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La politique de Gregory Charles


6 Octobre 2009

Les Québécois sont socialement libéraux, fiscalement conservateurs et artistiquement avant-gardistes, dit Gregory Charles, qui trouve toutefois ses concitoyens trop peu persévérants. « On abandonne nos rêves trop facilement », soutient l’artiste businessman. Si seulement, dit-il, on pouvait retrouver le climat des années 1970. Ces années-là, même les immigrants étaient nationalistes ! Rencontre avec un citoyen pas très frileux.

Photo : Geoff Howe / PC
Photo : Geoff Howe / PC

Qu'est-ce qui vous intéresse tant dans les années 1970 ?

On y a vécu des choses extraordinaires sur le plan politique. Un mélange d'affirmation nationaliste et internationale. Du jamais-vu dans l'histoire moderne. C'était magnifique, les années 1970 ! On était un peu plus à gauche que le restant de l'Amérique, tout en étant conservateurs sur certaines affaires, ce qui est très particulier. Ce n'est pas surprenant qu'on ait voté pour Duplessis pendant 25 ans, mais en même temps, ce n'est pas étonnant non plus qu'on se sente représentés dans les idées du Bloc, pas toutes, mais certaines : la volonté de tenir les jeunes loin de la délinquance, le soutien aux milieux homosexuels, par exemple. On est vraiment un mélange complexe, qui ressemble aux gens qui sont venus se joindre à nous : les Péruviens, les Colombiens, les Danois, toute la ribambelle de Portugais qui sont arrivés, les anciens des Brigades rouges... Voilà ce que nous sommes.

On est plus que les nègres blancs d'Amérique. On est comme les Juifs d'Amérique, les Juifs du Nouveau Monde. Notre humour est un peu juif, la façon de conserver notre histoire dans la musique est un peu juive, notre gêne à propos de certaines affaires, notre fermeture d'esprit sur quelques questions ou notre grande ouverture sur d'autres... Contrairement à ce qu'a dit Parizeau dans les années 1990, ce n'est pas du tout vrai que l'immigration était hostile à l'affirmation nationale dans les années 1970. On était à la fois très intéressés par l'international et drôlement concernés par notre affirmation. Je pense que dans 100 ans, on dira que c'était un âge d'or, une période extraordinaire pour nous. Malheureusement, une crise économique a frappé à la fin des années 1970, avec des taux d'intérêt à 21 %, et on a abandonné trop facilement. Car on abandonne facilement, ici, tellement facilement qu'avant même que notre projet ne soit commencé on l'a déjà abandonné. Après, on trouve ça incroyable quand les gens vont au bout de leurs projets et les réussissent.

Comme vous...

Oui, comme ce que moi j'essaie de faire. Mais il y en a plein des exemples comme ça au Québec. Je trouve ça particulièrement extraordinaire quand les gens vont au bout de leurs idées, parce qu'il faut se l'avouer, on a un peu tendance à abdiquer vite.

Pourquoi ?

Je pense qu'on a peur de l'échec. Qu'on a aussi un peu peur de ressortir du lot. Je crois que c'est un fait profondément ancré dans notre culture. Je le vois bien, moi qui travaille avec les jeunes. Mon Dieu, que les jeunes ont un problème à sortir du lot ! C'est fou, l'adolescence est pourtant la période où on essaie de s'affirmer. Question de génération ou pas, ici, c'est l'affirmation collective qui prime, pas l'affirmation individuelle. Et c'est la même chose pour la question nationale : même si la question constitutionnelle n'est toujours pas réglée après 50 ans, ce n'est pas normal qu'on n'ait plus envie d'en parler. C'est quoi, ça ? Parce qu'au bout de 40 ans on n'est pas arrivés à une conclusion claire, on arrête ? Dans nos vies, ça nous arrive constamment de ne pas arriver à une conclusion claire, mais on ne va pas arrêter pour autant !

