Luc Langevin : le maître des illusions

Luc Langevin maîtrise plus de 300 tours de magie à couper le souffle. Son arsenal : les lois de la physique et de l’optique. Incursion dans un monde où tout n’est qu’illusion.

par Catherine Dubé
Luc Langevin : le maître des illusions

Photo : Marie-Reine Mattera

Luc Langevin enlève sa ceinture. « C’est seulement pour la démonstration », dit-il, un sourire en coin.

Il fouille parmi les objets insolites posés sur la table de son salon et en extirpe un petit morceau de plastique jaune d’une dizaine de centimètres, qu’il met à l’horizontale sur le bout de son auriculaire. Il y accroche la ceinture, qui pend dans le vide, semblant défier les lois de la gravité. Le tout tient en équilibre, sans colle ni ficelle. J’ai vérifié.

À VOIR SUR L’ACTUALITÉ MULTIMÉDIA :
Comment les magiciens éblouissent nos cerveaux >>

« Les gens pensent instinctivement que les objets vont tomber au sol. Mais on peut les placer pour qu’ils soient en état d’équilibre statique, un principe méconnu de la physique », explique le magicien. Ce truc, il l’a fait à Guy A. Lepage lors de l’émission spéciale Comme par magie, diffusée le 31 décembre 2010 devant 1,5 million de téléspectateurs. Sous les yeux médusés de l’animateur, il a ensuite appliqué ce principe à son propre corps, penché vers l’arrière dans une position improbable, debout sur le bord d’un bac à fleurs dans la verrière du Musée des beaux-arts de Montréal.
luc-langevin-guy-a-lepage

luc-langevin-guy-a-lepage

Photo : Radio-Canada – Téléfiction

Inconnu du grand public il y a trois ans, Luc Langevin a déjà à son actif quatre émissions spéciales tournées avec des artistes pour Radio-Canada et il figure pour la troisième saison de suite parmi les têtes d’affiche de la chaîne ARTV, qui diffuse la série Comme par magie, dans laquelle il exécute ses tours de magie dans la rue, devant les passants.

Rien ne semble pouvoir arrêter le jeune illusionniste de 28 ans, pas même les lois de la nature. Il parvient à faire croire au public qu’il peut léviter, lire dans les pensées de Jean-René Dufort, téléporter la bague de Véronique Cloutier à l’intérieur d’une ampoule électrique et faire entrer un œuf dans une orange, devant un Ricardo Larrivée incrédule. Son pouvoir sur la matière et les esprits n’est qu’une illusion, mais il dirige parfaitement sa destinée.

Le concepteur de l’émission Comme par magie, le producteur Claude Veillet, a tout de suite vu qu’il avait devant lui un prestidigitateur unique en son genre le jour de l’audition, en 2007. « La plupart des magiciens ont un regard hautain et tentent de faire croire qu’ils ont des dons surnaturels. Pas Luc. J’ai senti sa timidité. Il retire un grand plaisir à voir la réaction des gens devant qui il fait ses tours. » Atouts non négligeables : ses ensorcelants yeux verts et son sourire énigmatique.

Le jour de l’audition, Langevin a joué à quitte ou double : « J’ai dit à Claude Veillet que je voulais devenir le meilleur magicien du monde. Et j’ai la conviction que j’en suis capable. » Adolescent, il avait assisté à un spectacle de David Copperfield, alors considéré comme la plus grande star internationale de la magie. « J’étais très impressionné, se souvient-il. Mais je me suis dit : il me semble qu’un jour je serais capable de faire la même chose. Il me semble même que je serais capable d’aller plus loin. »

Sa renommée commence à déborder les frontières du Québec. Sa série est déjà diffusée en Italie, en Lettonie, en République tchèque et sur TV5Monde. En mai, il a enchaîné les tournages à Paris et à Cannes pour une émission spéciale qui soulignera les 10 ans d’ARTV et pour deux épisodes de la série. Ces enregistrements serviront aussi de pilote afin de proposer le concept de Comme par magie aux Français.

