Dans un hamac, un parc ou dans le métro, c’est la saison pour se délecter de bons romans. Voici les suggestions de nos chroniqueurs.

SORCIERS DES CARAÏBES
La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao, par Junot Díaz, Plon, 312 p., 39,95 $
Don Quichotte des temps modernes, Oscar Wao a le cerveau fêlé par les jeux de rôles, la science-fiction et Le seigneur des anneaux. Enfermé dans le sous-sol de sa maison du New Jersey, ce mésadapté d'origine dominicaine rêve du jour où il perdra enfin sa virginité. Mais il doit d'abord retourner à Saint-Domingue et vaincre le fukù, malédiction qui poursuit sa famille depuis le jour où son grand-père osa s'opposer au dictateur-sorcier Rafael Trujillo. La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao, qui a rapporté à Junot Díaz le prix Pulitzer pour son style convulsif calqué sur le hip-hop, est la saga déjantée d'une famille que sa pulsion suicidaire condamne à défier le pouvoir. M.D.
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LA SAGESSE DES MADELINOTS
Le jardin de Peter Pan, par Pierre Gobeil, Triptyque, 104 p., 17 $
La situation est désastreuse aux Îles-de-la-Madeleine, où les pêcheurs ont perdu leur gagne-pain: la morue d'abord, puis le phoque, et maintenant le homard. Le nouveau roman de Pierre Gobeil arrive donc pile. Porté par une écriture à laquelle l'auteur a insufflé les plaintes du vent, la douceur de la brume et le bercement des marées, Le jardin de Peter Pan est une réflexion longuement mûrie sur l'écart entre les Madelinots éprouvés et les touristes, qui prennent les îles pour leur «terrain de jeux». Le narrateur, écrivain montréalais, a restauré une ancienne conserverie de l'Étang-des-Caps, où il ne vient que l'été. Acceptant difficilement sa récente paternité, il espère retrouver un peu de sa «vie d'avant» dans cet endroit où le temps semble s'être arrêté. Ses amis insulaires lui donneront une belle leçon de maturité. M.D.
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HYMNE À LA PAIX
Le violoncelliste de Sarajevo, par Steven Galloway, JC Lattès, 302 p., 34,95 $
Le siège de Sarajevo a eu ses héros. Parmi ceux-ci, le violoncelliste Vedran Smailovic, qui risqua sa vie 22 fois pour aller jouer, au beau milieu d'un terrain exposé, l'Adagio d'Albinoni, à la mémoire de 22 civils massacrés. Inspiré par cet acte de courage hors du commun, Steven Galloway a écrit un roman tout aussi admirable, soumettant les atrocités d'une guerre insensée à l'influence sublime de la musique. Le violoncelliste de Sarajevo sonde les cœurs effarés de trois assiégés qui essaient de survivre aux tirs ennemis: un père parti chercher de l'eau pour sa famille, un vieil homme pleurant sa ville dévastée et une tireuse d'élite chargée de protéger le violoncelliste. Comment sauvegarder son humanité quand l'instinct le plus primitif nous pousse vers la haine? La réponse que propose Galloway redonne sens au mot «espoir». M.D.
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