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	<title>L&#039;actualité &#187; Culture</title>
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	<description>Informations politique, monde, économie, société, environnement, santé, science et culture.</description>
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		<title>Le marché de la contestation</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Jun 2013 13:41:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Godbout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essais étrangers]]></category>
		<category><![CDATA[Complot politique]]></category>
		<category><![CDATA[essais étrangers]]></category>
		<category><![CDATA[jacques godbout]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Comment se fait-il que le programme du PQ ait proposé d’abandonner la fluoration de l’eau ? Pourquoi la France a-t-elle interdit les semences génétiquement modifiées ? Croyez-vous toujours que l’aspartame soit nocif pour la santé ? Que le vaccin ROR représente un risque pour les enfants ? Que la CIA et les Juifs ont détruit les tours jumelles pour diffamer les islamistes ?</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/essais-etrangers/le-marche-de-la-contestation/">Le marché de la contestation</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-104139" alt="©Genevieve-Cote" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/©Genevieve-Cote.jpg" width="650" height="555" /></p>
<p style="text-align: right;"><em>Illustration ©Geneviève Côté</em></p>
<p>Ces questions, et celles que l’on peut se poser sur les complots politiques, trouvent de fascinantes réponses dans <i>La démocratie des crédules,</i> du sociologue Gérald Bronner.</p>
<p>La principale réponse est peut-être qu’à vouloir démocratiser la démocratie et à réclamer la transparence on abandonne la scène aux militants de tout acabit : « J’ai le droit de savoir, j’ai le droit de dire, j’ai le droit de décider ! » Mais quand de nombreuses personnes discutent d’un projet, y a-t-il plus de chances d’en arriver à une bonne décision qu’avec un seul responsable ? C’est ce qu’avance la théorie de la « sagesse des foules », qui serait plus grande que le savoir des experts. Selon les croisés de la contestation systématique, « la science est une activité trop importante pour être laissée aux seuls scientifiques ».</p>
<p>Le doute est toujours nécessaire, s’il est méthodique et raisonnable, mais la majorité des acti-vistes se convainquent facilement d’en savoir autant que les savants. De surcroît, il suffit de chercher dans la pléthore d’informations à disposition pour trouver ce que l’on cherche, et justifier ainsi un moratoire de plus.</p>
<p>L’outil propagateur par excellence des bobards et des incertitudes pourrait être Google<i>, </i>dont les systèmes de référence proposent les pages non pas par ordre d’importance ou de valeur scientifique, mais par ordre de popularité. Le populisme a trouvé son haut-parleur, et les paranoïaques leur potion magique. Vous souffrez d’une douleur intense ? Vous consultez d’abord Internet et, d’un site à l’autre, vous vous persuadez que vous avez un malaise cardiaque ou un cancer. En arrivant dans le cabinet du médecin, vous doutez déjà de sa compétence. De toute façon, si vous cherchez un gourou pour le remplacer, nombre d’hurlu-berlus s’affichent.</p>
<p>Et la crédulité peut être mortelle : Bronner raconte que 5 000 Haïtiens tués par le choléra, après le séisme de 2010, auraient pu être sauvés si l’eau de Javel, mensongèrement accusée de causer le cancer, n’avait pas eu auprès des autorités sanitaires « mauvaise réputation ». On a fini par y recourir, mais trop tard. Notre esprit n’est pas que raisonnable ; les médias nourrissent en nous une inquiétude obscure, et les journalistes, en situation de concurrence, se laissent parfois entraîner à répandre des rumeurs. Gérald Bronner suggère que les médiateurs, à l’occasion, retournent à l’école. Aujourd’hui, certains lobbys soutiennent que le Québec compte un million d’obèses et que sa population est à 50 % analphabète. Y a-t-il un journaliste statisticien dans la salle pour nous aider à y voir clair ?</p>
<p>La démocratie est née de la connaissance. Il ne faudrait pas, écrit Bronner, que le savoir des crédules la fasse déraper. Une société avancée ne fonctionne que dans la confiance ; savants et politiques ne sont pas par définition corrompus. Trop d’activistes, même bien intentionnés, ne font au bout du compte que la démonstration nocive de leur crédulité.</p>
<p><i>La démocratie des crédules,</i> par Gérald Bronner, PUF, 340 p., 29,95 $.</p>
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		<title>Un drôle de couple</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Jun 2013 19:22:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Éric Dupont</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Éric Dupont]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 15 juin 2013]]></category>
		<category><![CDATA[livres]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Difficile de s’étonner devant le tourbillon médiatique causé par la publication de <em>La bataille de Londres,</em> de Frédéric Bastien. </p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/livres/un-drole-de-couple-2/">Un drôle de couple</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-bataille-londres1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-102117" alt="livres-bataille-londres" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-bataille-londres1.jpg" width="228" height="342" /></a></p>
<p align="left">Ce livre tient ses promesses et contient assez de révélations pour causer un remous important. Au moment où j’écris ces lignes, l’Assemblée nationale du Québec demande à l’unanimité à Ottawa d’ouvrir ses archives pour que la vérité éclate au grand jour sur les irrégularités qui auraient entouré les négociations avec les Britanniques dans le cadre du rapatriement de la Constitution canadienne, que l’auteur n’hésite pas à appeler un coup de force.</p>
<p align="left">Dans ce livre qu’on déguste comme un roman d’espionnage, le lecteur découvrira une Margaret Thatcher prête à accorder aux Canadiens ce qu’elle n’aurait jamais voulu offrir aux Britanniques : une charte des droits et libertés qui donnera préséance aux décisions des tribunaux sur le pouvoir parlementaire. Pour une première ministre qui voyait en Nelson Mandela un terroriste, ce cadeau est pour le moins étonnant. Le décès de la « Dame de fer », un jour avant la sortie du livre, vient ajouter une touche shakespearienne à l’affaire. La photo de Pierre Trudeau et de Margaret Thatcher en couverture nous rappelle que la politique forme souvent de drôles de couples.</p>
<p>Au-delà des révélations-chocs, dont la pertinence restera longtemps objet de débats, et de la solidité admirable de la recherche, ce qu’il faut admirer de cet ouvrage, c’est la facilité déconcertante de l’auteur à créer une histoire palpitante à partir d’éléments en apparence inintéressants. En effet, c’est dans la mise en récit du résultat de ses recherches que Frédéric Bastien présente son tour de force. L’auteur y parvient en dosant le suspense et en utilisant savamment les montées narratives. Pédagogue jusqu’à la fin, il en profite pour jeter un peu de lumière sur certains mythes, par exemple celui selon lequel le Québec n’aurait jamais, sous aucune condition, accepté le rapatriement de la Constitution. À lire pour mieux comprendre l’héritage de Pierre Elliott Trudeau.</p>
<p><em>La bataille de Londres<br />
</em>Frédéric Bastien<br />
Boréal<br />
480 p., 32,95 $</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>LA VITRINE DU LIVRE</h3>
