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Canal Savoir : petite chaîne, grand destin ?


2 Septembre 2010

La Polynésie française a repris ses émissions sur la Bible, l’Iran s’intéresse à celles sur les enfants philosophes, le Québec se passionne pour sa série sur Napoléon : le Canal Savoir fait de la télévision pour un public exigeant.

Canal Savoir : petite chaîne, grand destin ?
Photo : Christian Blais

Dans la forêt des chaînes spécialisées au Québec, le Canal Savoir est un tout petit arbre auquel les plus gros, comme ARTV, Canal D, Historia et Canal Vie, font de l'ombre. Il y a trois ans, sec et rabougri, il reprenait en boucle des cours vieillots et des conférences périmées. Aujourd'hui, l'arbre est vert et déborde de fruits appétissants. Quelle grâce l'a donc touché ? Ou plutôt : quel bon samaritain l'a arrosé et soigné ? Sa grande sœur de la télé éducative, Télé-Québec.

Membre de son conseil d'administration depuis quelques années, la télévision d'État québécoise est en effet devenue le partenaire principal du Canal Savoir en 2008, mettant à sa disposition ses studios de production régionaux pour créer du contenu nouveau, et l'aidant à décrocher une subvention de trois millions de dollars (un million par année pendant trois ans) du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. C'est ainsi qu'une pléiade de nouvelles émissions ont vu le jour, comme autant de fenêtres ouvertes sur ce qui se passe et se découvre dans les universités québécoises, de Rimouski à Trois-Rivières en passant par Québec et Montréal.

Car avant toute chose, le Canal Savoir est une télé universitaire. Son antenne appartient à un consortium formé de la plupart des universités et collèges de la province ainsi que de Télé-Québec et de TFO, la télévision éducative de l'Ontario francophone. Sa mission, à ses débuts, en 1984, consistait à diffuser des cours comptabilisés destinés à des étudiants qui recevaient une formation à distance. Des téléspectateurs se sont déjà arrêtés sur ses cours-cultes « Effets des substances psychotropes » (que d'anciens étudiants se rappellent avoir regardés, tard le soir, dans un état de conscience altéré...), « Initiation à l'astronomie : le cosmos et l'être humain » (avec Hubert Reeves) ou « Initiation à la Bible », qui sont tous restés plus de 10 ans à son antenne.

Vers 2005-2006, il aurait fallu renouveler la programmation, qui avait l'air d'un vieux menu de restaurant tout jauni. Mais le Canal Savoir, organisme sans but lucratif, n'avait rien d'autre à mettre en ondes. Et pas d'argent pour acheter des émissions. « Les universités éprouvaient des problèmes financiers et plusieurs départements d'audiovisuel avaient été fermés. Elles ne créaient donc pas de nouveaux contenus télévisuels », raconte Sylvie Godbout, directrice générale de la chaîne, qui a bien cru que celle-ci allait mourir de sa belle mort. C'était sans compter sur la présence d'esprit de Michèle Fortin, PDG de Télé-Québec et... membre du conseil d'administration du Canal Savoir (dont elle est devenue la présidente depuis).

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