Une résidence secondaire, un rêve impossible ? Pas si on la loue pour arrondir ses fins de mois. Mais attention, il faut le faire en toute légalité !

Chaque année, au Québec, environ 200 propriétaires de chalet reçoivent une lettre du ministère du Tourisme les avisant qu'ils sont hors la loi. Leur crime ? Avoir loué leur chalet sans en avoir informé le Ministère. Ce faisant, ils s'exposent à une amende pouvant atteindre 2 250 dollars par infraction ! « Une fois qu'ils ont compris ça, ils collaborent bien », dit Raymond Lesage, sous-ministre adjoint à l'accueil et à l'hébergement au ministère du Tourisme du Québec.
Ce que les propriétaires frauduleux ne savent pas - ou préfèrent ne pas savoir -, c'est qu'avant de mettre leur chalet en location ils doivent s'inscrire à la Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ). Car louer son chalet pour arrondir ses fins de mois, c'est bien beau, mais attention... cela vient avec de nombreuses responsabilités ! Il y a, bien sûr, le confort de ses locataires auquel il faut veiller, mais aussi l'appétit de l'État qu'il faut satisfaire : impôts sur les revenus de location et perception des taxes.
L'État est aux aguets. Évidemment, on est loin de l'escouade tactique qui traque les fraudeurs de chalet en chalet. « La plupart des cas de location illégale nous sont signalés par des délateurs », précise Raymond Lesage.
Sur les 162 000 Québécois qui possèdent un chalet, 2 040 en font « officiellement » la location, selon les données de 2008 du ministère du Tourisme. C'est 81 de plus qu'en 2007. Mais personne n'est dupe. Qui ne connaît pas un propriétaire qui « prête » son chalet à des « amis », moyennant quelques centaines de dollars glissés sous la table ?
Il est vrai que la chose est tentante : légale ou au noir, la location est une façon simple de financer en partie la construction, l'achat ou l'entretien d'un chalet.
C'est la solution qu'a adoptée - en toute légalité - Michel Salmon lorsqu'il a construit le chalet de ses rêves sur les rives du lac Simoneau, dans les Cantons-de-l'Est, il y a une dizaine d'années. Depuis, des Québécois, des Américains, des Européens et même des Antillais ont séjourné dans sa propriété de quatre chambres à coucher et deux salles de bains, qui tient davantage de la résidence secondaire que du camp de pêche...
Prix de la location hebdomadaire : de 1 495 à 2 750 dollars, selon la période de l'année. « Je vise une clientèle aisée qui cherche le luxe et la tranquillité au bord d'un lac, et qui ne s'arrête pas au prix. »






