Voyage dans le temps

La nouvelle vague de romans historiques qui déferle sur nous cet été offre une vision si rafraîchissante du passé qu’elle dépoussière le genre – et saura désaltérer les lecteurs les plus asssoiffés.

 

 

Âge de pierre

par Martine Desjardins
Lectures d'été : voyage dans le temps

Photo : iStock

La nouvelle vague de romans historiques qui déferle sur nous cet été offre une vision si rafraîchissante du passé qu’elle dépoussière le genre – et saura désaltérer les lecteurs les plus asssoiffés.

 

 

Âge de pierre

La belle guérisseuse Ayla, celle qui sait dompter les chevaux et les loups, entreprend un long voyage initiatique au terme duquel elle deviendra prêtresse de la Terre Mère. Et ce sont les peintures rupestres des grottes de Lascaux qui lui serviront de guides. Chasse au mammouth, fabrication de sagaies en silex et de mèches de lampes en champignons séchés, distillation d’alcool de miel… Ce sixième tome de la série « Les enfants de la Terre », méticuleusement documenté, recrée la vie quotidienne à la fin de l’ère glaciaire comme si vous y étiez ! (Le pays des grottes sacrées, par Jean M. Auel, Presses de la Cité, 688 p., 34,95 $)

 


1488

En Inde, dans le désert du Rajasthan, la communauté des Bishnoïs vit en paix et en harmonie avec la nature depuis plus de 500 ans. Écologistes avant la lettre, ses membres suivent 29 principes assurant la préservation de la terre, de l’eau, des arbres et des animaux – jusqu’au moindre vermisseau. Dans leurs oasis, où les antilopes viennent brouter en toute liberté, il n’est pas rare de voir les femmes donner le sein aux faons orphelins ! Voici l’histoire inspirée et inspirante de leur fondateur, Djambo, ancien magicien ambulant, et des 366 fidèles morts en protégeant les arbres sacrés qu’un maharadja convoitait pour construire son palais. (La forêt des 29, par Irène Frain, Michel Lafon, 456 p., 29,95 $)

 


1599

Le sultan Mehmed III menait vraiment une vie de pacha. Laissant à sa formidable mère les affaires d’État, il restait vautré dans son harem, où une centaine de concubines, toutes originaire­s du Caucase, des Balkans et même d’Italie, jouaient des coudes (et du poison) pour attirer ses faveurs. Il était aussi courtisé par les ambassadeurs européens, qui le comblaient de présents dans l’espoir de commercer avec l’Empire ottoman. Le délégué de la reine d’Angleterre, venu lui offrir une horloge à automates, a une autre raison de vouloir s’introduire dans le sérail : il soupçonne que sa fiancée, enlevée par les pirates, en est maintenant prisonnière… (La porte aux oiseaux [lire un extrait >>], par Katie Hickman, JC Lattès, 450 p., 29,95 $)

 


1671

Lors de leur apparition à Amsterdam, les tulipes ont provoqué une telle fièvre qu’elles ont fait l’objet des plus folles spéculations : certains bulbes se vendaient le prix d’une maison ! Jusqu’à ce que le marché s’effondre, en 1637, et précipite dans la ruine des milliers de gens. Trente-quatre ans plus tard, alors que Louis XIV menace d’envahir les Pays-Bas, les membres influents d’une société d’amateurs de tulipes sont retrouvés assassinés. Ils tiennent tous dans leur poing un pétale d’un hybride très rare de tulipe noire, dont le parfum, selon certains, pousserai­t les gens au suicide. Actes de vengeance ou conspiration politique ? L’inspecteur Katoen, qu’on avait déjà croisé dans La couleur bleue, mène l’enquête d’une main de maître. (La tulipe du mal [lire un extrait >>], par Jörg Kastner, JC Lattès, 408 p., 32,95 $)

 


1797

L’histoire de Victor, l’enfant sauvage trouvé dans les forêts de l’Aveyron, a souvent été racontée, mais jamais avec une telle sensibilité. Pour la première fois, on entre vraiment dans la peau de cet être doté d’une extraordinaire capacité de survie, et on mesure toute la détresse qu’il a dû ressentir quand il a été mis en cage dans un institut de sourds-muets pour devenir le petit animal de laboratoire du Dr Itard. Si ce dernier a abandonné, au bout de cinq ans, tout espoir de le civiliser, ce n’est pas parce que Victor, comme il l’a laissé croire, était un cas désespéré. La véritable raison nous en est ici révélée – et elle est d’une tristesse à pleurer. (L’enfant sauvage [lire un extrait >>], par T.C. Boyle, Grasset, 182 p., 22,95 $)

 


