Des livres emballants !

Beaux livres et petits ouvrages à dévorer d’une bouchée : nos chroniqueurs Martine Desjardins et Eric Dupont nous font partager leurs listes de cadeaux.

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La prière du cowboy

Chaque année, au début de septembre, quelque 600 000 personnes convergent vers le Festival western de Saint-Tite, en Mauricie. Pour héberger ces visiteurs qui arrivent de toute l’Amérique, les 3 800 habitants de la petite ville déménagent dans leur garage ou transforment leur cour en terrain de camping. Le fait de devoir laisser sa voiture à plusieurs kilomètres des lieux des festivités ne semble pas décourager les amateurs de rodéo. Plus qu’une simple mode, l’amour des chevaux galope dans le cœur des Québécois depuis le début de la colonisation. L’album St-Tite rend hommage aux acteurs de ce festival. Les portraits des cowboys, maréchaux-ferrants, bénévoles révèlent au lecteur le bonheur dans toute sa pureté. E.D.

(St-Tite : Une histoire tirée par les chevaux, par Emilie Villeneuve [textes] et Olivier Blouin [photographies], Cardinal, 256 p., 34,95 $)

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Transports immodérés

Alice Michaud-Lapointe n’a que 24 ans, mais elle semble avoir beaucoup roulé sa bosse dans le métro de Montréal. Chose certaine, elle doit être dotée d’un sens de l’observation exceptionnel. Les 21 nouvelles de son premier recueil se déroulent dans autant de stations et prennent si parfaitement le pouls du métro qu’on croirait voir, par moments, un documentaire sur la faune des voyageurs qui en empruntent les rames et souterrains. À lire sans modérer ses transports, d’autant que l’auteure a un réel talent pour les dialogues. M.D.

(Titre de transport, par Alice Michaud-Lapointe, Héliotrope, 212 p., 20,95 $)

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La dame de Saint-Boniface

Gabrielle Roy n’aimait pas être photographiée dans sa vie privée et se souciait peu de conserver des archives, de peur de s’alourdir. Pour marquer la conclusion de la prestigieuse Édition du centenaire des œuvres de l’auteure, François Ricard, grand spécialiste de l’écrivaine, a réuni près de 200 documents iconographiques, qui donnent une bonne idée de son univers. Portraits, copies de lettres et de pages manuscrites, photos de famille et de vacances inciteront les fervents à se replonger dans les textes de l’auteure. Plus d’enchantement que de détresse dans cet ouvrage que tous les admirateurs de Gabrielle Roy chériront. E.D.

(Album Gabrielle Roy, par François Ricard, Boréal, 152 p., 34,95 $)

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Rêves sur la glace

À quoi ressemble la vie d’un patineur sans talent embrigadé dès son plus jeune âge dans une ligue de hockey mineur ? De la catégorie atome à midget, de parties locales en tournois provinciaux, de camps d’entraînement en séances d’humiliation dans le vestiaire, « celui qui ne compte pas » dans l’équipe se casse littéralement les dents sur la glace et reste sur le banc pendant que s’envole son rêve de se joindre à la « Ligue nationale des hommes ». Hervé Bouchard répartit les faits saillants de cette carrière éclair en neuf périodes pointillistes, où les passes de cynisme amusent tout autant qu’elles tournent la lame du patin dans la plaie. M.D.

(Numéro six, par Hervé Bouchard, Le Quartanier, 176 p., 20,95 $)

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Glaces gaspésiennes

Dans cet album de photographies hivernales de la Gaspésie, Linda Rutenberg, photographe de réputation internationale, réussit l’exploit de présenter sous un jour nouveau un sujet que d’autres ont déjà photographié un nombre incalculable de fois. La Gaspésie : Au bord de l’infini parvient à faire oublier les images riantes du Québec maritime que nous aimons montrer à nos visiteurs estivaux. Ici, les motels enneigés, la poudrerie et les quais figés dans les glaces du golfe donnent des frissons. Glaciales, lumineuses et originales, ces photos sont à l’image de leur sujet. E.D.

