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Moins de grands crus à la SAQ ?


5 Août 2010

Les Chinois, les Russes et les Brésiliens s’entichent des Château Lafite, Saint-Émilion et Mouton Rothschild. Ce qui ne va pas sans problème pour la SAQ et ses clients... Philippe Duval, président de la Société des alcools du Québec, explique son plan de bataille.

Moins de grands crus à la SAQ ?
Photo : iStockphoto

QU'EST-CE QUI CHANGE SUR LE MARCHÉ MONDIAL DU VIN ?

- La SAQ a de plus en plus de mal à se procurer des grands crus. L'an der­nier, nous avons mis la main sur seulement 72 bouteilles de Pétrus, alors que 700 clients en avaient commandé une ! La concurrence est aussi vive pour des vins à 20 dollars provenant de petits vignobles à production restreinte. Les classes aisées des pays émergents adoptent la culture du vin. Et de grandes chaînes d'ali­mentation - comme Costco, aux États-Unis, et Carrefour, en France - commencent à offrir des vins de qualité.

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES AU QUÉBEC ?

- Auparavant, nous pouvions influer sur les prix des grands crus de Bordeaux, par exemple. Mais cette année, pour la première fois, les producteurs attendent les commandes chinoises avant de fixer les prix. D'ici 10 ans, la demande en vins dans le monde risque de surpasser l'offre. Si la SAQ se laisse déclasser en tant que grande importatrice, son influence sur les prix diminuera et les Québécois paieront leur vin plus cher.

QUELLE SOLUTION PROPOSEZ-VOUS ?

- Il faut augmenter notre pouvoir d'achat. Nous offrons donc un nouveau service de grossiste, c'est-à-dire que nous achèterons du vin pour d'autres détaillants du Canada et des États-Unis. Notre premier client, depuis mai, est Willow Park, détaillant privé de Calgary, que nous fournirons en vins de Bordeaux. Willow Park, qui possède trois magasins, compte en ouvrir une vingtaine prochainement. Cette collaboration pourrait donc s'avérer fructueuse pour la SAQ.             

 

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Commentaires (4)

Et si la SAQ mettait enfin

Et si la SAQ mettait enfin l'accent sur les vins québécois. Dans tous les pays du monde, on met l'accent sur les vins nationaux. Icite, on les cache et on les vend des prix de fou

pourquoi ne pas s'associer à

pourquoi ne pas s'associer à la LCBO ou autres monopoles de l'alcool d'autres provinces?

Félicitation, la stratégie de

Félicitation, la stratégie de revente est excellente selon moi, puisque l'on conserve le contrôle total de l'entreprise. Une association comporte énormément de risques en plus de véhiculer une image faible. De même, le succès commercial de la revente sera attribué à la SAQ et non aux partenaires

En ce qui concerne le vin québécois, on assiste à une grande dichotomie entre les propos tenus par nos clients et leurs actions: ils parlent beaucoup de l'importance des vins québécois mais n'en achètent pas.

Je souligne ici les efforts de la SAQ et des collègues pour favoriser la vente de ces derniers depuis 10 ans (assouplissement des lois de mise en marché/distribution, création d'espace tablette à l'entrée des succursales, bannière explicite etc... Soyons honnête, il est difficile de compétitionner le marché viticole mondial pour deux raisons bien simples: la jeunesse de nos vignobles (tant au niveau des plants que de l'expertise de ses gens- sans compter le coût des ressources humaine-comparé au pays émergents en terroirs d'âge comparable) ainsi que notre climat (on a souvent un été peu propice à atteindre une maturité phénolique, sinae qua non pour obtenir un vin de qualité à l'offre internationnale).

Pour palier à un manque d'unité thermique, les producteurs doivent utiliser des cépages qui murissent plus rapidement, mais avec la conséquence de sacrifier les subtilités et la grace que l'on connait des cépages nobles.

Une chose est certaine messieurs et mesdames, ne vous leurrez surtout pas, le défi est de taille puisque si l'on perd le pouvoir d'achat et du même fait les stocks, le client achètera de la compétition - par le biais d'internet -certainement- mais pas en magasin. Si cela ne représente pas un fort volume de client, c'est en revanche un revenu très important et peu couteux pour l'entreprise.

Les seuls grands gagnants de cette histoire sont les producteurs visés par la demande qui augmenteront le prix de leurs bouteilles. On se rabattra sur les deuxième choix qui à leur tour augmenteront leur prix... C'est ça la loi de l'offre et de la demande.

Continuons à réfléchir...

Au plaisir :o)

Martin Bruneau

Je connais bien vos habitudes

Je connais bien vos habitudes de consommation pour venir régulièrement chez vous depuis 25 ans. Il vous faut maintenant faire preuve de plus de curiosité et sortir des clichés BORDEAUX, BOURGOGNES, CHAMPAGNE et découvrir comme le font les français eux mêmes des trésors cachés dans toutes les AOC qui existent ( Appellations d'Origines Contrôlées). Les Français ont du aussi s'adapter à la montée des prix quand l'Amérique du nord (Québec y compris...) et le Japon ont importé nos meilleurs crus. Il y a des vins de très grandes qualités à découvrir en FRANCE et ailleurs aussi, c'est à vos agents de la SAQ de faire ce travail qui est grandement facilité d'ailleurs par l'existence de tous nos concours agricoles qui honorent (Médailles) et récompensent nos viticulteurs les plus, créatifs, méritant et qui tirent nos vins vers le haut tant en qualité qu'en marketing. Laissons les pays émergeant dépenser leur argent et redécouvrons nos terroirs et nos vignerons.

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