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La bataille du Saint-Laurent


2 Juin 2009

Doit-on draguer le fleuve pour permettre aux monstres des mers d’atteindre Montréal, au risque de bouleverser la faune et la flore qui y vivent ? Écolos et marins s’affrontent.

C'est dans les bureaux de l'administration portuaire de Hongkong que le déclin du port de Montréal m'a soudain paru inévitable. Le sous-secrétaire principal du Bureau du transport de Hongkong, lui, en est convaincu. « Les ports qui ne pourront accueillir les navires post-Panamax [c'est le cas à Montréal] sont condamnés à devenir des ports de seconde zone », lance Ming-Kwon Chan sur un ton assuré.

Et un port, c'est plus qu'un lieu de chargement et de déchargement de marchandises. Les retombées économiques du port de Montréal sont estimées à un milliard de dollars dans tout le Québec. Et 12 000 emplois directs et indirects dépendent de ses activités.

À travers les fenêtres de ce bureau trop climatisé du centre-ville de Hongkong, j'observe au loin les dizaines de grues charger les porte-conteneurs qui glisseront ensuite vers la mer, lourds de 8 000, 10 000, voire 12 000 caisses de métal. Ce sont de tels géants, trop imposants pour franchir le canal de Panamá, que l'on appelle les post-Panamax. Le port de Montréal me semble soudain bien petit. Et si Ming-Kwon Chan avait raison ? Après tout, les Coréens sont prêts à construire des navires pouvant transporter plus de 22 000 conteneurs !

Patrice Pelletier, ex-PDG du Port de Montréal, n'est pas ébranlé. « Les plus gros navires ne viendront pas ici. Ne visons pas trop haut », disait-il l'été dernier, quelques mois avant qu'on lui indique la sortie. Comparer les ports asiatiques à celui de Montréal est une erreur, estime-t-il. Là-bas, la plupart d'entre eux sont situés directement sur l'océan, alors que pour atteindre Montréal les navires doivent franchir 800 km sur un fleuve sinueux parsemé d'obstacles.

Patrice Pelletier voit même dans l'impossibilité pour les post-Panamax de se rendre jusqu'à Montréal une occasion de croissance : « Les navires de moyenne capacité [jusqu'à 4 400 conteneurs] viendront davantage. »

Certains post-Panamax peuvent naviguer jusqu'à Montréal, se défend-on désormais au port. À condition de n'être pas trop chargés...? Remplis au maximum de leur capacité, les plus petits (de 4 000 à 6 000 conteneurs) ont un tirant d'eau de 13 m. Le chenal du Saint-Laurent et le port leur offrent 11 m de profondeur d'eau seulement.

Bien qu'aucun aménagement ne soit prévu pour favoriser la venue de post-Panamax (pleins), Montréal compte faire passer la quantité de conteneurs qui y débarqueront à 3,6 millions d'ici 2020. Trois fois plus qu'aujourd'hui. Deux nouveaux terminaux seront construits, l'un au sud de la rue Viau, dans l'est de Montréal, l'autre dans le secteur de Pointe-aux-Trembles ou à Contrecœur, en Montérégie.

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Commentaires (7)

Le progrès demande des

Le progrès demande des nouvelles façon de faire. Je suis certain qu'on peut trouver une façon de permettre aux plus gros transporteurs de venir jusqu'à Montréal. Et ce n'est pas l'opposition de gens non élus et qui ne doivent des comptes qu'a leurs commanditaires inconnus, qui doit guider le développement de Montréal.
Y a déjà assez de mal qui a été fait avec l'abandon du cirque du soleil, ou la controverse de plus de 30 ans sur la rue Notre Dame...

Quand le dernier arbre aura

Quand le dernier arbre aura été abattu - Quand la dernière rivière aura été empoisonnée - Quand le dernier poisson aura été péché - Alors on saura que l'argent ne se mange pas."
Geronimo

Creusez !

Le fleuve est une rivière qui

Le fleuve est une rivière qui coule.. Draguez 10 pieds plus creux et plus large, son niveau baissera d'autant. Et depuis quelques années il est déjà problématique de conserver son débit actuel, car les grands lacs ne suffisent plus.
Alors les gros bateaux ne pourront jamais dépasser Québec, et les conteneurs feront juste trois heures de plus en train...

Tres bonne idee, faites

Tres bonne idee, faites debarquer les gros bateau a la ville de quebec, il assumeront une parti du développement économique au lieu que ce soit toujours à Montréal de le faire et l'argent restera tout de même dans l'économie québecoise.

La bataille du fleuve

La bataille du fleuve St-Laurent
Commentaire de l’article de Daniel Chrétien dans l’ « Actualité»
Le St-Laurent est une porte d’entrée à l’intérieur du Québec et du Canada. Il n’est pas un océan ouvert à tout venant pour quelque bénéfice économique que ce soit. Comme le remarquent si bien Brian Slack et Hélène Godmaire, les dommages écologiques et sociaux encourus par le creusage et/ou l’élargissement de certaines zones du fleuve risquent de perturber de façon irréversible la faune, la flore et surtout les humains qui habitent ses rives et les îles qui le parsèment. Quand va-t-on comprendre à tous les niveaux de décision, qu’écologie et économie vont de pair ? Comment prévenir les accidents quand ces supers cargos, chargés à bloc de matières dangereuses ou d’autres contaminants, passeront Rimouski, Québec et Montréal ? Il y a des limites au développement qu’il ne faut pas franchir. Déjà l’opposition aux ports méthaniers s’est manifestée en vain dans la région de Québec. Le gouvernement a violé ses propres lois et règlements pour satisfaire des compagnies plus avides de profits que de protection environnementale.

Oui, je souffre du syndrome « Pas dans ma cour ! » et puis après ? C’est l’avenir de nos enfants et petits-enfants qui est en jeu… car moi, je serai probablement mort quand on constatera qu’il est trop tard pour revenir en arrière.

André Lacombe-Gosselin, 31 juillet 2009

L'idée serait de faire

L'idée serait de faire débarquer les gros tonnages en aval de Québec.
Le reste du chemin vers l'intérieur du continent pourrait être fait par voie ferroviaire.
Le site de déchargement de ces navire pourrait être sous la juridiction du Port de Québec, qui rappelons-le, est devenus depuis deux ans, le plus important port du St-Laurent.

Il est inconcevable qu'un tel

Il est inconcevable qu'un tel plan soit mis de l'avant. Un "barrage en règle" devra être mis en place à Québec. La solution des "petits navires transporteurs" qui chargeraient à Québec et pourquoi pas à Baie Comeau et Sept-Îles sera sans aucun doute la solution la plus raisonnable et avantageuse d'un point de vue développemental sur les plans économique et social "durables".

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