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Un bulldozer nommé PKP


27 Octobre 2010

Ses adversaires prédisaient son échec. Dix ans après l’achat de Vidéotron, Pierre Karl Péladeau a plutôt transformé Quebecor en l’une des plus puissantes entreprises culturelles et médiatiques au pays. Mais son style de gestion en fait l’un des hommes d’affaires les plus craints. Qui est donc PKP ?

Un bulldozer nommé PKP
Photo : Jean-François Bérubé

Pierre Karl Péladeau est rentré épuisé. Vêtu d'un cuissard et d'un maillot, il venait d'avaler des dizaines de kilomètres à vélo face aux vents violents qui soufflaient par rafales ce jour-là sur les îles de la Madeleine.

« Les gens du coin me disaient que Pierre Karl ne reviendrait jamais du bout de l'île et que je devrais aller le chercher en voiture », raconte sa conjointe, l'animatrice et productrice Julie Snyder, restée avec leurs deux jeunes enfants et la fille aînée de Péladeau au motel qu'ils avaient loué dans l'archipel l'été dernier.

Mais le patron de Quebecor a l'habitude d'affronter les vents contraires. Et il est entêté... Alors Julie Snyder l'a laissé pédaler. Il est rentré en soirée.

Depuis qu'il a pris la barre de l'entreprise fondée par son père, il y a 11 ans, le fils de Pierre Péladeau a traversé bien des tempêtes - des débâcles boursières, de longs et durs conflits de travail (dont un qui perdure au Journal de Montréal), la faillite puis la vente au rabais de ses imprimeries, l'un des fleurons de Quebecor. Au lendemain de l'acquisition de Vidéotron, il y a 10 ans, des analystes financiers, inquiets de la lourde dette de Quebecor, se demandaient même si Pierre Karl Péladeau n'allait pas démolir l'empire que son père avait mis des décennies à bâtir...

« On a dit que nous allions péter au frette, mais moi, je n'ai jamais douté, dit le PDG de 49 ans sur un ton de défi. Si on devait prêter attention à tous les commentaires publiés dans la presse, on ne serait pas capables de diriger notre entreprise... »

Bien calé dans son fauteuil, dans une salle de conférences du 19e étage du siège social, dans le Vieux-Montréal, il prend un plaisir évident à remettre à leur place ceux qui prédisaient son échec. « Il veut prouver qu'ils ont eu tort », dit Luc Lavoie, son ancien bras droit, revenu lui prêter main-forte pour mettre sur pied Sun TV News, une chaîne d'information continue de droite.

Et Péladeau parie un milliard de dollars qu'il les fera de nouveau mentir.

Cinq ans après avoir attaqué Bell dans son fief de la téléphonie résidentielle et avoir gagné un million de clients, Quebecor vient de se lancer à l'assaut du convoité marché de la téléphonie sans fil. Un pari colossal, qui permettra à Pierre Karl Péladeau, s'il le gagne, d'accentuer son emprise sur le monde des télécommunications au Québec. Et causera des montées de tension chez ses détracteurs.

Contrairement à beaucoup de fils d'entrepreneurs célèbres, Péladeau n'a pas eu de mal à se forger un prénom, et même des initiales (PKP). Selon un sondage CROP mené pour L'actualité, 87 % des Québécois - et 96 % des franco­phones - le connaissent, un taux de notoriété comparable à celui des vedettes du petit écran. Mais peu de personna­lités au Québec divisent autant le milieu des affaires, de la politique et de la culture, où le géant des médias suscite à la fois méfiance et admiration.

« J'ai des détracteurs, moi ? » lance-t-il, l'air moqueur.

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Commentaires (1)

vous etes mal informé: le

vous etes mal informé: le Vancouver Sun n'appartient pas à Quebecor, hélas! c'est une propriété de PostMedia.

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