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Terre des Autres


27 Mai 2009

Extrait du roman Terre des Autres, par Sylvie Bérard, publié avec l'aimable autorisation des Éditions Alire.

(Extrait du chapitre 4, Les feux de l'ennemi, p. 59-69)


Le soleil plombait délicieusement le désert. Il était à son zénith et les ombres étaient réduites à un mince trait au pied des pierres et des rares arbustes. Très tôt le matin, on l'avait déposée au milieu de l'immensité et elle marchait depuis ce temps. Il devait bien faire 50° à l'ombre et pourtant elle ressentait les rayons solaires comme une douce caresse sur sa peau épaisse. Ses pattes griffues mordaient sans peine le sol granuleux et, sa longue queue dure battant la mesure, elle progressait rapidement vers le sud.

À mesure que son corps se réchauffait, elle sentait une énergie nouvelle se diffuser en elle. Ses yeux mobiles, qui percevaient le moindre mouvement autour d'elle à la surface du désert, lui donnaient un peu le tournis. Cependant, en général, on pouvait dire qu'elle se sentait dans une forme splendide. C'était la première journée de sa mission, une mission dont le sort des siens dépendait en partie, et elle était prête à abattre littéralement des montagnes de sable et de roche !

Lorsque la sphère en fusion embrasa l'horizon, puis disparut, elle n'avait pas eu le temps de ressentir quelque fatigue que ce fût. Ses puissantes jambes lui faisaient fendre le désert à une allure grisante. Le crépuscule, cependant, la laissa frissonnante. Elle alluma précipitamment le petit réchaud au méthane qu'elle transportant dans son sac - et dont il lui faudrait se départir avant de croiser son premier darztl afin de ne pas éveiller les soupçons - et s'enroula dans sa couverture réfléchissante. Puis elle se rappela que ce n'était pas ce qu'il fallait faire. Alors elle se dénuda et se coucha dans le sable afin de profiter de la chaleur que le sol avait accumulée ; elle étendit la couverture métallique au-dessus d'elle de manière à y faire pénétrer la tiédeur réconfortante du petit radiateur et resta immobile en attendant que son habitat improvisé se fût réchauffé. Elle entreprit de mastiquer quelques-unes de ses rations, le plus efficace moyen pour elle de réchauffer son sang. Elle s'endormit toute tremblante en songeant qu'elle devrait bientôt capturer ses premiers écureuils des sables - ses premiers osfts - afin de se nourrir de leur chair crue comme tout darztl qui se respecte.

Le petit matin la retrouva transie et affaiblie. Elle dut somnoler quelques heures au soleil avant de reprendre sa route, ragaillardie, encore une fois émerveillée par l'étonnante faculté de récupération de l'espèce indigène de Mars II.

Conférence de Chloé Guilimpert
Responsable des opérations stratégiques
Service de la défense et de la sécurité
Présentée devant le conseil provisoire de Mars II
Le 05e jour de sixtembre de l'an 0040 T.M.

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Commentaires (2)

Ce n'est pas ce texte qui va

Ce n'est pas ce texte qui va m'amener à lire de la science fiction!

Lucie, je suis entrain de

Lucie, je suis entrain de lire ce livre et je peu vous laffirmer ce livre est un chef d'oeuvre

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