C’est un être discret et intense, à mille lieues des paillettes de Hollywood, qui pourrait rafler un oscar avec son film Incendies. Par son regard unique sur le monde, Denis Villeneuve s’impose déjà comme le nouveau géant du cinéma québécois.

Tout est dans les yeux. Deux petites fentes où le feu brille. Avec une intensité qui tranche sur le visage impassible, sans rides. Au propre et au figuré, le regard de Denis Villeneuve est unique. Et lui, noir et lumineux comme les héros de ses films, est un personnage complexe, tout en pudeur.
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Adulé par les uns, jalousé par les autres, le cinéaste québécois de 43 ans ne laisse pas indifférent. Couvert de prix pour chacun de ses films - Un 32 août sur Terre, Maelström, Polytechnique, Next Floor, Incendies - tant au pays que dans les festivals internationaux, figurant sur la liste des « 10 réalisateurs à surveiller en 2011 » du magazine américain Variety, il s'impose comme l'un des plus doués de sa génération. Et cartonne au box-office. Son plus récent long métrage, Incendies, s'est classé au deuxième rang des films québécois les plus vus en 2010, après Piché : Entre ciel et terre et devant Lance et compte (source : Cinéac). Il est aussi en compétition aux prochains oscars pour le meilleur film en langue étrangère, ce qui, pour son auteur, est « gigantesque ». « Sincèrement, mon prix, je l'ai eu ce matin ! » disait-il peu après avoir appris la nouvelle. Dans l'histoire des oscars, Villeneuve est le deuxième Québécois à se hisser jusque-là, après Denys Arcand, qui a reçu un oscar en 2004 pour Les invasions barbares.
Drame familial sur fond de guerre au Moyen-Orient adapté d'un volet de la puissante trilogie Littoral, du dramaturge Wajdi Mouawad, Incendies met en vedette les Québécois Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette et Rémy Girard ainsi que la Belgo-Marocaine Lubna Azabal. N'appartenant ni au genre comique ni au genre biographique - les plus prisés des Québécois -, Incendies connaît un véritable succès populaire. Et remporte l'adhésion de la presse grand public.
Le virus du cinéma, Villeneuve l'a attrapé tout jeune... à l'aréna. « J'étais très, très mauvais au hockey, confie-t-il. Comme je passais mon temps sur le banc, je me réfugiais dans l'imaginaire et me racontais des histoires. » Il s'évade aussi devant le grand écran. Pas sportif pour deux sous, le petit Denis se tape 50 km à vélo pour voir en boucle La guerre des étoiles, de George Lucas, au cinéma de Trois-Rivières, le plus proche du village de Gentilly, où vit la famille Villeneuve.





