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Quels humains pour demain ?


3 Juin 2009

Et si Star Trek et Terminator étaient plus que des divertissements ? Justice, gouvernance, famille, biologie, sexualité... peu de domaines ont échappé au regard inquisiteur de la science-fiction. Par elle, l'espèce humaine repense-t-elle le monde ?

 

Photo : iStockphoto

L'envahisseur est à nos portes. Du 6 au 10 août, des milliers d'amateurs de science-fiction déferleront sur Montréal. Exégètes d'Isaac Asimov, émules de M. Spock ou volontaires pour coloniser Mars, ils s'empareront du Palais des congrès. S'y tiendra, pour la première fois au Québec, la World Science Fiction Convention (Anticipation 2009), le plus grand rassemblement annuel de tout ce que la SF compte d'auteurs, de cinéastes, d'adeptes. Au programme : des ateliers, des tables rondes et la remise des Hugo, l'équivalent, dans l'univers de la science-fiction, des Goncourt et des Oscar.

Les grands écrans aussi seront habités par des êtres étranges venus d'ailleurs. À l'affiche, Terminator : Rédemption, Transformers : La revanche, un remake de la série-culte Land of the Lost et le 11e (!) Star Trek. La longévité de Star Trek, créé dans les années 1960, n'est peut-être pas si étonnante. Son univers se distinguait alors par son audace et son aspect visionnaire. Aux bulletins d'informations de l'époque, il était question de la guerre froide, des défenseurs des droits des Noirs, qui mettaient le feu dans les rues, et des militantes féministes, qui entraient en scène. Pendant ce temps, le vaisseau Enterprise était commandé par une Noire, un Américain, un Russe et un extraterrestre qui s'entendaient parfaitement et jouaient les diplomates aux quatre coins de la galaxie.

Vous êtes allergique aux monstres métalliques armés de rayons laser ? Vous êtes persuadé que l'amateur type a 13 ans et de l'acné ? Ou qu'il pèse 130 kilos, habite le sous-sol de ses parents et mange de la pizza froide en essayant d'infiltrer l'ordinateur du Pentagone ? Vous avez tout faux. Ou presque.

Car la SF, ce ne sont pas que des navets à méga-effets spéciaux mettant en vedette des cafards géants venus de la galaxie du Cheval. C'est avant tout un genre littéraire dont la naissance remonterait au Moyen Âge ou même à Lucien de Samosate, satiriste syrien mort vers l'an 180. Depuis, de nombreux grands esprits, de l'astronome Johannes Kepler au scientifique Carl Sagan en passant par le philosophe Voltaire, ont essayé d'imaginer leur monde transformé par les avancées scientifiques.

Justice, médecine, famille, éthique, nationalisme, biologie, sexualité, alimentation, immigration, peu de domaines ont échappé au regard inquisiteur des auteurs de SF. « Et si nous vivions autrement ? » demandent-ils. Si nous pouvions traiter l'autisme, les personnes atteintes voudraient-elles vraiment devenir « normales » ? s'interroge l'Américaine Elizabeth Moon (The Speed of Dark). Si une mutation génétique était à l'origine d'une nouvelle espèce humaine (comme les Homo sapiens sont un jour apparus aux côtés des Néandertaliens), comment l'accueillerions-nous ? demande pour sa part Greg Bear (L'échelle de Darwin). Ou si les Néandertaliens avaient survécu, quel monde auraient-ils créé ? En l'imaginant, le Canadien Robert Sawyer oblige ses lecteurs à réfléchir sur la façon dont nos sociétés répriment la violence et appliquent la justice.

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