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Ils dansent dans la tempête


1 Avril 1994

La spiritualité est le grand tabou de la littérature jeunesse. Dominique Demers le fracasse dans son dernier roman.

Une jeune adulte engloutie dans le plus profond désespoir est récupérée par une communauté de moniales qui lui redonne le goût et les raisons de vivre. C'est la trame d'Ils dansent dans la tempête, le nouveau roman jeunesse de Dominique Demers.

Le sujet est épineux, l'auteur le sait bien. « Je partirais bien en Chine un mois ou deux, le temps que la poussière retombe ! » dit-elle.

Elle a pourtant l'habitude des sujets difficiles. Dans Un hiver de tourmente (1991), Marie-Lune, l'héroïne de 15 ans, perdait sa mère. Dans la suite, Les grands sapins ne meurent pas, publié l'année suivante, Marie-Lune, enceinte, décide de poursuivre sa grossesse et de donner son bébé en adoption. Le sujet était si chaud et le choix de Marie-Lune de ne pas se faire avorter si controversé que La Courte Échelle, la maison d'édition qui avait publié tous les ouvrages précédents de Dominique Demers, a refusé le manuscrit. Finalement publié chez Québec/Amérique, Les grands sapins ne meurent pas a remporté un grand succès et fait couler beaucoup d'encre.

Ils dansent dans la tempête est le dernier volet de la trilogie. Marie-Lune, maintenant âgée de 18 ans, apprend le suicide de son ancien amoureux. Ce dernier drame cause le ressac de son passé, lourd d'émotions : le roman relate la longue descente aux enfers de Marie-Lune et la rencontre qui lui permettra de faire le point, de trouver au fond d'elle-même les raisons, les valeurs sur lesquelles fonder sa propre vie.

« Dominique, je t'en supplie, ne me fais pas ça ! » s'est écriée, en lisant le synopsis, une productrice intéressée à faire une télésérie avec Marie-Lune. Cette réaction servie à la Dominique Demers auteur venait confirmer éloquemment l'intuition de la Dominique Demers chercheuse.

Car, parallèlement à sa double carrière de journaliste (notamment à L'actualité) et d'auteur pour enfants et adolescents, Dominique Demers étudie et enseigne la littérature jeunesse à l'université depuis plusieurs années. La semaine où je l'ai rencontrée, elle lançait Du Petit Poucet au Dernier des raisins, une introduction à la littérature jeunesse destinée aux étudiants de la Télé-Université, et soutenait sa thèse de doctorat en littérature à l'Université de Sherbrooke !

Sa thèse retrace l'histoire de la notion d'enfance dans notre société à partir de textes d'écrivains, de sociologues, d'anthropologues. « Depuis qu'elle existe, la littérature jeunesse a toujours reflété l'image qu'on se faisait de l'enfance, explique l'auteur. Il y a eu l'époque de l'enfant un peu sauvage qu'il fallait dresser, puis celle de l'enfant angélique, blond et bouclé. On en est maintenant à ce que j'appelle l'enfant survivant : l'enfant adulte qui, entouré d'adultes enfants, doit avancer, tout seul, dans un monde qui ressemble à un champ de mines. »

La lecture de milliers de textes pour enfants l'a amenée à une deuxième constatation : la religion, après avoir été la base de toute la littérature jeunesse pendant des siècles, en est complètement disparue depuis une trentaine d'années.

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jaimerais lire ce livre

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