Son fondateur est aujourd’hui l’une des plus grandes fortunes du Canada. Cotée en Bourse, en pleine expansion, Dollarama hausse maintenant ses prix. Un terrain miné…

Par un matin frisquet de décembre, Larry Rossy arrive sur le chantier de la nouvelle succursale de Dollarama qui ouvrira bientôt ses portes au centre-ville de Montréal. Il vient vérifier l'aménagement des toilettes. Il en profite pour régler par téléphone la question de la gestion des déchets. À 67 ans, le fondateur et chef de la direction de la plus importante chaîne de magasins à un dollar au Canada ne néglige aucun détail... Il visite ainsi chaque nouveau magasin avant son ouverture et en élabore les plans lui-même. Larry Rossy est aussi l'un des principaux acheteurs de l'entreprise, ce qui l'amène à voyager jusqu'en Chine, et s'y connaît autant en nappes de polyester qu'en vases décoratifs.
C'est beaucoup grâce à sa gestion prudente si Dollarama a fait fortune en vendant des choses de faible valeur. Le vaste réseau compte maintenant 594 succursales - plus que celui de Canadian Tire. Et son plan d'expansion prévoit l'ajout de 30 à 40 magasins par année. En décembre dernier, les entrepôts de la chaîne contenaient suffisamment de marchandises pour approvisionner pas moins de 28 nouvelles succursales !
Pris dans le tourbillon de tous ces projets, Larry Rossy a peu de temps à consacrer aux médias. Il n'a accordé sa première entrevue qu'en décembre dernier, deux mois après que Dollarama a fait son entrée en Bourse. L'homme d'affaires s'est entouré de solides collaborateurs - son fils Neil, entre autres, vice-président à la commercialisation -, afin de pouvoir continuer à faire ce qu'il aime. « Je suis avant tout un commerçant, dit-il. Je ne suis fort ni en informatique ni en comptabilité. J'ouvre des magasins et j'achète des produits. C'est ma passion. »
Il n'aime pas se compliquer la vie. Durant ses téléconférences, le commerçant assure les investisseurs que « Dollarama est une entreprise facile à comprendre ». Il le répète en entrevue, défendant son système d'inventaire rudimentaire et sa décision de n'accepter, jusqu'à tout récemment, que l'argent comptant : « Notre philosophie, c'est la simplicité. »

Larry Rossy, grand patron de Dollarama (photo : Christinne Muschi)