<p><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-quebec-economique.jpg"><img class="size-full wp-image-102119 alignleft" alt="livres-quebec-economique" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-quebec-economique.jpg" width="155" height="186" hspace="5" vspace="5" /></a></p>
<p><strong>Un portrait fidèle</strong><br />
Pour donner l’heure juste sur la répartition du revenu au Québec, on ne pourrait proposer meilleure lecture que <i>Le Québec économique 2012,</i> un ouvrage de référence qui sera utile à tous ceux qui s’intéressent aux politiques publiques. Si ces 50 fiches thématiques remplies de statistiques peuvent paraître arides, elles ont le mérite de révéler un portrait exact de l’évolution des revenus au Québec. (Dir. Jean-Yves Duclos, Luc Godbout et Marcelin Joanis, PUL, 582 p., 39,95 $)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-carquois.jpg"><img class="size-full wp-image-102121 alignleft" alt="livres-carquois" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-carquois.jpg" width="145" height="237" hspace="5" vspace="5" /></a><br />
<strong>Flèche de tout bois<br />
</strong>Chroniqueur au quotidien <i><a href="http://www.ledevoir.com/" target="_blank">Le Devoir</a>,</i> Louis Cornellier a aussi signé, jusqu’en 2012, des textes d’opinion dans l’hebdomadaire lanaudois <i>L’Action. Dans mon carquois</i> nous fait découvrir un penseur qui n’hésite pas à décocher quelques flèches en direction des démagogues et de leurs discours creux. Dans <i>L’Action,</i> Cornellier se fait plus direct et moins nuancé, comme si le concept de « subjectivité honnête », qu’il emprunte à Pierre Bourgault, prenait dans un hebdomadaire régional une envergure nouvelle. À l’instar de <i>Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments,</i> de Jean-François Lisée, <i>Dans mon carquois</i> deviendra une source précieuse d’arguments pour toutes vos joutes rhétoriques. Certaines de ces chroniques frappent si juste que nous voudrions avoir leur auteur assis sur notre épaule pour nous souffler les répliques qui nous font trop souvent défaut. Comment Cornellier y arrive-t-il ? Je pense qu’il lit beaucoup, énormément, à la folie… (PUL, 188 p., 19,95 $)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le mépris des femmes</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Jun 2013 17:56:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martine Desjardins</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 15 juin 2013]]></category>
		<category><![CDATA[livres]]></category>
		<category><![CDATA[martine desjardins]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>La plus récente édition du guide <em>Découvrir le Canada,</em> publié par le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration, prévient les nouveaux arrivants que notre pays n’accepte pas les « pratiques culturelles barbares », tels les crimes dits d’honneur. </p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/livres/le-mepris-des-femmes/">Le mépris des femmes</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_102083" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/crime-dhonneur.jpg"><img class="size-full wp-image-102083" alt="Photo : Katarina Premfors / Getty Images" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/crime-dhonneur.jpg" width="500" height="331" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Katarina Premfors / Getty Images</p></div>
<p>Un avertissement qui se veut sans ambiguïté, mais dont la force de dissuasion paraîtra douteuse à quiconque a lu le dernier roman de l’écrivaine turque Elif Shafak.</p>
<p><i>Crime d’honneur</i> suit, durant trois générations, une famille kurde ayant quitté son village natal, au bord de l’Euphrate, pour aller s’installer à Istanbul, puis à Londres, en traînant dans ses bagages de très lourdes traditions fondées sur deux poids, deux mesures. Tandis que les hommes ont droit à l’honneur, les femmes sont « marquées par la honte ». Elif Shafak compare la réputation des premiers à un tissu sombre qui ne révèle pas les taches ; celle des secondes à une fine batiste sur laquelle la moindre poussière paraît — et salit tous les leurs.</p>
<p>Dans ce roman d’une puissance foudroyante, les mères sont complices de leur propre malheur. Elles appellent leurs fils « mon sultan » et les encouragent à se comporter en tyrans domestiques. Elles méprisent leurs filles et n’hésitent pas à leur offrir une corde pour qu’elles se pendent dès qu’elles osent se rebeller. Quant aux hommes, ils risquent l’opprobre de leur communauté s’ils font preuve de mansuétude. Transplanté en Angleterre, le père s’empressera d’abandonner ce code d’honneur archaïque. Mais son fils, lui, l’investira d’un pouvoir démesuré : celui de préserver l’intégrité de la famille — alors que ce sera, fatalement, l’instrument de sa désintégration la plus complète.</p>
<p>La médaille d’honneur des immigrants a un revers : la honte des origines, et Marie NDiaye l’explore aussi par le moyen du modèle trigénérationnel. Le titre de son roman, <i>Ladivine,</i> est le prénom d’une humble femme de ménage africaine installée en France, près de Bordeaux. Pour sa fille illégitime, elle est simplement « la servante ». Cette Malinka, par un snobisme pathologique, s’est rebaptisée Clarisse et cache l’existence de sa mère à ses amis, son mari, ses enfants. Ce qui ne l’empêche pas, paradoxalement, de l’aimer et d’être rongée par le « pain amer » de la culpabilité.</p>
<p>Ce reniement du passé a pour conséquence une oblitération totale de son identité. Sans substance, vulnérable à toutes les influences, Clarisse se précipite yeux fermés entre les griffes du danger. Sa fille aussi en paiera le prix, lorsqu’elle passera ses vacances, à son insu, sur la terre natale de sa grand-mère et que ses racines africaines reprendront pleinement leurs droits. Et ce, avec la même force d’envoûtement dont fait preuve ici Marie NDiaye, qui s’impose une fois de plus comme l’une des écrivaines majeures de notre époque.</p>
<p><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-crimedhonneur.jpg"><img class="size-full wp-image-102085 alignleft" alt="livres-crimedhonneur" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-crimedhonneur.jpg" width="138" height="203" hspace="5" vspace="5" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Crime d&rsquo;honneur<br />
</em>Elif Shafak<br />
Phébus<br />
416 p., 39,95 $</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-ladivine.jpg"><img class="size-full wp-image-102087 alignleft" alt="livres-ladivine" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-ladivine.jpg" width="134" height="198" hspace="5" vspace="5" /></a></p>
<p><em>Ladivine</em><br />
Marie NDjaye<br />
Gallimard<br />
416 p., 33,95 $</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3></h3>
<h3>LA VITRINE DU LIVRE</h3>
<p><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/projet-sao-tome.jpg"><img class="size-full wp-image-102097 alignleft" alt="projet-sao-tome" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/projet-sao-tome.jpg" width="134" height="227" hspace="5" vspace="5" /></a></p>
<p><strong>Nid d&rsquo;espions<br />
</strong>Lorsqu’un important gisement de pétrole est découvert au large de la côte ouest africaine, une foule de rapaces fondent sur une petite république insulaire qui avait, jusque-là, vécu des jours relativement paisibles. Agents de la CIA et des services secrets chinois, militaires des pays limitrophes, représentants des grandes sociétés pétrolières&#8230; Tous ces beaux magouilleurs rivalisent de fourberie dans <i>Projet Sao Tomé, </i>de Michel Jobin, un excellent roman d’espionnage qui fore en profondeur les grands enjeux de l’exploitation des hydrocarbures. (Alire, 660 p., 17,95 $)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-2054.jpg"><img class="size-full wp-image-102099 alignleft" alt="livres-2054" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/livres-2054.jpg" width="142" height="229" hspace="5" vspace="5" /></a></p>