L’illusionniste a profité de son passage à Cannes pour tester sa magie dans la rue auprès de festivaliers venant des quatre coins du monde. « C’est un langage universel. Quand on tend un éventail de cartes à quelqu’un, la personne sait qu’elle doit en prendre une », dit-il, enchanté. Claude Veillet prépare la rampe de lancement de la carrière internationale de Langevin. Après la France, ce seront les États-Unis, puis le reste de la planète. Le plan est sur le papier, minutieusement découpé en étapes.

La rencontre de ces deux hommes-là a entraîné une réaction en chaîne. Patron de la maison de production Téléfiction (Les pieds dans le vide, Le journal d’Aurélie Laflamme, Une pilule, une petite granule), Claude Veillet, 57 ans, n’avait jamais pensé devenir agent d’artiste avant de prendre Luc Langevin sous son aile. Et ce dernier se surpasse en lui présentant des scénarios de plus en plus complexes.

« Parfois, l’équipe de production pense que je n’arriverai pas à réaliser ce que j’ai écrit », rigole-t-il. Il n’a encore jamais raté un seul de ses numéros devant la caméra. « C’est une machine réglée au quart de tour, explique le réalisateur, Pierre-Antoine Fournier. Quand je dis : « Trois, deux, un, action ! », il performe. »

Plutôt que d’enchaîner les numéros, le prestidigitateur les imbrique les uns dans les autres, amenant ses invités de surprise en surprise. Dans la plus récente émission spéciale, diffusée en avril, la comédienne Hélène Bourgeois Leclerc est tellement troublée qu’elle passe du rire aux larmes en voyant Luc faire apparaître un œuf, qui se couvre de taches comme un guépard après qu’il y a mis le feu. Puis, il le casse sur le bord d’une coupe à vin et en fait sortir un poisson rouge bien vivant. La comédienne en tremble.

Le matériel de magie et les accessoires utilisés lors des tournages occupent toute une pièce de l’appartement de Luc Langevin. Tout y est : la petite valise dont il sort un énorme melon d’eau, les fourchettes qu’il plie par la force de la pensée, le cube de Rubik qu’il fait les yeux bandés, les mouchoirs, les jetons.

« C’est mon antre. C’est ici que je con­çois et que je répète tous mes numéros », dit-il, assis à sa table de travail, au milieu de ce sympathique capharnaüm, en jeans et t-shirt, comme à ARTV. Un grand miroir vertical lui permet de se voir de pied en cap lorsqu’il s’exerce à faire croire qu’il lévite. Pour les tours où il manipule des cartes ou de petits objets, il s’enregistre avec sa webcam, de façon à juger du résultat final avec le même regard que le public.
luc-langevin-interieur

luc-langevin-interieur

Photo : Louise Bilodeau

S’il a aujourd’hui les moyens de s’offrir un condo (il demande maintenant un cachet de 8 200 dollars pour un spectacle d’une heure et demie en entreprise et de 2 000 dollars pour une conférence dans une école), il a tout de même choisi de s’installer dans un appartement de quatre pièces et demie, situé dans un immeuble de briques brunes près de l’Université McGill, à Montréal. Il vivait encore jusqu’à tout récemment dans son deux-pièces d’étudiant, à trois rues de l’Université Laval, à Québec. « C’est deux fois plus grand ! » s’enthousiasme le jeune homme, qui emménage avec sa copine, Marie-Luce Gervais, jeune comédienne de Québec qu’il fréquente depuis plus de deux ans.

Luc Langevin n’a pas de temps à perdre avec la décoration. Aux murs de son petit appartement de Québec, il s’était contenté de fixer des affiches de David Blaine et de Criss Angel, deux illusionnistes américains qui l’inspirent, du légendaire magicien Harry Houdini et d’Albert Ein­stein. Il avait aussi accroché son DVD Or (5 000 exemplaires vendus du DVD de la première saison de Comme par magie) à côté de son diplôme de baccalauréat en génie physique.

Véritable esprit scientifique, Langevin aurait tout aussi bien pu être chercheur émérite. Il est titulaire d’une maîtrise en optique et il étudiait au doctorat en biophotonique à l’Institut national d’optique, à Québec, quand l’aventure de la télé a commencé. « Je travaillais à la conception d’une sonde pour observer les structures internes du cerveau », explique-t-il. Personne ne manipulait les lasers avec autant de dextérité que lui.