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Commentaires (5)

Monsieur Charles,Je suis

Monsieur Charles,

Je suis agréablement surprise de vous lire sur la question du Québec et je partage une grande partie de l'analyse que vous en faites. En homme intelligent que vous êtes, et avec l'expérience que vous avez, vous avez capté l'importance de cette discussion dans la psyché québécoise. En effet, la question nationale au Québec sera toujours d'actualité tant qu'elle ne trouvera pas de règlement sérieux, tant que nous ne serons pas allés au fond des choses. Pour moi, ce «fond des choses», c'est la relation entre le Québec et Ottawa, et les rapports de pouvoir qui, de la Conquête à l'échec de Meech jusqu'à la loi sur la clarté référendaire, démontre clairement des abus de pouvoir de la part de ce que le regretté Pierre Falardeau appelait «l'ennemi» et que je préfère nommer l'adversaire. Il faut vraiment être autruche pour ne pas voir cette mésentente historique constante et toujours actuelle. La métaphore du couple qui ne s'entend plus est intéressante, mais je trouve que celle du père autoritaire et contrôlant est encore plus forte: Un moment donné, il faut voler de ses propres ailes, être souverain, et ce qui vaut pour la psyché individuelle, vaut pour la psyché collective.

Isabelle Matte, Anthropologue

Monsieur Charles,Je suis

Monsieur Charles,

Je suis agréablement surprise de vous lire sur la question du Québec et je partage une grande partie de l'analyse que vous en faites. En homme intelligent que vous êtes, et avec l'expérience que vous avez, vous avez capté l'importance de cette discussion dans la psyché québécoise. En effet, la question nationale au Québec sera toujours d'actualité tant qu'elle ne trouvera pas de règlement sérieux, tant que nous ne seront pas allés au fond des choses. Pour moi, ce «fond des choses», c'est la relation entre le Québec et Ottawa, et les rapports de pouvoir qui, de la Conquête à l'échec de Meech jusqu'à la loi sur la clarté référendaire, démontre clairement des abus de pouvoir de la part de ce que le regretté Pierre Falardeau appelait «l'ennemi» et que je préfère nommer l'adversaire. Il faut vraiment être autruche pour ne pas voir cette mésentente historique constante et toujours actuelle. La métaphore du couple qui ne s'entend plus est intéressante, mais je trouve que celle du père autoritaire et contrôlant est encore plus forte: Un moment donné, il faut voler de ses propres ailes, être souverain, et ce qui vaut pour la psyché individuelle, vaut pour la psyché collective.

Isabelle Matte, Anthropologue

Si nous étions vraiment comme

Si nous étions vraiment comme les juifs, nous aurions, comme eux, des institutions au nom de notre nation pour défendre nos intérêts. Or, ce n'est absolument pas le cas.

Diane Lemieux n'a jamais dit

Diane Lemieux n'a jamais dit qu'il n'y avait pas de culture au Canada anglais. Elle a dit qu'il n'y avait pas de culture en Ontario, dans le sens que les Ontariens n'avaient pas une culture nationale qui leur est propre comme les Québécois en ont une

J'aime bien Gregory Charles mais je ne pense pas que ses réflexions politiques passeront à l'histoire.
J'ai l'impression que le Québec anglo-ethnique qu'il décrit ressemble plus à celui de son père qu'à celui qu'on connait.

Encore un autre jeune "

Encore un autre jeune " chiâleux " qu'avez-vous donc à vous plaindre? vous avez l'instruction gratuite, les soins de santé gratuit, vous circulez partout au Canada facilement, vous voyagez partout dans le monde sur les prêts-bourses en fait comment ne vous apercevez-vous pas que VOUS ÊTES DANS UN PAYS LIBRE
Combien y a- t-il de pays aussi libre que dans le Canada??C'est pourquoi il y a tant et tant d'immigrés qui souhaitent venir y habiter ! Allez, sortez d'ici si vous n'êtes pas bien mais cessez de nos les casser avec votre satanée souvereineté

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