(La Gaspésie : Au bord de l’infini, par Linda Rutenberg, Del Busso, 120 p., 40 $)

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Silence d’or

Véronique Poulain, dont les parents sont sourds (elle n’emploie jamais le mot « malentendants »), nous donne un aperçu, en 68 exemples assez touchants (mais surtout hilarants), des immenses défis que pose une éducation partagée entre deux langages, deux cultures, deux façons de penser et d’appréhender le réel : celle des mots et celle des signes. Les pleurs et les appels auxquels personne ne répond, les malentendus, les quiproquos, les idiosyncrasies de la langue la plus crue et la plus expressive qui soit… Chaque page de ce récit est une fascinante incursion dans le monde du silence, et abat, à sa façon, le mur du son. M.D.

(Les mots qu’on ne me dit pas, par Véronique Poulain, Stock, 144 p., 26,95 $)

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Épisodes en rafale

Poète et philosophe d’exception, Michaël La Chance a accepté d’ouvrir les portes de son « Hôtel du Temps » privé. Chacune des 130 chambres héberge ce qu’il appelle des « épisodies » : souvenirs d’enfance et de jeunesse, impressions de voyage, réflexions sur ses rencontres marquantes (avec Romain Gary et Francis Bacon, entre autres), citations d’œuvres phares, évocation de nuits inoubliables, le tout raconté dans des microrécits qui se suffisent à eux-mêmes. « Comme le prisme décompose la lumière », cette entreprise de diffraction irise les moments qui ont défini une vie. M.D.

(Épisodies, par Michaël La Chance, La Peuplade, 264 p., 23,95 $)

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Ondes concentriques

Le jour où le tsunami frappe Fukushima, 14 voyageurs en ressentent les secousses de façon bien personnelle. Qu’ils soient à Moscou, en Thaïlande, à Jérusalem ou en Tanzanie, ces personnages en quête d’aventures héroïques ou sentimentales partageront aussi une expérience commune — comme s’ils se branchaient, par les infos, à une vaste conscience collective. Un panorama vibrant de l’humanité à l’heure de la mondialisation. M.D.

(Autour du monde, par Laurent Mauvignier, Minuit, 384 p., 36,95 $)

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Jours de l’an

Pâquerette, dindon, fumier, miel, potiron, pioche… C’est par ces mots plutôt bucoliques que les grands réformistes de la Révolution française avaient remplacé les noms de saints dans le calendrier. Et chaque jour, pendant un an, Dominique Fortier et Nicolas Dickner se sont astreints à écrire quelques lignes sur ces 366 mots. Grâce à leurs romans respectifs, on connaissait déjà l’érudition encyclopédique, l’humour pince-sans-rire, le goût de l’anecdote de ces deux écrivains accomplis. Par cette entreprise marathonienne, on découvre que leur curiosité pour la nature, l’histoire ou l’étymologie s’applique de façon presque obsessionnelle à tous les aspects de leur vie. Une raison de plus de les fréquenter avec assiduité — quotidiennement. M.D.

(Révolutions, par Dominique Fortier et Nicolas Dickner, Alto, 432 p., 32,95 $)

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Instants d’éternité

Avant que le numérique vienne changer la donne du photojournalisme, une poignée de grandes agences de photo régnaient sur l’image. Michel Setboun, photographe, et Marie Cousin, journaliste indépendante, donnent la parole à 80 photoreporters chevronnés qui ont choisi et commenté une image emblématique de leur parcours. Ainsi défilent sous nos yeux 40 ans d’actualités de toutes sortes, des images qui, tout en rappelant la complexité et la beauté du monde, donnent l’impression qu’il est possible de fixer la mémoire d’un instant pour l’éternité. Souvent réalisés dans des situations périlleuses, ces clichés acquièrent une sorte d’aura de vérité qui les élève au rang d’œuvres d’art. E.D.

(40 ans de photojournalisme : Génération agences, par Michel Setboun et Marie Cousin, La Martinière, 240 p., 72,95 $)

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Rue de l’espoir

Sophie Bienvenu, qui avait dérangé avec un premier roman sur les amours adolescentes (Et au pire, on se mariera), revient en pleine force avec l’histoire d’un jeune itinérant à la recherche de son pitbull perdu. En recollant la soixantaine de morceaux qui composent ce roman brisé — jours d’errance solitaire, nuits glaciales au fond d’une ruelle, souvenirs qui arrachent le cœur —, on en vient à reconstituer les étapes de la lente dégringolade qui a mené Mathieu à la rue et celles d’une quête éperdue qui, on l’espère, l’aidera à s’en sortir. Beau et rédempteur comme un conte de Noël. M.D.

(Chercher Sam, par Sophie Bienvenu, Le Cheval d’août, 176 p., 23,95 $)

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