Dans sa bibliothèque remplie de livres et de DVD de magie se trouvent ses épais manuels de physique, qu’il consulte à l’occasion pour mettre au point des illusions reposant sur des principes optiques. Certains numéros lui ont été inspirés au laboratoire. « Un jour, un collègue a mis son doigt sur un pointeur laser rouge que j’utilisais pour aligner des lentilles, et je me suis aperçu que la lumière traversait sa peau », raconte le physicien. Dans un de ses tours, c’est son propre torse qui s’illumine pour former le chiffre tiré au hasard par un participant.

« Il y a de grandes similitudes entre concevoir un tour de magie et résoudre des problèmes d’ingénierie, explique l’illu­sionniste. Dans la vie de tous les jours, je suis souvent dans ma bulle, à remarquer des choses que la majorité des gens ne voient pas. Je vis dans le même univers que tout le monde, mais le regard que je pose dessus est différent. » Voilà ce qui rend Luc Langevin si singulier : il enrobe ses numéros d’explications scientifiques totalement véridiques, bien que ses tours, eux, ne soient que pure illusion. La science, qui colore la série Comme par magie, a d’ailleurs été ajoutée au concept de l’émission après l’arrivée du physicien dans l’équipe.

S’il avait pu faire un baccalauréat en magie, c’est ce qu’il aurait choisi. « Quand il s’est aperçu que cela n’existait pas, il a presque fait une dépression ! Pour lui, c’était inconcevable », dit son père, Robert Langevin.

Luc a à peine six ans quand il décide qu’il deviendra magicien. Ses parents viennent de lui offrir un livre de magie, dont il apprend tous les tours en un rien de temps. « À Noël, il avait été très impressionné par un spectacle de magie donné au party de bureau de Robert, se souvient sa mère, Nicole Dionne. Il était assis dans la première rangée, très attentif, lui qui était si tannant d’habitude ! »

Difficile à croire quand on voit son air bien élevé, mais Luc n’était pas un enfant très sage. « Je faisais des graffitis, je donnais des coups de pied et je me retrouvais dans le bureau du directeur », dit-il. Les policiers ont déjà frappé chez ses parents parce qu’il était monté sur le toit de l’école. « J’avais de mauvaises notes, car je n’étudiais pas. Je trouvais ça trop « plate » ! »

« Il cogitait et posait des questions très sérieuses. Il ne souriait pas beaucoup », dit sa mère. Effacé derrière sa grande sœur et son petit frère, beaucoup plus volubiles, il cherche des réponses dans la mythologie, la religion, la philosophie. C’est dans la science qu’il finit par les trouver. « En 2e secondaire, j’ai entendu parler pour la première fois des atomes qui constituent la matière. J’étais fasciné », dit-il en évoquant ce moment dont il se souvient avec acuité.

Par un drôle de détour du destin, la magie prend une grande importance dans sa vie à peu près à la même période. Il se produit alors sur scène pour la première fois, au gala de son école secondaire, le séminaire Saint-François, à Saint-Augustin-de-Desmaures, en banlieue de Québec. « Nous avons eu une révélation, raconte sa mère. C’était comme un grain de maïs qui venait d’éclater. » Sur scène, Luc le magicien rit et fait des blagues. Cet événement a eu l’effet d’un catalyseur. Luc venait de gagner l’estime de ses professeurs et il avait envie de leur plaire. Il a étudié davantage et ses notes ont monté en flèche.

Le gars souriant qu’on voit à la télé venait de naître. « Ce n’est pas un personnage. Grâce à la magie, il a pris confiance en lui. Il est heureux », dit sa mère. Rencontrer les parents de Luc Langevin, deux jeunes retraités de 58 ans, c’est voir l’incar­nation des deux pôles de sa personnalité. Sa mère, empathique, souriante et expressive, m’accueille avec chaleur dans le bungalow de Saint-Augustin où Luc a grandi. Cette psychoéducatrice de formation, qui a choisi de rester à la maison pour être présente auprès de sa progéniture, offre le café dans le service de porcelaine des grandes occasions et ponctue son récit d’éclats de rire contagieux.

