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Jacob Tierney persiste et signe


12 Octobre 2010

Jacob Tierney n’a pas peur d’aborder des sujets qui soulèvent la controverse. Le jeune cinéaste montréalais, réalisateur du Trotski, l’a prouvé en juillet dernier lorsqu’il a affirmé que le cinéma québécois était trop nostalgique, trop francophone et trop peu multiculturel.

Jacob Tierney persiste et signe
Photo : Alexandre Chabot

Doutant que les jeunes Haïtiens puissent se reconnaître dans le comédien Luc Picard, le fils de Kevin Tierney, producteur de Bon Cop, Bad Cop, juge honteux que les immigrants et les anglophones, invisibles, n'aient aucune place dans le rêve québécois.

 

* * *

Vous avez dit du cinéma québécois qu'il était « blanc, blanc, blanc ». Pourquoi ?

- Je n'avais pas l'intention de faire de déclaration au journaliste de La Presse. C'était lors d'une discussion - plus qu'une entrevue -, un soir de première à Los Angeles. Mais j'assume ce que j'ai dit. Dans l'imagi­naire des cinéastes québécois, il y a peu de place pour les minorités. Je ne réclame pas de quotas. That's not the point! La responsabilité sociale revient aux artistes. Depuis longtemps, le multiculturalisme est associé à la conscience canadienne, sauf au Québec, qui a deux générations de retard en ce domaine. Pourtant, dans le Nouveau Monde, nous sommes tous des immigrants, nous ne sommes pas ici depuis 2 000 ans ! J'ai simplement réagi à l'image de nous-mêmes que l'on exporte et parlé de l'idée que l'on souhaite que le monde se fasse de nous.

Certains, dont le cinéaste Philippe Falardeau, ont affirmé que vos déclarations soulevaient un débat du fait que vous êtes anglophone.

- Ma famille, paternelle et maternelle, est au Québec depuis des générations, je suis un enfant de la loi 101 et je me considère plus comme un Québécois que comme un Canadien. Je ne suis pas un observateur passif ; je participe au cinéma qui se fait ici, alors je ne vais pas m'excuser d'en discuter. Je me sens rarement représenté dans les films et je ne suis pas le seul. Ce que j'ai affirmé, plusieurs cinéastes francophones l'ont dit avant moi.

Les réactions que vous avez provoquées vous ont-elles surpris ?

- Quand je repense à tout ce qui s'est dit, je ne suis pas fâché, mais très surpris et secoué. Des journalistes, dont Pierre Foglia, m'ont décrit comme un « jeune réalisateur juif montréalais ». Qu'est-ce que la religion vient faire là-dedans ? Ailleurs au Canada, ce genre de mention aurait suffi à faire congédier un journaliste. D'autres m'ont accusé de faire du Québec bashing, ce que je ne comprends pas. On m'a aussi reproché de ne pas arrêter de parler de cela - « ce jeune-là a besoin d'attention ! » -, alors que je ne l'ai fait qu'une fois. On m'a même associé à Mordecai Richler. Est-ce que je trouve qu'il y a une juste représentation des Québécois chez Mordecai Richler ? Pas du tout. Je ne reconnais pas Montréal dans ses livres. Cela dit, les jeunes ont réagi à mes propos de façon plus positive que les gens plus âgés.

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Commentaires (1)

J'essaie de me mettre dans la

J'essaie de me mettre dans la peau de beaucoup de Québécois cinéphiles "de souche" que je connais : il est carréement hors de question d'apprécier un film dans une langue autre que le français. Pas uniquement par mauvaise volonté! Ils ne comprennent tout simplement pas assez l'anglais. Avec comme résultat que leurs seuls points de référence sont des films québécois, ou doublés (c'est toujours ½ moins bon) en français. Ils en sont donc réduits à se contenter de bien peu!

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