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Tiffany et nous


4 Mars 2010

Qui savait que le vent de Tiffany avait soufflé jusque dans une petite église montréalaise à la fin du 19e siècle ? Une expo consacrée au célèbre verrier lève le voile sur cette belle découverte.

Une exposition consacrée au célèbre verrier Tiffany à Montréal
Photo : MBAM

Ils sont 18... Dix-huit trésors qui dormaient dans une église de la rue Sherbrooke depuis plus de 70 ans. Ces vitraux aux scènes bibliques, tout droit sortis des ateliers de Louis Comfort Tiffany, auraient pu être de qualité médiocre. Ils se sont avérés exceptionnels, au grand bonheur du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), propriétaire de l'église. Depuis le 12 février, ils sont les vedettes d'une exposition spéciale qui présente plus de 180 œuvres de l'artiste verrier.

(Voir également le photoreportage « Les vitraux de Tiffany »)

L'aventure commence en 2007. La communauté presbytérienne se résout à vendre l'église Erskine and American, faute de fidèles et de moyens pour entretenir ce lieu historique classé au patrimoine architectural canadien. Pour le Musée, qui se trouve tout à côté, c'est l'occasion idéale de s'agrandir. Il acquiert donc l'édifice, et la décision est rapidement prise d'y aménager le pavillon d'art canadien ainsi qu'une salle de concert. Les travaux de restauration commencent, les vitraux sont retirés et soumis à l'expertise de deux spécialistes américains de Tiffany. Conclusion : cette collection est unique par le nombre de pièces et par leur état de conservation exceptionnel. « Ça a été une belle surprise, on ne s'attendait pas à des œuvres d'une telle valeur », s'enthou­siasme Nathalie Bondil, l'énergique directrice du MBAM. Car selon l'époque de fabrication, la qualité peut varier. Or, sur les 18 vitraux de l'église, 17 ont été créés durant l'âge d'or des ateliers Tiffany, de 1894 à 1904.

D'une collection exceptionnelle à une rétrospective consacrée à l'artiste, il n'y avait qu'un pas. Nathalie Bondil et Rosalind Pepall, commissaire de l'exposition, l'ont franchi et proposent au public de découvrir l'œuvre du verrier, fils d'un célè­bre joaillier new-yorkais. L'exposition se veut pédagogique et thématique. Le visiteur apprendra que Louis C. Tiffany se destinait au départ à la peinture, art qu'il avait étudié à New York et à Paris. Il fera connaissance avec ses tableaux de jeunesse et ses premières créations en verre. Puis, grâce à des documents d'époque, il sera le témoin des succès européens de l'artiste, dont le meilleur ambassadeur fut le marchand d'art parisien Samuel Bing. Mais le clou de l'exposition reste les 18 vitraux de l'église Erskine and American.

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