1868

Depuis 16 ans, Paris est un gigantesque chantier, percé de part en part par les grands boulevards du baron Haussmann. Dans une étroite ruelle du faubourg Saint-Germain qui sera bientôt rasée, une vieille dame brave l’avis d’éviction et refuse de quitter sa maison ancestrale. Elle a l’intention d’y mourir avec ses souvenirs : ceux de son regretté mari, de son fils emporté par le choléra, de ses amies fleuristes ou baronnes, et surtout de la vie autrefois animée de son quartier, où tenaient boutique un imprimeur, une herboriste, un chocolatier, et le libraire qui lui fit découvri­r Flaubert. Mais à travers les bruits de démolition qui chaque jour se rapprochent, elle perçoit aussi la présence d’un intrus qui la hante depuis des années… (Rose [lire un extrait >>], par Tatiana de Rosnay, Héloïse d’Ormesso­n, 256 p., 34,95 $)

 


1889

Le Dr Georges Villeneuve est un de ces remarquables oubliés de notre histoire. Après avoir servi comme capitaine du 65e Bataillon durant la rébellion des Métis, il se spécialisa en maladies mentales, enseigna la médecine légale à l’Université Laval et fut, pendant près de 25 ans, « surintendant » de l’Hospice Saint-Jean-de-Dieu. En tant que médecin expert à la morgue de Montréal, il prit également part aux plus grandes enquêtes criminelles du tournant du 20e siècle. La série policière « Les cahiers noirs de l’aliéniste » a entrepris de nous faire connaître cet homme passionnant. Le premier tome le trouve à Paris, alors qu’il se spécialise à l’Hôpital Sainte-Anne et qu’il doit soigner un vétéran rongé par l’absinthe, soupçonné de couper les cheveux des femmes après les avoir tuées. Quant au deuxième tome, Le sang des prairies, il devrait paraître à la fin de l’été. (Dans le quartier des agités [lire un extrait >>], par Jacques Côté, Alire, 448 p., 27,95 $)

 


1893  

À Chicago, pendant que l’architecte Daniel Burnham lutte contre la montre pour terminer à temps les spectaculaires pavillons blancs qui accueilleront l’Exposition universelle, l’abominable H.H. Holmes, premier meurtrier en série des États-Unis, construit son « château des meurtres » – un hôtel macabre aux chambres insonorisées et sans fenêtres, équipé d’un four crématoire, où il torturera et tuera des dizaines de jeunes filles venues visiter l’Exposition avant de s’en prendre à des enfants. Le plus horrifiant de cette histoire, c’est qu’il s’agit d’une reconstitution fidèle de la réalité, et non d’un roman. Le parallèle établ­i ici entre le meilleur et le pire de l’esprit d’entreprise en Amérique est absolument fascinant. (Le diable dans la ville blanche [lire un extrait >>], par Erik Larson, Le cherche midi, 648 p., 34,95 $)

 


1896

Inspiré par La machine à explo­rer le temps, de H.G. Wells, un escroc londonien organise de faux voyages en l’an 2000, où les touristes croient assister au combat décisif des humains contre les robots. Mais il semble qu’ailleurs en ville un véritable voyageur temporel soit en train de s’amuser à modifier l’histoire. Comment se fait-il, par exemple, que les journaux annoncent l’arrestation de Jack l’Éventreur ? H.G. Wells lui-même devra déjouer les traquenards et remettre les pendules à l’heure. (La carte du temps, par Félix J. Palma, Robert Laffont, 552 p., 29,95 $)

 

 


1936

À Moscou, Staline a entrepris ses grandes purges et fait régner la terreur. Les délateurs voient des traîtres partout, et un mot de trop peut vous envoyer dans un goulag de la Kolyma, où le gang des Voleurs aux corps tatoués fait la loi. C’est dans cette atmosphère délétère que l’inspecteur Korolev tente de débusquer des trafiquants d’icônes qui laissent derrière eux une trace de cadavres mutilés. Ces malfrats, cependant, sont des agneaux comparés aux sbires qui épient ses moindres mouvements. Car Korolev n’est qu’un pion dans l’épique lutte de pouvoir qui se joue au sein de la police secrète, et dont le redouté Nikolaï Iejov sortira vainqueur… (Le royaume des voleurs [lire un extrait >>], par William Ryan, Flammarion, 368 p., 29,95 $)

 


1940

Les Allemands envahissent la Belgique et vont l’occuper durant quatre longues années. Couvre-feux, rationnement de la farine et du charbon, réquisition des chevaux et des automobiles… Une famille de la bourgeoisie bruxelloise, qui avait jusque-là joui tranquil­lement de ses privilèges, doit dire adieu aux bals de débutantes, aux séjours dans les capitales d’Europe, aux virées au casino d’Ostende. Les femmes de la maison, plus que les hommes, font preuve d’un courage admirable. Pendant que tante Irène espionne la Gestapo, sa nièce Delphine aide les Juifs à se cacher. Elles prêteront aussi secours aux déserteurs américains et allemands, parce que c’est à la guerre, surtout, qu’elles opposent une résistance opiniâtre. (La nuit d’Ostende [lire un extrait >>], par Paule Noyart, Leméac, 640 p., 39,95 $)

 

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