Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) séduit les personnes de 45 ans et plus. Pourtant, ce sont les jeunes qui ont le plus à y gagner !

La souplesse. C'est ce qui a incité Baudouin Niogret à ouvrir un compte d'épargne libre d'impôt (CELI). « Qui sait ? Je pourrai peut-être m'offrir un voyage d'ici deux ans », dit le jeune professionnel de 27 ans, satisfait d'avoir opté pour ce régime d'épargne, lancé en janvier par le gouvernement Harper. Il peut verser jusqu'à 5 000 dollars par année dans ce compte, dont les revenus de placement sont exempts d'impôt.
On peut ouvrir un CELI dès l'âge de 18 ans. Ainsi, un jeune a des années devant lui pour faire fructifier son épargne : s'il dépose 5 000 dollars par an, son pécule pourrait atteindre la rondelette somme de 173 596 dollars 20 ans plus tard, en supposant un rendement annuel de 5 %. Il aura alors gagné 73 596 dollars de revenus de placement, sur lesquels il ne paiera jamais d'impôt.
Mais il est possible de tirer encore davantage profit de ce régime d'épargne, selon Gordon Gibson, vice-président à la stratégie des ventes et aux communications à la Financière Banque Nationale. Un épargnant devrait, dit-il, cotiser à un CELI lorsqu'il est jeune, généralement en début de carrière, et que son taux d'imposition est faible, ses revenus étant modestes. Puis, quand ses revenus augmentent, il aurait tout intérêt à retirer l'argent de son CELI pour le verser dans son régime enregistré d'épargne-retraite (REER). Il bénéficiera alors d'une déduction fiscale particulièrement intéressante, parce que son taux d'imposition sera plus élevé.
Évidemment, cela suppose que le jeune veuille épargner... ou puisse le faire. À ce chapitre, une enquête a été menée dans Internet par l'Université Laval en juin 2008. Sur les 966 jeunes de 18 à 29 ans qui ont été sondés, 59,5 % ont dit mettre de l'argent de côté. Leurs économies totales s'élevaient en moyenne à 8 837 dollars.
Ces sommes n'ont toutefois pas été versées dans un CELI. « Ce produit attire les personnes de 45 ans et plus », dit Eric Menegazzi, directeur des comptes au Mouvement Desjardins, où l'on comptabilisait 240 000 CELI au 30 juin dernier. Même son de cloche à la Banque Nationale et à la Banque Laurentienne, où l'on ne donne toutefois pas de chiffres.
Il n'y a rien de surprenant à cela, explique Denis L'Hostie, directeur principal de la planification financière à la Banque Laurentienne : « Les personnes plus âgées ont plus d'argent ou elles ont déjà versé leurs cotisations maximales à leur REER. »
C'est le cas de Pierre, qui ne souhaite pas divulguer son identité. Ce professionnel de 45 ans aimerait bien épargner davantage à l'abri de l'impôt, mais il a déjà cotisé tout ce qu'il pouvait à son REER. Dans son cas, le CELI est arrivé à point. « Je voulais investir dans l'immobilier, mais les rendements étaient trop faibles », dit-il.


