Comment mettre en valeur les 3 000 objets et documents que lui ont légués les Sœurs de la Charité ? Le Musée de la civilisation de Québec n’a pas vu son budget augmenter depuis 20 ans ! Notre mémoire collective est menacée, dit son directeur, Michel Côté.

Il y a des cadeaux qui ne se refusent pas. Lorsqu'un homme d'affaires de Québec, Paul Bienvenu, a offert sa fabuleuse collection de voitures hippomobiles au Musée de la civilisation de Québec (MCQ), l'hiver dernier, l'établissement s'est empressé d'accepter. Même s'il n'avait nulle part où les mettre.
Les réserves du Musée sont déjà pleines à craquer. Y faire entrer 200 carrioles, calèches et traîneaux anciens est impensable. « Je ne sais toujours pas comment je vais faire pour les entreposer et les conserver à long terme, admet le directeur général du MCQ, Michel Côté. On aurait besoin de 500 m2 supplémentaires. Et pas de n'importe quel entrepôt ! Il nous faut une réserve climatisée répondant à des normes internationales. » Alors ces véhicules historiques ayant appartenu à des notables, comme lord Stanley et lord Grey (qui ont chacun un trophée sportif à leur nom), dormiront dans la grange du collectionneur en attendant que le Musée puisse les accueillir.
Ce genre de problème se présente régulièrement dans la vie de Michel Côté. Avec une enveloppe budgétaire qui n'a pas augmenté depuis 20 ans, le MCQ a de moins en moins les moyens de ses ambitions. L'établissement, qui a rafraîchi la muséologie québécoise dès sa fondation, en 1988, attire toujours les foules avec ses expos interactives sur tous les aspects de l'expérience humaine. Mais le manque de fonds pourrait mettre sa mission en péril.
Michel Côté en a vu d'autres. Pendant une décennie, ce Québécois a dirigé l'un des plus importants chantiers culturels de la France : c'est lui qui a préparé la mise au monde du Musée des Confluences, à Lyon, un mégamusée des sciences et des sociétés qui devrait ouvrir ses portes en 2014.
Le muséologue est rentré au bercail pour prendre les rênes du MCQ il y a un peu plus d'un an. Au programme les mois prochains dans l'édifice de la Basse-Ville de Québec : une incursion dans l'univers de l'auteur Michel Tremblay, des armures japonaises vues pour la première fois au pays, des chapeaux qui racontent le Québec autrement, une plongée dans 2 600 ans d'histoire romaine. Tout un défi en ces temps de vaches maigres !
L'actualité en a discuté avec Michel Côté lors d'un entretien cet automne.
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Vous présentez jusqu'en janvier une grande exposition sur l'histoire de Rome. L'an prochain, vous braquerez les projecteurs sur les samouraïs japonais. Pourquoi cette orientation internationale ?
On vit dans un monde de plus en plus ouvert, et c'est un phénomène que le Musée doit creuser. Le Québec n'a jamais été replié sur lui-même. Nous nous sommes toujours définis par nos contacts avec les autres. Alors je cherche à permettre le passage vers d'autres imaginaires. L'exposition Rome fait partie de cette série. Que l'on pense au droit romain, au latin, au Vatican, on ne peut pas faire abstraction de Rome quand on est québécois, pas plus qu'on ne peut faire abstraction de Paris.