Son père, tout aussi sympathique, mais plus réservé, a fait carrière comme comptable dans la fonction publique du Québec, notamment au Bureau du vérificateur général. On sent tout de suite l’esprit ana­lytique de ce grand homme mince, calme et pragmatique. « Luc a du talent, mais il est aussi très travaillant », souligne-t-il.

Combien de fois ses parents ont-ils entendu des pièces de monnaie tomber sur le sol quand Luc s’exerçait, parfois tard dans la nuit ?

Lorsqu’il a été invité à l’audition de Comme par magie, il se produisait depuis 12 ans déjà dans des fêtes d’entreprise, tentant de percer en distribuant son démo et en participant à des concours de variétés. « J’ai appris la programmation Web, le montage vidéo et même à faire du référencement avec des mots-clés pour que mon site sorte parmi les premiers dans Google. » Stratégie payante : c’est comme ça que Téléfiction l’a repéré.

Sa carrière télévisuelle naissante a failli connaître une fin abrupte l’été dernier. Au beau milieu des tournages de la troisième saison, le magicien-vedette de la série s’est retrouvé à l’hôpital, atteint d’une myélite, inflammation grave de la moelle épinière. Le médecin lui annonce alors qu’il risque la paralysie de la partie la plus précieuse de son corps : ses mains. Il n’a qu’une chance sur trois de s’en sortir sans séquelles.

« La première nuit, j’ai essayé de me lever et je suis tombé au sol, raconte-t-il. Je ne sentais plus mes jambes, et mes mains étaient engourdies. J’ai pensé : la vie ne peut pas me faire ça, pas maintenant. » Il lui a fallu trois semaines d’hospitalisation et un mois et demi de convalescence pour retrouver sa souplesse.

Luc Langevin sait aujourd’hui qu’il a joué à la roulette russe en menant de front ses études doctorales, des journées de tournage de 10 heures, des centaines d’heures de conception et de répétition, des spectacles en entreprise et d’incessants allers-retours entre Québec et Montréal. « Je pensais que j’allais faire un burnout. Je suis plutôt tombé malade. » Il a alors décidé d’abandonner son doctorat, non sans un pincement au cœur.

La troisième saison de Comme par magie sera la dernière. « La télé est dévoreuse d’illusions, dit son producteur, Claude Veillet. En trois ans, Luc aura fait plus de 300 illusions différentes. Un magicien en a habituellement une quarantaine dans son répertoire. » Il puisera dans ce bagage pour concevoir les séries qu’il souhaite réaliser à l’étranger.

Dès la fin de l’été, Luc Langevin se concentrera surtout sur la création d’un spectacle en salle qui prendra l’affiche en 2012. Maître des apparences, il apparaîtra de façon spectaculaire en début de cérémonie et modifiera le numéro final tous les soirs. Il croit tellement au succès de cette aventure qu’il y investit son propre argent. Ce spectacle à grand déploiement laissera tout de même place à plusieurs numéros de micromagie, sa spécialité. Des caméras capteront des images de ses mains, rediffusées sur écran géant, pendant qu’il manipule cartes, dés et jetons.

Même le nez collé à moins de 30 cm de ses mains, il est impossible de détecter comment il s’y prend pour transformer un billet de 20 dollars en billet de 100. L’air concentré, il plie soigneusement le billet vert – non truqué, puisqu’il provient de mon portefeuille. Quand il le déplie, quelques secondes plus tard, il est devenu brun, par on ne sait quel subterfuge. Puis, il lui redonne sa couleur d’origine en le repliant entre ses doigts fins. Il n’a rien caché dans ses bracelets, qu’il a pris soin d’enlever avant de commencer. Comment fait-il ? Grrrr ! Il sourit, fier de son coup. « Quand je présente un numéro, je finis par croire que j’ai de vrais pouvoirs, confie-t-il. Surtout si c’est une manipulation que je fais depuis longtemps. »

