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Vivement septembre


15 Septembre 2011

Avec une salle de concert toute neuve, le chef de l’OSM, Kent Nagano, entend offrir plus que jamais la musique au plus grand nombre.

Entrevue avec Kent Nagano : Vivement septembre
Photo : B. Ealovega

Approcher le directeur musical de l'Orchestre symphonique de Montréal tient de l'exploit, tant son emploi du temps est chargé. Tout le monde court autour de lui ; il reste incroyablement calme, d'une courtoisie et d'une affabilité parfaites.

Dans son bureau étonnamment modeste, le maestro lâche parfois un rire enfantin, réfléchit longuement avant de parler et s'exprime posément dans un langage où affleurent des mots en anglais, quand ce ne sont pas des phrases complètes.

Il a dirigé les plus grandes formations, enregistré sous de nombreuses étiquettes, remporté beaucoup d'honneurs. Kent Nagano a surtout amené au concert ceux pour qui la musique classique équivalait à un châtiment ou à un vieux machin compassé.

Début septembre, le chef et ses musiciens pendent la crémaillère de leur nouvelle résidence, évaluée à 259 millions de dollars.
Lire l'article : « OSM : une salle presque parfaite ! » >>

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Pourquoi l'OSM tenait-il tant à avoir sa résidence quand, par exemple, aucun des cinq orchestres symphoniques britanniques n'a de salle permanente ?

À Londres, il y a des salles merveilleuses, telles que le Barbican Centre et le Royal Festival Hall, expressément conçues pour les concerts. Longtemps, en Amé­ri­que du Nord, il fut architecturalement et peut-être civiquement responsable de cons­truire des salles multivocationnelles. Un des meilleurs exemples est la salle Wilfrid-Pelletier, à Montréal, que l'on peut facilement comparer au Dorothy Chandler Pavilion, à Los Angeles, où l'on assiste tour à tour à un concert philharmonique, à un ballet, à la remise des oscars, à un congrès ou à une collation de diplômes. Un jour, la population a manifesté le désir d'opposer au Dorothy Chandler Pavilion un lieu exclusivement voué à la musique symphonique. Le Walt Disney Concert Hall, magnifique complexe, a été inauguré en 2003.

À Montréal, les plans initiaux de la Place des Arts prévoyaient une salle réservée à la musique classique. Plusieurs raisons en ont empêché la réalisation à l'époque. Avec le temps, la société québécoise a jugé important de s'offrir un lieu où elle pour­rait goûter un concert sym­phonique dans les meilleures conditions physiques et sonores possible.

Vous étrennez votre nouvelle maison avec un « festival » de cinq jours, au cours duquel vous dirigez un concert associant Beethoven à trois géné­rations de compositeurs québécois : Claude Vivier, Gilles Trem­blay, Julien Bilodeau. Raco­lage, démagogie ?

Il s'agit plutôt d'un message symbolique. Cette nouvelle salle n'est pas une salle de concert comme une autre, mais une salle de concert du Québec. C'est pourquoi, pour notre activité « portes ouvertes », nous avons invité 17 groupes musicaux, de toutes les régions du Québec, à s'approprier l'endroit, à jouer dans le hall et autres espaces publics. Avec cette salle, le Québec se dote d'un point de rencontre internationale - on y recevra les plus prestigieuses formations -, qui, en retour, le fera rayonner dans le monde.

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