Les Chinois, les Russes et les Brésiliens s’entichent des Château Lafite, Saint-Émilion et Mouton Rothschild. Ce qui ne va pas sans problème pour la SAQ et ses clients... Philippe Duval, président de la Société des alcools du Québec, explique son plan de bataille.

QU'EST-CE QUI CHANGE SUR LE MARCHÉ MONDIAL DU VIN ?
- La SAQ a de plus en plus de mal à se procurer des grands crus. L'an dernier, nous avons mis la main sur seulement 72 bouteilles de Pétrus, alors que 700 clients en avaient commandé une ! La concurrence est aussi vive pour des vins à 20 dollars provenant de petits vignobles à production restreinte. Les classes aisées des pays émergents adoptent la culture du vin. Et de grandes chaînes d'alimentation - comme Costco, aux États-Unis, et Carrefour, en France - commencent à offrir des vins de qualité.
QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES AU QUÉBEC ?
- Auparavant, nous pouvions influer sur les prix des grands crus de Bordeaux, par exemple. Mais cette année, pour la première fois, les producteurs attendent les commandes chinoises avant de fixer les prix. D'ici 10 ans, la demande en vins dans le monde risque de surpasser l'offre. Si la SAQ se laisse déclasser en tant que grande importatrice, son influence sur les prix diminuera et les Québécois paieront leur vin plus cher.
QUELLE SOLUTION PROPOSEZ-VOUS ?
- Il faut augmenter notre pouvoir d'achat. Nous offrons donc un nouveau service de grossiste, c'est-à-dire que nous achèterons du vin pour d'autres détaillants du Canada et des États-Unis. Notre premier client, depuis mai, est Willow Park, détaillant privé de Calgary, que nous fournirons en vins de Bordeaux. Willow Park, qui possède trois magasins, compte en ouvrir une vingtaine prochainement. Cette collaboration pourrait donc s'avérer fructueuse pour la SAQ.






