Pas d’enfants, pas d’héritiers ? Faux. De plus en plus de Québécois se préparent à devenir mécènes... après leur mort.

« À qui vais-je laisser mon argent ? » Cette question, Me Sylvie Baillargeon l'entend régulièrement. Cette notaire de Québec a préparé des centaines de testaments en 18 ans de carrière. Au fil des ans, elle a vu les patrimoines grossir, mais les héritiers se faire plus rares. « Je vois plus souvent qu'autrefois des clients qui n'ont pas d'enfants et n'ont pas l'intention d'en avoir, constate-t-elle. Certains disposent d'une somme considérable et ne savent pas à qui la léguer. »
Ils seront nombreux dans cette situation au cours des prochaines années, si l'on en croit le dernier recensement de Statistique Canada. En 2006, 17 % des Canadiennes âgées de 30 à 34 ans ont dit ne pas vouloir d'enfants. Chez les hommes du même âge, 18 % ont exprimé la même intention. Ces enfants de baby-boomers hériteront peut-être des REER, placements ou assurances vie de leurs parents. Que feront-ils du patrimoine familial, durement gagné ?
« Personnellement, je déconseille à mes clients de tout laisser à un neveu ou à une nièce qu'ils ne voient à peu près jamais, dit Me Baillargeon. Cet argent serait vite dépensé. Recevoir un héritage, c'est un peu comme gagner à la loterie. Quand l'argent vient d'un parent lointain, il brûle d'autant plus les doigts ! À mon avis, mieux vaut laisser sa marque en venant en aide à une cause qui nous tient à cœur. »
Première étape pour les philanthropes en herbe : sélectionner le ou les organismes qui profiteront de leurs dons. Musées, hôpitaux ou organismes communautaires, les options ne manquent pas !
Il faut ensuite songer aux biens qu'on veut léguer. Désire-t-on laisser tout son patrimoine ? Une somme précise ? Un pourcentage? La somme résiduelle, une fois réglés tous les autres legs et les dépenses ? « Les dons planifiés peuvent prendre plusieurs formes», explique Lucille Grimard, présidente d'Un héritage à partager, programme de sensibilisation mis sur pied par les organismes de bienfaisance pour faire connaître les dons planifiés aux Québécois. « On peut léguer de l'argent, des actions, des immeubles. On peut aussi désigner un organisme de bienfaisance comme bénéficiaire d'une police d'assurance vie », précise Lucille Grimard, qui est aussi directrice de la collecte de fonds à la Fondation des maladies du cœur du Québec. Chaque forme est assortie d'avantages fiscaux dont il vaut mieux discuter avec un spécialiste.
Lorsque ces questions sont réglées, il ne reste plus qu'à choisir l'emballage. Ceux qui disposent d'une jolie fortune pourront mettre sur pied leur propre fondation, de leur vivant ou après leur décès, par testament. Le patrimoine sera investi, et les intérêts, versés annuellement à la cause de leur choix.






