Économie »

Pétrole : l’erreur canadienne


29 Mai 2008

Dans 50 ans, quand les réserves de l’Alberta seront épuisées, aucun pays ne sera en mesur de fournir du pétrole au Canada. Pour éviter le cul-de-sac, il faut cesser d’exporter du brut, affirme le géophysicien suédois Kjell Aleklett.

Photo : iStockphoto

Après l’eau, le pétrole est le liquide le plus abondant sur terre. Depuis le forage du premier puits industriel, en Pennsylvanie en 1859, il est devenu le véritable sang de l’économie mondiale, jouant un rôle quasi irremplaçable comme carburant ou comme composant utilisé dans la fabrication d’engrais et de plastiques. Mais il a trois défauts : il pollue, ne se renouvelle pas et se raréfie.

Le géophysicien Kjell Aleklett, professeur à l’Université d’Uppsala, en Suède, dirige l’Association for the Study of Peak Oil and Gas (Association pour l’étude des pics de production de pétrole et de gaz naturel). Cette association internationale prévoit que le premier âge du pétrole, celui de l’abondance, tire à sa fin. Nous sommes à l’aube du second, celui du déclin de la production. Ce qui posera, explique le professeur Aleklett, un défi considérable à nos démocraties. Il faut s’y préparer, mais la politique énergétique canadienne, selon lui, précipite le pays droit vers un cul-de-sac. 

Kjell Aleklett et son groupe se fondent sur les travaux du géophysicien américain Marion King Hubbert, qui avait prédit en 1956 que les États-Unis, important producteur de pétrole à l’époque, atteindraient le pic de leur production en 1970, pour ensuite décliner. Hubbert avait été sommé de se taire par la communauté pétrolière, jusqu’à ce que l’on s’aperçoive, en 1971, qu’il avait eu raison… à quelques mois près ! 

Les recherches de Hubbert et celles du professeur Aleklett portent sur l’écart entre les réserves connues et les gisements nouvellement découverts, et reposent sur la géophysique (voir « Géophysique de l'or noir »). Elles révèlent que l’on peut répondre à la demande croissante en pompant davantage les réserves connues, mais que la découverte et la mise en exploitation de réserves nouvelles se font beaucoup plus lentement.

Il y aura encore du pétrole à extraire dans 100 millions d’années. Le problème est que nous arrivons à un stade où l’offre de pétrole brut classique, facile à extraire, ne peut pas satisfaire à la demande et où l’exploitation d’autres sources (sables bitumineux, forages à très grande profondeur) consomme presque autant d’énergie qu’elle en produit ! (Voir « Les sortes de pétrole »)

Viendra donc un moment où les stocks seront tellement dilapidés que la production déclinera, faute de réserves. C’est ce qui est survenu en 1971 aux États-Unis, où la production a soudainement plafonné, avant de chuter. Les Américains ont contourné le problème en important du pétrole saoudien. Aujourd’hui, c’est la production mondiale qui atteint un plateau.

***

Sait-on quand la production pétrolière mondiale déclinera ?

Bookmark and Share

Évaluez cet article

Commentaires (0)

Envoyer un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage