de persévérance.

* * *

L'actualité: Autrefois, jouer dans la Ligue nationale semblait être plus qu'un job. On jouait pour le plaisir, pour l'honneur, pour le défi Aujourd'hui on a l'impression que les joueurs ne pensent plus qu'à l'argent. C'est vrai ?

Pat Burns: Je suis né à Montréal. J'ai grandi à deux blocs d'ici. Le hockey était une religion pour tout le monde. Et comme tout le monde, je rêvais de porter un jour l'uniforme du Canadien. Personne n'aurait même voulu porter celui d'une autre équipe. Un jour, mon grand-père, qui détestait le Canadien, m'a acheté un chandail des Black Hawks de Chicago. C'était le plus beau chandail de toute la ligue mais j'ai refusé de le porter. De nos jours, c'est le marketing qui mène. On voit du monde se promener sur la rue avec des chandails de Chicago, Pittsburgh... Même mon garçon m'a demandé pour Noël un blouson des Sharks de San Jose ! Parce que les couleurs sont belles. L'écusson aussi. Les gens se libèrent un peu du Canadien.

L'actualité: Ça vous attriste ?

Pat Burns: Oui ça m'attriste beaucoup. La Sainte-Flanelle (surnom du Canadien de Montréal), on veut toujours croire que ça existe. Même M. Corey (Ronald, président du club de hockey Canadien), un homme que j'aime et respecte beaucoup, des fois je dois lui dire: « Ronald, c'est plus de même ! » Pour les jeunes aujourd'hui, c'est l'argent qui compte. Ils sont millionnaires avant de faire leurs preuves au hockey.

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