<p><strong>Bourse des âmes<br />
</strong>Dans le futur inquiétant de <i>2054, </i>les droits de scolarité sont devenus si exorbitants que les étudiants vendent leur avenir sur la Bourse du Capital humain et voient leur liberté tomber entre les mains d’investisseurs qui exigent coûte que coûte des résultats. Tiré par les cheveux, le premier roman du très talentueux Alexandre Delong ? Pas du tout : depuis 2008, quelque 1 000 actionnaires ont investi dans un certain Mike Merrill et décident de son destin sur KmikeyM.com&#8230; (XYZ, 352 p., 24,95 $)</p>
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		<title>Le rosé, cet incompris</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Jun 2013 16:14:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nadia Fournier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vins]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 15 juin 2013]]></category>
		<category><![CDATA[nadia fournier]]></category>
		<category><![CDATA[rose]]></category>
		<category><![CDATA[vin]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>En visite dans la vallée du Rhône, tout récemment, j’ai été témoin d’une scène quelque peu amusante, mais surtout navrante...</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/vins-culture/le-rose-cet-incompris/">Le rosé, cet incompris</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/vins-roses.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-102051" alt="vins-roses" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/vins-roses.jpg" width="539" height="450" /></a></p>
<p>Deux hommes s’approchent d’un kiosque et interpellent la propriétaire d’un vignoble :</p>
<p>— On veut tout goûter !</p>
<p>— Bien, commençons par le rosé alors.</p>
<p>— Ah non, quand même pas ! Seulement vos vins sérieux !</p>
<p>La vigneronne, voyant mon air abasourdi, m’adresse un clin d’œil furtif et sert à chacun un verre de rouge. Une fois ses clients partis, je ne peux résister à la tentation d’interroger la dame :</p>
<p>— Ça vous arrive encore souvent ?</p>
<p>— Ouf ! plusieurs fois par jour, hélas !</p>
<p>Même s’il gagne en popularité à l’échelle planétaire, le rosé n’en demeure pas moins un incompris. Peu de vins sont à la fois si appréciés et si dévalorisés. Certains amateurs avouent même que, pour eux, le rosé, ce n’est pas vraiment du vin. Étrange préjugé, surtout si l’on considère qu’il s’agit du premier vin de l’histoire…</p>
<p>Les représentations trouvées en Mésopotamie par des archéologues établissent que les premières techniques de vinification remontent au troisième millénaire av. J.‑C. Ces mêmes images portent à croire que le vin élaboré à cette époque ne pouvait être que du rosé, puisque le jus des raisins était recueilli immédiatement après le pressurage, sans macération des peaux avec le moût. Débarqués sur la côte provençale vers l’an 600 av. J.-C., les Phocéens ont apporté ce vin de couleur claire, qui deviendra par la suite le rosé de Provence. Un vin délicat, désaltérant et facile à boire, mais loin d’être facile à élaborer.</p>
<p>Pour les vignerons qui s’y consacrent sérieusement, le rosé représente un défi de taille. Certains mettent des années à trouver le juste équilibre entre l’extraction de la couleur et l’obtention d’une texture fine, entre les saveurs de fruits rouges et les tonalités florales, entre l’onctuosité et la fraîcheur. Les meilleurs rosés peuvent même se bonifier avec les années.</p>
<p>Cet été, donnez au rosé le bénéfice du doute. Offrez-lui la même considération que vous accordez aux vins blancs et rouges. Explorez les rosés de Bandol, servez-les à table avec des fruits de mer, des plats d’inspiration méditerranéenne, des grillades&#8230; Au restaurant, goûtez l’une des nombreuses cuvées d’importation privée. Appréciez les 3 000 ans d’histoire de ce vin achevé, mais surtout, détendez-vous et savourez l’été !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* * *</p>
<p align="left"><b>Domaine Le Pive Gris, Sable de Camargue 2012<br />
</b>(11372766 ; 15 $)</p>
<p align="left">Au cœur de la Camargue, la famille Jeanjean élabore ce très bon rosé de pressurage direct, c’est-à-dire vinifié avec une macération très brève des baies dans le moût. Issu de l’agriculture biologique, sec et de couleur pâle, ce vin aux saveurs délicates de fruits et à la finale désaltérante a tout pour plaire, surtout à ce prix.</p>
<p align="left"><b>Dupéré Barrera, Bandol rosé 2011, Cuvée India<br />
</b>(11900805 ; 24,95 $)</p>
<p>Établi en Provence depuis plus de 10 ans, ce couple franco-québécois produit des vins fort achevés. En plus d’un excellent Bandol rouge, il signe ce rosé dont le raffinement et l’élégance ont valeur d’exemple. Des saveurs de petits fruits et de fleurs blanches sur un fond légèrement iodé qui lui donne encore plus de caractère. Bravo !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/vins-culture/le-rose-cet-incompris/">Le rosé, cet incompris</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>Le Canadien et la coupe Stanley : 20 ans déjà</title>
		<link>http://www.lactualite.com/culture/le-canadien-et-la-coupe-stanley-20-ans-deja/</link>
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		<pubDate>Thu, 06 Jun 2013 15:37:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Destouches</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Canadien de Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Coupe Stanley]]></category>
		<category><![CDATA[Hockey]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Destouches]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Revivez, grâce à notre frise chronologique, la finale de la coupe Stanley 1993, la dernière disputée par le Canadien de Montréal. </p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/le-canadien-et-la-coupe-stanley-20-ans-deja/">Le Canadien et la coupe Stanley : 20 ans déjà</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lactualite.com/le-canadien-et-la-coupe-stanley-20-ans-deja/"></a></p>
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		<title>Alexandre Despatie devient animateur télé</title>
		<link>http://www.lactualite.com/culture/la-nouvelle-vie-dalexandre-despatie/</link>
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		<pubDate>Thu, 06 Jun 2013 11:01:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jonathan Trudel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Despatie]]></category>
		<category><![CDATA[jonathan trudel]]></category>
		<category><![CDATA[plongeon]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>L'ex-plongeur étoile, qui a annoncé cette semaine sa retraite du monde de la compétition, coanimera une toute nouvelle émission matinale en anglais à City TV. Notre journaliste s’est entretenu avec celui qui aura au final consacré 22 années de sa vie au plongeon.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/la-nouvelle-vie-dalexandre-despatie/">Alexandre Despatie devient animateur télé</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_101681" class="wp-caption aligncenter" style="width: 567px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/alex-despatie-hughes.jpg"><img class="size-full wp-image-101681" alt="Photo : Graham Hughes / Presse canadienne" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/alex-despatie-hughes.jpg" width="557" height="373" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Graham Hughes / Presse canadienne</p></div>
<p>Quand il a annoncé sa retraite du plongeon, mardi, devant une nuée de journalistes réunis en conférence de presse, Alexandre Despatie s&rsquo;est borné à dire qu&rsquo;il comptait faire carrière « dans le domaine des communications ».</p>
<p>Mais il brûlait d&rsquo;impatience de dévoiler un secret connu de ses proches depuis quelque temps : il deviendra bientôt animateur à la télé.</p>
<p>Dès le mois d’août, il copilotera, avec l’ex-reporter de CBC Joanne Vrakas, une toute nouvelle émission quotidienne matinale en anglais sur la chaîne City TV (propriété de Rogers Media, qui possède aussi <i>L&rsquo;actualité</i>). Diffusée en semaine de 6 h à 9 h, <i>Breafkast Television</i> sera la version montréalaise d’une émission déjà diffusée à Toronto, Winnipeg, Edmonton, Calgary et Vancouver. Despatie, Vrakas et leurs collaborateurs parleront, d’un ton décontracté, de nouvelles locales, de météo, de circulation et, bien entendu, de sport.</p>
<p>« Je ne pouvais pas demander mieux : pour moi, c’est l’occasion de réaliser un rêve », dit l’ex-plongeur étoile, rencontré lors d’une séance photo organisée pour promouvoir sa nouvelle émission, qui sera produite dans un studio de la rue McGill College, au centre-ville de Montréal.</p>
<p>Même s’il a consacré 22 ans de sa vie au plongeon, Despatie jure ne pas avoir eu de difficulté à fermer ce qu’il décrit comme un « chapitre » dans sa vie. « Il ne faut pas avoir peur du changement. Je me suis toujours dit que je le sentirais quand l’heure de ma retraite sonnerait. Quand l&rsquo;offre de City TV est arrivée, je savais dans mon cœur que j&rsquo;étais prêt. »</p>
<p>Despatie sait qu’une partie du public s’étonnera de le voir animer une émission en anglais. « J’y ai pensé avant d’accepter, dit-il. Mais je suis vraiment à l’aise en anglais. Dès l&rsquo;âge de 8 ans, j’ai commencé à voyager à l’extérieur du Québec pour des compétitions et ça se passait toujours en anglais. Je me suis dit que si je ne l’apprenais pas rapidement, ça allait être long. Comme je ne voulais pas avoir d&rsquo;accent, j&rsquo;ai beaucoup écouté, beaucoup travaillé. J&rsquo;aime les langues. On est une province bilingue, il faut en profiter. »</p>
<p>Celui qui a vécu plusieurs <a href="http://www.lactualite.com/culture/alexandre-despatie-se-retire/">«blues» post-olympiques</a> se dit chanceux d’entamer sa nouvelle carrière si rapidement, sans avoir à vivre de période creuse.</p>
<p>Aux amis qui tentent en vain de le joindre au téléphone, ces jours-ci, Alexandre Despatie se surprend à dire, en les rappelant: « Excuse-moi, je travaillais !».</p>
<p>« Ça fait drôle&#8230; Depuis que je suis tout petit, je dis à mes amis que je m&rsquo;entraîne, dit-il. Le mot travail est tout nouveau dans mon vocabulaire. »</p>
<p>Et il ne s&rsquo;en plaint pas, bien au contraire.</p>
<p>« J’aime le défi de bâtir quelque chose à partir de zéro. Mes amis me demandent comment je vais faire pour me lever à 3 h 30 du matin. Ça ne me fait pas peur. J&rsquo;ai vécu une carrière d&rsquo;athlète. Après tous les obstacles, toutes les compétitions, toutes les blessures que j’ai vécus, penses-tu que me lever à 3 h 30 m’effraie ? Les <i>challenges</i>, <i>bring it on </i>! »</p>
<p>Même s’il est un habitué des plateaux de télé, Despatie sait qu’il devra apprendre un tout nouveau métier. Et il sera bien entouré. Son nouveau patron à City Montréal, Bob Babinski, a une longue feuille de route en journalisme télé. Longtemps présentateur sportif à la télévision de CBC, il enseigne le journalisme à l’Université Concordia et a donné une série de formations sur l’art du direct aux employés de Radio-Canada d&rsquo;un océan à l&rsquo;autre.</p>
<p>Mais le stress de la «performance» n’inquiète guère Despatie. « En tant qu&rsquo;athlète, je n&rsquo;ai jamais eu peur avant les compétitions, dit-il. Je me disais que j&rsquo;allais être bon si j&rsquo;étais bien préparé. J&rsquo;aborde la télé de la même façon. J’ai toujours marché au <i>feedback</i>. Je suis un perfectionniste. On peut toujours s&rsquo;améliorer… »</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Deni Béchard : l&#8217;écrivain nomade</title>
		<link>http://www.lactualite.com/culture/livres/deni-bechard-lecrivain-nomade/</link>
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		<pubDate>Tue, 04 Jun 2013 18:34:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martine Desjardins</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Deni Béchard]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 15 juin 2013]]></category>
		<category><![CDATA[livres]]></category>
		<category><![CDATA[martine desjardins]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Il vit dans ses valises, a séjourné dans plus de 40 pays en cinq ans, écrit où il peut et publiera bientôt un essai sur la préservation des bonobos au Congo. Mais Deni Béchard est aussi un romancier à la voix forte.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/livres/deni-bechard-lecrivain-nomade/">Deni Béchard : l&rsquo;écrivain nomade</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_101583" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/bechard.jpg"><img class="size-full wp-image-101583" alt="bechard" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/06/bechard.jpg" width="600" height="500" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Julia Marois</p></div>
<p>La première fois que Deni Yvan Béchard a observé des singes bonobos dans leur habitat naturel, il a dû attendre six heures avant qu’un jeune mâle daigne descendre de sa branche et s’avance vers lui en lui présentant son profil droit, puis le gauche. « Ils sont un peu dandys, ils aiment montrer comme ils sont beaux », raconte l’écrivain de 37 ans, qui, lui, semble étranger à toute forme de vanité. « En même temps, on a l’impression qu’ils rient un peu de nous. »</p>
<p>C’était il y a un an, en République démocratique du Congo, où, depuis la fin de la guerre, les forêts vierges sont décimées par l’exploitation effrénée des ressources naturelles. Préoccupé depuis longtemps par les questions environnementales, Deni Béchard était venu y préparer son prochain livre : un essai qui paraîtra cet automne et qui porte sur la Bonobo Conservation Initiative. Cette modeste ONG a réussi à convaincre les populations locales d’abandonner la chasse aux bonobos et de créer de petites réserves communautaires autogérées, qui, ensemble, forment une vaste aire protégée, trois fois grande comme toutes les réserves fauniques du Québec.</p>
<p>« Les bonobos m’intéressent surtout en tant que symboles du potentiel humain, dit Deni Béchard avec son léger accent américain. Contrairement aux chimpanzés, auxquels nous nous sommes longtemps identifiés, ils ne sont pas agressifs et ne s’entretuent pas. Ils forment des coalitions et accueillent facilement les individus des autres groupes. Ils peuvent nous servir de modèles à ce stade-ci de notre évolution, où les populations sont mobiles et où, pour survivre, il faut apprendre à collaborer, à échanger le savoir, à partager les ressources sans penser uniquement à les exploiter. »</p>
<p>Son passeport ressemble à une collection de timbres : outre le Congo, il a vu le nord de l’Irak, l’Afghanistan et une quarantaine d’autres pays en l’espace de cinq ans. Il finance ses voyages en vendant des reportages à divers magazines et, quand il veut se consacrer à ses propres livres, il s’arrête deux ou trois mois en Inde ou à Zanzibar, là où vivre ne coûte presque rien. « Je peux écrire n’importe où : dans les cafés, dans les bus&#8230; Je m’adapte très rapidement à un nouvel environnement. J’emménage dans une ville et, au bout de quelques semaines, j’ai déjà un cercle d’amis. »</p>
<p>Il vit dans ses valises, et le reste de ses possessions tient dans quelques boîtes, entreposées chez un ami à Boston. « Je n’ai pas de chez-moi depuis des années et je ne garde presque rien. Je ne suis pas très sentimental », admet-il. Il est tout de même attaché à une photo prise au début des années 1960 où l’on voit son père, dans la jeune vingtaine, posant devant une Galaxie Sunliner décapotable — photo qui illustre la couverture de son tout dernier livre, <i>Remèdes pour la faim</i> (Alto). Dans ce récit aux allures de roman d’errance<i>,</i> Deni Béchard raconte son enfance en Colombie-Britannique, sa transplantation en Virginie après le divorce de ses parents et son retour à Vancouver pour retrouver son père.</p>
<p><i>Remèdes pour la faim</i> est dominé par la figure quasi mythique de ce père aventurier, bagarreur, qui étanchait sa rage de vivre en courtisant le danger et fascinait son fils par le récit de ses exploits de jeunesse, du temps où il parcourait l’Amérique en braquant des banques et des bijouteries — entre deux séjours en prison. Ce natif de la Gaspésie, qui avait tourné le dos au Québec de la Grande Noirceur parce qu’il le trouvait arriéré, ne comprendra malheureusement jamais l’amour de son fils pour la littérature ni son désir de poursuivre ses études littéraires à l’université. « Je voulais me libérer de cette histoire en l’écrivant, dit Deni Béchard. Aujourd’hui, la page est tournée. »</p>
<p>Ce n’est qu’à l’âge de 20 ans, après le suicide de son père, que Deni Béchard a renoué avec ses racines québécoises. Il a retrouvé sa parenté à Matane (dont sa grand-mère, décédée l’hiver dernier à l’âge de 104 ans), et il a vécu ensuite à Montréal, à Québec, à Rimouski. « Je me considère surtout comme un Américain, mais je suis québécois à ma façon, dit-il. Quand j’écris, par exemple, j’essaie de garder une distance ironique avec le monde tout en restant sincère. De toute façon, à cause de mon nom français, les Canadiens anglais ne m’ont jamais accepté autrement que comme Québécois. »</p>
<p>Cette rencontre avec la branche paternelle de son arbre généalogique lui a inspiré son premier roman, <i>Vandal Love ou Perdus en Amérique</i> (Prix des écrivains du Commonwealth 2007), une épopée carnavalesque sur la migration des Canadiens français à travers le continent. « Une tante m’a raconté que, dans ma famille, certains hommes pouvaient se lever un beau matin, s’embarquer sur un bateau, et puis revenir 10 ans plus tard comme si rien ne s’était passé. » À ce sujet, il cite un article paru récemment dans le magazine <i>National Geographic</i> sur le gène 7R, qui, selon certains chercheurs, donnerait la bougeotte à ceux qui en sont porteurs (incluant une forte concentration de Québécois). « Je me suis dit en lisant cet article : mon besoin de me déplacer constamment, c’est peut-être une prédisposition biologique. »</p>
<p>Il repart dans six mois pour l’Afghanistan, où il a déjà fait plusieurs séjours (dont un de trois mois comme enseignant bénévole). « Je serai là au moment du retrait des troupes étrangères, dit-il. Ça devrait être intéressant. » Il craint cependant les représailles contre les femmes, qui ont bénéficié des programmes d’aide, alors que les hommes, jugés ennemis, en étaient exclus. « Les Américains ont polarisé la société afghane en voulant s’imposer comme les sauveurs des femmes, et c’est la question que je vais explorer dans mon prochain roman : comment on se perd dans ses discours quand on les prend pour des vérités absolues. »</p>
<p>Pour Deni Béchard, il n’y a pas d’autre vérité que le monde, pas d’autre impératif que celui de le comprendre dans toute sa complexité. « Même si on est dans une période où l’écriture atteint très peu de gens, je veux aborder les questions qui sont importantes pour moi sans être simpliste, atteindre un équilibre entre l’idéal et la réalité. » Prédisposition biologique ou pas, il n’est donc pas près de s’arrêter. « Je me dis parfois que j’aimerais avoir un pied-à-terre, mais en vérité, c’est de la <i>bullshit</i>. L’idée de prendre racine me rend tellement malheureux&#8230; J’aurais l’impression de mourir. »</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Alexandre Despatie se retire</title>
		<link>http://www.lactualite.com/culture/alexandre-despatie-se-retire/</link>
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		<pubDate>Tue, 04 Jun 2013 16:29:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jonathan Trudel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Despatie]]></category>
		<category><![CDATA[jonathan trudel]]></category>
		<category><![CDATA[plongeon]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Alexandre Despatie a annoncé qu'il mettait fin à sa carrière de plongeur. En rappel, voici un portrait que le journaliste Jonathan Trudel avait réalisé en 2012 avec l'athlète, quelques semaines avant les Jeux olympiques de Londres.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/alexandre-despatie-se-retire/">Alexandre Despatie se retire</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_69191" class="wp-caption aligncenter" style="width: 393px"><img alt="" src="/wp-content/uploads/2012/07/aout_despatie.jpg" width="383" height="251" /><p class="wp-caption-text">Photo : Jean-François Bérubé</p></div>
<p>Alexandre Despatie n&rsquo;arrivait pas à dormir. Étendu sur un lit dans une chambre d&rsquo;hôpital de Madrid, au milieu de la nuit, il a saisi son BlackBerry pour communiquer avec ses 8 000 abonnés Twitter. « Merci énormément de vos encouragements », a-t-il écrit en anglais, en précisant, comme pour se rassurer lui-même, que son rêve olympique était « toujours vivant ».</p>
<p style="text-align: left;">Quelques heures plus tôt, en s&rsquo;entraînant en vue du Grand Prix FINA de Madrid, en juin, sa tête avait heurté le tremplin de 3 m lors d&rsquo;un saut facile pour lui. Résultat : une lacération d&rsquo;une dizaine de centimètres au front. Une commotion cérébrale. Et une commotion médiatique outre-Atlantique.</p>
<p>À la télé, à la radio et sur le Web, des commentateurs de partout au Canada ont fiévreusement conjecturé sur les chances que l&rsquo;athlète soit rétabli à temps pour les Jeux de Londres. Bombardée de demandes des journalistes, l&rsquo;équipe de communication du plongeur a dû diffuser des mises à jour régulières sur son état de santé, un traitement habituellement réservé à un premier ministre ou à une vedette de hockey, pas à un athlète olympique.<em></em></p>
<p style="text-align: left;">Mais Alexandre Despatie n&rsquo;est pas un athlète comme les autres.</p>
<p>Pour une portion du public québécois, il fait en quelque sorte partie de la famille.</p>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 130px"><img style="vertical-align: middle;" alt="" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2012/07/Aout_despatieB.jpg" width="120" height="139" /><p class="wp-caption-text">Alexandre Despatie le lendemain de la blessure à la tête qu&rsquo;il s&rsquo;est infligée au plongeon de 3 m à Madrid.</p></div>
<p>L&rsquo;athlète de Laval avait à peine 13 ans quand il a remporté la médaille d&rsquo;or à la tour de 10 m aux Jeux du Commonwealth de Kuala Lumpur, en 1998, un exploit qui lui a valu une place dans le <em>Livre Guinness des records</em> et une notoriété instantanée.</p>
<p>« Je le vois encore en entrevue à la télé après sa victoire, qui disait : &laquo;&nbsp;<em>Thank you, mom</em>&nbsp;&raquo; [merci, maman] », raconte Sylvie Bernier, médaillée d&rsquo;or en plongeon en 1984. « Tout le monde l&rsquo;avait adopté : c&rsquo;était le fils, le cousin, le voisin. »</p>
<p>Quatorze ans plus tard, Alexan­dre Despatie, 27 ans, s&rsquo;apprête à participer à ses quatrièmes et derniers Jeux. En plus de ses deux médailles d&rsquo;argent olympiques (à Athènes et à Pékin), il est le seul athlète de l&rsquo;histoire, tous pays confondus, à avoir été sacré champion du monde dans les trois disciplines du plongeon &#8211; les tremplins de 1 m et 3 m et la tour de 10 m.</p>
<p>Le plongeur est le premier à admettre que ses exploits n&rsquo;expli­quent pas entièrement son statut de vedette au Québec. « Les gens m&rsquo;ont vu à toutes les étapes de ma vie, ça a créé un lien très serré. Ils ont l&rsquo;impression de me connaître. »</p>
<p>L&rsquo;entrevue se déroule sur un plateau de tournage de Montréal, quelques semaines avant la blessure subie à Madrid. Profitant d&rsquo;un rare congé, Alexandre Despatie participe depuis l&rsquo;aube au tournage d&rsquo;une publicité.</p>
<p>D&rsquo;autres athlètes fuient, d&rsquo;un air agacé, les feux de la rampe. Lui rayonne devant l&rsquo;œil de la caméra. « Ça bouillonne en dedans tellement j&rsquo;aime ça », dit-il entre deux prises.</p>
<p>Souriant, poli, bien élevé, bilingue, à l&rsquo;aise avec les journalistes et, bien sûr, sculpté comme un Adonis, Alexandre Despatie aura été un ambassadeur de rêve pour le plongeon.</p>
<p>« Au-delà de ses performances, Alexandre a réussi à faire aimer le plongeon grâce à sa persé­vérance et son charisme », dit Sylvie Bernier.</p>
<p>Lorsqu&rsquo;elle-même a commencé sa carrière, au milieu des années 1970, le plongeon était un sport à peu près inconnu chez les francophones, rappelle-t-elle. Aux Jeux de Montréal, en 1976, l&rsquo;équipe était com­posée entièrement d&rsquo;anglo­phones. À Los Angeles, en 1984, elle était l&rsquo;unique plongeuse francophone.</p>
<p>Vingt-huit ans plus tard, à Londres, sept membres sur les neuf que compte l&rsquo;équipe viennent du Québec. Et c&rsquo;est en partie grâce à l&rsquo;« effet Despatie », soutient la chef de mission adjointe de la délégation canadienne aux Jeux. « Il a ouvert les piscines à des milliers de jeunes au Québec, dit-elle. Au lendemain des Jeux, les écoles de plongeon se remplissent. Les jeunes veulent tous faire comme Alex. »</p>
<p>Sylvie Bernier avait elle-même électrisé le Québec avec sa médaille d&rsquo;or olympique gagnée en 1984, mais elle avait aussitôt pris sa retraite, à l&rsquo;âge de 20 ans. Tout comme Annie Pelletier, qui a mis fin à sa carrière sportive à 22 ans, après sa médaille de bronze remportée à Atlanta, en 1996.</p>
<p>« Alexandre est le seul à avoir popularisé le sport sur une si longue période », dit Isabelle Cloutier, directrice exécutive de Plongeon Québec.</p>
<p>Comme tous les sports acrobatiques, le plongeon n&rsquo;est pas fait pour tout le monde, dit le principal intéressé. « Mais à beau­coup plus petite échelle, j&rsquo;imagine que c&rsquo;est le même phénomène qu&rsquo;au hockey : à force de voir des gens de chez nous avoir du succès, ça crée une motivation. »</p>
<p>Au sein même de l&rsquo;équipe canadienne, établie au Parc olympique de Montréal, la présence de Despatie est une source d&rsquo;émulation pour les plus jeunes. « Je le regarde plonger avec de grands yeux », dit François Imbeau-Dulac, 21 ans, qualifié <em>in extremis</em> au tremplin de 3 m. « Alex est dans une classe à part. Et comme on essaie toujours de faire aussi bien que nos coéquipiers, c&rsquo;est très motivant ! »</p>
<p>Jennifer Abel, aussi qualifiée au tremplin de 3 m, avait tout juste huit ans quand elle a rencontré Alexandre Despatie, au club CAMO, au Complexe sportif Claude-Robillard. « Il est devenu plus qu&rsquo;un bon partenaire d&rsquo;entraî­nement, c&rsquo;est mon meilleur ami. » L&rsquo;athlète de 20 ans a été l&rsquo;une des rares personnes à pouvoir lui parler au téléphone peu après l&rsquo;acci­dent à Madrid. « J&rsquo;ai tout de suite su qu&rsquo;il n&rsquo;abandonnerait pas son rêve de gagner la médaille d&rsquo;or olympique, dit-elle. Ce n&rsquo;est pas la première fois qu&rsquo;Alex se blesse. Ça le rend plus fort. C&rsquo;est ce qui le distingue des autres. »</p>
<p>Comme ses coéquipières Roseline Filion, 25 ans, et Meaghan Benfeito, 23 ans, Jennifer Abel s&rsquo;est fait tatouer les anneaux olympiques sur un pied avant les Jeux de Pékin, il y a quatre ans. « Ça me rappelle pourquoi je me lève chaque matin et je fais tous ces efforts », affirme-t-elle.</p>
<p>Médaillée de bronze au tremplin de 3 m aux derniers Championnats du monde, Jennifer Abel est l&rsquo;une des seules plongeuses du monde à pouvoir rivaliser avec les puissantes Chi­noises. Elle jure pourtant aller à Londres avant tout pour « le bonheur de plonger ».</p>
<p>Au sein de l&rsquo;équipe canadienne, elle aura bientôt la lourde tâche de combler le vide que laissera le départ d&rsquo;Émilie Heymans, qui en sera à ses derniers Jeux.</p>
<p>À Londres, Émilie Heymans ten­tera de devenir la première plon­geuse du monde à monter sur le podium quatre Jeux d&rsquo;affi­lée. « Le stress diminue avec les années, mais je serai sûrement très émotive en montant sur le trem­plin pour mon dernier saut. »</p>
<p>L&rsquo;athlète de 30 ans n&rsquo;aura pas à faire totalement son deuil des piscines. Diplômée de l&rsquo;École supérieure de mode de Montréal, elle lancera sous peu une collection de maillots de bain, qu&rsquo;elle espère voir un jour portés lors de compétitions de plongeon.</p>
<p>Alexandre Despatie a, lui aussi, une idée claire de sa vie après le plongeon. « Ma priorité, c&rsquo;est le cinéma, dit-il. Je veux être formé, passer des auditions et savoir le plus vite possible si j&rsquo;ai un avenir là-dedans. »</p>
<p>Mais pour l&rsquo;instant, il ne pense qu&rsquo;à une chose : peaufiner son fameux nouveau plongeon &#8211; un quadruple saut et demi avant en position groupée. Le passeport obligé s&rsquo;il veut remporter le seul prix qui manque encore à son palmarès : la médaille d&rsquo;or olympique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* * *</p>
<p><strong>L&rsquo;autre effet Despatie</strong></p>
<p>Despatie a « masculinisé » l&rsquo;image du plongeon. Avant lui, 80 % des plongeurs d&rsquo;élite au Québec étaient des filles. « À cause de son aspect technique et artistique, c&rsquo;était considéré comme un sport de filles », dit Isabelle Cloutier, de Plongeon Québec. Aujourd&rsquo;hui, la Fédération compte presque autant de garçons que de filles.</p>
<p><strong>La vie après le plongeon</strong></p>
<p>Contrairement à la majorité des autres athlètes amateurs, Despatie a le luxe du temps pour planifier son après-carrière. À lui seul, son commanditaire principal, McDonald&rsquo;s, lui verse un « salaire » annuel dans les six chiffres depuis de nombreuses années.<em></em></p>
<h5><em> </em></h5>
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		<title>France Daigle : «Une langue, ça s&#8217;entretient»</title>
		<link>http://www.lactualite.com/culture/france-daigle-une-langue-ca-sentretient/</link>
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		<pubDate>Tue, 28 May 2013 19:55:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julie Barlow</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[acadie]]></category>
		<category><![CDATA[chiac]]></category>
		<category><![CDATA[France Daigle]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 1er juin 2013]]></category>
		<category><![CDATA[litterature]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Ils baignent dans l’anglais et certains d’entre eux parlent une langue hybride, le chiac. Mais ce n’est pas une raison pour perdre leur français, affirme l’écrivaine acadienne France Daigle, qui dénonce le laisser-aller des jeunes.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/france-daigle-une-langue-ca-sentretient/">France Daigle : «Une langue, ça s&rsquo;entretient»</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_100043" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/france-daigle.jpg"><img class="size-full wp-image-100043" alt="France Daigle - Photo: Olivier Hanigan" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/france-daigle.jpg" width="500" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">France Daigle &#8211; Photo: Olivier Hanigan</p></div>
<p>Après la bataille du joual au Québec, voici la bataille du chiac au Nouveau-Brunswick. Et l’auteure acadienne France Daigle, lauréate du Prix du Gouverneur général 2012 pour son roman <i>Pour sûr,</i> se porte à la défense de Marie-Noëlle Ryan, professeure de philosophie à l’Université de Moncton. En février, celle-ci a dénoncé au <i>Téléjournal Acadie</i> la mauvaise grammaire, les fautes d’orthographe et la syntaxe douteuse de ses étudiants. Ses déclarations ont soulevé une grosse polémique et fait réagir la Fédération des étudiants de l’Université, qui a envoyé une lettre au Sénat académique dans laquelle elle accuserait la professeure de diffamation.</p>
<p>« Le message de Marie-Noëlle Ryan est la vérité, et il faut que ces choses-là soient dites », explique France Daigle, dont l’appui peut paraître contradictoire. Son 10<sup>e</sup> roman, <i>Pour sûr,</i> fait la part belle au chiac, ce célèbre patois acadien qui mélange vieux français, français et anglais, avec ses <i>quoisse</i> (qu’est-ce), <i>avont</i> (ont), <i>yinque</i> (rien que) et autres <i>cawler</i> (appeler) !</p>
<p><i>L’actualité</i> a rencontré France Daigle entre deux trains, à la gare Bonaventure, à Montréal. Elle nous parle des forces et faiblesses du chiac ainsi que de l’avenir du français au Nouveau-Brunswick, où 300 000 Acadiens baignent dans l’anglais depuis plus de deux siècles.</p>
<p><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/livre-france-daigle.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-100045" alt="livre-france-daigle" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/livre-france-daigle.jpg" width="180" height="266" /></a></p>
<p><em><strong>Pourquoi défendez-vous Marie-Noëlle Ryan ?</strong></em></p>
<p>Je trouvais ridicule qu’on s’attaque à elle pour ses propos. Elle enseigne depuis 12 ans et sait de quoi elle parle. N’attaquez pas le messager ! Beaucoup de jeunes francophones de chez nous ont de la difficulté à s’exprimer correctement en français écrit.</p>
<p><strong><em>Mais vous-même, dans </em>Pour sûr<em>, vous détournez délibérément le français. Vous francisez des mots anglais, tordez la grammaire, déboîtez la syntaxe…</em></strong></p>
<p>Parce que c’est une expérience littéraire qui consiste à transposer le registre oral, le chiac, en langue écrite, un peu comme l’a fait Michel Tremblay pour le joual. Même si le livre a été bien reçu, beaucoup de gens remettent en question l’intérêt d’écrire en chiac. Et je les comprends ! Mais un écrivain travaille avec un matériau : la langue et sa palette de registres. Le chiac existe, je l’utilise et je m’en amuse, mais je ne le défends pas. C’est une langue hybride, mixte, à laquelle j’ai dû donner ses structures pour la rendre à l’écrit. Mais je ne veux pas que les gens me prennent en exemple et disent : « Le chiac est autorisé. On n’a plus besoin d’apprendre le français. »</p>
<p><em><strong> Alors pourquoi avoir choisi d’écrire en chiac ?</strong></em></p>
<p>Par souci de vérité. Vers mon cinquième roman, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas faire parler mes personnages avec réalisme sans recourir au chiac. Sinon, j’inventais une réalité qui n’existait pas. Je voulais que mes lecteurs entendent l’humour et la culture du Nouveau-Brunswick. Donc, il fallait écrire en chiac, comme Michel Tremblay a écrit en joual.</p>
<p><em><strong>Où tracez-vous la limite de l’usage du chiac ?</strong></em></p>
<p>Le chiac, comme le joual, appartient au registre oral, qui n’est qu’un aspect de la langue. Ce n’est pas « une<i> </i><i>»</i> langue et ce n’est pas « la » langue. Les francophones du Nouveau-Brunswick, y compris les jeunes, doivent être conscients que le chiac ne suffit pas si on veut avancer dans la vie. Il fait partie de nous, mais peu importe où tu travailleras, tu n’écriras pas en chiac. C’est toute l’Acadie qui a un problème si une masse critique d’Acadiens ne réussit pas à écrire et à s’exprimer correctement en français. C’est le sens de l’intervention de Marie-Noëlle et la raison de mon appui.</p>
<p><em><strong>D’après vous, les Acadiens devraient-ils apprendre le français normatif à l’école, comme au Québec ou en France ?</strong></em></p>
<p>Oui et non. La question est de savoir quelle norme. Le français normatif du Québec n’est pas exactement celui de Paris. Mais je crois que pour sauvegarder le français au Nouveau-Brunswick, il ne faut pas non plus être trop rigide sur la norme. Je crois qu’on ne peut pas exclure une certaine présence de l’anglais dans le français d’ici, en raison de notre histoire. Car l’écart entre le français parlé et le français écrit est plus grand au Nouveau-Brunswick qu’au Québec.</p>
<div id="attachment_100053" class="wp-caption aligncenter" style="width: 390px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/uni.moncton.jpg"><img class="size-full wp-image-100053" alt="L'Université de Moncton, là où la polémique sur le chiac a été déclenchée par la professeure de philosophie Marie-Noëlle Ryan." src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/uni.moncton.jpg" width="380" height="253" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;Université de Moncton, là où la polémique sur le chiac a été déclenchée par la professeure de philosophie Marie-Noëlle Ryan.</p></div>
<p><em><strong>Est-ce pour cela que vous avez critiqué le français comme étant trop figé ?</strong></em></p>
<p>Oui, et je me suis aperçue à quel point il l’était en écrivant mon dernier livre ! Il y a une tendance à voir le français comme un monument intouchable. Moi, je me suis amusée à créer des accents, à déformer les mots. C’est quand même notre langue, on peut la rendre malléable jusqu’à un certain point, on peut se l’approprier comme on veut !</p>
<p><em><strong>La forte présence de l’anglais explique-t-elle la mauvaise qualité du français des étudiants au Nouveau-Brunswick ?</strong></em></p>
<p>Il faut vivre ici pour comprendre à quel point l’anglais envahit notre espace mental. Notre rapport avec cette langue est d’ailleurs doublement, voire triplement marqué. Dans le passé, nous avons été mis de côté par les Anglais. Ensuite, nous avons toujours vécu entourés d’anglophones. Mais en plus, l’anglais est devenu la langue prédominante dans le monde. Tout un défi ! Nous avons certainement acquis quelques mauvaises habitudes liées à cet environnement. Mais je ne rejetterais pas toute la responsabilité là-dessus. Après tout, la situation n’est pas brillante non plus dans les écoles du Québec. La présence de l’anglais n’est donc pas seule en cause.</p>
<p><em><strong>Que proposeriez-vous pour lutter contre l’affaiblissement du français au Nouveau-Brunswick ?</strong></em></p>
<p>Trois choses. D’abord, nous gagne-rions à être plus ouverts à de nouvelles façons d’enseigner. Enseigner une langue en milieu minoritaire, ce n’est pas comme enseigner là où la majorité parle la même langue. Le chiac est très éloigné de la norme. Alors quand les enfants vont à l’école, ils ne peuvent pas simplement écrire comme ils parlent. Sinon, leurs travaux sont bourrés de fautes ! L’enseignement en milieu minoritaire doit donc faire appel à des mécanismes différents et à une pédagogie adaptée. Les recherches en pédagogie nous apporteront des solutions à ce problème, j’en suis convaincue.</p>
<p>Ensuite, il faut avoir des enseignants convaincants. Que l’on donne aux enfants des matériaux intelligents, actuels, intéressants et de qualité en français. Quand j’étais en 10<sup>e</sup> année [4<sup>e</sup> secondaire], notre prof d’anglais nous a donné à étudier « The Sound of Silence », de Simon and Garfunkel, et<i> «</i><i> </i>Suzanne »,<i> </i>de Leonard Cohen. Tout le monde s’y est intéressé ! Pourquoi ne peut-on pas faire la même chose aujourd’hui avec des chansons en français ? Pour motiver les jeunes, il y a tellement de matière intéressante. Rien n’excuse que le français soit ennuyant ! Enfin, puis-que nous vivons en situation minoritaire, nous devons faire en sorte que le français standard s’enracine bien. Et pour cela, il faut responsabiliser les francophones afin qu’ils soient plus exigeants envers eux-mêmes et envers les autres à tous points de vue.</p>