Le magicien a beau répéter qu’il ne fait que de l’illusion, certains sont persuadés qu’il a un don. « Presque tous les mois, des gens m’écrivent pour me demander d’intervenir auprès d’un proche malade, en débloquant un caillot par la pensée, par exemple. Je leur réponds que si je pouvais vraiment guérir les gens, je ne ferais pas de la télé. Je travaillerais à temps plein dans un hôpital. »

Le mentaliste Pierre Hamon, qui côtoie Langevin depuis plusieurs années au sein de l’Association des magiciens professionnels et amateurs de Québec, peut témoigner de son talent. « Techniquement, Luc se situe au-dessus de la moyenne, dit-il. Je connais des magiciens qui sont supérieurs à lui pour exécuter certains trucs précis, comme un mouvement de main rapide que même un initié ne verra pas, mais ne leur demandez pas autre chose. La grande force de Luc, c’est qu’il maîtrise toutes les branches de la magie. »

Son charisme séduit aussi bien les petits garçons de 12 ans qui veulent connaître ses trucs que les femmes dans la soixantaine qui voudraient l’avoir pour fils. Il a 15 000 amis Facebook, dont il lit tous les commentaires, et il alimente sa page lui-même, généreux en photos prises en coulisse. « Mon agent, Claude, me dit de ne pas perdre de temps avec ça, mais sentir l’appréciation des gens, c’est ça, mon salaire d’artiste. »

Durant le tournage des premières saisons, les passants étaient parfois réticents à s’arrêter pour regarder les tours de passe-passe d’un quasi-inconnu. « Maintenant, il y a des jours où trop de fans nous suivent, dit le réalisateur, Pierre-Antoine Fournier. Luc doit s’arrêter pour signer des autographes, ça complique les tournages ! »

« Il est en train d’apprendre à gérer sa nouvelle vie de vedette, mais c’est le même gars qu’avant, un gars pas com­pliqué », commente son ami Pierre Hamon.

Claude Veillet a discuté avec son poulain du principal piège qui le guette : la prétention. « Cela pourrait lui faire perdre la sympathie du public et ruiner sa carrière », dit-il. Langevin le sait. « J’ai eu une prise de conscience en voyant une vidéo d’une de mes prestations lors­que j’étais au cégep, il y a une dizaine d’années. J’avais vraiment l’air de me prendre pour un autre ! » Il affirme être maintenant vacciné : demeurer humble fait partie intégrante de sa démarche artistique.

Luc Langevin a déjà payé sa rançon à la gloire. Il a perdu un ami, un magicien qui lui reproche de s’être approprié un de ses tours. « Ça m’attriste beaucoup, dit-il. Nous, les magiciens, avons un répertoire commun dans lequel nous puisons tous. Chacun y apporte sa couleur… »

Le jeune artiste a encore une candeur rafraîchissante. Habitué de travailler sur un plateau où tous les techniciens connaissent ses trucs, il s’exécute en toute confiance lorsque la photographe Marie-Reine Mattera lui demande s’il peut faire léviter quelque chose durant la séance photo de L’actualité. Il lui fabrique une jolie rose de papier et sort un fil invisible de sa poche… avant de se rendre compte que les gens présents dans le studio ne sont pas tenus de garder le secret. « Ça n’explique pas tous les tours de lévitation, se dépêche-t-il de préciser avec un petit rire. Je ne peux rien faire tenir de plus lourd qu’une feuille de papier avec ce truc. »

Comment fait-il tenir dans le vide une pomme ou le corps d’un cobaye recruté dans la rue ? Cela restera un mystère. « Toute l’équipe de production a signé une entente de confidentialité éternelle qui s’applique partout, même sur Jupiter », dit Claude Veillet. Lui-même préfère ne pas connaître tous les trucs de son protégé afin de rester émerveillé.

Vendre du rêve… Le magicien se questionne parfois, l’espace d’un instant, sur la valeur de son métier. « Je me dis alors que je serais plus utile à la société si je travaillais en recherche. Mais il y a d’autres bons chercheurs, alors que des magiciens québécois qui ont connu du succès à l’étranger, il n’y en a pas eu beaucoup. Je pense que je suis là où je dois être. »

Impossible d'ajouter des commentaires.