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Rentables… et vertueux


16 Mars 2010

Le rendement des fonds éthiques équivaut à celui des fonds traditionnels, le dépasse même parfois. Pourquoi les Québécois y investissent si peu ?

Pourquoi les Québécois investissent si peu dans les fonds éthiques ?
Illustration : Alain Pilon

Pour Véronique Robichaud, économiste de 40 ans à la fibre écolo, l'investissement n'est pas qu'un moyen de faire fructifier ses économies et de s'assurer une retraite à l'abri des soucis financiers. C'est aussi une forme de militantisme. « Je suis de celles qui croient que les investisseurs ont plus de poids qu'ils ne le pensent et que leurs choix peuvent influencer le comportement des entreprises », dit-elle. En 2008, cette chargée de cours à HEC Montréal a donc commencé à choisir ses placements selon des critères sociaux, environnementaux et de gouvernance d'entreprise. Bref, selon les principes qui sous-tendent ce qu'il est désormais convenu d'appeler, dans le monde de la finance, l'investissement socialement responsable (ISR).

L'institution financière avec laquelle Véronique Robichaud fait affaire, la Banque de Mont­réal, n'offre alors ni portefeuille ni fonds de ce genre - son conseiller financier ignore même de quoi elle lui parle. « Après quelques recherches, je me suis tournée vers le cabinet Avantages Services Financiers, qui m'offrait la possibilité d'investir selon mes critères », dit-elle. Aujour­d'hui, le tiers de son portefeuille est constitué d'actifs d'entreprises socialement responsables.

« Le rendement est semblable à celui de mes autres actifs, dit-elle. Au terme de la crise économique, j'avais moins perdu avec mes fonds éthiques qu'avec les autres. »

Les fonds socialement responsables sont gérés selon les critères quantitatifs habituels - risque et rentabilité -, auxquels on ajoute des critères liés à la responsabilité sociale, tels que le développement durable, la transparence et la qualité de la politique salariale. Certains excluent les entreprises actives dans des secteurs particuliers, comme le tabac, les armements et le sexe.

Le mythe présentant l'ISR comme du bénévolat financier peu rentable est tenace. « Et c'est faux ! » dit Michel Marcoux, président du cabinet montréalais Avantages Services Financiers. Le rendement de tels fonds est comparable à celui des fonds classiques, et dans certains cas supérieur. À preuve, le rendement global du Domini Social Index, indice boursier américain qui regroupe 400 entreprises socialement responsables, a surpassé celui de l'indice Standard & Poor's 500 en 2008. Et le Jantzi Social Index, indice créé en 2000 et qui compte 60 sociétés canadiennes choisies en fonction de critères de responsabilité sociale, a surpassé son pro­pre indice boursier de référence, le S&P/TSX.

Stimulée par une conscience environnementale et sociale qui ne cesse de croître, la valeur des actifs augmente d'année en année. Au Canada, en 2008, on comptait 609 milliards de dollars d'actifs dans l'investissement socia­lement responsable, une augmentation de 21 % par rapport aux 504 milliards de 2006.

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