Le Web fourmille de bonnes affaires et d’outils pour les trouver. Et contrairement à la croyance populaire, on ne s’y fait pas plus avoir qu’ailleurs !

Francine Jacques ne met presque jamais les pieds dans un centre commercial. Ses achats, elle les fait en prenant un café, dans son chaleureux petit condo du Vieux-Montréal. « La magasineuse », qui tient depuis 2007 un bloguide, est une adepte du lèche-écran ! « C'est moins fatigant de magasiner sur le Web, dit-elle. Et ça rapporte ! »
Cette jeune retraitée est une redoutable chasseuse d'aubaines. En quelques clics, elle a déniché, en janvier, une belle grande nappe et des napperons brodés à moitié prix, ainsi qu'un coffret d'ustensiles pour barbecue à 75 % de rabais. « La livraison à domicile était gratuite », dit la blogueuse, qui a vendu sa voiture et fait même son épicerie en ligne.
Au Québec, près de 20 % des adultes ont fait des achats dans Internet en 2009, comparativement à 15 % l'année précédente, selon le Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO). Ce qui les attire ? « Le côté pratique et, bien sûr, les bas prix », dit Sylvain Sénécal, professeur et titulaire de la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier, de HEC Montréal.
Le cyberespace est un immense centre commercial qui affiche toujours des soldes. De nombreuses chaînes (Future Shop, Bureau en Gros, etc.) écoulent leurs stocks en ligne. Des cyberdétaillants, dont overstock.com, vendent au rabais des produits de fin de série achetés chez de grands fabricants. Depuis peu, des « clubs de magasinage VIP », tels que ideeli.com, proposent à leurs membres des produits dont le prix est réduit jusqu'à 80 %. Des sites offrent aussi des bons de réduction.
Zeina Gharzouzi, 34 ans, magasine en ligne depuis près de huit ans. Pour trouver des aubaines, cette Libanaise d'origine, conférencière sur les tendances et innovations dans les domaines du commerce et de la consommation, consulte notamment wishabi.ca. Ce site compare le prix d'un même produit dans des commerces canadiens et américains en tenant compte de la devise, des taxes, des frais de livraison et des droits de douane ! On peut y suivre l'évolution du prix d'un article au fil des mois. « Grâce à ce site, j'ai payé une montre en argent environ 110 dollars chez un détaillant américain au lieu de plus de 200 dollars à Montréal », dit-elle.
Au rayon de l'occasion, le Web comporte aussi de bonnes affaires. Depuis trois ans, Serge Lepage bouquine dans abebooks.com, un centre de marché électronique où il peut acheter des livres neufs et d'occasion dans des librairies un peu partout sur la planète. « J'y ai trouvé un ouvrage technique à 10 dollars américains, alors que l'éditeur en demandait 58 pour un exemplaire neuf », dit ce coordonnateur de projets en environnement.


