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La Gaspésie, eldorado énergétique ?


31 Juillet 2007

Jean-Yves Lavoie rêve d'y exploiter un gisement de pétrole de «classe mondiale». Robert Vincent veut y capter ses «gisements» de vent. Des trésors d'énergie !

La Gaspésie, eldorado énergétique ?
Photo : iStockphoto

Le premier forage d’un puits de pétrole au Canada a eu lieu en 1859… en Gaspésie. Après avoir observé des suintements d’huile en surface, des investisseurs avaient foré, à l’époque, une cinquantaine de puits à la recherche de ce qui, espérait-on, allait remplacer l’huile de baleine. Ce que l’on a accumulé, depuis plus de 100 ans, ce sont plutôt des échecs et des déceptions.

La région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine est la plus pauvre du Québec. Le taux de chômage y dépasse les 17 % et à peine 44 % de la population en âge de travailler occupe un emploi, contre 61 % pour la moyenne québécoise. Du pétrole, on en a cherché en Gaspésie — mais aussi presque partout au Québec. La pétrolière Shell, puis une société d’État créée dans le sillage de la Révolution tranquille — la Société québécoise d’initiative pétrolière (SOQUIP) — ont tenté leur chance. En tout, 300 puits ont été forés au fil des ans au Québec, avec un bilan très modeste.

Jean-Yves Lavoie, 57 ans, croit que cette fois sera la bonne. Président de Junex, une société de Québec, il est convaincu que toutes les conditions sont réunies pour qu’on trouve en Gaspésie un gisement pétrolier « de classe mondiale ».

Cela reste à voir, mais une chose est sûre : il y a du vent ! Sera-t-il celui de la prospérité ? Le gouvernement du Québec ne ménage certainement pas ses efforts pour qu’il en soit ainsi. Dans un premier appel d’offres, en 2005, Hydro-Québec s’est engagée à acheter l’électricité de neuf parcs éoliens en Gaspésie, totalisant 1 000 mégawatts (MW) et des investissements de 1,5 milliard de dollars. Ces parcs seront terminés en 2012.

Un deuxième appel d’offres porte sur la production de 2 000 MW d’électricité éolienne sur l’ensemble du territoire québécois d’ici 2013. La Gaspésie sera encore une fois favorisée : le gouvernement accorde aux entreprises du secteur éolien qui s’établissent en Gaspésie un crédit d’impôt de 40 % sur la masse salariale. De plus, il exige que 30 % des dépenses liées à son initiative éolienne soient faites dans cette région et dans la MRC de Matane, à l’extrémité est du Bas-Saint-Laurent. On parle pour ces deux régions de retombées pouvant atteindre 1,2 milliard de dollars — pour des investissements de 4 milliards.

Un souffle nouveau se fait sentir dans toute la Gaspésie. Dans son site Internet, la ville de Gaspé se targue même de posséder l’un des meilleurs « gisements » de vent au Canada. Et pour des promoteurs comme Jean-Yves Lavoie, de Junex, mais aussi Robert Vincent, président de 3Ci, PME de Saint-Bruno qui conçoit, met sur pied et exploite des parcs éoliens, ce souffle est porteur de grandes ambitions. Leur rêve pourrait se réaliser, ou se briser, en Gaspésie.

Junex exploite déjà deux gisements pétroliers tout près de Gaspé. On a extrait 1 065 barils de pétrole de l’un en 2005. Et on obtenait de l’autre une quarantaine de barils par jour. Ce n’est pas l’Alberta, mais c’est un début.

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