Culture »

Chanter pour ne pas disparaître


20 Octobre 2008

Guitare au poing, de jeunes autochtones tentent de reconquérir par la musique leurs langues, menacées de disparition. Pas facile quand les radios commerciales vous boudent. Parlez-en à Samian...


Dans son appartement de Verdun, Samuel Tremblay met des petits papiers autocollants sur les objets pour se rappeler leur nom. Ce n’est pas que le métis de 25 ans soit amnésique. Au contraire, il ne veut plus oublier les mots en algonquin, sa langue, qu’il a bien failli perdre en quittant la réserve de Pikogan, en Abitibi, à l’âge de 12 ans.

Samuel a même traduit son prénom : Samian. Vous avez sans doute vu ce rappeur sur une scène du Québec cet été. Crâne rasé, sourire juvénile et regard franc, il était partout, de la Fête nationale du Québec au Festival international de littérature.

Son succès, il le doit un peu à sa koukoum (grand-mère), avec qui il a réappris l’algonquin et traduit du français les chansons de son album Face à soi-même, sorti en 2007. Sa koukoum a connu l’époque pas si lointaine où, dans les pensionnats, on interdisait aux Amérindiens de parler la seule langue qu’ils connaissaient...

« Il était temps que l’union se fasse / Qu’on remonte la vraie histoire / Pour qu’on puisse y faire face […] / On est capables de rester vrais / Même si on porte plus de plumes ! » déclame Samian dans un couplet de « La paix des braves », où il donne la réplique aux membres de Loco Locass.

Samian n’est pas le seul à se faire une place sur la scène artistique québécoise. Une certaine effervescence se fait sentir au sein des 11 communautés autochtones du Québec ces dernières années. Les Elisapie Isaac (chanteuse inuite du duo Taima) et autres Shauit Aster (star reggae originaire de Malioténam) utilisent le rap, le reggae ou le rock alternatif pour faire résonner le montagnais, l’attikamek, l’algonquin ou l’inuktitut !

D’autres sont passés à la caméra grâce au Wapikoni mobile, un studio ambulant. Ou à La course autour de la grande tortue, présentée sur la chaîne APTN et au Canal D depuis 2007. Une dizaine de cinéastes de 18 à 25 ans y rendent compte de la transmission des savoirs traditionnels, des répercussions de la déforestation ou encore des préjugés entourant les autochtones.

 

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