Économie »

Place aux carburants de chez nous


5 Juin 2010

Le sous-sol du Québec contient du pétrole et du gaz. Le vent et les rivières permettent de rêver à des énergies propres. Qu’attend le Québec pour fermer le robinet du coûteux pétrole étranger ?

Place aux carburants de chez nous
Illustration : Catherine Lepage

Lorsqu'il regarde la montagne de vieux poteaux d'Hydro-Québec trempés par la pluie, dans la cour de la scierie voisine, Vincent Chornet voit... le carburant de l'avenir. L'entrepreneur de 36 ans a installé sa bioraffinerie à quelques pas de cette petite scierie de Westbury, un village des Cantons-de-l'Est. Les poteaux, une fois déchiquetés en copeaux, y sont transformés en un gaz. Que l'on sera bientôt en mesure de convertir en éthanol, combustible pouvant remplacer l'essence.

« Lorsque mes filles, âgées de six et huit ans, se rendront à la station-service avec leur première voiture, j'aimerais qu'elles puissent faire le plein avec de l'éthanol québécois », rêve le cofondateur d'Enerkem.

Vincent Chornet n'est qu'un soldat dans une croisade dont l'issue pourrait changer profondément le niveau de vie des Québécois pendant des décennies. La croisade pour l'indé­pendance énergétique du Québec. L'armée qui la mène réunit des entrepreneurs, des industriels, des écolos, des chercheurs, qui tous veulent réduire la coûteuse dépendance du Québec au pétrole.

Cette armée - aux alliances parfois improbables - n'a pas de plan bien défini. Chaque bataillon avance avec ses propres armes contre l'ennemi commun, c'est-à-dire les dizaines de millions de barils de pétrole que le Québec doit acheter chaque année à l'étranger pour faire tourner son économie, faire rouler ses voitures, ses camions, chauffer des maisons, des commerces, des usines.

L'an dernier seulement, les importations de brut ont totalisé huit milliards de dollars. De quoi construire trois CHUM ou financer sept élargissements de la route 175, qui relie Québec à Saguenay ! Ces sommes ont plutôt abouti dans les tiroirs-caisses de l'Algérie, de l'Angleterre, de l'Angola et de la Norvège. Lorsque le baril de brut se vendra plus de 150 dollars, comme le prévoient bien des experts, le montant qui sortira ainsi du Québec avoisinera les 26 milliards. L'équivalent du budget de la santé !

André Caillé, défenseur de la vision « pleins gaz » et
président de l'Association pétrolière et gazière du Québec.

Photo : Pier Paolo Cito / AP / Presse Canadienne

Bookmark and Share

Évaluez cet article

Moyenne : 5 (2 votes)

Commentaires (0)

Envoyer un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage