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Fou de Victoria


30 Décembre 2009

L’histoire d’une jeune reine rebelle dans une Angleterre régie par le protocole ? Le réalisateur de C.R.A.Z.Y., Jean-Marc Vallée, n’a pu résister !

Jean-Marc Vallée
Photo : Olivier Hanigan

Le métier de concepteur du son apporte parfois de beaux défis. Parlez-en à Martin Pinsonnault : ce Qué­bé­cois de 40 ans a eu l'occasion d'enre­gis­trer les silences chargés d'histoire de l'abbaye de Westminster, à Londres ! Et cela, grâce à Jean-Marc Vallée, aux commandes du film The Young Victoria. Le réalisateur lui a ensuite laissé une vingtaine de semaines pour peaufiner le montage sonore du film. Trois fois plus de temps que pour une production québécoise !

Qui aurait imaginé que le succès de C.R.A.Z.Y., film portant sur un jeune Québécois et ses relations tendues avec son père, amènerait un jour le cinéaste mont­réalais de 46 ans à scruter la jeunesse de cette reine qui a marqué l'Angleterre du 19e siècle ? Lancé en grande pompe en mars dans la capitale anglaise, The Young Victoria (Victoria : Les jeunes années d'une reine) prend l'affiche en Amérique du Nord le 18 décembre.

Avec le recul, on peut faire des rapprochements entre C.R.A.Z.Y. et The Young Victoria. Leurs personnages principaux, Zac et Victoria, sont à une période charnière de leur vie : le passage à la vie adulte. Lui dans un quelconque bungalow mont­réalais, elle dans un somptueux château anglais. Lui face à son homosexualité, elle amoureuse dans une société dominée par les intrigues et régie par le protocole. Le roi William voit d'un mauvais œil l'union de Victoria avec son cousin germain Albert, dont la cour auprès de la future reine est soutenue par son oncle, Léopold Ier, roi des Belges.

N'empêche, pourquoi confier à un Québécois le tournage d'un film sur la reine Victoria ? « Deux des producteurs, Graham King et Martin Scorsese, étaient des fans de C.R.A.Z.Y. », explique le concepteur visuel, Patrice Vermette, qui n'y croyait pas vraiment quand Jean-Marc Vallée, avec qui il collabore depuis les années 1990, lui a annoncé qu'il l'emmènerait avec lui en Angleterre. Bien qu'il soit demeuré incrédule, Patrice Vermette s'est mis à lire tout ce qu'il trouvait sur l'époque victorienne. Quand la promesse du cinéaste s'est concrétisée, il était fin prêt à entreprendre la tournée des palais pour trouver les lieux de tournage, avec la complicité de celui qu'il décrit comme un pitbull au grand cœur, un fonceur généreux, expert redoutable dans l'art de convaincre.

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