<p><em><strong>Une nouvelle génération de leaders politiques est-elle nécessaire, comme celle de l’ancien premier ministre Louis Robichaud, qui a fondé l’Université de Moncton en 1963 et a déclaré la province officiellement bilingue en 1969 ?</strong></em></p>
<p>Certes, la politique a contribué à la survie du français au Nouveau-Brunswick. Mais il ne faut pas compter uniquement sur la politique, ou les politiciens, pour assurer notre avenir. Une langue, ça s’entretient. On ne peut pas la laisser aller, surtout pas chez nous ! Il faut que les gens soient responsables.</p>
<p><em><strong>Le français est-il menacé au Nouveau-Brunswick ?</strong></em></p>
<p>Non, loin de là. Pour vous donner une idée, je connais des gens dans le nord de la province qui ne parlent même pas l’anglais. Et j’ai espoir. Nous sommes certaine-ment isolés du reste de la francophonie, mais nous l’avons toujours été. Depuis les années 1960, nous nous sommes donné des outils pour vivre en français plus que jamais. Et grâce aux nouvelles technologies, les livres, la musique, les magazines, les films sont plus accessibles que jamais.</p>
<p><em><strong>Le Québec devrait-il en faire davantage pour appuyer la sauvegarde de la langue française en Acadie ?</strong></em></p>
<p>Si quelqu’un nous a abandonnés, c’est la France, ce n’est pas le Québec ! Les Québécois, on les connaît, on les voit à la télévision. Ils font des choses intéressantes et il y a beaucoup d’échanges avec eux, mais nous ne vivons pas la même réalité. Les Acadiens ne se définissent pas par rapport aux Québécois. Le Québec, c’est autre chose, une autre entité. Nous avons toujours été là où nous sommes. Nous sommes des cousins, apparentés, mais vivant dans des foyers distincts.</p>
<p><em><strong>Qu’est-ce que le Nouveau-Brunswick apporte à la francophonie ?</strong></em></p>
<p>Au risque de paraître prétentieuse, je dirais que mon roman <em>Pour sûr</em> contribue à montrer que nous sommes des citoyens du monde et que l’Acadie a son génie propre, avec un humour particulier. Dans un des chapitres, il y a deux types sur un terrain de golf. Le premier est tellement fier que le Nouveau-Brunswick ait 20 fois plus de terrains de golf que la France ! L’autre réplique qu’il y a tellement de vignobles et de châteaux en France que les Français n’ont pas eu assez de terre pour faire des terrains de golf !</p>
<p>Notre éloignement des grands centres de la francophonie, ce n’est pas une faiblesse, mais une force. Il nous donne de l’espace pour approfondir nos réflexions sur le monde dans lequel nous vivons et sur nous-mêmes. Mais il faut que nous soyons forts et déterminés pour continuer à vivre en français. Et c’est ce que je reproche à nos étudiants : pour-quoi veulent-ils étudier en français sans adopter les outils nécessaires pour pouvoir lire et s’exprimer correctement par écrit ? Car en faisant cela, ils s’excluent eux-mêmes de la culture francophone, qui est tellement grande, riche et intéressante.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>2054</title>
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		<pubDate>Sun, 26 May 2013 16:53:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L'actualité</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Delong]]></category>
		<category><![CDATA[Extraits de livres]]></category>
		<category><![CDATA[livres]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Extrait du roman <em>2054,</em> par Alexandre Delong, avec l’aimable autorisation des éditions XYZ. </p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/livres/extrait-2054/"><em>2054</em></a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-99727" alt="2054" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/2054-185x300.jpg" width="185" height="300" hspace="5" />Bon… nous y voilà, se dit Ethan en jaugeant avec angoisse l’atmosphère électrique de la  salle des marchés du CHUM.</p>
<p>En ce jour bien particulier, en effet, le Centre hospitalier universitaire de Montréal lui apparaissait tel un gigantesque condensateur, un  condensateur dont il ressentait la tension, inouïe, paroxystique, jusque sur son épiderme. Il aurait même juré, pour un peu, pouvoir distinguer de ses yeux l’incroyable quantité de charges électriques emmagasinée dans la pièce. La foudre ne tarderait plus à frapper, c’est certain. Quelques minutes, tout au plus, et les résultats des examens finaux   tomberaient.  Et dans l’instant, il le savait, tout s’emballerait. Dans le millième de seconde qui s’ensuivrait, ces résultats se répercuteraient sur la valeur des dizaines de milliers de titres cotés dans la section médecine du Marché de la Relève, en détermineraient la valeur de clôture, cours de référence sur la base duquel les transactions commenceraient sur-le-champ à se réaliser.</p>
<p>Ethan jeta un regard circulaire autour de lui. Les yeux rivés sur le mur écran, près d’une centaine de jeunes médecins résidents achevaient de se liquéfier. Le visage hagard et blême, l’estomac noué et la gorge serrée, les mains moites. Une peur indicible enfiévrait leur regard égaré, transpirait de leurs muscles transis, imprégnait l’air et les murs. Tous, religieusement, écoutaient la longue et monotone litanie de chiffres psalmodiée par Universal Media. Des chiffres obscurs pour les profanes et qui, pourtant, disaient tout d’eux. Tout ce qu’il fallait en savoir. Mieux que d’improbables rapports ou de hasardeuses études, ces sèches colonnes de caractères révélaient aux yeux de tous, à commencer par ceux d’investisseurs particulièrement perspicaces, l’exact potentiel qui se nichait en chacun. Transcrit dans les termes du Marché, ils exprimaient leur valeur intrinsèque.</p>
<p>Or Ethan Price était du nombre de ces résidents. Et rien, à prime abord, ne permettait de le distinguer d’eux. Rien. Rien enfin si ce n’est, peut être, les regards fugaces dont il était l’objet. Des regards qui ne faisaient qu’ajouter la gêne à son angoisse, transformant l’attente en un véritable supplice. Mais par quel tour de force Dim avait-elle réussi à le traîner jusqu’ici ? s’étonna-t-il soudain. Comment diable sa gérante s’y était-elle prise pour l’amener à quitter son appartement, le déloger du sanctuaire dans lequel il avait prévu vivre cet interminable calvaire ?</p>
<p>Oh ! bien sûr, il n’avait pas eu à chercher très longtemps la raison de son entêtement à le traîner jusqu’au CHUM. La réponse lui avait sauté aux yeux à l’instant même où il en avait franchi le seuil ; les publi-reporters d’Universal Media étaient là, qui l’attendaient. Oui, là encore, rien à redire. Dim avait parfaitement manoeuvré. Car c’est elle, il l’aurait parié, qui les avait tous ameutés. Des semaines qu’elle s’affairait à attirer l’attention des médias sur la valeur <i>Ethan Price</i>. « Il nous faut à tout prix entretenir la hausse spéculative de ton cours », lui répétait-elle encore la semaine passée. Force est de constater qu’elle y avait plutôt bien réussi. Et ce n’était là que justice, tant elle n’avait pas ménagé ses efforts</p>
<p>pour le placer dans les meilleures conditions possibles à l’heure fatidique. N’en déplaise à son père, la Lekho ne s’était pas fourvoyée en confiant son poulain le plus prometteur à cette jeune mais ô combien talentueuse gérante. Son habileté, tout simplement diabolique, compensait amplement son manque d’expérience. Alors oui, vraiment, s’il y a une chose dont Ethan était convaincu, c’est bien que Dim n’aurait pas volé ses dividendes en fin d’année. À condition, naturellement, qu’il en dégage. Mais c’était là une autre histoire…</p>
<p><strong>La suite ? Dans le livre&#8230;</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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